Son estival du jour n°52 : Le carnaval (2009) de Da Silva

Un dernier son estival avant de reprendre le fil d’une saison 2021-2022 faite de reviews, pépites et autres réjouissances. Avec le son estival n°51 voici deux jours, on mourrait en chantant avec Shaka Ponk. Et avec classe. Pourtant, on peut aussi se jeter chaque matin dans un joyeux bordel carnavalesque. Bienvenue dans Le Carnaval de Da Silva, tiré de son troisième album La tendresse des fous. Bienvenue dans le merdier festif qu’est le combat ordinaire et quotidien de la vie. Bienvenue au monde. Bienvenue sur Five-Minutes.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°50 : When the music’s over (1967) de The Doors

Sortie en 1967 sur Strange days, deuxième album studio du groupe américain The Doors, When the music’s over clôt la galette de ses quasi 11 minutes hallucinées et hallucinantes. Tout comme The End fermait, quelques moins plus tôt, le premier opus de la bande à Jim Morrison. Que dire de plus qui n’ait déjà été dit à propos de When the music’s over ? Titre écorché, épique, furieux, viscéral… on y suit Morrison en plein trip poétique, accompagné des claviers entêtants de Manzarek et de la guitare torturée de Krieger. Tout ce beau monde soutenu par la finesse de Densmore à la batterie. « When the music’s over / Turn out the lights » : Quand la musique s’achève / Eteignez les lumières. Mais, surtout, remettez de la musique. Pour rester en vie.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°48: Busy Earnin’ de Jungle (2014)

Après la coupure salutaire de l’été, je reprends dans la droite lignée de mon pote Raf avec un son estival parce que, même si la météo est pour le moins capricieuse en ce moment, nous sommes bien encore en été. La semaine dernière est sorti le troisième album des Anglais de Jungle Loving In Stereo qui fait particulièrement bien le job et dont je vous parlerai ultérieurement. Comme souvent, je ne peux pas m’empêcher d’aller réécouter les albums précédents – quand la discographie reste à taille humaine – et je me suis offert un flashback de 7 ans pour revenir au premier album Jungle sorti sur XL Recordings en 2014 (la date de sortie est inutile, je l’accorde, car le lecteur de Five-Minutes a déjà brillamment géré la soustraction). Marqué par des inspirations soul et funk, le collectif britannique mené par Josh Lloyd-Watson et Tom McFarland propose un son électro particulièrement entraînant. A chaque fois que je les écoute, je pense aux Français de The Shoes pour vous donner une idée. Le titre Busy Burnin’ est pour moi le joyau imparable de l’album, porté par sa boucle électronique addictive et son message dénonçant le besoin perpétuel d’accumuler. Le clip qui met en avant un groupe de danse hip-hop (marque de fabrique des clips du groupe) me donne une folle envie de croquer dans la vie et c’est déjà beaucoup, enjoy !

 

Sylphe

Son estival du jour n°47 : Everything now (2017) de Arcade Fire

Ce n’est un secret pour personne, en tout cas pas pour les Five-Minuteurs que vous êtes : Arcade Fire fait partie des groupes et artistes que l’on suit de près, et qu’on aime beaucoup. L’ami Sylphe et moi-même y revenons régulièrement. Dont acte ce 19 août, avec Everything now, titre d’ouverture du 5e album studio éponyme de la formation canadienne/montréalaise. Autour du couple et duo Régine Chassagne et Win Butler, le groupe livre en 2017 un opus dansant, plein d’énergie et bourré de bons sons. Ils nous avaient déjà gratifié de Reflektor en 2013, et semblent ici pousser l’aventure disco/boule à facettes. En plus d’être un concentré d’énergie, la galette a tout d’une profession de foi par son titre et ce morceau d’ouverture. Everything now est comme une sorte de lointain écho au « We want the world and we want it now ! » des Doors au cœur de l’explosion When the music’s over (album Strange days en 1967). L’impatience selon Arcade Fire, c’est sur Five-Minutes, et c’est maintenant.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°46 : Redemption song (1980) de Bob Marley and the Wailers

C’est tombé comme ça de la playlist dans la matinée, alors autant en faire profiter les Five-Minuteurs. Redemption song est la dernière piste du dernier album de Bob Marley and the Wailers, sobrement intitulé Uprising (1980). Nous n’irons pas jusqu’à simplifier en disant que c’est le dernier morceau de Marley… et pourtant, il sonne comme une fin (autant que comme un commencement d’ailleurs) : une clôture crépusculaire qui s’accompagne d’une interprétation on ne peut plus intimiste et chaleureuse. Car, bien entendu, nous écouterons la version solo acoustique, et non celle accompagnée par le groupe dans son ensemble. Bob Marley seul sur sa guitare et face à lui-même, pour un ultime morceau qui ne manque pas de classe et d’émotion. Comme une toute fin de concert, comme les dernières notes d’un grand musicos qui salue une dernière fois. Mettez sans tarder et sans hésitation ce bon son au creux de vos oreilles. Et, comme dirait Sylphe, enjoy !

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°45 : Le jour de l’ouverture (2005) de Yann Tiersen (feat. Dominique A & Miossec)

Le doublé Miossec de la dernière fois m’a (presque naturellement) amené à réécouter l’album Les retrouvailles (2005) de Yann Tiersen. Oui, on a déjà écouté ce dernier il y a quelques jours en version piano solo, mais avec Le jour de l’ouverture, niché en plein milieu du disque, on aborde une autre facette de sa musique : polyinstrumentale, accompagnée de texte et à plusieurs voix. Yann Tiersen convoque les copains, et pas n’importe lesquels : Dominique A et Miossec. Ces trois là réunis, c’est de la poésie à l’état pur, autant vocale et textuelle que musicale. Ce que la chanson raconte, comment elle le raconte, sa construction musicale : pas une seconde à jeter dans ce titre qui a toujours le même effet sur moi, malgré des centaines d’écoute. C’est beau à en crever. Les frissons, les poils, la poussière dans l’œil, la chialade, la sérénité, l’évasion, la lumière aussi. Place au bon son et à la poésie.

Raf Against The Machine

Sons estivaux du jour n°44 : Le cœur / Samedi soir au Vauban (2014) de Miossec

Ici-bas-ici-meme-CD-DigilivreDeux sons pour le prix d’un aujourd’hui, avec un doublé de Miossec issu de son album Ici-bas, ici même (2014). Notez que le son estival pourrait être tout l’album, tant il est brillant, bouleversant et parfait. A l’image de 1964 (2004) et de Boire (1995), ces trois albums formant à mes yeux un triptyque évident. Mais c’est une autre histoire, dont on parlera peut-être un jour ici-bas ici même.

Pour le moment, attardons-nous sur Le cœur et Samedi soir au Vauban. Ces deux chansons se succèdent en presque ouverture de la galette, mais surtout elles se répondent d’une façon assez évidente. Si Le cœur constitue l’instantané d’une post-séparation, avec les questionnements liés, Samedi soir au Vauban interroge l’après. Dans le premier titre, on se demande, le cœur lourd et abîmé, ce qu’il restera de l’histoire aujourd’hui finie : « Car il voudrait tant / Que tu ne l’oublies pas ». Dans le second titre, c’est l’après qui est regardé, avec les inquiétudes de plaire encore, de savoir s’il y aura un après : « Si nous portons ainsi notre visage / C’est pour qu’il soit un jour aimé / Ce serait quand même bien dommage / Qu’il ne soit plus jamais caressé ». Avec une référence avouée à Paul Eluard et son recueil de poèmes J’ai un visage pour être aimé.

Samedi soir au Vauban amène, de surcroît, vers le titre suivant Qui nous aime, et vers la suite du disque. Quand je vous disais que, finalement, le son estival du jour pourrait être la totalité de l’album.

Raf Against The Machine