Pépite du moment n°78: Flat Earth Theme de Just Jack & Parson Jones (2020)

Voilà un artiste pour lequel j’ai un attachement particulier et que j’avais quelque peu perdu de vue, à savoir Jack Allsopp alias Just Jack… Ecrire un petit mot sur ce titre d’une douceur infinie c’est un plaisir double car il me permet de retrouver une voix et un flow toujours aussi touchants mais aussi d’aller réécouter des albums de Just Jack et de me remémorer des plaisirs passés. Avant tout, je dois reconnaître que je ne connais pas du tout le duo composé de Joshua Hollenstein et Kerry Fogarty alias Parson Jones qui possède à son compteur un premier opus Clear as Day sorti en 2019. Egoïstement c’est bien pour Just Jack que je vous parle aujourd’hui de ce Flat Earth Theme. Loin de vouloir vous résumer la carrière du garçon, je vous invite à aller jeter une oreille attentive du côté de ses deux albums centraux, Overtones en 2007 et All Night Cinema en 2009. Le premier (enfin le deuxième de sa discographie en réalité) est particulièrement percutant et dansant, porté par le flow hip-hop de Just Jack et des instrumentations extrêmement riches. Je vous mets au défi de ne pas vous noyer littéralement dans le triangle des Bermudes composé des 2 singles Writer’s Block et Starz In Their Eyes et du bijou émotionnel Mourning Morning  qui clot avec majestuosité l’album (oui je suis une âme faible, je ne sais pas résister aux cordes…). All Night Cinema, même s’il perd un peu en inventivité musicale avec un son plus électro, devrait lui aussi vous désarmer à travers Embers, le morceau d’ouverture extatique (oui encore ces fichues cordes), ou le diamant instrumental final Basement. J’avoue avoir un peu de mal à comprendre l’essoufflement de la carrière de Just Jack par la suite mais je ne vais pas bouder mon plaisir d’avoir de ses nouvelles avec ce très beau Flat Earth Theme, tout en espérant qu’il soit annonciateur d’un prochain album… Le morceau, brillamment illustré par les dessins de Mica Jennings pour le clip, est porté par la voix de Just Jack. Sa douceur enveloppe ces quatre personnages qui tentent de trouver l’amour face à un monde devenu si compliqué. Voilà une parenthèse enchantée qui, je l’espère, trouvera grâce auprès de vos oreilles averties, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°77: Are We Alright Again d’Eels (2020)

Depuis 1996 et le très beau Beautiful Freak (si, si, vous connaissez forcément cette couverture Eelsd’album avec une petite fille effrayante par ses yeux démesurément grands), les Américains d’Eels mènent une très belle carrière en grande partie grâce à la sensibilité de leur chanteur Mark Oliver Everett que je rêverais de cotoyer tous les jours tant il sait sublimer notre quotidien sombre et distiller sa belle poésie avec grâce. Le treizième opus du groupe Earth to Dora vient de sortir en cette période complexe (et ce ne sont pas les résultats provisoires des élections américaines qui vont nous réconcilier avec les gens…) et c’est toujours avec plaisir que je retrouve le timbre éraillé de Mark Oliver Everett. Le titre du jour Are We Alright Again suffit amplement à mon bonheur avec sa petite mélodie faussement enfantine et ses paroles empreintes d’un optimisme salvateur. Le clown triste de notre époque a de nouveau frappé et finit sur des mots que l’on peine de plus en plus à croire, « Yeah, I think we’re alright ». En même temps écouter Earth to Dora est à coup sûr une première étape valable dans la quête du bonheur perdu, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°76: Another Wave de Catastrophe & Cure (2020)

Notre road-trip musical de ces vacances nous emmène aujourd’hui en Autriche après avoir visité laCatastrophe & Cure Colombie et le Canada. Voilà une contrée que je connais assez peu musicalement en dehors de Kruder & Dorfmeister, Parov Stelar ou Waldeck qui développent son versant électronique… Le groupe du jour au nom assez surprenant Catastrophe & Cure a sorti en 2020 son troisième opus Somewhere Down the Line qui fait très bien le boulot en à peine 30 minutes et mérite amplement d’être écouté. Le titre du jour Another Wave s’appuie sur une guitare d’une grande coolitude qui accompagne parfaitement la voix de Johannes Eder, l’ensemble peut paraître assez classique mais fonctionne à merveille pour moi. Voilà une superbe transition avant de retourner aux Etats-Unis demain avec le dernier Sufjan Stevens, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°75: they told us it was hard, but they were wrong d’Ela Minus (2020)

On est partis pour deux semaines de vacances placées sous le signe de la musique, tant ces dernières semaines regorgent de nouveautés aussi excitantes les unes que les autres… La première étape de notre road-trip musical va nous emmener en Colombie pour découvrir une artiste qui sortira ce vendredi 23 octobre sur le label Domino son premier album studio acts of rebellion (oui la demoiselle est fâchée avec les majuscules), Ela Minus. Je suis tombé par hasard sur le premier single they told us it was hard, but they were wrong sorti en avril mais qui était passé sous mon radar amateur. Le morceau est littéralement hypnotisant avec ces synthés en staccato qui s’adressent au corps et invitent au dance-floor. Le chant tout en retenue amène un désenchantement séduisant qui se marie parfaitement à la montée électrique finale qui, dans l’utilisation des synthés, m’évoque Caribou. Le clip de Will Dohrn est d’une simplicité étonnante à la Michel Gondry et illustre avec sobriété la première pépite de ces vacances d’une artiste capable de croiser en 4 minutes Fever Ray (ou plus largement The Knives) et Caribou, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°74: Sheremetiev de Thylacine (2020)

Des petites nouvelles d’un des petits chouchous du blog depuis son album ROADS Vol.1 (voir ici  ) en la personne de Thylacine. Après un ROADS Vol.2 sous la forme d’un EP d’une grande justesse, un album de reprises de musique classique sortira ce vendredi. Deux titres sont déjà partis en éclaireurs, Satie I qui s’attaque avec délices à la première Gymnopédie de Satie et dont le clip graphique est très beau (en cadeau ci-dessous) et Allegri qui reprend le Miserere de Gregorio Allegri dans un registre encore plus sombre et hypnotisant. Le titre du jour Sheremetiev (un compositeur russe des XIXème et XXème siècles) est donc le troisième extrait de Timeless, assez classique il brille par sa mélancolie et la douceur de son piano. Il est brillamment illustré par un clip monté en reverse qui retranscrit la chute dans l’eau d’un orchestre. Le temps semble presque arrêté pour un moment d’une grande épure, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°73: Ship de The Notwist (2020)

The Notwist

Des nouvelles aujourd’hui d’un groupe pour lequel j’ai un véritablement attachement, The Notwist. Ce groupe allemand fondé autour des frères Markus et Micha Acher brille depuis quelques années dans sa capacité à croiser avec subtilité l’indie-pop et l’electronica pour des résultats empreints d’une grâce évidente. Après des débuts dans les années 90 marqués par un punk plutôt virulent, le claviériste Martin Gretschmann intègre le groupe et va donner une toute autre orientation, les machines devenant plus centrales. Après un Shrink en 1998 assurant la transition, ce sont les albums Neon Golden en 2002 et The Devil, You + Me en 2008 qui m’ont vraiment touché et que je vous invite à aller (ré)écouter. Le dernier album Superheroes, Ghostvillains + Stuff en 2016 a confirmé que les Allemands ont encore de très belles choses à nous faire entendre, pour vous en convaincre difficile de faire mieux que le titre Kong… Avant d’en arriver à cet EP de 3 titres Ship et vous aider à percevoir le son de The Notwist, les frères Acher mènent des projets parallèles de très haut vol avec Lali Puna ou encore Ms. John Soda.

A vrai dire, je ne m’attendais pas à la sortie d’un EP de la part de The Notwist et je suis déjà prêt à ressentir la frustration après une petite dizaine de minutes… Le morceau éponyme s’appuie sur la voix de Saya, la chanteuse de Tenniscoats, qui apporte sa douceur sur des rythmiques urbaines, aussi destructurées qu’addictives. Distorsion et grâce paraissent toujours aussi subtilement entrelacées… Loose Ends nous ramène ensuite vers des terres plus classiques en s’appuyant sur la douceur feutrée de Markus Acher qui se marie parfaitement à une pop aérienne. Le dernier titre Avalanche nous rappelle pour finir que Lali Puna n’est jamais très loin avec son électronica faussement naïve. Cet EP de 3 titres aura eu le mérite de réveiller en moi le besoin de The Notwist et j’espère qu’un album suivra dans les mois à venir, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°72: Johnson de Kruder & Dorfmeister (2020)

Petit instant nostalgie pour commencer le weekend aujourd’hui avec un duo de dj autrichiens Kruder und Dorfmeister qui sur la fin des années 90 a marqué par ses compilations et ses mixes toute une génération qui palpitait en découvrant le champ d’exploitations infinies de la musique downtempo. Pour vous dire à quel point ce duo avait disparu des radars et reste ancré dans une époque déjà bien lointaine, je me vois en train de désespérément chercher leurs perles sur Emule… Pour leurs faits d’armes dignes d’intérêt, en 1996 ils ont eu les honneurs de la quatrième compilation de DJ-Kicks (on en est à 69…) et leur album de remixes The K&D Sessions paru en 1998 regorge de joyaux sonores. Pour preuve, vous pourrez écouter à la fin leur reprise de Useless de Depeche Mode. Que viennent donc faire Kruder & Dorfmeister en 2020? La vague du trip-hop, la chill music et tous les satellites de la musique downtempo ont connu leur succès et le risque de paraître un poil désuet est réel. Cependant, ne boudons pas notre plaisir avec l’annonce de leur premier album 1995 (et oui on est bien dans la nostalgie) prévu pour le 30 octobre. Le 28 août dernier, un premier morceau Johnson, qui sera le titre d’ouverture de l’album, est parti en éclaireur. J’y retrouve cette musique downtempo qui se déploie langoureusement et sensuellement, les atmosphères enfumées des bars lounge où on prend plaisir à écouter St Germain, la tentation perceptible du nu-jazz, le tout illustré par un très beau clip qui retranscrit parfaitement l’atmosphère sombre et picturale de cette musique. Un titre qui sonne comme en 1995 mais que l’on prend un malin plaisir à savourer en 2020, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°71: HEART ATTACK de BRONSON (2020)

Ce soir on reste dans les découvertes avec BRONSON, un groupe signé sur le label de légende NinjaBRONSON Tune (Coldcut, Bonobo, Young Fathers, Fink…) qui m’aura beaucoup marqué sur la fin des années 90 et le début des années 2000. Je dois reconnaître que je suis désormais moins connaisseur des artistes signés chez les Anglais mais ce premier album éponyme a facilement trouvé grâce à mes oreilles, surtout la première partie qui croise intelligemment l’électro et les résurgences du dubstep. BRONSON regroupe le duo américain Odesza (Harrison Mills et Clayton Knight) et l’australien Thomas George Stell alias Golden Features, ce qui n’est pas pour me déplaire vu que je ne connais aucun des deux groupes! Le titre du soir HEART ATTACK fait appel au timbre soyeux de lau.ra qui se marie parfaitement à une électro aérienne teintée de dubstep, il y a du Bonobo et du Trentemoller dans ce bijou hypnotisant, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°70: through the night d’obylx (2020)

Belle découverte du jour avec un son qui me donne le sourire et la pêche, ce qui estobylx toujours appréciable quand tes vacances sont sur le point de finir… Oliver Johnson alias Obylx, un pseudo original qui affole les moteurs de recherche voulant à tout prix que tu fasses un recherche sur Obélix, est un artiste anglais originaire de Bristol. Alors oui Bristol pour beaucoup dont je fais partie c’est avant tout le berceau du trip-hop, de Massive Attack et Portishead mais aujourd’hui c’est plutôt de l’électro-pop qu’obylx offre à nos oreilles. Après deux albums sobrement intitulés Once (2018) et Twice (2019) riches de bonnes idées, obylx publie régulièrement de nouveaux titres cette année et le dernier sorti le 1er août through the night, produit par Prash ‘Engine Earz’ Mistry (Jorja Smith, The Prodigy) est percutant à souhait. Des sonorités électro jouissives et hédonistes dignes d’Hot Chip, une mélodie imparable et une voix convaincante, il ne m’en faut pas plus pour me passer en boucle ce titre depuis deux semaines. Allez à vous de découvrir obylx, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°69 : Keep it movin (2020) de Wax Tailor & D Smoke

Après The light (2019), Wax Tailor poursuit son teaser au long cours autour d’un prochain album, avec un deuxième single disponible depuis quelques jours. Keep it movin est l’exact opposé de ce que pouvait proposer The light. Nous avions parlé ici (à relire d’un clic) de ce magnifique titre sombre et tendu, reflet sonore d’un monde froid, déshumanisé et apocalyptique à la croisée de Blade Runner, 1984, Black Mirror et Brazil. Bref, un univers qui ne fait pas rêver mais dans lequel, à bien y réfléchir, on vit déjà en partie.

Keep it movin prend le total contrepied de son prédécesseur, avec un son groovy et hybride comme sait si bien le faire Wax Tailor. Ici, ça sonne hip-hop, beats puissants, ligne de basse bien ronde et omniprésente. Tout ceci porté par le flow de D Smoke. Ce dernier, né Daniel Anthony Farris en 1985 à Inglewood, Californie, s’est distingué en 2019 en remportant la première saison de Rythm & Flow sur Netflix. Pas très étonnant, puisqu’on retrouve précisément chez D Smoke rythme et flow qui envoient de la bonne vibration. En résulte un titre qui pétille et ronfle, plein de soleil et de chaleur, et qui tombe à point nommé puisque l’été arrive.

Le parcours musical de Wax Tailor est ponctué de collaborations avec des pointures rap. On pense au collectif A State of Mind (ASM) sur les albums Hope & Sorrow (2007) et In the mood for life (2009), à Mattic sur Dusty rainbow from the dark (2012), ou encore à Ghostface Killah du Wu Tang Clan sur By any beats necessary (2017). A chaque fois, c’est une coloration rap différente, chacun des artistes précités apportant sa touche au panorama sonore de Wax Tailor. Ce Keep it movin et l’association avec D Smoke rappellent l’énergie d’un Say yes (feat. ASM), d’un The sound (feat. Mattic) ou d’un Worlwide (feat. Ghostface Killah), tout en introduisant une nouvelle facette du hip-hop proposé par Wax Tailor.

Titre après titre, album après album, Wax Tailor ne cesse de développer ses horizons musicaux et de nous les proposer. Ce n’est pas ce Keep it movin qui me fera mentir : un bonbon estival bourré d’énergie et de patate qui fait du bien à la tête et au corps. Et qui porte bien son titre : lancez moi ce morceau, montez bien le son et je vous défie de rester de marbre, immobile les mains dans les poches. Une énergie communicative qui fait du bien, et qui donne envie de retrouver très vite le chemin des salles de concerts pour s’inonder la tête du son Wax Tailor.

Raf Against The Machine