Pépite du moment n°39: Versailles de Thylacine (2019)

On vient à peine de boucler la première année du come back de Five-Minutes et ces dates anniversaires donnent toujours l’envie de faire des bilans (#jadorelesbilans). Je vous rassure tout de suite, je garderai les bilans pour la fin d’année mais je dois reconnaître que le choix du jour est lié à une volonté de regarder quelque peu dans le rétroviseur. Avant ma trêve finistérienne sans internet (désolé je n’ai pas prévu de cibler tous les McDo et les centres commerciaux pour dénicher le Wifi gratuit…), j’ai eu l’envie de finir sur l’artiste qui m’a le plus touché cette année et, sans surprise pour ceux qui me lisent régulièrement, c’est William Rezé alias Thylacine qui remporte assez aisément la palme. Son album ROADS Vol.1 (voir ici ) est un chef d’oeuvre dont je ne me suis toujours pas remis et de nombreux titres de cet opus auraient mérité de figurer ici pour vous souhaiter de bonnes vacances.

Néanmoins, j’ai eu la chance de tomber par le plus grand des hasards sur ce titre Versailles sorti il y a un mois qui ne fait que confirmer le talent du jeune homme… J’ai déjà envié Thylacine d’avoir enregistré son dernier opus dans des conditions idylliques dans son Airstream parcourant les chemins d’Argentine mais que dire de ce titre où il a eu la chance d’avoir le château de Versailles pour lui tout seul afin d’enregistrer tous les sons du lieu? La démarche artistique de ce titre est digne d’intérêt avec la volonté de célébrer ce monument empreint d’histoire à travers la modernité de la musique électronique. Le résultat est tout simplement brillant avec cette palette de sons à la symbolique forte qui se marie à merveille avec une électro plus percutante et entraînante. A bientôt et enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°38: Salted Caramel Ice Cream de Metronomy (2019)

En cette période caniculaire, nous sommes dans une quête perpétuelle de fraicheur, laMetronomy fraicheur est tout bonnement notre Graal… Bien sûr vous me voyez venir car vous avez vu le titre et vous vous attendez à une pauvre ouverture dans le genre « besoin de fraicheur j’ai de la glace pour vous avec l’Ice Cream de Metronomy« . On ne va pas se mentir, mon esprit anesthésié par la chaleur étouffante a forcément eu ce raisonnement mais pas que… Metronomy a depuis ses débuts su me toucher, en particulier les deux premiers opus, le très électronique Nights Out en 2008 et le sommet de leur discographie jusqu’à maintenant le brillantissime The English Riviera en 2011. Ce dernier véhicule pour moi une image estivale où la fraicheur reste de mise, sûrement l’influence inconsciente du clip de The Bay.

Du coup Five-Minutes sait respecter son lectorat plus âgé et suit les préconisations du Ministère de la Santé en vous offrant une bonne dose de fraicheur. Tout d’abord une première bonne nouvelle avec la parution du sixième opus Metronomy Forever le 13 septembre prochain, la deuxième c’est l’excellent single Lately sorti il y a un mois qui nous donne une surprenante et excitante leçon de rock que, dans un acte de bonté totale (#meloniteaigue), je vous mettrai aussi en fin d’article. La dernière bonne nouvelle du jour c’est ce deuxième titre Salted Caramel Ice Cream et son clip loufoque, véritable pépite pop qui met en avant les synthés si représentatifs du groupe et la voix du bassiste Olugbenga Adelekan. Voilà en tout cas une pop hédoniste qui vaut tous les kilos de glace du monde! Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°37: Lift Up de Dune (2019)

Petite découverte rafraichissante ce soir avec une sucrerie pop qui éclateDune immédiatement en bouche. Dune est un duo composé de la chanteuse Anja et de Thomas aux machines qui sortira son premier EP en octobre et vient d’envoyer en éclaireur son single Lift Up qui porte parfaitement son nom tant il réveille avec délicatesse les sens. La recette est d’une grande limpidité avec la douceur candide de la voix d’Anja qui ne sera pas sans rappeler la voix d’Emilie Simon et une ambiance instrumentale où les synthés old-school apportent une coolitude évidente. Le résultat est assez judicieusement illustré par un clip amenant à s’interroger sur l’influence des nouvelles technologies sur nos vies. Il ne vous reste plus qu’à savourer, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°36 : Minidiscs [Hacked] (2019) de Radiohead

a2980258520_16La pépite du jour/du moment l’est à double titre : elle est disponible depuis quelques heures et ne le sera plus dans quelques jours. Tout autant qu’elle pourrait être une pépite intemporelle. Non, votre humble serviteur n’a pris aucune substance particulière, et oui j’écris à jeûn, en pleine maîtrise de mes propos. Retour quelques heures en arrière pour comprendre l’affaire.

Hier, mardi 11 juin, nous apprenons, et la planète entière avec nous, que Radiohead s’est fait hacker une pile de minidiscs contenant des sessions de la période 1995-1998. Soit, pour resituer les choses, à cheval deux ans avant et un an après la sortie de OK Computer (1997) qui reste à mes yeux un sommet du groupe. Peut-être le sommet, en tout cas un album que je n’hésite pas à classer dans la poignée d’albums parfaits. Le genre où il n’y a aucune note à retirer, aucune à ajouter, pas un mot à changer, pas un arrangement de travers. Une pépite intemporelle.

La bande à Thom Yorke s’est donc fait piquer un lot de minidiscs contenant des sessions de la période OK Computer. Pas un minidisc (sinon ça ne fait pas un lot), pas deux, pas cinq. Non. Dix-huit minidiscs, pour une durée totale de près de 18h. Petite parenthèse rétro-technologique : le minidisc, pour ceux qui l’ignorent, est une invention de Sony, qui permettait d’enregistrer 80 minutes de sons sur un support de la taille d’une disquette mais en qualité CD. Une aubaine pour tous les musicos de la Terre, car l’objet était transportable et de haute qualité.

Bref, Radiohead s’est fait piquer 18 minidiscs, pour lesquels une rançon de 150 000 $ est réclamée au groupe. Réaction des intéressés : ni une ni deux, loin de se plier à la rançon, ils ont décidé de tout balancer sur la plateforme Bandcamp, afin que tout amateur doté d’une connexion internet correcte puisse profiter de ces sessions. A l’origine, rien de ce matériel sonore n’était destiné à être rendu public, mais le groupe a fait le choix de couper l’herbe sous le pied des hackers.

Depuis hier 11 juin donc, et pour une durée de 18 jours (soit jusqu’au 29 juin), les 18 minidiscs sont librement à l’écoute sur Bandcamp sous le sobre titre Minidiscs [Hacked]. Mais ce n’est pas tout : moyennant 18 £, il est possible d’acheter, et donc de conserver à vie (notamment en les téléchargeant) ces 18 heures de sessions OK Computer. D’aucuns parleront d’un gros coup de pub, ou d’une démarche bassement commerciale. A cela, je répondrais plusieurs choses.

Primo, ce serait bien mal connaître le groupe, qui s’est par exemple déjà illustré en octobre 2007 en mettant en ligne (presque) gratuitement son album du moment In Rainbows. On pouvait alors le récupérer sans frais, tout en versant la somme à laquelle on estimait la valeur de l’opus. Deuzio, il s’agit là de sessions autour de OK Computer, album qui n’a plus rien à prouver, et qui n’a pas besoin d’un énième coup de promo pour être le bijou q’iil est déjà. Tertio, l’intégralité des fonds récoltés sera reversée à Extinction Rebellion, un « mouvement de désobéissance civile en lutte contre l’effondrement écologique et le réchauffement climatique lancé en octobre 2018 au Royaume-Uni ». Bénéfice financier pour Radiohead = pas un rond.

La question fondamentale reste toutefois la suivante : que valent réellement ces 18 heures de sessions ? J’avoue humblement ne pas m’être englouti les 18 minidiscs en totalité depuis hier soir, mais je suis tout de même allé y piocher des passages au hasard, pour pouvoir signaler rapidement cette news et en dire quelques mots. N’y allons pas par quatre chemins : ce matériel sonore s’adresse avant tout aux gros fans de Radiohead, lesquels y trouveront en revanche plus que leur compte. Les minidiscs sont bourrés de versions alternatives, maquettes de travail, démos déjà bien abouties, expérimentations, et aussi des moments live.

Les oreilles connaisseuses y trouveront de bien belles choses, tout en ayant sous la main de quoi mesurer les méthodes de travail et l’incroyable richesse créative du groupe. Au-delà, les oreilles clientes de bon son n’auront qu’à se laisser porter par la magie Radiohead qui opère, même sur des sessions et documents sonores non aboutis et destinés à rester dans des tiroirs. Et puis merde, 18 heures pour replonger dans l’époque OK Computer, ça ne se refuse pas. Surtout pour quelques euros destinés à des gens qui cherchent à sauver la planète.

En un mot comme en cent : foncez sur ces Minidiscs [Hacked] et goinfrez vous de tout ce bon son. Il vous reste 17 jours, et plus si affinités.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°35: Home to You de Cate Le Bon (2019)

Voilà deux semaines que ce titre m’obsède avec sa ritournelle candide et je vous invite à Cate Le Bonfaire la connaissance de Cate Le Bon. Je dois reconnaître que cette galloise m’était absolument inconnue avant la parution de son quatrième opus Reward… En même temps lorsque l’on a accompagné en tournée St Vincent, John Grant ou Perfume Genius et que l’on vient de signer sur le label Mexican Summer (Ariel Pink ou Connan Mockasin ) ça dresse un personnage…

Pour en revenir au sujet du jour, ce Home to You est juste superbe avec sa ritournelle imparable et la beauté de la voix de Cate Le Bon. Voilà un titre d’une douceur incommensurable qui m’évoque les grands moments d’émotion de Bat for Lashes ou de Joan as Police Woman. Et que dire de ce clip d’une grande humanité qui sublime par les images le titre? On suit des roms qui vivent à part dans le quartier Lunik IX de Košice en Slovaquie, loin de vouloir mettre le doigt sur la misère sous-jacente ce clip montre toute la cohésion de cette communauté et le bonheur qu’ils ont à vivre ensemble. Une bien belle leçon d’humanité à savourer… Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°34: Sleeper de Trentemøller (2019)

On ne présente plus le compositeur danois de musique électronique Trentemøller (#prétéritionenapproche) qui s’est imposé depuis une grosse dizaine d’années comme un des orfèvres d’une électro à l’éventail très large, allant de l’ambient aérien de Boards of Canada au bruitisme d’Amon Tobin. Au milieu de la discographie gargantuesque du dj danois, je retiens trois albums véritablement fondateurs de ma culture électronique avec le bijou inquiétant qui s’apparente à une promenade nocturne en forêt The Last Resort (2006), mon préféré Into The Great Wide Yonder (2010) qui regorge de diamants sonores ( Sycamore Feeling, Past The Beginning Of The End, ...Even Though You’re With Another Girl, Häxan) et le cinétique Lost dont les titres The Dream et Gravity ont le potentiel à illuminer vos jours les plus sombres par leur grâce.

Il ne sera pas difficile de comprendre ma tendance à être à l’affût de toute nouvelle concernant Anders Trentemøller et, il y a tout juste trois jours, le single Sleeper vient de sortir, annonçant un futur successeur au Fixion de 2016. Le clip en slow-motion dans un noir et blanc tellement esthétique résume à lui seul le titre, un morceau très cinétique qui se déploie aussi majestueusement que ce pigeon avec une palette de sons assez habituelle. Une énième preuve de la richesse incommensurable de la musique électronique, enjoy!

Pour mémoire Trentemøller c’est aussi ce genre de bijou…

Sylphe

Pépite du moment n°33: Mayans de Zimmer (2019)

Dans la famille Zimmer, nous connaissons tous Hans, sûrement l’un des plus grands compositeurs de musiques de film de ces dernières décennies… Je pense avoir usé jusqu’à la corde la sublime BO de Gladiator mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, regardez sa page Wikipédia et vous hallucinerez sur la quantité monstrueuse de films qui ont eu la chance de profiter de ses talents… Le Zimmer qui m’intéresse aujourd’hui doit maudire les personnes dont je fais partie (#meaculpaquimangepasdepain) qui lui parlent de son compagnon de patronyme et je vais donc rapidement me faire excuser en vous faisant découvrir cet artiste signé sur le label Roche Musique. Adepte d’une house aérienne, je n’ai été aucunement surpris en voyant qu’il avait composé de nombreux remixes de … Après un EP Ceremony en 2016, son premier album sortira en septembre prochain. Le premier single Wildflowers, en featuring avec Jarrah McCleray du groupe Panama est déjà judicieusement parti en éclaireur mais aujourd’hui c’est le deuxième extrait Mayans  qui a su charmer mes oreilles… Un beat de fond addictif, une longue montée, des sonorités envoûtantes, la recette de ce morceau est d’une limpidité désarmante avec une atmosphère se faisant de plus en plus oppressante, atmosphère parfaitement illustrée par le clip de Claire Pallissier du studio H5. Voilà en tout cas le morceau de house que j’ai envie de me repasser en boucle ce samedi soir, enjoy!

En live ça donne ça!

Sylphe