Pépite du moment n°89: Fear Colours de LoneLady (2021)

Des nouvelles aujourd’hui de Julie Campbell, alias LoneLady, artiste anglaise signée sur le très pointu label LoneLadyWarp. Depuis son premier album Nerve Up en 2010, je suis séduit par cette électro froide et méthodique qui s’est construite sur les cendres du post-punk. Fin juin, son troisième album seulement Former Things est sorti (après Hinterland en 2015) et a accompagné mon été. Un album dense de 40 minutes pour 8 titres qui incitent de plus en plus à bouger sur les dance-floors, avec des sons plus catchy à la Metronomy qui se marient à merveille avec l’influence évidente de New Order. Ne vous attendez cependant pas à une totale métamorphose, à l’image de sa pochette sombre et énigmatique l’ensemble reste sombre et minéral. Pour illustrer cet album qui mérite amplement d’être écouté pour accompagner vos soirées automnales, j’ai choisi le titre Fear Colours qui m’obsède par sa boucle hypnotique et ses choeurs indus. Par son dépouillement et son âpreté, il dépeint avec un certain brio les couleurs de la peur…. Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°88 : Daytime coma (2021) de Archive

Ce 15 septembre 2021 marque le retour aux affaires du groupe britannique Archive. On savait la formation au travail sur un douzième album studio depuis quelques mois. Après une période de célébration de 25 années d’existence au travers d’un dantesque coffret 25, d’une non moins dantesque tournée et d’un album de relectures Versions puis de remix de ces relectures, la bande à Danny Griffiths et Darius Keeler annonçait en mai dernier l’ouverture des précommandes de #Archive12 (titre de travail non définitif), à paraître en avril 2022. Promis sous la forme d’un double CD ou triple LP, autant dire que le bon iencli que je suis est turbo chaud à l’idée de retrouver toute cette fine et brillante équipe et a déjà commandé la triple galette (sans saucisse).

Ce que l’on ne savait pas, c’est qu’un premier single du nouvel opus serait disponible dès cette rentrée. Surprise du jour, et bonne surprise, Daytime coma est disponible depuis aujourd’hui à l’écoute sur toutes les bonnes plateformes de streaming. Que raconte ce coma diurne ? Plein de choses, et bien plus encore. D’une durée de plus de 14 minutes, Daytime coma renoue avec les grands titres du groupe comme Lights, Again, Controlling crowds ou encore Axiom. Le titre est articulé en quatre temps bien divers, et débute pendant près de 6 minutes par une intro planante piano-voix augmentée de synthés, avant de basculer dans de l’électro plus rythmée et marquée. La batterie se mélange à des samples vocaux fantomatiques pour créer une sorte de vertige. Vers la 9e minute, tout se suspend pour laisser la place à des boucles de voix déformées, au cœur d’un long passage planant et presque inquiétant de voix enrobées de nappes de synthés. Puis, les dernières minutes renouent avec l’électro qui tape, pour un final apocalyptique et épique. Daytime coma atteint alors son paroxysme musical, truffé de voix torturées, pour nous laisser KO.

Si la musique convoque une grosse somme d’émotions, le texte, relativement court mais répété, raconte l’enfermement, la suffocation, l’étouffement, l’atonie, mais aussi la lumière et la sortie de ce coma diurne. Impossible de dissocier ces 14 minutes des mois covidesques que l’on vient de traverser, et dont on n’est pas tout à fait sortis. Le sujet n’est pas tout à fait le même et bien plus vaste, mais la poésie, musicale comme textuelle, joue pleinement son rôle. Daytime coma est une claque totale, un titre qu’on n’attendait pas, ni à cette date, ni aussi puissant. D’une certaine façon, le groupe semble avoir condensé en un single de 14 minutes un aperçu de ce qu’il sait faire à ce jour et de ce que l’on risque de retrouver sur #Archive12. On ne pouvait pas rêver meilleur teaser, même si l’attente d’ici avril 2022 va être longue. Le plus grand groupe du monde est de retour, et vous n’êtes pas prêts. Daytime coma de Archive, c’est maintenant. Sans aucune réserve.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°87: Ani Kuni de POLO & PAN (2021)

Envie de commencer cette semaine quasi estivale avec entrain et légèreté? J’ai ce qu’il vous faut sous monPolo & Pan grand chapeau (Annie si tu nous entends…) avec un morceau improbable sur lequel je viens à l’instant de tomber. Nous avons déjà parlé du duo français POLO & PAN à l’occasion de la sortie de leur EP Gengis en 2019 avec leur titre éponyme qui s’imposait comme une fresque épique brillante (à réécouter par ici). En 2020, Polocorp et Peter Pan ont sorti leur septième EP Feel Good au titre prémonitoire tant il donne le sourire mais c’est leur single Ani Kuni qui va nous intéresser aujourd’hui. Ce titre reprend un chant indien ani couni chaouni qui, s’il est à la base un chant de lamentation entonné lors de la cérémonie de la Danse des Esprits, devrait parler à plus d’un parent (et j’en suis!) car il est devenu une berceuse pour enfants célèbre. La recette est d’une simplicité enfantine: des sonorités électroniques représentatives du groupe, une tendance à s’appuyer sur des sons tropicaux, le choeur d’enfants et un clip coloré. Il ne m’en faut pas plus pour démarrer avec le sourire cette nouvelle semaine, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°86 : Leave the door open (2021) de Silk Sonic aka Bruno Mars & Anderson .Paak

1200x1200bf-60Après Bob Dylan la semaine dernière et la toujours excellente Julia Stone par mon ami Sylphe, changement total de décor. Trois salles, trois ambiances serait-on tenté d’écrire. Et quelle ambiance avec la pépite du moment que nous allons écouter ensemble. Leave the door open fait partie de ces titres qui font du nouveau avec de l’ancien, de ces morceaux que l’on pense avoir déjà entendu des dizaines de fois mais qui brillent d’un je-ne-sais-quoi de suffisamment nouveau pour nous embarquer et fonctionner comme si on découvrait le bon son pour la première fois. Côté découverte, je n’ai d’ailleurs aucun mérite à présenter cette chanson. Je n’ai pas passé des heures les pieds dans l’eau, agenouillé dans la rivière et tamis en mains, à la recherche du petit caillou brillant qui illuminera la semaine. Leave the door open est arrivé à moi comme par magie. Il m’est surtout arrivé en discutant musiques avec toi qui écoutes de bien belles choses. Merci infiniment pour ces moments de partage, pour cette trouvaille dont tu m’as fait profiter et pour ces 4 minutes de bon son dans lesquelles nous allons plonger sans tarder.

Leave the door open est le premier single de Silk Sonic, un nouveau groupe formé autour du duo Bruno Mars & Anderson .Paak. On ne présente plus le premier, artiste musical et multiforme touche-à-tout et à tous les genres musicaux : voilà maintenant 17 ans que ce petit génie inonde la planète de ses mélanges de rock, pop, r’n’b, soul, hip-hop. Pour un aperçu des talents du garçon, on écoutera par exemple Unorthodox Jukebox (2012), son deuxième album studio, ou encore l’explosif Uptown Funk avec Mark Ronson. En revanche, je reconnais humblement découvrir Anderson .Paak avec ce titre. Du haut de ses 35 ans, voilà pourtant un moment qu’il sévit sur la planète r’n’b/soul, fort de sept albums studio, dont certains sous le nom de Breezy Lovejoy. Faut-il en dire plus ? Oui : il est signé sur Aftermath Entertainement, le label de Dr. Dre. On a connu pire référence. A jeter un œil sur le parcours de chacun, rien d’étonnant à ce qu’ils aient annoncé en février dernier la naissance de ce projet commun Silk Sonic. Avec, en ligne de mire, un album à venir intitulé An evening with Silk Sonic qui mettra en vedette Bootsy Collins. Autant dire que ces trois là réunis devraient proposer du très bon son.

La qualité est déjà largement au rendez-vous avec ce premier single Leave the door open. Le titre est clairement orienté soul langoureuse, façon Motown séductrice. Ici, point d’envolée rythmique ou de groove tapageur. Silk Sonic envoie du charme, de la douceur, du sucre et du tissu qui frissonne sous la caresse sonore de la mélodie susurrée. Pour un groupe qui s’appelle Silk Sonic (littéralement Soie Sonique), on ne pouvait rêver meilleure carte de visite. Leave the door open aurait tout à fait sa place sur la BO de Jackie Brown aux côtés d’un Didn’t I blow your mind this time ? des Delfonics. Si l’on n’y faisait pas attention, cette pépite pourrait passer pour un enregistrement soul d’il y a 40 ans. Pourtant, comme dans bien de ses compositions précédentes, Bruno Mars réussit (une fois encore) le coup de nous vendre du rêve musical avec une recette entendue cent fois, mais remise au goût du jour pour la faire sonner à sa façon. Est-ce du Marvin Gaye, du Michael Jackson, du Stevie Wonder ? C’est tout ça à la fois, tout en étant du Silk Sonic.

Alors oui, laissons la porte ouverte. Parce que, peut-être, ce fucking Covid aura l’idée de partir et de nous laisser en paix. Parce que l’air devient plus doux et qu’on a bien envie de profiter de cette petite brise qui passe. Parce que le son de cette pépite pourra s’envoler à l’extérieur, et qu’un maximum de personnes en profitera. Parce que les portes fermées, c’est comme les esprits fermés et les murs : nous n’avons rien à y gagner et, après 15 mois d’isolement, il est temps de s’aérer et de retrouver du lien pour ne pas être frappé un de ces jours par le virus brun de l’intolérance abjecte. Parce que ça permet d’aller et venir au soleil pour y partager un café et des sourires, en regardant le temps s’écouler. Parce que c’est un bon moyen d’entendre l’océan qui caresse la Terre. Parce qu’une porte ouverte, c’est l’univers des possibles qui s’étend : dans un monde et une vie où le meilleur est à venir, pas question de s’arrêter de rêver et d’espérer. Hope.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°85 : Cassiopeia (2021) de Thomas Méreur

Capture d’écran 2021-04-01 à 20.37.54Voici pile un an, nous étions en plein confinement 1.0, plongés dans ce nous pensions alors être une épidémie passagère, que l’été chasserait tranquillement. Cette épreuve de l’isolement a été vécue différemment par chacun, et nous l’avons tous traversée avec nos moyens. En ce qui me concerne, toutes ces longues semaines ont été rendues supportables par quelques personnes très chères, mais aussi par des occupations culturelles (et donc hautement essentielles) au premier rang desquelles beaucoup de musique. Parmi les nombreux sons qui ont marqué cette étrange expérience, Dyrhólaey de Thomas Méreur occupe une place de choix. Plus largement même, ce premier album du garçon, sorti en octobre 2019 et chroniqué ici (à relire si le cœur vous en dit), reste à ce jour un des albums majeurs de ma discothèque. La poésie et la lumière qui se dégagent de la musique de Thomas Méreur m’embarquent à chaque écoute, pour une évasion toujours renouvelée, tout autant qu’un voyage intimiste en moi-même. Dyrhólaey, ou le compagnon idéal d’une existence en général, et d’un confinement en particulier.

Le hasard existe-t-il ? Absolument pas. Rien n’arrive par hasard, rien n’est fortuit. On aurait peut-être pu éviter ce reconfinement 3.0 printanier, mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est que quasiment un an après l’entrée dans le premier confinement, nous voilà de nouveau cloitrés chez nous pour 4 semaines (au minimum, et on n’espère pas plus) avec le nouveau défi de surmonter cet enfermement. Un isolement qui n’a pas grand chose à voir avec celui de 2020, puisque nous sommes beaucoup à être lassés, résignés, un peu tristes parfois aussi, mais également nombreux à espérer la lumière, la vie, les gens qu’on aime, une bière avec le poto Sylphe, un concert, un ciné… une balade sous le soleil breton (oui, j’ai bien parlé de soleil breton), un resto avec toi (oui, toi…) n’importe où il te plaira. Entendre ta voix et tes rires autrement que dans le téléphone, et revoir tes yeux en vrai. Refaire le monde, parce qu’en plus après tout ça il en aura bien besoin, avec nos regards croisés autour d’un verre de vin blanc. La sérénité, la douceur, l’espoir.

Comme une bande son à ces désirs, Cassiopeia se pose là, naturellement, tout comme s’était posé Dyrhólaey. Dernière composition en date de Thomas Méreur, publiée le 29 mars dernier à l’occasion du Piano Day 2021, voilà un son minimaliste fait uniquement de piano. Une lenteur apaisante, une composition apaisée, un velours musical qui se met à ruisseler de notes-gouttes à la 2e minute, comme pour éclairer une première partie plus sombre. Une métaphore de nos jours actuels, depuis mars 2020 jusqu’à mars 2021. J’explique difficilement avec des mots ce que la musique de ce garçon me fait à chaque écoute. En revanche, je ressens très bien ce qui me parcourt lorsque ses mélodies m’envahissent. Je crois bien que Cassiopeia va rejoindre Dyrhólaey dans mes grands moments indispensables de musique, qui font également partie de mes meilleures armes pour traverser ces nouvelles semaines et aller vers une vie démasquée au-delà de 10 kilomètres.

Et si « Demain est un autre jour » et que « Le meilleur est à venir », Cassiopeia et la musique de Thomas Méreur constituent la face poétique et intimiste de la bande-son de ces phrases que tu me répètes comme des mantras, et que je bois sans aucune réserve.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°84 : Si par hasard (2021) de Gaëtan Roussel

unnamedLa semaine dernière, précisément le 19 mars, deux bien beaux albums très différents sont arrivés dans les bacs. D’un côté, Elysée Montmartre – Mai 1991 de Noir Désir, donc nous avons largement parlé dans un Five Reasons à relire si le cœur vous en dit. De l’autre, Est-ce que tu sais ? ou le quatrième album solo de Gaëtan Roussel, après Ginger (2010), Orpailleur (2013) et Trafic (2018). Rappelons que, outre Louise Attaque, Gaëtan Roussel a aussi été Tarmac dans les années 2000, puis Lady Sir en 2017 avec Rachida Brakni tout en réactivant Louise Attaque le temps d’une Anomalie en 2016. Carrière pléthorique et kaléidoscopique, avec toutefois une ligne directrice : raconter des histoires aux messages plus profonds qu’on ne pourrait le croire comme tout autant de comptines pop, et parfois très rock/électro comme avait pu en témoigner sa prestation live au Printemps de Bourges en 2019. C’est peu dire que je suis très client de son travail, et son dernier LP n’échappe pas à la règle. Certains penseront qu’il compose et chante toujours la même chose. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Pour ma part, la galette tourne en boucle depuis quelques jours et, avant de détailler les 11 titres qui la composent dans une prochaine Review, arrêtons-nous sur un des morceaux, pépite absolue.

Si par hasard clôture l’album, et ce n’est pas complètement un hasard. Elle était facile, certes, mais qu’est-ce qui peut motiver un tel jeu de mots ?

D’une part, cette chanson raconte une fin/séparation. Je me garderai bien d’en spoiler la nature, car ce serait à coup sûr fusiller sans ménagement la possible émotion qui vous attend. Comme Gaëtan Roussel sait le faire depuis des années, il travaille son texte avec le double axe de la répétition, et des mots qui se mélangent ou se répondent. Mélodie pop étincelante et cristalline pour un texte qui boucle sur lui-même et nous emmène là où on ne s’y attend pas. Bien que connaissant son écriture et les tours de passe-passe verbaux qu’il construit, je me suis encore fait avoir par les paroles de Gaëtan Roussel. La fin/séparation que j’imaginais au départ n’est pas celle qui m’a attrapé quelques 3 minutes plus tard. La cerise (car il y en a une) : ce talent de nous faire construire, en quelques lignes, une représentation de ce que le texte raconte, avant de nous twister l’émotion en éclairant notre lanterne, tout en nous laissant y injecter nos propres sentiments et vécus. Si, comme moi, vous avez quelques années au compteur ponctuées d’expériences de vie qui nous permettent de nous construire, et que vous avez un petit bout de votre cœur tout sensible, vous pourriez bien vivre la même chose que moi. Je n’étais clairement pas prêt à ce que ce morceau m’a envoyé. La déflagration émotionnelle de cette apparente comptine innocente ne m’a laissé aucune échappatoire, tout en me délivrant un plaisir et une énergie énorme et inattendu.

D’autre part, et à la lumière ce que je viens de dire, Si par hasard est typiquement un titre de clôture d’album de Gaëtan Roussel. Ce dernier a toujours soigné ses fins de disques. Pour Ginger (2010), c’était Les belles choses. Dans Orpailleur (2013), on se quittait sur Les courants d’air, alors que Trafic (2018) se terminait ironiquement sur Début. Chacune de ces pépites apporte une conclusion logique et cohérente à tous les titres qui les précèdent, tout en délivrant une charge émotionnelle qui ne laisse pas intact. Si par hasard n’échappe évidemment pas à la règle, en constituant une sorte de conclusion aux 10 morceaux précédents qui abordent, une fois de plus chez Gaëtan Roussel, la vie, le temps qui passe, la mort, l’essentiel et le superflu, l’amour. Y a-t-il vraiment autre chose qui compte ? Par intermittence sans doute oui. Toutefois… avoir conscience de son parcours de vie, des réussites et des échecs pour avancer… savoir dépasser les erreurs ou les coups durs pour devenir ce que l’on est vraiment, sans se conformer à de quelconques attentes sociétales pour pouvoir être soi-même… être capable de reconnaître une belle rencontre et partager ensemble des moments nourrissants en apprenant à exprimer ce qu’on ressent… Voilà des fondamentaux de vie que Gaëtan Roussel exprime album après album, dans un enrobage pop qui ne rend que plus percutant le message lorsqu’on veut bien s’y plonger.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°83: Ride Or Die de Boys Noize & Kelsey Lu feat. Chilly Gonzales (2021)

Attention claque sonore et graphique en approche…Le trio à l’origine de ce morceau nous inspire déjà une totale confiance avec le producteur électronique Boys Noize, la violoncelliste et vocaliste Kelsey Lu, ainsi que l’inclassable et brillant Chilly Gonzales. Trois artistes que je vous invite d’emblée à aller (ré)écouter mais aujourd’hui c’est bien leur collaboration qui nous réunit. Tout part d’une mélodie jouée par Chilly Gonzales sur un clavecin particulier, une épinette, sur laquelle vient se poser la belle voix de Kelsey Lu, entre douceur et distorsion. Le début pop se déploie avec majestuosité quand une tension sous-jacente entre en jeu… Les machines font monter le morceau en tension et la fin électro de Boys Noize emmène le titre vers des contrées inattendues. L’ensemble est brillant et d’une grande homogénéité, d’un grand pouvoir cinétique, ce que confirme le brillant clip produit par le studio Art Camp. Je l’ai découvert il y a quelques heures et je ne peux déjà plus m’en passer, vous tentez l’expérience? Enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°81: Heroes in a Frame de Tin (2020)

Je vous propose de découvrir une artiste française qui m’était jusqu’alors totalement inconnue, TinTin (voilà un pseudo pour le moins minimaliste). Dj accomplie influencée par Chromatics ou Taxi Girl, Tin a sorti son premier EP sobrement intitulé Debut l’année dernière, EP qui fonctionne parfaitement. Si vous aimez une électro-pop rêveuse où boîte à rythme et synthés sont au service d’une voix suave explorant le français et l’anglais vous ne pourrez que savourer des titres comme Shots of Glory ou La Nuit Floue. Cet EP est cependant illuminé par son morceau central Heroes in a Frame qui brille par sa rythmique techno. L’ambiance  dégagée nous glisse dans les méandres de la nuit parisienne où les règles s’estompent pour laisser surgir le désir, perceptible à travers la voix sensuelle de Tin. Ce titre plein de caractère a beaucoup inspiré et ce vendredi sortira un nouvel EP de remixes de Heroes in a Frame par Plaisir de France, Sara Zinger, Devon James, Badknife, Morgan Blanc et De Warville. En attendant de découvrir ces relectures, je vous invite à savourer l’original, à fermer les yeux et vous rappeler à quoi ressemblait une promenade nocturne…, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°80: Bateaux-Mouches d’Eddy de Pretto (2021)

A moins de vivre dans une grotte, vous avez dû prendre de plein fouet la vague Eddy de Pretto en 2018 avec son premier album Cure. Même si cette expression me paraît très souvent galvaudée, il faut reconnaître qu’Eddy de Pretto possède une véritable signature vocale, son flow embellissant encore davantage ses textes poignants et sans concession. Il suffit de réécouter le bijou d’émotion  Kid pour se rappeler à quel point la sensibilité de cet artiste est aussi oppressante que lumineuse. Un deuxième album est attendu pour cette année 2021 et le 6 janvier dernier le premier titre Bateaux-mouches  est brillamment parti en éclaireur. Ce titre autobiographique qui raconte l’expérience d’Eddy de Pretto quand il chantait sur les bateaux-mouches à Paris fonctionne à merveille, entre ce flow aux confins du hip-hop et la puissance pop du refrain. J’aime tout particulièrement ce texte empreint d’une nostalgie douce-amère et le clip où Eddy de Pretto réalise une véritable prouesse d’acteur, bref on ne peut que savourer le fait qu’il ait abandonné les bateaux-mouches, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°80: The Only One de Rolling Blackouts Coastal Fever (2021)

Décidément le hasard me ramène régulièrement vers l’Australie ces derniers temps. Aujourd’hui, jeRolling Blackouts Coastal Fever vous propose de découvrir Rolling Blackouts Coastal Fever, un groupe qui m’était jusqu’alors totalement inconnu et qui a sorti au printemps dernier son deuxième album, Sideways to New Italy. Cet opus fonctionne parfaitement avec un rock frontal où les guitares sont centrales et je ne doute pas que les oreilles averties y piocheront de beaux moments. Cependant, c’est un titre et en particulier un clip qui m’intéressent avec la pépite The Only One. Je ne vous ferai pas l’injure de reparler de notre époque particulière et, plus humblement, je dirai que tout shot de plaisir instantané est d’autant plus savoureux actuellement… D’un côté un titre qui fait totalement mouche avec un son pop-rock d’une grande fraicheur qui n’est pas sans rappeler les Gallois de Los Campesinos et de l’autre ce clip sorti la semaine dernière qui me fait immanquablement sourire. Peut-être parce qu’il nous rappelle tous les moments savoureux avec les amis dont nous sommes cruellement privés  et aussi car l’humour nous invite à prendre du recul sur notre monde, toujours est-il que ce titre me fait beaucoup de bien et ce serait bien égoïste de ma part de ne pas le partager, enjoy! On se retrouve ce weekend avec le troisième album de Mesparrow Monde sensible qui est un superbe bijou (#teasinginsoutenable) !

Sylphe