Pépite du moment n°133 : New Gold (2022) de Gorillaz feat. Tame Impala & Bootie Brown

500x500De la plage à l’île, il n’y a qu’un pas. Sorti le 24 février 2023, soit presque 13 ans jour pour jour après Plastic Beach, le nouvel album de Gorillaz nous balade sur Cracker Island. Dix titres de haute volée, comme toujours chez Gorillaz, pour une galette qui s’ouvre sur le titre éponyme Cracker Island et se refermer une quarantaine de minutes plus tard avec l’ivresse d’un voyage musical d’une efficacité redoutable. Rappelons que Gorillaz est avant tout Damon Albarn, leader et chanteur de Blur. Ce groupe de pop anglaise a fait les beaux jours des 90’s essentiellement, en étant actif de 1989 à 2003, avant d’être réactivé en 2009. Un nouvel album est d’ailleurs prévu pour le 21 juillet prochain. Durant les années Blur, mais aussi les années de pause, Damon Albarn s’est offert quelques projets alternatifs. Si l’on peut penser à The Good, the Bad and the Queen, supergroupe rock fondé en 2006 et composé de musiciens venus notamment des Clash et de The Verve, Gorillaz est la formation qui nous vient plus immédiatement en tête. Grâce, peut-être, au premier album sorti en 2001 avec ses incroyables 5/4, Clint Eastwood ou Latine Simone. Un premier opus régulièrement suivi d’une production aussi pléthorique que passionnante à découvrir à chaque fois.

Cette année 2023 est celle de Cracker Island, huitième album studio du groupe virtuel. Oui, virtuel car, rappelons-le, Gorillaz c’est avant tout Damon Albarn, accompagné de musiciens virtuels et totalement inventés avec son compère Jamie Hewlett. Néanmoins, pas si virtuel que ça, puisque Gorillaz s’adjoint régulièrement les services d’autres musiciens en chair et en os. Les fameux featuring, qui permettent à la formation de ne jamais s’enfermer dans un genre précis, pour multiplier les ambiances et styles musicaux. Le New Gold qui nous intéresse aujourd’hui est typique de cette recherche artistique. Sorti initialement en single le 31 août 2022, le morceau invite Tame Impala et Bootie Brown. D’un côté, une sorte de jumeau artistique de Gorillaz, puisque Tame Impala est un groupe/projet musical de pop-rock psychédélique initié par le musicien multi-instrumentiste australien Kevin Parker. Ce dernier compose et enregistre la totalité de ses créations seul, même s’il retrouve des musiciens sur scène lors des tournées. De l’autre, Bootie Brown, rappeur américain et membre fondateur de The Pharcyde. Pur produit du son hip-hop West Coast, Bootie Brown apporte son flow efficace et généreux.

Il résulte de ce mélange un titre qui navigue sans cesse entre la pop électro, le rap West Coast et une sorte de funk disco qui ne laisse insensible et immobile aucun corps sur cette planète. New Gold est un bonbon sucré, une pilule de bonheur sonore immédiat. Sensuel à souhait, bourré d’énergie suave et de douceurs groovy, voilà bien un morceau qui ne peut qu’éclairer votre journée et la faire se dérouler de la meilleure des façons. Que voulez-vous de plus ? Un dimanche de repos et du soleil plein la peau ? Ça tombe bien. On est dimanche, et le soleil va régner comme jamais. New Gold.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°132 : A Child’s Question, August (2023) de PJ Harvey

hqdefaultCe mercredi 26 avril est marqué par le retour (et quel retour) de PJ Harvey. Celle qui domine du haut de ses désormais 53 ans le rock indépendant/alternatif parfois teinté de folk depuis maintenant 31 ans nous revient au travers d’un single disponible depuis quelques heures, A Child’s Question, August. La grande question était de savoir vers quel terrain musical PJ Harvey allait nous emmener. Depuis Dry (1992) qui reste à mes yeux un des plus grands albums de rock qui existe, elle n’a eu de cesse d’explorer différentes facettes du rock, puis de la musique en général. Souvenons nous du premier virage Is this desire ? (1998), qui amenait tout autant des sons électros que des balades folks mélancoliques, ou encore du choc White Chalk (2007) qui ouvrit la porte à Let England Shake (2011) et The Hope Six Demolition Project (2016). Ces deux dernières galettes sortent du terrain rock pour aller visiter des compositions plus expérimentales, introduisant des instruments assez rares voire inédits dans le milieu rock. Sept années déjà que nous étions sans nouvelles compositions de PJ Harvey, sept années d’une forme de manque malgré le gargantuesque coffret B-Sides, Demos & Rarities sorti l’an dernier et qui n’a toujours pas fini de me fasciner.

L’annonce d’un nouveau single a donc forcément attisé ma curiosité. A Child’s Question, August est disponible à l’écoute depuis ce matin. Et c’est une petite merveille. Un titre très posé, avec une dose de mélancolie, mais incroyablement envoûtant. Il me rappelle des titres comme The River (sur l’album Is this desire ?) par son côté traînant, magnétique, enveloppant. La trame musicale est d’une sobriété à toute épreuve mais diablement efficace, notamment pour servir de support à la voix de PJ Harvey. Et, une nouvelle fois, quelle voix. En un titre d’à peine 3 minutes, la chanteuse en exploite toute l’étendue, passant des notes les plus hautes pour les couplets aux graves les plus posés pour le refrain. Cerise sur le gâteau : le clip qui accompagne cette nouvelle pépite est d’une beauté incroyable. Réalisé par Steve Gullick en quasi noir et blanc du début à la fin, les images s’enchaînent au son de A Child’s Question, August comme si musique et visuels avaient toujours été là et s’étaient enfin trouvés pour notre plus grand plaisir.

PJ Harvey est de retour avec ce single, en prélude à un futur album intitulé I Inside The Old Year Dying, à paraître le 7 juillet prochain. D’ici là, je vous laisse découvrir ce magnifique A Child’s Question, August.

(Visuel tiré du clip by Steve Gullick)

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°131 : GBLTM (Studio outtakes) (2013/2023) de Daft Punk

512oeUxsIzL._SY355_Le 12 mai prochain, vous aurez (au moins) deux bonnes raisons de faire chauffer la CB. Sortira d’une part le nouveau et très attendu Zelda – Tears of the Kingdom pour les afficionados du gaming et de la Switch. D’autre part, vous pourrez aussi vous procurer Random Access Memories (10th Anniversary Edition), à savoir la réédition du désormais dernier album de feu Daft Punk. Faut-il voir là un appel des sirènes capitalistes et mercantiles, ou une possibilité de profiter plus largement d’un des grands albums et grands groupes de notre temps ? Nous en jugerons plus tard, lorsque la totalité de la galette rééditée sera disponible : à savoir l’album originel augmenté de 35 minutes de musique inédite, soit 9 morceaux (et d’un poster avec l’édition vinyle, le goodie collector qui sait faire la différence pour les bons ienclis). Annoncé à tout de même 40 euros la triple galette vinyle, on y réfléchira à deux fois tant l’objet incarne la flambée des prix pour ce support musical déclaré moribond voici une bonne vingtaine d’années. Je m’égare : nous sommes avant tout là pour écouter de la musique.

C’est précisément ce que nous allons faire avec GBLTM (Studio outtakes), un des 9 titres inédits disponibles sur cette réédition de Random Access Memories. Inédit ? Pas tant que ça. Derrière ce titre énigmatique et quelque peu imprononçable se cache une version alternative de Give Life Back To Music, morceau d’ouverture de l’album. Version alternative et entièrement instrumentale. Les voix ont disparu, de même que la guitare de Nile Rodgers qui donnait un sel incomparable à ce titre groovy à souhait. On y gagne en revanche une version bien plus orchestrale qui fait la part belle aux violons et piano solo. Une chose n’a pas bougé : la basse. Toujours omniprésente, très en avant et gonflée aux vitamines disco-funky. Il en résulte une version diablement efficace, qui rappellera (autour de la 3e minute notamment) certains accents du Don’t let me be misunderstood revisité par Santa Esmeralda en 1977. Un carton disco à l’époque, remis en avant en 2004 par Quentin Tarantino dans la BO de Kill Bill.

Tout cela ne nous aide pas à savoir si nous flamberons 40 euros le 12 mai prochain. Néanmoins, une chose est sûre : laissez vous aller et démarrez ce weekend gris et maussade avec du soleil dans les oreilles : GBLTM (Studio outtakes), suivi de sa version album 2013 Give Back Life To Music, et pour finir en bonus le Santa Esmeralda, histoire de comparer tout ça et prolonger le plaisir.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°130 : No Reason (2023) de The Chemical Brothers

Capture d’écran 2023-03-18 à 12.16.43Trente et un ans déjà que The Chemical Brothers nous envoient du son qui fait du bien. Fondé en 1992 par Tom Rowlands et Ed Simon, le duo anglais de musique électronique affiche 9 albums au compteur entre 1995 et 2019, tous plus captivants les uns que les autres. Depuis No Geography, dernier LP en date, c’est l’attente. On a beau se passer et repasser ces 9 galettes, depuis Exit Planet Dust (1995) jusqu’aux dernières secondes de Catch me I’m falling, qui referme No Geography, il faut avouer qu’on est un peu en manque de The Chemical Brothers. On avait bien eu le single The darkness that you fear en 2021, qui semblait annoncer un nouvel album. Pourtant, pas de nouvelles depuis, jusqu’à maintenant. Les deux anciens étudiants en histoire (comme quoi, en plus d’être une passionnante filière d’études, l’histoire mène décidément à tout) livrent ces jours-ci No Reason, un nouveau single inattendu et diablement efficace.

No Reason condense en 4 minutes tout ce qu’on aime des Chemical Brothers. Une basse funk sert de base rythmique et métronomique à un savant mélange de techno et d’acid house. L’ensemble est saupoudré de rock et de samples vocaux issus de Courts of war, titre du répertoire du groupe de new wave Second layer, sorti en 1979. Gros melting pot d’influences me direz-vous ? Exactement, et comme pour tout mélange des genres musicaux, c’est toujours une prise de risques qui peut finir en morceau casse-gueule et désastreux qui ne fonctionne pas. Sauf que nous avons là un des groupes les plus talentueux dans ses compositions, surtout lorsqu’il s’agit de préparer le genre de salade composée qui nous fait reprendre cinq assiettes.

No Reason est ainsi un titre bourré d’énergie(s), comme ont pu l’être en leur temps Block Rockin’ Beats (1997), Hey Boy Hey Girl (1999), Galaxy bounce (2002), ou encore Galvanize (2005). Si vous avez besoin de votre dose de groove qui donne le pêchon pour ce samedi, et même l’entièreté de votre weekend, No Reason est fait pour vous. Si vous voulez juste un bon son qui nous rappelle combien The Chemical Brothers sont indispensables au paysage musical, No Reason est fait pour vous. Si vous aimez la musique et la vie, No Reason est fait pour vous. En bref, listen it.

Chronique préparée à l’aide de l’article paru chez Tsugi : https://www.tsugi.fr/the-chemical-brothers-devoilent-no-reason-apres-deux-ans-dabsence/

Visuel pochette tiré du clip de No Reason, réalisé par Adam Smith & Marcus Lyall : https://store.thechemicalbrothers.com/*/No-Reason-Vinyl/No-Reason-12/7RJL1ZVN000

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°129 : L’homme à tête de chou in Uruguay (2022) de Daniel Zimmermann

c_3521383476383-3521383476383_1Comme cela nous arrive parfois sur Five-Minutes, petite incursion dans le jazz pour découvrir un album sorti voici déjà quelques semaines. L’homme à tête de chou in Uruguay : variations sur la musique de Serge Gainsbourg est une bien belle galette proposée par Daniel Zimmermann. Tromboniste talentueux, le garçon s’est construit un petit parcours/CV dans le monde musical. A 49 ans, il peut se targuer d’avoir accompagné les plus grands (Claude Nougaro ou encore Manu Dibango), mais aussi d’avoir participé à plusieurs projets divers et variés, entre jazz et rock. On peut aussi citer ses collaborations avec le Sacre du Tympan de Fred Pallem, ou encore l’Orchestre National de Jazz. C’est à la tête d’un quartet jazz que Daniel Zimmermann a signé en novembre 2022 L’homme à tête de chou in Uruguay : 9 titres de Serge Gainsbourg revisités jazz. Non pas arrangés en version jazz, mais plutôt servant de support à une réinterprétation/réécriture et à de bien beaux chorus. Pour mener à bien ce projet, Daniel Zimmermann s’est entouré de Pierre Durand (guitare), Jérôme Regard (basse) et Julien Charlet (batterie). Un groupe déjà entendu sur Montagnes russes (2016).

Le quartet revisite en 51 minutes des titres plus ou moins connus de Serge Gainsbourg, dans un style très cool jazz qui n’oublie pas de groover. Si vous aimez les petites formations jazz qui déroulent du son pour chiller, cet album est fait pour vous. De la première à la dernière note, on se laisse porter par les thèmes musicaux qu’il ne faut surtout pas chercher à reconnaître. L’intelligence de ces revisites, c’est justement de nous ramener petit à petit sur l’original, pour toujours mieux s’en éloigner. Le parfait hommage. A commencer par le titre de l’album, qui est une contraction de deux chansons de Serge Gainsbourg : L’homme à tête de chou et S.S. in Uruguay. Une contraction que l’on retrouve d’ailleurs musicalement, puisque l’album s’ouvre sur S.S. in Uruguay, relecture décrite par Daniel Zimmermann comme « une espèce de mashup considérablement retravaillé de deux chansons de Gainsbourg, L’Homme à la tête de chou pour les harmonies et S.S. in Uruguay pour la mélodie. » (propos issus d’une interview donnée à France Info, lien en fin d’article).

Viennent ensuite 8 autres re-créations. Toutes sont de haute qualité, mais j’ai envie de retenir New-York U.S.A. pour son groove, Comic Strip pour son ambiance et ses cassures rythmiques, et Bonnie and Clyde pour sa tension tout en finesse. Une tension accrue par un cinquième musicien invité, et que l’on retrouve aussi sur Ballade de Melody Nelson et La noyée. Daniel Zimmermann a convié Eric Truffaz à venir éclairer de son jeu de trompette ses relectures de Gainsbourg. Si le quartet assure grandement et largement la performance, Eric Truffaz apporte une touche assez incomparable, qui enrichit considérablement l’ensemble.

Vous l’aurez compris : L’homme à tête de chou in Uruguay est une pépite qui vous baladera au pays de Gainsbourg, mais plus largement dans un jazz intelligent, accessible, savoureux et efficace. Daniel Zimmermann signe là un bien bel album, à côté duquel j’avoue être passé à sa sortie. Il était largement temps de le découvrir et de vous le partager, pour rendre honneur à cette virée musicale de haute volée. Un album que, a posteriori, j’intègre sans hésitation dans ma rétrospective 2022. Mieux vaut tard que jamais.

(Cette chronique a été rédigée en puisant des informations dans l’interview donnée par Daniel Zimmermann à France Info le 17 février 2023, passionnante et à retoruver en intégralité ici : https://www.francetvinfo.fr/culture/musique/jazz/daniel-zimmermann-tromboniste-de-jazz-revisite-serge-gainsbourg-dans-un-album-instrumental-j-ai-tout-fait-pour-me-demarquer-de-gainsbourg-en-le-respectant_5647502.html)

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°128: What They Call Us de Fever Ray (2022)

Karin Dreijer, qui forme avec son frère Olof le duo électronique expérimental The Knife, a entamé en 2009 uneFever Ray - Radical Romantics carrière solo sous le nom de Fever Ray. L’album initial éponyme est assez brillant même s’il nage en eaux troubles et développe un chamanisme assez angoissant. Je dois reconnaître que Plunge en 2017 ne m’a pas particulièrement laissé un souvenir impérissable, ce qui ne m’empêche pas d’attendre avec impatience le troisième opus Radical Romantics qui sortira le 10 mars prochain. Kandy est sorti la semaine dernière mais je préfère parler aujourd’hui d’un des deux autres titres partis en éclaireur, à savoir le morceau d’ouverture du futur album What They Call Us. On retrouve les ingrédients qui séduisent tout autant qu’ils rendent mal à l’aise: cette voix androgyne qui semble sortie d’outre-tombe, des synthés omniprésents couplés avec justesse à des drums oppressants, un personnage de clip anxyogène. Désolé, je n’ai pas forcément choisi le titre le plus lumineux pour un dimanche soir de février… Enjoy !

 

Sylphe

Pépite du moment n°127: La beauté du coeur de Saez (2022)

Saez, voici un artiste qui suscite souvent des réactions épidermiques assez diverses et contradictoires. Brillant parolierSaez - Telegram capable de sublimer son spleen dans son superbe album initial Jours étranges en 1999, qu’on a la fâcheuse tendance à résumer au single d’une génération Jeune et con, capable de provoquer à l’extrême dans le plus controversé J’accuse en 2010, Saez donne l’impression d’écrire le même titre depuis des décennies et de traîner sa nonchalance mélancolique dans des albums qui passent presque inaperçus depuis quelques années. Je l’ai clairement perdu de vue, puis je suis tombé sur son EP Telegram sorti le 9 décembre dernier. 6 titres assez attendus autour de la guerre en Ukraine, mon diable intérieur avait déjà tendance à penser que Saez était de nouveau tombé dans la facilité mais j’ai choisi de dépasser ce premier sentiment. Finalement, la poésie fait son effet et certains titres comme Telegram frappent assez juste, rappelant des évidences qu’il est bon de rappeler…J’ai choisi pour aujourd’hui le dernier titre de l’EP, La beauté du coeur, qui offre un très beau texte sensible pour dénoncer les maux de notre monde et mettre l’accent sur les belles personnes qui tentent de le rendre plus lumineux. La phrase finale répétée plusieurs fois « Il n’est pas de plus grand courage qu’être gentil » fera sourire certains par son apparente naïveté mais elle reste un message qu’il est bon de rappeler, enjoy !

 

Sylphe

Pépite du moment n°126: Strung Out Johnny d’Iggy Pop (2023)

Voilà plusieurs semaines que le dernier album Every Loser d’Iggy Pop tourne en boucle chez moi et que je tente de mIggy Pop - Every Losere convaincre difficilement que l’iguane a bien 75 ans… J’ai déjà eu la chance de voir Iggy en festival au Printemps de Bourges dans une autre vie, la vie où il était torse nu et manquait à tout moment de dégainer la banane car le monsieur a une forte tendance à l’exhibitionnisme. Sa carrière avec les Stooges ou en solo est gargantuesque et je me suis littéralement perdu dans sa discographie au point d’abandonner le compte de ses albums… J’ai longtemps hésité à écrire une review sur Every Loser, puis je me suis ravisé, ne me sentant pas les épaules pour le chroniquer, par respect pour les fans de la première heure qui auraient perçu ma relative méconnaissance de la discographie de l’icône rock qu’il est.

L’homme sait s’entourer et l’on retrouve Chad Smith des Red Hot Chili Peppers, Duff McKagan des Guns N’Roses, Stone Gossard de Pearl Jam et Taylor Hawkins des Foo Fighters entre autres… Désolé pour le name-dropping mais il est bon de montrer que participer à un album d’Iggy Pop reste un graal ultime pour tout musicien rock qui se respecte. Le résultat est un condensé d’énergie rock de 11 titres et 36 minutes qui me laisse pantois, les années semblent n’avoir pas de prise sur l’iguane et cette voix tout droit sortie d’outre-tombe fait toujours le même effet… J’ai choisi le tube en puissance Strung Out Johnny qui aborde l’addiction à la drogue (oui très surprenant), les guitares sont de sortie et le chant monte en puissance, prenant presque une teinte plus pop. Le clip est barré, Iggy Pop a priori doit sa ligne à une consommation accrue de fruits, bref tout est en place, enjoy !

 

Sylphe

Pépite du moment n°125: Weightless d’Arlo Parks (2023)

Des nouvelles aujourd’hui d’Arlo Parks qui avait illuminé mon année 2021 avec son deuxième album Collapsed In Arlo Parks - My Soft MachineSunbeams (à relire par ici)… A priori, je n’avais pas été le seul sous le charme car cette dernière avait remporté le Mercury Prize en 2021 pour cet album. Pour notre plus grand bonheur, son troisième album My Soft Machine sortira le 26 mai prochain et les premiers singles laissent augurer de bien belles choses. Vendredi dernier, c’est le titre Weightless qui est apparu sur la toile, on y retrouve cette voix chaude qui paraît immédiatement habituelle, cette pudeur à se livrer et pour couronner le tout, un refrain séduisant qui nous emporte facilement. Allez, on prend notre mal en patience, il ne reste plus que 4 mois à attendre, enjoy !

 

Sylphe

Pépite du moment n°124: Nothing Left To Lose d’Everything But The Girl (2023)

Attention coup de vieux en perspective, ou douce nostalgie… Le duo anglais composé de Tracey Thorn et Ben Watt,Everything But The Girl - Fuse Everything But The Girl (nom de groupe original lié à un magasin de literie de Hull qui avait pour slogan « For your bedroom needs, we sell everything but the girl), va ressortir un album (le onzième!)  intitulé Fuse le 21 avril prochain. C’est un événement car le dernier opus du duo, Temperamental, datait de… 1999. J’ai découvert au moment d’écrire sur cette pépite que ce groupe avait eu une carrière très riche que je ne connaissais pas du tout. Je suis d’une génération qui a écouté en boucles passer à la radio le sublime titre Missing tiré de leur huitième album Amplified Heart (1994) mais je ne me suis jamais véritablement confronté à leur discographie. Tracey Thorn de son côté a mené une carrière solo mais elle a aussi collaboré avec Massive Attack, en particulier sur leur deuxième album Protection où elle pose sa voix sur le titre éponyme et Better Things.

Ce Nothing Left To Lose arrive donc en éclaireur et les premières notes m’ont instantanément ramené vers Missing. La voix de Tracey Thorn est toujours aussi belle, chaude et envoûtante, et se pose à merveille sur une instrumentation électronique, certes un peu datée mais tout de même convaincante. Un peu l’impression d’entendre les précurseurs de Jungle, rapprochement inconscient accentué peut-être par le clip qui met en scène une troupe de danseurs. Voilà en tout cas une bien belle promesse et je prends date avec le 21 avril, en attendant j’ai quelques albums d’Everything But The Girl à écouter, enjoy !

 

Sylphe