Pépite du moment n°92: Nos plus belles années de Grand Corps Malade & Kimberose (2021)

Fin 2020, le septième opus Mesdames de Grand Corps Malade remporte un grand succès, amplement mérité. La qualité des textes, le slam de GCM qui se marie à merveille avec toutes les voix féminines pour des duos pleins d’émotions et les instrumentations entraînantes de Quentin Mosimann m’ont particulièrement séduit. J’en parle par ici si ça vous intéresse de vous replonger dans cet album. Le 10 septembre dernier, une version deluxe de ce Mesdames est sorti pour notre plus grand plaisir. 4 titres supplémentaires qui sonnent toujours aussi juste : Le sens de la famille, un superbe hymne à la famille en mode piano-voix avec Leïla Bekhti, un morceau uppercut Des gens beaux Grand Corps Malade, seul, remet à sa place avec brio Fabien Lecoeuvre à l’origine d’une infâme prise de parole sur le physique des chanteurs, un duo plus léger avec Melody Gardot sur les difficiles lendemains de soirée et enfin le titre du jour, Nos plus belles années avec Kimberose. Ce morceau m’obsède depuis plus d’un mois et me désarme par la beauté du chant de Kimberose, la puissante émotion liée au temps qui ne cesse de se dérouler et l’instrumentation percutante qui donne une saveur pop savoureuse. Voilà le titre remède pour illuminer ton dimanche soir, enjoy!

Sylphe

Five Titles n°24: Squaring The Circle de Sneaker Pimps (2021)

Il aura fallu attendre 19 ans pour avoir la chance d’écouter un quatrième album de SneakerSneaker Pimps Pimps… Depuis Bloodsport en 2002, je m’étais presque fait à l’idée que ce groupe n’aurait définitivement pas la carrière qu’il méritait. Je vous invite à ce sujet à aller écouter par ici  la playlist qui, je l’espère, vous convaincra de la grande valeur de ce groupe biberonné aux saveurs du trip-hop. 19 ans après, Chris Corner est toujours aux commandes et maîtrise avec brio sa voix, n’hésitant pas à davantage utiliser sa voix de tête. La nouvelle voix féminine qui apparaît sur 10 des 16 titres, à savoir Simonne Jones, apporte de son côté une suavité et une douceur assez enchanteresses. Certes, ce Squaring The Circle est un peu trop copieux (1h07 tout de même) et quelques titres dans la deuxième partie sont plus dispensables mais peut-on vraiment reprocher ces excès après un silence si long et si frustrant? Cet album saura, à coup sûr, toucher les fans de la première heure par sa capacité à construire des ambiances instrumentales clair-obscur aux confins du trip-hop et du dubstep. Je trouve que les deux voix se marient à merveille et permettent de beaux moments d’émotion, comme si le spleen de James Blake avait trouvé la puissance extravertie des premiers albums de Muse. L’image est un brin provocante, je vous l’accorde, mais je vous invite à découvrir ce Squaring The Circle à travers 5 bijoux.

  1. Child In The Dark démontre d’emblée l’apport incontestable de Simonne Jones. Sur une instrumentation dubstep, elle apporte une puissance pop savoureuse, magnifiée par des choeurs bien sentis. On savourera le chant de Chris Corner sur la deuxième partie du titre…
  2. Immaculate Hearts propose un morceau plus rock dans son approche pour un résultat qui se place comme un chaînon manquant entre Muse et Radiohead.
  3. Tranquility Trap sonne comme du Elysian Fields et désarme par la beauté du chant de Chris Corner. Sur une instrumentation mélancolique, je suis touché par cette voix montant à des hauteurs insoupçonnées et rappelant le chant d’Hayden Thorpe de Wild Beasts. Pour moi, le sommet de l’album…
  4. Stripes surprend, quant à lui, par sa rythmique techno martiale. Le climat est vénéneux et la voix de Chris Corner tout en tensions pour un résultat très puissant.
  5. Paper Room propose une atmosphère plus aérienne, aux confins de Trentemoller et Radiohead. Un beau moment d’émotion tout simplement….
  6. Parce que certaines règles ne demandent qu’à être transgressées, je finirai en sixième titre avec Black Rain qui magnifie l’association des deux voix. La confrontation est juste sublime…

Voilà un article succinct qui ne rend pas pleinement hommage à la réalité de cet album et je vous invite à dépasser mes modestes mots pour vous confronter à ce Squarring The Circle. Ecoutez, savourez Sneaker Pimps, apportez votre pierre à l’édifice pour éviter que nous n’ayons encore 19 ans à attendre….Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°91: Run Run Run de Kurt Vile (2021)

A ma gauche Kurt Vile, maître incontesté de la guitare et du banjo, qui a déjà produit de bien beaux albums de rock comme Smoke Ring for My Halo en 2011 ou le dernier Bottle It In en 2018, à ma droite le célèbre premier album du Velvet Underground et Nico sorti en 1967. L’iconique banane d’Andy Warhol, la tension malsaine qui unit Lou Reed et John Cale, le charisme vocal de la gravure de mode Nico et cette ribambelle de bijoux sonores que je prends toujours autant de plaisir à réécouter et sans cesse redécouvrir, tout a été déjà dit sur cet album. Je vous invite à ce sujet à lire le très bel article de Philippe Azoury dans le dernier numéro des Inrocks qui révèle avec brio les arcanes de ce groupe. Le résultat de cette rencontre entre Kurt Vile et le Velvet Underground c’est une superbe reprise de Run Run Run, bijou original qui offre une ballade blues noisy désincarnée. La transformation rock qui prend le risque de lisser les aspérités noisy de l’original fonctionne à merveille et donner envie d’aller réécouter cet album monumental, enjoy!

Sylphe

Review n°86: De Película de The Limiñanas et Laurent Garnier (2021)

Voilà sans conteste possible l’album qui a rythmé mon mois de septembre… Peut-être laGarnier The Liminanas collaboration la plus excitante depuis de longues années, et pourtant je ne partais pas foncièrement avec des a priori positifs. Le rock garage un peu poisseux du duo The Limiñanas n’est pas ma came et, comme beaucoup, je connais la techno de Laurent Garnier de manière assez superficielle. Ce De Película dépasse finalement outre mesure toutes mes attentes tant l’électro/techno de Laurent Garnier va se marier avec délices aux inspirations krautrock de The Limiñanas pour façonner un road-trip tragique dont la puissance narrative est incommensurable.

Le morceau d’ouverture Saul met en place d’emblée tous les éléments de l’album: la voix sépulcrale de Lionel qui nous narre la rencontre entre le jeune Saul et Juliette, une prostituée de 18 ans, et l’atmosphère instrumentale sous une tension grandissante. L’univers est volontiers inquiétant, la batterie omniprésente et on retrouve avec plaisir des sonorités électroniques qui me rappellent Swayzak. Le moteur de la tragédie vient de s’enclencher, le climat est pesant « il y a de la cruauté dans l’air » et nous allons désormais assister, impuissants, à la sombre destinée de Saul et Juliette… Je rentrais par les bois…BB va ensuite démontrer le talent du trio à mettre en place des morceaux instrumentaux d’une grande puissance, alliant l’instrumentation rock symbolisée par cette batterie centrale et des synthés plus éthérés faisant penser à l’amour de Saul et Juliette qui tente de s’extraire de cette réalité mortifère. Juliette dans la caravane explicite par le biais de Lionel la rencontre entre les deux protagonistes et la douce malédiction qui s’abat sur eux comme un couperet  à la fin du morceau, « C’était déjà trop tard / J’étais fou amoureux d’elle. ». Les synthés angoissants en fond ne laissent pas place à une once d’espoir…

L’explosion de la passion est portée par le brillant single Que Calor ! qui fait appel au chant acéré d’Edi Pistolas, le chanteur de Panico et Nova Materia. Les sons et les mots sont plus âpres, la ritournelle de fond particulièrement obsédante. Voilà pour moi un des titres majeurs de cette année 2021! Le rock de Promenade oblique qui laisse poindre une surprenante basse plus funk et Tu tournes en boucle où pour la première fois la voix de Marie apparaît peinent à concurrencer l’intensité folle de Que Calor !. On retrouve cette intensité avec le bijou électronique Steeplechase, vaste odyssée entre krautrock et tentation psychédélique qui rappelle davantage le son de Laurent Garnier. Ce morceau charnière de l’album ouvre une deuxième partie d’album plus sombre.

Après un Juliette très narratif porté de nouveau par le timbre grave de Lionel qui nous dresse les origines d’une Juliette, fruit d’un viol vécu par sa mère, Ne gâche pas l’aventure humaine nous hypnotise par sa boucle addictive et ses sonorités plus techno sur lesquelles vient se poser avec justesse la voix de Marie. L’ambiance est sombre, la violence a la mainmise sur les personnages. Au début c’était le début apparaît ensuite de manière assez incompréhensible avec une ambiance instrumentale plus douce et le chant de Bertrand Belin qui a décidé de devenir le sosie vocal d’Alain Bashung. J’avoue avoir du mal à intégrer ce titre à la noirceur du road-trip et Saul s’est fait planter va vite me ramener au dénouement tragique attendu. Voilà en tout cas la BO absolument parfaite pour accompagner une sombre histoire que pourrait nous écrire un Jaenada ou un Damasio… Il ne vous reste plus qu’à aller lire cet album, enjoy!

Sylphe

Pépite intemporelle n°82: Raid The Radio de General Elektriks (2009)

La semaine dernière, General Elektriks  sortait son septième album déjà Party Like a Human. JeGeneral Elektriks dois reconnaître que ces dernières années j’ai perdu d’oreille Hervé Salters et j’ai clairement quelques albums de retard… Je compte bien rapidement me remettre à jour car j’ai pris plaisir à suivre le début de carrière de General Elektriks. Le deuxième opus Good City for Dreamers en 2009 fonctionne ainsi pour moi comme une véritable madeleine de Proust. Un funk ultra moderne et jouissif, une énergie débordante à l’image de ces pas de danse si caractéristiques d’Hervé derrière les synthés, un concert enthousiasmant à l’Astrolabe et une belle ribambelle de bombinettes croisant avec hédonisme le funk et l’électro-pop. J’aurais pu choisir le groove nocturne de Little Lady ou encore les rythmes enivrants de Take back The Instant qui n’est pas sans rappeler l’univers de Just Jack mais ce soir j’ai envie de l’instantanéité de Raid The Radio. Rythmique funk, sifflements obsédants, puissance pop incontestable, clip loufoque, tout est présent pour incruster un sourire béat sur votre visage. Allez, je vous laisse en de bonnes mains, j’ai du General Elektriks à écouter, enjoy !

Sylphe

Pépite du moment n°90: U&ME d’alt-J (2021)

L’annonce d’un futur d’album d’alt-J a toujours le mérite d’illuminer ma journée, d’autant plusalt-J quand elle est accompagnée d’un single plein de belles promesses. Pour celles et ceux qui n’ont pas encore eu la chance de croiser la voix si caractéristique de Joe Newman et l’univers des Anglais entre indie-pop et folktronica, tout a commencé en 2012 avec le coup de maître initial An Awesome Wave qui s’est incrusté avec brio dans mon ADN musical. Cette brillante voix nasillarde, la maîtrise des harmonies vocales, les rythmiques alambiquées quelquefois aux confins du hip-hop, des titres brillants (le quatuor TessellateBreezeblocksSomething GoodMatilda), la recette est imparable. En 2014, This Is All Yours reste dans la même veine même si moins de titres sortent véritablement du lot, à part Nara. Le troisième opus Relaxer en 2017 approfondit l’influence électronique, enrichie par une version hip-hop de ce dernier un an après, Reduxer. Un album qui mériterait que je me penche davantage dessus… Le quatrième album intitulé The Dream est donc attendu pour le 11 février 2022, le titre U&ME vient tout juste de sortir en éclaireur. On se retrouve dans l’ambiance de An Awesome Wave avec la voix de Joe Newman mise en avant sur une rythmique lancinante, avec une guitare aux accents presque psychédéliques. Le tout est illustré par un clip mystérieux qui est l’oeuvre de Prosper Unger-Hamilton, le frère du bassiste du groupe. La journée passée au skate-park est parcourue d’événements fantastiques qui donnent un aspect assez irréel à l’ensemble. Voilà de quoi nous faire patienter, enjoy!

 

Sylphe

Review n°85: Kerber de Yann Tiersen (2021)

Deux ans après Portrait, subtil best-of de titres arrangés avec finesse, Yann Tiersen nous revient avec unTiersen Kerber nouvel album Kerber. Je ne vous ferai pas l’injure de vous présenter de nouveau cet artiste qui, depuis plus de 25 ans, nous offre sa sensibilité et son talent. Depuis qu’il s’est installé à Ouessant et qu’il a mis en place son studio de l’Eskal, ce dernier propose une musique encore plus intimiste que j’avais trouvée riche en émotions dans EUSA en 2016 mais un peu trop dépouillée dans ALL en 2019. L’objectif est assez simple: rendre hommage à son nouveau havre de paix qu’est Ouessant et faire de son piano le discret messager. Cet album composé de 7 titres reprenant des noms de lieux à Ouessant fait évoluer sa recette, en partie grâce à la patte du producteur Gareth Jones. Affirmant lui-même que le piano ne suffisait plus à ses aspirations, Yann Tiersen a choisi de renouer avec une musique électronique qui a toujours parcouru en filigrane son oeuvre, voire plus explicitement dans l’excellent Dust Lane en 2011 « Quand j’ai recommencé à travailler il y avait ce projet d’album centré sur le piano. Donc je me suis mis au piano et en fait, ça me faisait super chier (rires) ! Alors je me suis dit que le piano serait un prétexte pour traiter les sons et faire un album de musique électronique« .

Le résultat est à la hauteur du talent du Breton qui propose 7 instantanés de Ouessant, valant tous les spots touristiques possibles. Le brouillard parsemé de touches de piano lumineuses de Kerlann et les sonorités plus aquatiques d’une grande douceur d’Ar Maner Kozh ouvrent de manière assez classique l’album et invitent à un vrai voyage impressionniste. Kerdrall apporte un supplément d’âme à travers le contraste d’un piano tiraillé entre fragilité et élan primesautier d’un côté et ces grésillements de l’autre, la voix en fond de sa compagne Tiny Feet (alias Emilie Quinquis) tentant sur la fin de nous ramener vainement sur terre.

Après un Ker Yegu dans la droite lignée de Kerdrall, je suis sous le charme de Ker al Loch qui abandonne peu à peu sa douce mélancolie pour aborder des terres électro plus abruptes. Le résultat est incisif et plein de caractère, le spectre de Kraftwerk n’est pas loin, comblant à mon goût les manques d’ALL. Le titre éponyme Kerber et ses 10 minutes intenses donne finalement ses lettres de noblesse à ce très bel opus, résumant à merveille toutes les aspirations d’un Yann Tiersen que je prends toujours plaisir à suivre les yeux fermés et les autres sens profondément décuplés, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°89: Fear Colours de LoneLady (2021)

Des nouvelles aujourd’hui de Julie Campbell, alias LoneLady, artiste anglaise signée sur le très pointu label LoneLadyWarp. Depuis son premier album Nerve Up en 2010, je suis séduit par cette électro froide et méthodique qui s’est construite sur les cendres du post-punk. Fin juin, son troisième album seulement Former Things est sorti (après Hinterland en 2015) et a accompagné mon été. Un album dense de 40 minutes pour 8 titres qui incitent de plus en plus à bouger sur les dance-floors, avec des sons plus catchy à la Metronomy qui se marient à merveille avec l’influence évidente de New Order. Ne vous attendez cependant pas à une totale métamorphose, à l’image de sa pochette sombre et énigmatique l’ensemble reste sombre et minéral. Pour illustrer cet album qui mérite amplement d’être écouté pour accompagner vos soirées automnales, j’ai choisi le titre Fear Colours qui m’obsède par sa boucle hypnotique et ses choeurs indus. Par son dépouillement et son âpreté, il dépeint avec un certain brio les couleurs de la peur…. Enjoy!

Sylphe

Review n°84: Loving In Stereo de Jungle (2021)

Il faut bien se rendre à l’évidence, on est repartis pour un tour et les vacances ensoleillées sont derrière nous. Jungle Loving In StereoLoin de moi l’envie de m’apitoyer mais plutôt le désir de prolonger les sensations estivales avec un album qui a illuminé ma deuxième quinzaine d’août. Depuis son premier album éponyme sorti en 2014, le duo britannique Jungle composé de Tom McFarland et Josh Lloyd-Watson propose un son groovy mêlant aspirations dance et sonorités disco. On a pris plaisir dernièrement à réécouter cette discographie et savourer des titres comme Busy Earnin’ (voir ici) mais il est temps de voir, trois ans après l’album For Ever, ce que vaut vraiment ce troisième opus Loving In Stereo, signé sur leur propre label et non sur l’armada XL Recordings.

On peut d’emblée affirmer que Jungle n’a pas pris de risques démesurés -je ne doute pas que certains diront que le résultat est somme toute assez, voire trop attendu – et décline avec justesse une formule qui a déjà parfaitement fait ses preuves. Certes, le titre Romeo vient explorer les contrées du hip-hop avec le flow percutant de Bas ou Goodbye My Love s’appuie sur la douceur du chant de Priya Ragu pour une pop-folk surprenante mais l’ensemble ne révèle pas une envie de se renouveler fondamentalement. Nous retrouvons ainsi les recettes habituelles du succès de Jungle. Tout d’abord, je prends plaisir à retrouver ce son taillé pour les dance-floors avec des rythmiques uptempo, des sonorités disco à foison, des cordes qui viennent embellir l’ensemble. Je n’arrive pas à m’ôter de l’esprit l’image de The Shoes à l’écoute de certains titres et c’est plus qu’un compliment dans ma bouche. Le titre Keep Moving est ainsi la pépite électro-pop ultime de l’album qui m’obsède depuis presque un mois. Une basse jouissive, des explosions qui viennent contrebalancer des instants où le temps semble comme suspendu, ces cordes subtiles, le résultat est imparable et sublimé par le clip, prenant rendez-vous avec le top des titres 2021. Si vous aimez ce son immédiat, All Of The Time, Talk About It ou encore Truth devraient vous apporter aisément cette dose de dopamine qui boostera votre rentrée.

La deuxième principale tendance de ce Loving In Stereo c’est la tentation d’une électro-pop lumineuse qui se veut plus rêveuse à travers le duo Lifting You/ Bonnie Hill. Un brin lisse, cette dernière est sublimée quand la basse groovy digne de Balthazar entre en jeu, une basse qui a véritablement pris le pouvoir sur l’album. Le tube électro Fire ouvre un champ de possibilités infinies alors que No Rules suinte par tous les pores un esprit rock plus poisseux.

Vous l’aurez bien compris, ce Loving In Stereo fonctionne parfaitement et apporte son lot de moments forts. Il faut reconnaître qu’une petite voix intérieure est demandeuse d’innovations plus importantes mais celle-ci s’incline face à la puissance des tubes, enjoy!

Sylphe

Five Reasons n°30: Cyclorama de Polo & Pan (2021)

Voilà déjà quelques semaines que le titre Ani Kuni de Polo & Pan, chroniqué par ici, a fait son irruptionPolo & Pan 2 inattendue sur certaines radios généralistes et c’est ma foi amplement mérité. On sait tous comme une écoute répétée d’un titre peut finir par le dénaturer au point d’atteindre une véritable saturation mais je dois reconnaître que je reste sous le charme de l’inventivité de ce morceau. Pour le coup, j’ai eu envie de davantage m’attarder sur l’album Cyclorama sorti le 25 juin comme une promesse estivale supplémentaire. Même si je le trouve un peu long (1h05 et quelques titres plus dispensables sur la fin de l’album, en particulier la version radio d’Ani Kuni ), cet album mérite d’être savouré pour sa richesse. Je vous donne 5 raisons pour vous offrir un cocktail de couleurs savoureux en cette période de pré-rentrée pas toujours réjouissante.

  1. Sur une recette assez proche de celle de Bon Entendeur (le titre Melody en est un parfait exemple), Polo & Pan a cette capacité à moderniser des titres en les enveloppant d’une atmosphère d’électronica candide et hédoniste. A l’écoute, je suis souvent tiraillé entre l’impression que c’est un peu trop facile et la reconnaissance d’une vraie intelligence mais le résultat brillant clôt tous les débats. On notera donc le single imparable Ani Kuni ou encore Bilboquet (Sirba) qui reprend la musique de Cosma pour la BO de Le Grand Blond avec une chaussure noire.
  2. Ce Cyclorama met aussi à l’honneur une pop solaire qui joue avec les codes de la dream-pop. Magic porte bien son nom et n’est pas sans m’évoquer l’univers de Les Gordon alors que l’innocence des choeurs de Feel Good nous ramène vers les débuts de MGMT.
  3. Derrière cette candeur de façade, on retrouve une électro plus riche et poétique qu’elle n’y paraît sur les premières écoutes. Le morceau d’ouverture Côme avec ses sons aquatiques et ses cordes fragiles se déploie avec humilité comme la BO cachée d’un Miyazaki. Dans une veine plus proche d’Arandel, j’aime beaucoup la richesse de Requiem qui paraît un peu un ovni dans cet album résolument lumineux.
  4. Les fans de l’univers de La Femme pourront savourer le recours à la langue française dans Attrape-rêve, Oasis ou encore Artemis pour un résultat un peu plus attendu.
  5. Enfin, j’apprécie tout particulièrement Tunnel et le featuring de Channel Tres. Cette incursion dans l’univers plus sombre de la techno est savoureuse et me donne l’envie immédiate d’aller réécouter le dernier opus de Rone.

Ce Cyclorama est plus subtil et varié qu’il n’y paraît, j’espère que ce Ani Kuni, aussi bon soit-il, n’empêchera pas une véritable découverte du travail de Polo & Pan, enjoy!

Sylphe