Pépite du moment n°81: Heroes in a Frame de Tin (2020)

Je vous propose de découvrir une artiste française qui m’était jusqu’alors totalement inconnue, TinTin (voilà un pseudo pour le moins minimaliste). Dj accomplie influencée par Chromatics ou Taxi Girl, Tin a sorti son premier EP sobrement intitulé Debut l’année dernière, EP qui fonctionne parfaitement. Si vous aimez une électro-pop rêveuse où boîte à rythme et synthés sont au service d’une voix suave explorant le français et l’anglais vous ne pourrez que savourer des titres comme Shots of Glory ou La Nuit Floue. Cet EP est cependant illuminé par son morceau central Heroes in a Frame qui brille par sa rythmique techno. L’ambiance  dégagée nous glisse dans les méandres de la nuit parisienne où les règles s’estompent pour laisser surgir le désir, perceptible à travers la voix sensuelle de Tin. Ce titre plein de caractère a beaucoup inspiré et ce vendredi sortira un nouvel EP de remixes de Heroes in a Frame par Plaisir de France, Sara Zinger, Devon James, Badknife, Morgan Blanc et De Warville. En attendant de découvrir ces relectures, je vous invite à savourer l’original, à fermer les yeux et vous rappeler à quoi ressemblait une promenade nocturne…, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°80: Bateaux-Mouches d’Eddy de Pretto (2021)

A moins de vivre dans une grotte, vous avez dû prendre de plein fouet la vague Eddy de Pretto en 2018 avec son premier album Cure. Même si cette expression me paraît très souvent galvaudée, il faut reconnaître qu’Eddy de Pretto possède une véritable signature vocale, son flow embellissant encore davantage ses textes poignants et sans concession. Il suffit de réécouter le bijou d’émotion  Kid pour se rappeler à quel point la sensibilité de cet artiste est aussi oppressante que lumineuse. Un deuxième album est attendu pour cette année 2021 et le 6 janvier dernier le premier titre Bateaux-mouches  est brillamment parti en éclaireur. Ce titre autobiographique qui raconte l’expérience d’Eddy de Pretto quand il chantait sur les bateaux-mouches à Paris fonctionne à merveille, entre ce flow aux confins du hip-hop et la puissance pop du refrain. J’aime tout particulièrement ce texte empreint d’une nostalgie douce-amère et le clip où Eddy de Pretto réalise une véritable prouesse d’acteur, bref on ne peut que savourer le fait qu’il ait abandonné les bateaux-mouches, enjoy!

 

Sylphe

Pépites du moment n°79: Dry Fantasy et Ritchie Sacramento (2020/21)

Des nouvelles aujourd’hui de notre groupe écossais préféré Mogwai qui sortira son dixième albumMogwai studio As The Love Continues le 19 février prochain. On ne présente plus un des plus grands groupes de post-rock du XXème avec des albums mythiques (Come On Die Young en 1999, Mr. Beast en 2006 ou encore Hardcore Will Never Die, But You Will en 2011) et des BO à faire vibrer. Difficile de rester de marbre et de ne pas frissonner d’angoisse en écoutant la bande-son de la série Les Revenants… Depuis fin octobre, deux titres ont été lancés en éclaireurs pour rassurer sur la capacité de Mogwai à toujours produire des ambiances prenantes. Impossible pour moi de choisir entre ces deux plages assez différentes, mais finalement pourquoi choisir? Le premier morceau Dry Fantasy  et son clip tout en graphismes et images de synthèse nous ramène vers les terres habituellement explorées par les Ecossais en dressant un paysage sonore planant où les synthés sont rois. On ne retrouve pas la tension sous-jacente propre à Mogwai mais on se laisse porter par cette mélodie entêtante d’une grande luminosité. Le deuxième morceau Ritchie Sacramento sorti hier est, quant à lui, plus surprenant par sa capacité à placer les voix au coeur du morceau, ce qui est assez inhabituel. On retrouve néanmoins avec délices un post-rock plus affirmé, la batterie et les guitares apportant cette tension qui fait leur charme. Voilà en tout cas deux titres complémentaires qui me font attendre avec impatience ce As The Love Continues au titre prémonitoire, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°78: Flat Earth Theme de Just Jack & Parson Jones (2020)

Voilà un artiste pour lequel j’ai un attachement particulier et que j’avais quelque peu perdu de vue, à savoir Jack Allsopp alias Just Jack… Ecrire un petit mot sur ce titre d’une douceur infinie c’est un plaisir double car il me permet de retrouver une voix et un flow toujours aussi touchants mais aussi d’aller réécouter des albums de Just Jack et de me remémorer des plaisirs passés. Avant tout, je dois reconnaître que je ne connais pas du tout le duo composé de Joshua Hollenstein et Kerry Fogarty alias Parson Jones qui possède à son compteur un premier opus Clear as Day sorti en 2019. Egoïstement c’est bien pour Just Jack que je vous parle aujourd’hui de ce Flat Earth Theme. Loin de vouloir vous résumer la carrière du garçon, je vous invite à aller jeter une oreille attentive du côté de ses deux albums centraux, Overtones en 2007 et All Night Cinema en 2009. Le premier (enfin le deuxième de sa discographie en réalité) est particulièrement percutant et dansant, porté par le flow hip-hop de Just Jack et des instrumentations extrêmement riches. Je vous mets au défi de ne pas vous noyer littéralement dans le triangle des Bermudes composé des 2 singles Writer’s Block et Starz In Their Eyes et du bijou émotionnel Mourning Morning  qui clot avec majestuosité l’album (oui je suis une âme faible, je ne sais pas résister aux cordes…). All Night Cinema, même s’il perd un peu en inventivité musicale avec un son plus électro, devrait lui aussi vous désarmer à travers Embers, le morceau d’ouverture extatique (oui encore ces fichues cordes), ou le diamant instrumental final Basement. J’avoue avoir un peu de mal à comprendre l’essoufflement de la carrière de Just Jack par la suite mais je ne vais pas bouder mon plaisir d’avoir de ses nouvelles avec ce très beau Flat Earth Theme, tout en espérant qu’il soit annonciateur d’un prochain album… Le morceau, brillamment illustré par les dessins de Mica Jennings pour le clip, est porté par la voix de Just Jack. Sa douceur enveloppe ces quatre personnages qui tentent de trouver l’amour face à un monde devenu si compliqué. Voilà une parenthèse enchantée qui, je l’espère, trouvera grâce auprès de vos oreilles averties, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°77: Are We Alright Again d’Eels (2020)

Depuis 1996 et le très beau Beautiful Freak (si, si, vous connaissez forcément cette couverture Eelsd’album avec une petite fille effrayante par ses yeux démesurément grands), les Américains d’Eels mènent une très belle carrière en grande partie grâce à la sensibilité de leur chanteur Mark Oliver Everett que je rêverais de cotoyer tous les jours tant il sait sublimer notre quotidien sombre et distiller sa belle poésie avec grâce. Le treizième opus du groupe Earth to Dora vient de sortir en cette période complexe (et ce ne sont pas les résultats provisoires des élections américaines qui vont nous réconcilier avec les gens…) et c’est toujours avec plaisir que je retrouve le timbre éraillé de Mark Oliver Everett. Le titre du jour Are We Alright Again suffit amplement à mon bonheur avec sa petite mélodie faussement enfantine et ses paroles empreintes d’un optimisme salvateur. Le clown triste de notre époque a de nouveau frappé et finit sur des mots que l’on peine de plus en plus à croire, « Yeah, I think we’re alright ». En même temps écouter Earth to Dora est à coup sûr une première étape valable dans la quête du bonheur perdu, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°76: Another Wave de Catastrophe & Cure (2020)

Notre road-trip musical de ces vacances nous emmène aujourd’hui en Autriche après avoir visité laCatastrophe & Cure Colombie et le Canada. Voilà une contrée que je connais assez peu musicalement en dehors de Kruder & Dorfmeister, Parov Stelar ou Waldeck qui développent son versant électronique… Le groupe du jour au nom assez surprenant Catastrophe & Cure a sorti en 2020 son troisième opus Somewhere Down the Line qui fait très bien le boulot en à peine 30 minutes et mérite amplement d’être écouté. Le titre du jour Another Wave s’appuie sur une guitare d’une grande coolitude qui accompagne parfaitement la voix de Johannes Eder, l’ensemble peut paraître assez classique mais fonctionne à merveille pour moi. Voilà une superbe transition avant de retourner aux Etats-Unis demain avec le dernier Sufjan Stevens, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°75: they told us it was hard, but they were wrong d’Ela Minus (2020)

On est partis pour deux semaines de vacances placées sous le signe de la musique, tant ces dernières semaines regorgent de nouveautés aussi excitantes les unes que les autres… La première étape de notre road-trip musical va nous emmener en Colombie pour découvrir une artiste qui sortira ce vendredi 23 octobre sur le label Domino son premier album studio acts of rebellion (oui la demoiselle est fâchée avec les majuscules), Ela Minus. Je suis tombé par hasard sur le premier single they told us it was hard, but they were wrong sorti en avril mais qui était passé sous mon radar amateur. Le morceau est littéralement hypnotisant avec ces synthés en staccato qui s’adressent au corps et invitent au dance-floor. Le chant tout en retenue amène un désenchantement séduisant qui se marie parfaitement à la montée électrique finale qui, dans l’utilisation des synthés, m’évoque Caribou. Le clip de Will Dohrn est d’une simplicité étonnante à la Michel Gondry et illustre avec sobriété la première pépite de ces vacances d’une artiste capable de croiser en 4 minutes Fever Ray (ou plus largement The Knives) et Caribou, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°74: Sheremetiev de Thylacine (2020)

Des petites nouvelles d’un des petits chouchous du blog depuis son album ROADS Vol.1 (voir ici  ) en la personne de Thylacine. Après un ROADS Vol.2 sous la forme d’un EP d’une grande justesse, un album de reprises de musique classique sortira ce vendredi. Deux titres sont déjà partis en éclaireurs, Satie I qui s’attaque avec délices à la première Gymnopédie de Satie et dont le clip graphique est très beau (en cadeau ci-dessous) et Allegri qui reprend le Miserere de Gregorio Allegri dans un registre encore plus sombre et hypnotisant. Le titre du jour Sheremetiev (un compositeur russe des XIXème et XXème siècles) est donc le troisième extrait de Timeless, assez classique il brille par sa mélancolie et la douceur de son piano. Il est brillamment illustré par un clip monté en reverse qui retranscrit la chute dans l’eau d’un orchestre. Le temps semble presque arrêté pour un moment d’une grande épure, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°73: Ship de The Notwist (2020)

The Notwist

Des nouvelles aujourd’hui d’un groupe pour lequel j’ai un véritablement attachement, The Notwist. Ce groupe allemand fondé autour des frères Markus et Micha Acher brille depuis quelques années dans sa capacité à croiser avec subtilité l’indie-pop et l’electronica pour des résultats empreints d’une grâce évidente. Après des débuts dans les années 90 marqués par un punk plutôt virulent, le claviériste Martin Gretschmann intègre le groupe et va donner une toute autre orientation, les machines devenant plus centrales. Après un Shrink en 1998 assurant la transition, ce sont les albums Neon Golden en 2002 et The Devil, You + Me en 2008 qui m’ont vraiment touché et que je vous invite à aller (ré)écouter. Le dernier album Superheroes, Ghostvillains + Stuff en 2016 a confirmé que les Allemands ont encore de très belles choses à nous faire entendre, pour vous en convaincre difficile de faire mieux que le titre Kong… Avant d’en arriver à cet EP de 3 titres Ship et vous aider à percevoir le son de The Notwist, les frères Acher mènent des projets parallèles de très haut vol avec Lali Puna ou encore Ms. John Soda.

A vrai dire, je ne m’attendais pas à la sortie d’un EP de la part de The Notwist et je suis déjà prêt à ressentir la frustration après une petite dizaine de minutes… Le morceau éponyme s’appuie sur la voix de Saya, la chanteuse de Tenniscoats, qui apporte sa douceur sur des rythmiques urbaines, aussi destructurées qu’addictives. Distorsion et grâce paraissent toujours aussi subtilement entrelacées… Loose Ends nous ramène ensuite vers des terres plus classiques en s’appuyant sur la douceur feutrée de Markus Acher qui se marie parfaitement à une pop aérienne. Le dernier titre Avalanche nous rappelle pour finir que Lali Puna n’est jamais très loin avec son électronica faussement naïve. Cet EP de 3 titres aura eu le mérite de réveiller en moi le besoin de The Notwist et j’espère qu’un album suivra dans les mois à venir, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°72: Johnson de Kruder & Dorfmeister (2020)

Petit instant nostalgie pour commencer le weekend aujourd’hui avec un duo de dj autrichiens Kruder und Dorfmeister qui sur la fin des années 90 a marqué par ses compilations et ses mixes toute une génération qui palpitait en découvrant le champ d’exploitations infinies de la musique downtempo. Pour vous dire à quel point ce duo avait disparu des radars et reste ancré dans une époque déjà bien lointaine, je me vois en train de désespérément chercher leurs perles sur Emule… Pour leurs faits d’armes dignes d’intérêt, en 1996 ils ont eu les honneurs de la quatrième compilation de DJ-Kicks (on en est à 69…) et leur album de remixes The K&D Sessions paru en 1998 regorge de joyaux sonores. Pour preuve, vous pourrez écouter à la fin leur reprise de Useless de Depeche Mode. Que viennent donc faire Kruder & Dorfmeister en 2020? La vague du trip-hop, la chill music et tous les satellites de la musique downtempo ont connu leur succès et le risque de paraître un poil désuet est réel. Cependant, ne boudons pas notre plaisir avec l’annonce de leur premier album 1995 (et oui on est bien dans la nostalgie) prévu pour le 30 octobre. Le 28 août dernier, un premier morceau Johnson, qui sera le titre d’ouverture de l’album, est parti en éclaireur. J’y retrouve cette musique downtempo qui se déploie langoureusement et sensuellement, les atmosphères enfumées des bars lounge où on prend plaisir à écouter St Germain, la tentation perceptible du nu-jazz, le tout illustré par un très beau clip qui retranscrit parfaitement l’atmosphère sombre et picturale de cette musique. Un titre qui sonne comme en 1995 mais que l’on prend un malin plaisir à savourer en 2020, enjoy!

Sylphe