Pépite du moment n°54: Rocket Fuel de DJ Shadow feat. De La Soul (2019)

Faut-il croire que je suis obnubilé par les tops de fin d’année? En tout cas, force est de DJ Shadowconstater que peu de nouveaux albums trouvent actuellement grâce à mes oreilles… Heureusement DJ Shadow vient m’apporter du baume au coeur avec la sortie de son sixième opus Our Pathetic Age dont est tirée la pépite du soir. On ne présente plus DJ Shadow qui a brillé à la fin des années 90 et au début des années 2000 par sa capacité à croiser le hip-hop et la musique electro. Ce roi du sample a entre autres produit un coup de maître avec son premier album, le brillantissime Endtroducing… en 1996.

Notre titre du soir Rocket Fuel est avant tout porté par le flow imparable de De La Soul qui donne une énergie folle à un morceau à la ligne mélodique jouissive. Et que dire de ce clip drôlissime qui tourne en dérision la théorie qui consiste à penser que les hommes n’ont jamais marché sur la Lune? Brillant j’vous dis, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°53 : Radiate (Live) (2019) de Jeanne Added

QTB4cQ3H_400x400On me signale dans l’oreillette que Jeanne Added fera son retour dans les bacs dès demain 22 novembre avec une réédition de Radiate (2018). En d’autres termes son deuxième album studio, jadis chroniqué de fort belle façon par le copain Sylphe (et c’est à relire d’un clic ici). Certains pesteront contre cette mode des rééditions d’albums avec des titres inédits, un nouveau packaging ou encore des remixes.

Point de tout ça demain : Radiate (Live) sort en CD (pas de vinyle annoncé à ce jour), augmenté d’une deuxième galette contenant 14 titres live issus de la tournée de Jeanne Added. Des tournées pourrait-on dire : après avoir écumé le pays en formation quatuor rock pendant des mois, notre rémoise préférée est en virée jusque mi-décembre avec « Both sides », une tournée revisitée en mode seule en scène. Une réinterprétation de son répertoire que je n’ai d’ailleurs pas eu la chance d’aller écouter. Jeanne, si tu nous lis, tu peux nous contacter, on t’indiquera quelques salles possibles par chez nous !

Je m’avance pourtant un peu sur le contenu, ne sachant pas exactement de quoi ce disque live sera fait : partie 1 ou partie 2 de la tournée ? Five-Minutes ne fait pas (encore) partie de ceux qui reçoivent les exemplaires promo/presse pour les écouter avant tout le monde. La tracklist laisse tout de même voir un savant mélange de titres des deux albums studios, dont le redoutable et PJHarvien A war is coming. A ce jour, seul Mutate est disponible à l’écoute, mais ce seul titre en version live suffit à m’emballer au-delà du raisonnable. La voix, première arme fatale de Jeanne Added, est très en avant, pénétrante et imparable. Petit plus par rapport à la version studio : la spontanéité live, les légères écorchures au milieu de la clarté qui font se dresser encore un peu plus les poils. Et monter l’émotion.

D’autant que cette pépite live sera disponible, à quelques jours près, un an après avoir vu Jeanne Added sur scène avec la team Five-Minutes. Un souvenir inaltérable. C’était fin novembre 2018 donc, et on avait passé une soirée absolument magique, bouleversante d’émotions et de talent musical. Tout ça avant de croiser Jeanne Added à la sortie de scène. Pour échanger quelques mots, les yeux plein d’étoiles. Pour une photo souvenir très gentiment accordée, avec le sourire s’il vous plait malgré la fatigue du concert, d’une énergie et d’une intensité folles. Pour une dédicace sur le vinyle qui passe et repasse depuis sur ma platine.

C’était fin novembre 2018, presque une autre vie. C’était quelques jours, souviens-toi si tu me lis, après t’avoir fait découvrir Fargo sous la couette qui sent bon. Porté par une espèce d’énergie sereine, je me goinfrais ces heures-là avec une fringale de vie que toi seule avait trouvé le moyen de rassasier. Ce concert de Jeanne Added ne pouvait pas avoir lieu à un meilleur moment pour en ressentir toute la lumière et l’apesanteur. J’ai bu chacune des minutes de Jeanne live comme j’ai dégusté chacun des moments partagés ensemble. Une sorte de moment d’existence ou tout est simple, serein, évident et naturel.

Puis… « Tu n’étais plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis » (piqué à Victor Hugo). La vie joue parfois quelques tours, et ne se ressemble pas toujours d’une année à l’autre. Il faut faire avec. Et, si possible, avec du son qui accompagne tout ça. C’est bien pour cette raison que la réédition Radiate (Live) sera Day One dans ma platine demain, histoire de replonger en musique dans cette douce énergie rock que je ne retrouve nulle part. Un dernier argument ? Radiate, en français, ça donne « Rayonner ».

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°51: Fort Greene Park de Battles (2019)

Des nouvelles ce soir des Américains de Battles qui ont comme particularité de proposerBattles un rock très expérimental qui a copulé ardemment avec le math rock, tout ceci produit sur un label électronique extrêmement pointu Warp. Un groupe que j’ai découvert en 2007 avec leur album Mirrored et son titre de folie extatique pure Atlas, espèce d’ovni à la rythmique démentielle… Le deuxième Gloss Drop et sa pochette qui déclencherait des crises d’hyperglycémie à tous les diabétiques du monde m’avait lui aussi séduit avant que nous nous perdions quelque peu de vue. Heureusement pour moi nos chemins viennent de se recroiser avec la sortie de leur quatrième opus Juice B Crypts dont le titre du jour Fort Greene Park est tiré. Ce morceau dont le clip gentiment déjanté nous offre une rétrospective humoristique des moyens de locomotion est porté par son math rock d’une rigueur de métronome. Les machines, la guitare saturée et la batterie de John Stanier se répondent à merveille pour créer un paysage sonore sans cesse tiraillé entre distorsion et ligne mélodique cohérente. Voilà de quoi donner envie d’aller écouter l’opus, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°50: Kyoto de HÆLOS (2019)

En cette veille de reprise, j’ai bien besoin d’un son chaud et réconfortant. Me laissant HAELOSglisser dans les méandres du trip-hop, je me retrouve à réécouter un album qui m’avait particulièrement séduit en début d’année, Any Random Kindness du groupe anglais HÆLOS. Le son est d’une limpidité évidente et, d’une manière presque anachronique, dévoile la renaissance du trip-hop. Pas de long discours ce soir mais juste un superbe Kyoto ( pendant parfait de l’ésotérique et aérien Alone In Kyoto d’Air) qui devrait vous évoquer Massive Attack et Elysian Fields par sa rythmique lancinante et la douce voix de Lotti Bernadout. Le titre a la capacité à lutter contre la torpeur par ses choeurs qui distillent avec parcimonie la sensualité du rock. C’est d’une simplicité désarmante particulièrement efficace et ça redonne une sacrée envie de réécouter l’album, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°50: Esseulés d’Izïa feat. Dominique A (2019)

Pour bien commencer ces vacances scolaires, rien ne vaut un duo sublime d’intensité etIzia d’émotion comme Izïa et Dominique A. A ma gauche, Izïa vient de sortir son quatrième opus Citadelle sur lequel figure ce magnifique Esseulés. Je reconnais volontiers m’être arrêté aux deux premiers opus débordants d’une énergie rock brute et je peux constater que le ton s’est davantage apaisé et qu’Izïa fait désormais honneur à notre belle langue française. En parlant de célébration de la langue française, Dominique A à ma droite s’impose depuis presque 30 ans comme un artiste et parolier prédominant. Il serait bien trop ambitieux de ma part de vouloir résumer sa carrière en quelques mots et je vous inviterai juste à aller (ré)écouter des titres comme Aurevoir mon amour ou La Poésie

Je ne vais pas vous cacher que j’ai été plutôt surpris de voir ces deux-là associés mais quel résultat… La musique a quelquefois ce pouvoir irrationnel et, à l’écoute de Citadelle, le coup de foudre pour Esseulés a été immédiat. La douceur d’Izïa qui n’est pas sans rappeler Emilie Simon dans l’émotion qui dialogue à merveille avec le grain de voix inimitable de Dominique A, la puissance des textes, la richesse instrumentale entre synthés et cordes et cette sublime montée d’une beauté désarmante… Voilà un titre qui s’impose comme un candidat sérieux pour le top des titres 2019, au minimum… Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°49: All Mirrors d’Angel Olsen (2019)

Voilà une sublime découverte à classer dans ces personnalités féminines à l’aura et auAngel Olsen talent resplendissant que sont Karen O ou encore St. Vincent… Je dois reconnaître qu’avant ce très beau quatrième album All Mirrors je n’avais pas eu la chance de croiser la route d’Angel Olsen, que ce soit sur ses albums solo ou ses collaborations avec le très recommandable Bonnie « Prince » Billy. Fort heureusement, ce All Mirrors illumine depuis trois jours mes oreilles et je viens de signer un vrai CDI avec cette artiste dont je vais m’empresser d’aller écouter avidement la discographie.

Afin de vous persuader d’aller écouter ce bel opus, je partage avec plaisir le titre éponyme qui brille par l’intensité émotionnelle de son chant et la justesse de son orchestration entre synthés et cordes. Trois jours que je me surprends à fredonner ce titre dont la mélodie est imparable. Pour moi, un véritable chef d’oeuvre… Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°48 : Still Life (2019) de Maud Geffray with Lavinia Meijer

pan064_poster-800x800Le 18 octobre de cette année sera à marquer d’une énorme croix rouge, ou de tout ce que vous voudrez pour le rendre inoubliable. Nos oreilles auront droit au Dyrhólaey de Thomas Méreur et au Everything not saved will be lost Part. 2 de Foals. Nos petites mains et nos cerveaux de crétins digitaux (n’est-ce pas Michel Desmurget ^^?) auront droit sur consoles au génial Return of the Obra Dinn. Mais ce n’est pas tout !

Une autre galette plus que prometteuse pointe le bout de son nez, avec Still Life de Maud Geffray. On connaît déjà cette dernière pour ses deux albums solos 1994 (2015) et Polaar (2017), ainsi que pour la BO du film Southern Belle (2018) . On connaît aussi Maud Geffray pour être la moitié de Scratch Massive, aux côtés de Sébastien Chenut. Scratch Massive, c’est de l’électro/synthwave/synthpop qui fait plutôt du bien aux oreilles depuis Enemy & Lovers (2003), leur premier album studio, auquel ont succédé plusieurs autres opus de qualité.

En 2015, Maud Geffray choisit de s’amuser parallèlement à Scratch Massive avec des projets solos. 1994 (publié en 2015, vous suivez 😉 ?) est la bande-son d’un film tourné pendant une rave en 1994 sur une plage bretonne. Deux ans plus tard, Polaar propose une expérience à l’occasion d’une résidence hivernale dans le nord de la Finlande. Maud Geffray s’inspire alors de la vie des habitants plongés dans le noir, dans un coin du monde où le soleil se montre alors à peine 2 heures par jour.

Nous voilà donc deux ans plus tard, de nouveau, avec cette proposition Still Life, sous-titrée A tribute to Philip Glass. Voilà un bien bon choix qu’on ne peut qu’approuver. Philip Glass, chef de file de la musique contemporaine minimaliste et répétitive, c’est déjà très beau et ça fait un bien fou. Revisité par Maud Geffray, c’est tout simplement superbe et envoûtant. Elle fait le choix de mélanger instruments classiques et musique électronique, ainsi que gazouillis d’oiseaux et autres sons naturels, pour un titre parfaitement équilibré qui plonge instantanément dans un voyage vaporeux et plein de bon air à respirer.

Côté instruments classiques, Maud Geffray s’est adjoint, pour cet opus, les services de Lavinia Meijer, harpiste néerlandaise qui apporte à Still Life une note cristalline et aérienne, comme une sorte de cerise sur un fin gâteau déjà excellent. En résumé, vous l’aurez compris, ce premier extrait Still Life est d’une beauté à tomber, ce qui laisse imaginer un album assez renversant avec les sept autres titres à venir. C’est prévu pour le 18 octobre (soit dans 15 jours). Je suggère de se procurer rapidement cette belle galette. Et si vous avez déjà précommandé Dyrhólaey, le Foals et Return of the Obra Dinn, et que les finances sont à sec… Soit vous vous foutez de ce que dira votre banquier et vous foncez. Soit vous vous montrez raisonnable, et ce sera un achat incontournable en novembre.

Raf Against The Machine