Pépite du moment n°49: All Mirrors d’Angel Olsen (2019)

Voilà une sublime découverte à classer dans ces personnalités féminines à l’aura et auAngel Olsen talent resplendissant que sont Karen O ou encore St. Vincent… Je dois reconnaître qu’avant ce très beau quatrième album All Mirrors je n’avais pas eu la chance de croiser la route d’Angel Olsen, que ce soit sur ses albums solo ou ses collaborations avec le très recommandable Bonnie « Prince » Billy. Fort heureusement, ce All Mirrors illumine depuis trois jours mes oreilles et je viens de signer un vrai CDI avec cette artiste dont je vais m’empresser d’aller écouter avidement la discographie.

Afin de vous persuader d’aller écouter ce bel opus, je partage avec plaisir le titre éponyme qui brille par l’intensité émotionnelle de son chant et la justesse de son orchestration entre synthés et cordes. Trois jours que je me surprends à fredonner ce titre dont la mélodie est imparable. Pour moi, un véritable chef d’oeuvre… Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°48 : Still Life (2019) de Maud Geffray with Lavinia Meijer

pan064_poster-800x800Le 18 octobre de cette année sera à marquer d’une énorme croix rouge, ou de tout ce que vous voudrez pour le rendre inoubliable. Nos oreilles auront droit au Dyrhólaey de Thomas Méreur et au Everything not saved will be lost Part. 2 de Foals. Nos petites mains et nos cerveaux de crétins digitaux (n’est-ce pas Michel Desmurget ^^?) auront droit sur consoles au génial Return of the Obra Dinn. Mais ce n’est pas tout !

Une autre galette plus que prometteuse pointe le bout de son nez, avec Still Life de Maud Geffray. On connaît déjà cette dernière pour ses deux albums solos 1994 (2015) et Polaar (2017), ainsi que pour la BO du film Southern Belle (2018) . On connaît aussi Maud Geffray pour être la moitié de Scratch Massive, aux côtés de Sébastien Chenut. Scratch Massive, c’est de l’électro/synthwave/synthpop qui fait plutôt du bien aux oreilles depuis Enemy & Lovers (2003), leur premier album studio, auquel ont succédé plusieurs autres opus de qualité.

En 2015, Maud Geffray choisit de s’amuser parallèlement à Scratch Massive avec des projets solos. 1994 (publié en 2015, vous suivez 😉 ?) est la bande-son d’un film tourné pendant une rave en 1994 sur une plage bretonne. Deux ans plus tard, Polaar propose une expérience à l’occasion d’une résidence hivernale dans le nord de la Finlande. Maud Geffray s’inspire alors de la vie des habitants plongés dans le noir, dans un coin du monde où le soleil se montre alors à peine 2 heures par jour.

Nous voilà donc deux ans plus tard, de nouveau, avec cette proposition Still Life, sous-titrée A tribute to Philip Glass. Voilà un bien bon choix qu’on ne peut qu’approuver. Philip Glass, chef de file de la musique contemporaine minimaliste et répétitive, c’est déjà très beau et ça fait un bien fou. Revisité par Maud Geffray, c’est tout simplement superbe et envoûtant. Elle fait le choix de mélanger instruments classiques et musique électronique, ainsi que gazouillis d’oiseaux et autres sons naturels, pour un titre parfaitement équilibré qui plonge instantanément dans un voyage vaporeux et plein de bon air à respirer.

Côté instruments classiques, Maud Geffray s’est adjoint, pour cet opus, les services de Lavinia Meijer, harpiste néerlandaise qui apporte à Still Life une note cristalline et aérienne, comme une sorte de cerise sur un fin gâteau déjà excellent. En résumé, vous l’aurez compris, ce premier extrait Still Life est d’une beauté à tomber, ce qui laisse imaginer un album assez renversant avec les sept autres titres à venir. C’est prévu pour le 18 octobre (soit dans 15 jours). Je suggère de se procurer rapidement cette belle galette. Et si vous avez déjà précommandé Dyrhólaey, le Foals et Return of the Obra Dinn, et que les finances sont à sec… Soit vous vous foutez de ce que dira votre banquier et vous foncez. Soit vous vous montrez raisonnable, et ce sera un achat incontournable en novembre.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°47: One One de Velvet Negroni (2019)

Petite plongée aujourd’hui dans un genre musical qui ne fait pas forcément partie deVelvet Negroni mes favoris avec le R&B afin de découvrir Jeremy Nutzman alias Velvet Negroni. Ce dernier a connu des débuts plus que difficiles et peut bénir Justin Vernon, le leader de Bon Iver, qui est tombé sous le charme de sa première mixtape T.C.O.D. il y a deux ans. Depuis, tout s’est accéléré et Velvet Negroni a eu la chance de signer sur un très grand label de … rock 4AD qui m’évoque de très nombreux artistes dignes d’admiration ( Pixies, Cocteau Twins, Beirut, TV on the Radio, The National et j’en passe). Pour le coup, ce choix de label démontre bien qu’il serait réducteur d’affilier Velvet Negroni au R&B et je vous conseille fortement d’aller découvrir ce surprenant Neon Brown. En guise d’amuse-bouche (#expressionbienpourrie), je vous propose ce One One qui en deux deux (#balancetonjeudemotpourri) a su satisfaire pleinement mes esgourdes. Une petite ritournelle à la guitare, une voix chaude et bien posée, la tentation électronique jamais bien loin comme un James Blake sorti de son costume un peu trop propret, la recette fonctionne à merveille et donne envie de se siroter du Velvet Negroni sans modération, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°46 : Immolate (2019) de Rain Phoenix

Dans la famille Phoenix, je voudrais la frangine Rain. Oui, évacuons d’entrée de jeu cette histoire de fratrie et dissipons les interrogations : Rain Phoenix est bien la sœur de Summer, Joaquin et River. Actrice comme eux, mais aussi chanteuse lorsqu’elle ne tourne pas. Ce qui est plutôt une chouette nouvelle compte-tenu du bon son que nous avons là.

Rain Phoenix avait déjà dégainé un premier titre en février 2019, intitulé Time is the Killer. Un morceau ballade aux accents légèrement country, sur lequel plane de façon flagrante l’ombre de Johnny Cash et June Carter. Cash qui, hasard ou pas, fut interprété de fort belle manière par Joaquin Phoenix (le frangin) dans l’excellent Walk the line (2005) de James Mangold, aux côtés de Reese Whiterspoon dans la peau de June Carter. Un film cher à mon cœur parce que Johnny Cash, parce que le casting, et parce que souvenir ému de mon dernier visionnage partagé. T’en souviens-tu ?

Un chouette morceau donc que ce Time is the Killer, qui était aussi l’occasion de retrouver Michael Stipe de feu R.E.M. en duo avec Rain Phoenix. Dans la foulée de ce premier titre, avait été annoncé un premier album à venir pour le 31 octobre 2019, date anniversaire du décès de l’autre frangin River (oui, 26 ans déjà). Un opus que Rain Phoenix présente comme “a totem to the legacy of her late big brother“ (soit “un totem à l’héritage de son frère décédé“). En guise d’aperçu, est sorti fin août, soit il y a quelques semaines, ce Immolate bien plus sombre et pénétrant que le duo avec Stipe.

On est ici en terrain relativement connu : un titre piano-voix soutenu par des cordes à mi-chemin. Soit trois minutes et deux secondes qui n’inventent ou ne réinventent rien, mais qui font les choses extrêmement bien. La voix de Rain Phoenix me fait penser à un croisement entre PJ Harvey, Fiona Apple et Paillette (cette dernière dont on a déjà parlé ici, c’est à relire d’un clic juste là). Un grain de voix envoûtant qui raconte à la fois la tristesse et la mémoire, donc la peine de l’absence et la persistance des disparus de nos vies. Le souvenir inaltérable de celles et ceux qui nous manquent, mélangé à l’espoir de se retrouver.

Immolate est une fort jolie pépite qui ne vous laissera sans doute pas de marbre. Ce single laisse espérer un album de la même tenue, album qui devrait s’intituler sobrement River si l’on en croit les pré-visuels de pochette. Nous allons donc surveiller de près cette toute fin du mois d’octobre, en sachant qu’au début de ce même mois, nous pourrons aller vérifier si la hype autour de Joker (interprété par Joaquin Phoenix) est justifiée. Un Joker qui ne dépareillerait pas un soir d’Halloween. Halloween c’est quand déjà ? Ah oui, le 31 octobre. Qui tombait l’an dernier un mercredi, je m’en souviens précisément. Je n’ai rien oublié. Persistance de la mémoire, telle une indélébile nuit indigo. CQFD.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°45: STAR d’Underworld (2019)

Voilà un projet gargantuesque comme je les aime! Underworld, groupe britannique qui Underworldbrille par ses sons électros depuis les années 90 et que nous avons tous connu à travers leur titre Born Slippy .NUXX. présent sur la BO de Trainspotting, s’est lancé depuis novembre 2018 dans une expérience ahurissante: poster un titre tous les jeudis sur Youtube pendant un an (du coup 52 titres,#j’melafriseenmaths) afin d’aboutir à un album Drift Series 1 qui sortira le 1er novembre.

Du coup, afin de vous donner envie de vous perdre sur Youtube et d’écouter les très nombreux titres déjà sortis, je partage avec vous le titre STAR, véritable pépite techno qui vrille le cerveau avec ses sons âpres. Le morceau  s’inspire des comptines enfantines pour évoquer des personnalités de la culture pop telles que Michael Caine, Iggy Pop et Danny Boyle, aux côtés de personnages fictifs comme Tom Pouce et Robin des bois.  « Prenez une comptine qui est si familière qu’elle fait presque partie de notre ADN et transformez-la en quelque chose d’étrange et d’inspirant – une célébration de la vie, et des vies, et des bons et des véritables grands de ce monde » a expliqué le groupe.

Voilà en tout cas un titre et un projet hautement inspirants, enjoy!

Allez je ne résiste pas à un brin de nostalgie ce soir…

Sylphe

Pépite du moment n°44 : The Runner (2019) de Foals

En mars dernier, Foals faisait son grand retour avec Everything not saved will be lost Part. 1, dont on avait dit le plus grand bien ici-bas ici même (Five reasons à relire d’un clic si besoin). Une galette bourrée d’énergie, parsemée de synthés et de sonorités à la Depeche Mode (entre autres références) qui nous avait grave emballée. Et dont on attend impatiemment la suite, le Part. 1 du titre promettant une Part. 2.

Ce sera le cas dans quelques semaines, mais en préambule, et comme pour le premier volet, Foals a libéré ces dernières semaines un premier titre Black Bull, résolument rock et ravageur. Inutile en effet de sortir un diptyque en deux temps si c’est pour livrer la même chose, les mêmes sons et les mêmes émotions, et la bande de Yannis Philippakis semble sur cette lancée.

En témoigne le second extrait de Everything nots saved will be lost Part. 2 que nous écoutons aujourd’hui : The Runner. On y retrouve à la fois l’énergie de la Part. 1 et le rock bouillonnant et rugueux de Black Bull, ce qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler Inhaler, un autre gros titre du groupe présent sur l’album Holy Fire (2013). A la lumière très 80’s de la galette de mars succède une ambiance plus nerveuse et âpre, plus sombre et rock aussi. Les guitares et leurs riffs sont très en avant, et les claviers qui nous illuminaient il y a quelques mois se sont mis en retrait.

Rien de finalement très étonnant : rappelons que la Part. 1 se terminait sur I’m done with the world (& it’s done with me), une ballade mélancolique et désabusée, sorte de pré-gueule de bois à la sortie de la fête. Il est donc parfaitement logique d’enchaîner sur un son moins festif et dansant, mais tout aussi efficace. En témoignent aussi les pochettes des deux disques : si la première nous invitait à un repos festif au cœur d’un bâtiment couvert de végétations rouges apaisantes, la seconde nous convie aussi au repos, mais dans un décor plus sombre et définitif dirons-nous.

Après The Light de Wax Tailor la semaine passée, The Runner de Foals est assurément un autre gros son sensation de cette rentrée. J’avoue trépigner d’impatience dans l’attente de l’album complet, histoire de voir si ce diptyque Everything not saved will be lost fera mieux au final que leur exceptionnel Total Life Forever (2010), qui reste pour moi une absolue référence et un hyper coup de cœur magistral, gravé en moi là où il s’est posé.

Réponse dans un petit mois le 18 octobre. Pour info, un autre gros son sensation de la rentrée tombera aussi dans les bacs le même jour : l’album Dyrhólaey de Thomas Méreur, dont nous avions parlé en mode preview sur ce même blog il y a presque un an (à retrouver d’un clic par ici). On en reparlera évidemment sous peu. D’ici là, régalez-vous de Foals qui, sauf dérapage et sortie de route de dernière minute, signe cette année un retour gagnant comme on n’y croyait plus.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°43 : The Light (2019) de Wax Tailor

On avait laissé Wax Tailor en 2016-2017 avec un diptyque plutôt captivant : By any beats necessary (2016) était une référence explicite au “By any means necessary“ de Malcolm X dans son combat pour une égalité et reconnaissance des droits humains et civiques pour tous. L’album porte clairement cette référence combattante, à la fois dans son énergie et dans ses percutantes sonorités soul, blues, rythm and blues, tout en conservant la base trip-hop/hip-hop/downtempo de Wax Tailor. Comme un écho à cet opus, sort l’année suivante By any remixes necessary (2017), tout simplement composé de remixes de By any beats necessary par des producteurs des quatre coins du globe. Si la galette de 2016 m’avait emballé, celle de 2017 m’a encore nettement plus convaincu.

Deux années plus tard, on retrouve Wax Tailor aux commandes d’un nouveau projet. L’album The Shadows Of Their Suns n’est pas encore disponible, mais on peut déguster depuis quelques jours un premier titre, sobrement intitulé The Light. Musicalement, c’est une sorte de retour aux sources, avec un titre très marqué trip-hop/downtempo, fait de boucles électros. Downtempo c’est un peu vite dit, puisque par deux fois, le rythme s’accélère d’un tempo plus marqué, comme pour souligner l’urgence du moment.

Parce que oui, si musicalement The Light se détache un peu de l’album précédent, en revanche le propos reste incisif. Le combat reprend, il se poursuit pourrait-on dire. Rehaussé sur sa dernière partie d’un gimmick vocal “You want to see the light ?“, The Light pose l’urgence d’un monde qui ne tourne pas rond, qui ne va pas très bien, et même qui déconne complètement. Entre consommation à outrance, destruction de la planète, fascisme et populisme en tout genre, invasion des images porteuses de pessimisme et autres maux de la planète, Wax Tailor déroule en 4 minutes un bilan bien préoccupant.

Le son lancinant et entêtant qu’est The Light se voit accompagné d’un clip d’une grosse efficacité : enchaînement d’images sans aucun commentaire, je vous laisse apprécier l’excellence de cette combinaison son/image, avec une chute qui en raconte bien plus que de longs discours. Et qui laisse espérer un grand album : par son titre The Shadows Of Their Suns, à mettre en miroir avec le titre du single The Light, mais aussi et surtout par ce percutant propos musical et visuel. The Light est assurément un des gros sons de la rentrée, et constitue une belle lumière dans le monde parfois sombre et gris qui nous entoure (#jeudemotsetconclusionfaciles^^).

Raf Against The Machine