Pépite du moment n°73: Ship de The Notwist (2020)

The Notwist

Des nouvelles aujourd’hui d’un groupe pour lequel j’ai un véritablement attachement, The Notwist. Ce groupe allemand fondé autour des frères Markus et Micha Acher brille depuis quelques années dans sa capacité à croiser avec subtilité l’indie-pop et l’electronica pour des résultats empreints d’une grâce évidente. Après des débuts dans les années 90 marqués par un punk plutôt virulent, le claviériste Martin Gretschmann intègre le groupe et va donner une toute autre orientation, les machines devenant plus centrales. Après un Shrink en 1998 assurant la transition, ce sont les albums Neon Golden en 2002 et The Devil, You + Me en 2008 qui m’ont vraiment touché et que je vous invite à aller (ré)écouter. Le dernier album Superheroes, Ghostvillains + Stuff en 2016 a confirmé que les Allemands ont encore de très belles choses à nous faire entendre, pour vous en convaincre difficile de faire mieux que le titre Kong… Avant d’en arriver à cet EP de 3 titres Ship et vous aider à percevoir le son de The Notwist, les frères Acher mènent des projets parallèles de très haut vol avec Lali Puna ou encore Ms. John Soda.

A vrai dire, je ne m’attendais pas à la sortie d’un EP de la part de The Notwist et je suis déjà prêt à ressentir la frustration après une petite dizaine de minutes… Le morceau éponyme s’appuie sur la voix de Saya, la chanteuse de Tenniscoats, qui apporte sa douceur sur des rythmiques urbaines, aussi destructurées qu’addictives. Distorsion et grâce paraissent toujours aussi subtilement entrelacées… Loose Ends nous ramène ensuite vers des terres plus classiques en s’appuyant sur la douceur feutrée de Markus Acher qui se marie parfaitement à une pop aérienne. Le dernier titre Avalanche nous rappelle pour finir que Lali Puna n’est jamais très loin avec son électronica faussement naïve. Cet EP de 3 titres aura eu le mérite de réveiller en moi le besoin de The Notwist et j’espère qu’un album suivra dans les mois à venir, enjoy!

Sylphe

Five Titles n°13: Imploding The Mirage de The Killers (2020)

Comme je vous en parlais en début de semaine, la très belle surprise de cette fin d’été vient du côtéThe Killers 2 d’un groupe qu’on n’attendait plus forcément à ce niveau de performance sonore, The Killers. La bande centrée autour du chanteur Brandon Flowers, qui doit son nom au clip de Crystal de New Order où un groupe fictif porte ce nom (#infopourbrillerensociete), a marqué le début des années 2000, en particulier avec leur bombe initiale Hot Fuss en 2004. S’ensuivent des albums solides sans être aussi transcendentaux, Sam’s Town en 2006, Sawdust en 2007 ou Day & Age en 2008, une pause de 4 ans et deux albums Battle Born en 2012 et Wonderful Wonderful en 2017 que je n’ai croisés que trop superficiellement pour avoir un véritable avis à leur sujet. Finalement, au moment d’écouter ce sixième opus Imploding The Mirage et sa pochette soignée graphiquement –Dance of the Wind and Storm du peintre évangélique Thomas Blackshear car nos Américains sont très croyants, faut-il le rappeler – je n’ai pas d’attente particulière, peut-être seulement un infime et inconscient espoir de replonger 15 ans plus tôt… Ne pas avoir d’attentes c’est se donner une possibilité supplémentaire d’être agréablement surpris. Malgré l’absence du guitariste Dave Keuning, quelle cure de jouvence que cet album doté d’une énergie inattendue! Le souffle de la pop électrise encore davantage ce rock qui regorge de singles euphorisants et je savoure cette immédiateté qui fait de ce Imploding The Mirage un album frontal à souhait. J’avoue une interrogation minime sur sa capacité à s’enrichir avec le temps mais je ne boude pas mon plaisir de cette machine à singles… La preuve partielle et partiale avec 5 bijoux qui se dégagent de l’ensemble et, je l’espère, devraient vous donner envie d’écouter ce très bel album.

  1. Le morceau d’ouverture My Own Soul’s Warning s’impose d’emblée comme un single imparable. Des synthés et une batterie qui ne sont pas sans me faire penser à Arcade Fire dans leur utilisation et une voix tellement directe  donnent une vraie puissance électro-pop à ce titre.
  2. Blowback surprend par sa formule d’une grande simplicité pop-rock taillée pour les radios. Tel une jeune jouvencelle, je me laisse séduire par le spectre large de la voix de Brandon Flowers
  3. Dying Breed séduit par sa rythmique digne de New Order, le morceau plus sombre monte inlassablement et explose dans un feu d’artifice arcadien. A n’en pas douter, The Killers n’est pas une race mourante (Dying Breed) et nous le prouve brillamment (#wtfcejeudemots?).
  4. Lightning Fields avec k.d.lang en featuring nous offre un bel instant de grâce avec un piano judicieux et une montée en puissance sur la deuxième partie. Voilà un duo marquant et surprenant dans la discographie de The Killers
  5. My God fait appel quant à lui à la brillante Weyes Blood pour un morceau d’une superbe intensité. Les voix sont d’une grâce quasi divine, on en regretterait presque de ne pas croire en Dieu…

Vous n’aimez pas les visions partielles? Vous détestez les prises de position définitives et croyez qu’on peut encore faire les meilleures soupes dans les vieilles marmites (#expressionpournoslecteursmoinsjeunes)? Vous savez ce qu’il vous reste à faire, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°72: Johnson de Kruder & Dorfmeister (2020)

Petit instant nostalgie pour commencer le weekend aujourd’hui avec un duo de dj autrichiens Kruder und Dorfmeister qui sur la fin des années 90 a marqué par ses compilations et ses mixes toute une génération qui palpitait en découvrant le champ d’exploitations infinies de la musique downtempo. Pour vous dire à quel point ce duo avait disparu des radars et reste ancré dans une époque déjà bien lointaine, je me vois en train de désespérément chercher leurs perles sur Emule… Pour leurs faits d’armes dignes d’intérêt, en 1996 ils ont eu les honneurs de la quatrième compilation de DJ-Kicks (on en est à 69…) et leur album de remixes The K&D Sessions paru en 1998 regorge de joyaux sonores. Pour preuve, vous pourrez écouter à la fin leur reprise de Useless de Depeche Mode. Que viennent donc faire Kruder & Dorfmeister en 2020? La vague du trip-hop, la chill music et tous les satellites de la musique downtempo ont connu leur succès et le risque de paraître un poil désuet est réel. Cependant, ne boudons pas notre plaisir avec l’annonce de leur premier album 1995 (et oui on est bien dans la nostalgie) prévu pour le 30 octobre. Le 28 août dernier, un premier morceau Johnson, qui sera le titre d’ouverture de l’album, est parti en éclaireur. J’y retrouve cette musique downtempo qui se déploie langoureusement et sensuellement, les atmosphères enfumées des bars lounge où on prend plaisir à écouter St Germain, la tentation perceptible du nu-jazz, le tout illustré par un très beau clip qui retranscrit parfaitement l’atmosphère sombre et picturale de cette musique. Un titre qui sonne comme en 1995 mais que l’on prend un malin plaisir à savourer en 2020, enjoy!

Sylphe

Five reasons n° 22 : Gainsbourg en public au Palace (1980/2020) de Serge Gainsbourg

Retour aux affaires après la période estivale et en pleine rentrée yolo pour des retrouvailles au rythme d’un post hebdomadaire, aux côtés de mes gars sûrs Sylphe et Rage. Et question rythme, vous allez être servis avec la galette du jour. Je vous propose de remettre sur la platine le live de Gainsbourg au Palace en 1979 (publié en 1980), en égrenant 5 bonnes raisons de le faire.

  1. Revenons en arrière de quelques décennies, précisément en 1979. Serge Gainsbourg a cartonné dans les 60’s et les a clôturées par ses Initials B. B. (1968) et Jane Birkin – Serge Gainsbourg (1969) chargés de pépites. Les années 70 se présentent différemment. Gainsbourg se lance dans des albums plus conceptuels et moins grand public, mais néanmoins brillants et de haute volée : Histoire de Melody Nelson (1971), Vu de l’extérieur (1973), Rock around the bunker (1975) et L’homme à tête de chou (1976). Les ventes sont basses, notamment pour Vu de l’extérieur et L’Homme à tête de chou (respectivement 20 600 et 55 800 exemplaires). Gainsbourg se lance alors dans une période reggae, un genre musical qu’il va chercher à la Jamaïque. Il y enregistre Aux armes et cætera, qui sera un carton ventes avec 575 600 exemplaires écoulés. Autrement dit, en 1979-1980 et avec la période reggae, on est à une charnière de la carrière et de l’œuvre de Gainsbourg.
  2. Double charnière, puisque la série de concerts au Palace en décembre 1979 marque le retour sur scène de Gainsbourg. On peut voir ce live au Palace comme une renaissance scénique, qui amènera par la suite l’artiste à renouveler ses passages sur scène. Après cet album en 1980 viendront l’excellent Gainsbourg live (1985) enregistré au Casino de Paris après la sortie de Love on the beat (1984) et Le Zénith de Gainsbourg (1989). Si le live au Casino contient de purs moments d’extase (surtout dans sa réédition de 2015 gratifiée d’un nouveau mixage), ce live au Palace révèle une réelle spontanéité et un côté faussement artisanal très savoureux, avec des musicos et un Gainsbourg qui semblent vraiment s’éclater.
  3. Les musiciens justement, parlons-en : tout comme pour son enregistrement studio, Gainsbourg s’est entouré de musicos jamaïquains pure souche qui maitrisent le reggae comme personne. Et ça s’entend. Si vous voulez de la ligne de basse qui envoie, des percus qui racontent des histoires à chaque son et une guitare rythmique imparable, c’est ici et nulle part ailleurs qu’il faut poser vos oreilles. Le genre d’album qui donne l’impression d’être super facile à jouer, parce que fluide à l’écoute, sans temps mort, et qui pose son ambiance à la fois cool et sensuelle. Voilà du son juste moite comme il faut, avec sa dose de sensualité et de sexualité qui transpire de chaque note, renforcée par la puissance de certains textes comme Lola Rastaquouère ou Marilou Reggae Dub.
  4. Le petit plus de cet enregistrement (et sans doute son coup de génie), c’est d’intégrer d’anciens titres réarrangés à la sauce reggae. Gainsbourg et ses musicos balancent des réinterprétations de Docteur Jekyll et Mister Hyde, Harley Davidson et Bonnie and Clyde. Histoire de rappeler à tout le monde le génial musicien qu’était Gainsbourg, ainsi que l’universalité de ses chansons. Un titre comme Harley Davidson acquiert alors une puissance encore inconnue, tandis que Bonnie and Clyde s’habille d’une nonchalance crépusculaire assez ravageuse.
  5. Tout ça vous a donné envie de réécouter cette pépite ? Ça tombe bien : l’album, réédité dans un nouveau mixage, sera disponible demain 11 septembre chez tous les bons disquaires (et dès aujourd’hui à domicile pour les adeptes de la précommande ^^), en CD comme en vinyle. Du côté du contenu, rien de plus que la réédition double CD de 2006 (indisponible depuis). Le communiqué de presse parlait de deux inédits, qui figuraient en fait déjà dans la galette de 2006. Toutefois, cette nouvelle version est particulièrement indispensable, notamment en vinyle : le nouveau mixage met encore plus en valeur ce qui fait le cœur palpitant du reggae et de ces sessions live de Gainsbourg. A savoir la basse, ronde comme jamais, et des percus qui se détachent magnifiquement. Sans compter les textes et la voix de Gainsbourg bien mis en avant.

En résumé, si vous aimez Gainsbourg, si vous aimez le reggae, si vous aimez le bon son, voilà un (r)achat assez incontournable. Pour les collectionneurs, mentionnons des éditions vinyles colorées bleu-blanc-rouge (FNAC) ou vert-jaune-rouge (Vinyl Collector). Et si, en cette pleine période de rentrée, votre banquier/banquière vous fait les gros yeux, portez le coup de grâce à vos finances en vous offrant aussi la réédition de To bring you my love de PJ Harvey, et de la galette bis de Demos. Ça sort demain aussi. Et au moins, les choses seront claires !

Raf Against The Machine

Pépite intemporelle n°59: Somebody Told Me de Mylo (2004)

Depuis quelques semaines tourne en boucle chez moi le sixième opus Imploding The Mirage de TheThe Killers Killers, qui est une très belle surprise dont je vous parlerai ce weekend. Je ne vous en dis pas plus car à Five-Minutes on a l’art du teasing (#seconddegré)… Il m’est souvent difficile de ne pas me replonger dans les discographies quand j’écris sur des groupes avec des carrières solides. The Killers, c’est avant tout pour moi la déflagration sonore du premier album Hot Fuss en 2004 et des singles imparables comme Mr. Brightside, Somebody Told Me ou encore Jenny Was A Friend Of Mine. En réécoutant ce chef d’oeuvre magistral, je redécouvre qu’il y a trois remixes à la fin, deux de Smile Like You Mean It par Fischerspooner et Jean-Marie Moens, et le bijou du jour, le remix de Somebody Told Me par Mylo. Vous ne connaissez peut-être pas Mylo qui, en dehors de ses remixes, a tout de même créé un superbe (et unique malheureusement) album en 2005 Destroy Rock & Roll que je vous conseille fortement d’aller écouter si vous aimez l’électro ludique pas avare en samples.

Pour en revenir à Somebody Told Me, c’est un titre jouissif au possible. La voix de Brandon Flowers, la rythmique uptempo, les gros riffs de guitare bien sentis, le refrain qui vaut toutes les drogues dures du monde en terme d’addiction, difficile de faire plus frontal et direct. Remixer 3 petites minutes percutantes n’est pas une mince affaire et c’est là que le talent de Mylo entre en jeu… Il y a du Boys Noize d’emblée avec une volonté affichée de déconstruire la musique, tel un puzzle le morceau se crée peu à peu et il faut attendre presque 3 minutes pour retrouver la voix de Brandon Flowers quasi a capella. La déconstruction du titre est brillante et change l’ambiance du morceau sans le dénaturer, Mylo vient de transformer 3 minutes de rock en 7 minutes d’une électro destructurée aussi jouissive que l’original. Il ne vous reste plus qu’à comparer les deux versions désormais, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°71: HEART ATTACK de BRONSON (2020)

Ce soir on reste dans les découvertes avec BRONSON, un groupe signé sur le label de légende NinjaBRONSON Tune (Coldcut, Bonobo, Young Fathers, Fink…) qui m’aura beaucoup marqué sur la fin des années 90 et le début des années 2000. Je dois reconnaître que je suis désormais moins connaisseur des artistes signés chez les Anglais mais ce premier album éponyme a facilement trouvé grâce à mes oreilles, surtout la première partie qui croise intelligemment l’électro et les résurgences du dubstep. BRONSON regroupe le duo américain Odesza (Harrison Mills et Clayton Knight) et l’australien Thomas George Stell alias Golden Features, ce qui n’est pas pour me déplaire vu que je ne connais aucun des deux groupes! Le titre du soir HEART ATTACK fait appel au timbre soyeux de lau.ra qui se marie parfaitement à une électro aérienne teintée de dubstep, il y a du Bonobo et du Trentemoller dans ce bijou hypnotisant, enjoy!

Sylphe

Clip du jour n° 16 : Grandiose (2020) de Pomme/Ambivalently Yours

Il y a quelques mois, au début de mars, juste avant de plonger dans d’innombrables semaines de confinement et d’isolement, on avait parlé ici de Grandiose, un des titres du deuxième album de Pomme. J’en avais dit du bien, et c’est un doux euphémisme. Avec quelques mois de recul, Les failles cachées (version augmentée du LP original) vieillit bien, et très bien même. Chacun des titres se patine, et révèle à chaque écoute de nouvelles pointes émotionnelles.

Notamment Grandiose, qui se pare depuis quelques jours d’un clip transperçant de beauté. Co-réalisée par Pomme elle-même et Ambivalently Yours (à qui l’on doit déjà tous les visuels de l’album), cette mise en images d’un des plus beaux et bouleversants morceaux du disque transcende la composition. Au point d’en faire quasiment un court-métrage à la bande-son ravageuse, à moins que ce ne soit l’inverse. Ou les deux.

Je ne me lasse pas de la poésie mélancolique et onirique de ce clip. Sorti voici à peine quelques jours, je l’ai déjà visionné moult fois, et si ce n’est déjà fait de votre côté, je vous invite à vous y précipiter sans tarder. Comme les choses sont bien faites sur Five-Minutes (à défaut de l’être dans le monde), c’est visible directement ci-dessous. Dernière précision : on n’interdit pas la chialade, qui serait même assez normale. Si ça monte, laissez sortir. C’est humain, c’est la vie, c’est Pomme et Ambivalently Yours qui nous racontent un truc de dingue en quelques minutes. Magistral.

Raf Against The Machine

Review n°56: How Do You Cope While Grieving For The Living? de Milo Gore (2020)

Voilà la plus grosse claque rock reçue depuis le deuxième opus The Big Picture de TheMilo Gore Last Train (à revoir par ici ) avec cette totale découverte  de l’Anglais Milo Gore qui vient de sortir fin août sur le label Red Van Records son premier album How Do You Cope While Grieving For The Living? Après obylx, nous restons toujours à Bristol, terre de génies, pour un premier album où Milo Gore a su brillamment s’entourer avec Pete Prokopiw (Mumford & Sons, Florence & The Machine) à la production et Andy Savours (Sigur Ros, The Horrors, Arctic Monkeys) au mixage. Excusez du peu…

Noise Gone Dancing ouvre dans une certaine douceur l’album et d’emblée on ressent toute l’émotion dans la voix de Milo Gore, un vrai point fort de l’album. Entre mélancolie et introspection angoissée, ce premier titre nous offre une indie-pop de qualité qui se laisse porter par un rythme downtempo lancinant mais on sent comme la lave ne demande qu’à jaillir de ce volcan faussement endormi. L’éruption instrumentale a lieu dès l’explosif Green Eyes, les guitares sont de sortie, le rythme uptempo et on ressent ce sentiment d’urgence propre au rock qui suinte par tous les pores. Le morceau alterne des couplets plus posés avant les explosions des refrains, il y a du Strokes et même du Bloc Party dans ce morceau addictif, le plus frontal de l’album. Je vous mets au défi de ne pas succomber à ce single XXL…

Jade ralentit le rythme cardiaque en s’appuyant sur son duo de voix, le timbre de la chanteuse n’étant pas sans nous rappeler la grâce de Julia Stone. Le morceau m’évoque Last Train par sa capacité à jouer avec les codes et flirter sur la deuxième partie avec un post-rock bien senti et tout en tensions électriques. Passé un Fare plus classique dans son approche digne de Bloc Party, les deux titres suivants finissent totalement de nous désarmer… A Collaboration Of Our Grief en featuring avec RMC est un exercice de style de haut vol, après des débuts d’une grande douceur dignes des plus belles ouvertures de Placebo le chant sous tension s’impose tiraillé entre riffs électriques et ambiance aux confins du blues, un univers évoquant assez clairement les Belges de Balthazar. Jerry Can, quant à lui, se montre plus frontal et plus pop dans son approche et les choeurs nous plongent dans les souvenirs pleins d’émotions de Broken Social Scene. Je m’excuse pour le name-dropping mais ces multiples références éclairent à mon sens la perception de cet album… Voilà en tout cas une première partie d’album tout simplement brillante.

La deuxième partie de l’album est solide même si moins de titres ne se dégagent véritablement. La douceur de Meds avant la surprenante explosion finale et l’indie-pop classique de Homegrown amènent vers le sommet de la deuxième partie, I Hear You, morceau tout en contraste qui brille par son énergie et évoque Los Campesinos! Un Eyeliner percutant, un Complete Peace incisif et un The Endless War plus apaisé permettent de clore un très beau premier album. Milo Gore vient de faire son entrée dans le paysage musical par la grande porte, je n’ai aucun doute sur sa réussite future et ce How Do You Cope While Grieving For The Living? vous offrira plus que des bons moments, enjoy!

Sylphe