Pépite du moment n°70: through the night d’obylx (2020)

Belle découverte du jour avec un son qui me donne le sourire et la pêche, ce qui estobylx toujours appréciable quand tes vacances sont sur le point de finir… Oliver Johnson alias Obylx, un pseudo original qui affole les moteurs de recherche voulant à tout prix que tu fasses un recherche sur Obélix, est un artiste anglais originaire de Bristol. Alors oui Bristol pour beaucoup dont je fais partie c’est avant tout le berceau du trip-hop, de Massive Attack et Portishead mais aujourd’hui c’est plutôt de l’électro-pop qu’obylx offre à nos oreilles. Après deux albums sobrement intitulés Once (2018) et Twice (2019) riches de bonnes idées, obylx publie régulièrement de nouveaux titres cette année et le dernier sorti le 1er août through the night, produit par Prash ‘Engine Earz’ Mistry (Jorja Smith, The Prodigy) est percutant à souhait. Des sonorités électro jouissives et hédonistes dignes d’Hot Chip, une mélodie imparable et une voix convaincante, il ne m’en faut pas plus pour me passer en boucle ce titre depuis deux semaines. Allez à vous de découvrir obylx, enjoy!

Sylphe

Playlist n°4: Morcheeba

Loin de moi la volonté de résumer la longue carrière de Morcheeba entamée dès leur premier album studio en 1996 mais la simple envie de partager les titres qui me font aimer ce groupe phare du trip-hop… Cette playlist est, je l’espère, l’occasion de réveiller des souvenirs et de susciter le désir d’aller se confronter aux albums car je ne cesserai de mettre en avant l’objet de l’album qui prend tout son sens par son unité.

Morcheeba (Pour les passionnés d’étymologie dont je suis, le nom viendrait des mots anglais « more cheeba », soit « plus d’herbe ». « Mor » signifie également « Middle of the road », ce qui colle bien à une musique à mi chemin entre la pop et le jazz) naît autour de Londres en pleine vague trip-hop et se compose des frères Godfrey et de la chanteuse emblématique Skye Edwards. Le premier album Who Can You Trust? sort en 1996 et brille par ses atmosphères urbaines très sombres, j’aime en particulier les titres Trigger Hippie, la pépite noire comme la cendre Howling et End Theme. Arrive alors le second opus Big Calm en 1998 qui reste incontestablement l’album de Morcheeba qui m’a le plus marqué… Je me suis contenu pour que cette playlist ne dure pas plus de 3 heures mais il est impossible de résister à Shoulder Holster, Part of the Process, Bullet Proof et au trio d’anthologie The SeaBlindfoldBig Calm. Je vous mets au défi de ne pas rendre les armes face au flow final de Big Calm

En 2000, Fragments of Freedom me touche un peu moins malgré de beaux titres comme Rome Wasn’t Built in a Day et Love Sweet Love (feat. Mr Complex) mais que dire de Charango en 2002? Un album d’une homogénéité et d’une qualité inégalée par la suite, comme un point d’acmé de la carrière de Morcheeba qui donnera l’envie à Skye Edwards de partir tenter l’aventure en solo. Sur les 12 titres, j’en ai gardé pour cette playlist la bagatelle de 11… et vous invite à savourer particulièrement Slow Down, Otherwise ou The Great London Traffic Warden Massacre. Difficile de se remettre du départ de sa chanteuse emblématique et c’est à Daisy Martey ( qui sera secondée, pour ne pas dire remplacée par Jody Sternberg sur la tournée) que revient la lourde tâche de remplacer Skye Edwards pour le cinquième opus The Antidote en 2005. L’album ne tutoie pas foncièrement les sommets mais fait bien le job avec des titres comme Wonders Never Cease, Antidote ou la perle Everybody Loves A Loser qui m’évoque de manière surprenante Get Well Soon.

Pour Dive Deep en 2008, c’est une Française repérée sur Myspace Amanda Zamolo qui assure le chant brillamment. Un album aux influences plus riches qui gagne à être réécouté et s’enrichit au fil des écoutes. Enjoy The Ride, Run Honey Run, One Love Karma et les deux joyaux Riverbed et Au-dela (chantée en français et digne de figurer dans la discographie d’Emilie Simon) s’imposent comme de très beaux titres et montrent que le départ de Skye Edwards est presque digéré… (#expressionbienlaide) Une Skye Edwards qui décide justement de revenir à ses premières amours de Morcheeba pour le septième opus Blood Like Lemonade qui s’écoute bien mais me donne malheureusement l’impression que les Anglais ont fait le tour… Crimson, Blood Like Lemonade et Recipe for Disaster tenteront de vous prouver que je suis un peu sévère. Head Up High en 2013 avec ses titres Gimme You Love, Face of Danger et Call It Love ainsi que Blaze Away en 2018 avec Blaze Away (feat. Roots Manuva) et Paris sur Mer (feat. Biolay) tentent de réveiller les cendres du trip-hop mais pour moi la magie a malheureusement disparu…

Voilà en tout cas une discographie brillante que beaucoup envieraient, j’espère que vous prendrez autant de plaisir à écouter cette playlist que j’en ai eu à réécouter ces 9 albums, enjoy!

Sylphe

Son estival du jour n°24: Maniac de Carpenter Brut

Afin de rassurer la multitude de lecteurs angoissés par mon silence et ne souhaitant pas être le sujet d’une alerte enlèvement en plein milieu des vacances, je vous fais un petit signe avant de repartir savourer les contrées bretonnes. En même temps, je ne suis pas inquiet car vous êtes entre de bonnes mains avec mon ami Raf Against The Machine… Le son du jour devrait bien plaire à ce dernier car il est fan de Carpenter Brut dont il vous a déjà parlé ici-même pour le clip de Le Perv (voir ici ) ou la BO de Blood Machines (voir ici ). De mon côté, j’avoue ne pas être un très grand connaisseur des albums mais je suis régulièrement séduit quand mes esgourdes tombent sur un titre de Carpenter Brut et ce fut le cas hier en tombant sur sa reprise de Maniac.

A moins de vivre dans une grotte de troglodytes coupée du reste du monde depuis des décennies, le titre Maniac est connu de tous. Il fait partie de notre culture musicale commune en tant que titre-phare de la BO du film Flashdance (1983) et titre qui parcourt les ondes depuis presque 4 décennies. Ce titre qui est le seul fait marquant d’un certain Michael Sembello représente à mon sens la quintessence du titre feel good qui te donne une énergie de fou. Influence du film oblige, j’ai à chaque fois envie d’enfiler un justaucorps sur mes abdos de rêve (à prendre au sens littéral…), danser à fond et accessoirement courir sur place comme un dératé. Sonorités 80’s, rythmique up-tempo, chant de qualité, refrain addictif et riffs bien sentis, ce titre frôle la perfection. Vous pourrez le savourer à la fin de l’article, je vous ai laissé une vidéo avec des images de Flashdance pour que vous perceviez la marge de progression qu’il vous reste concernant la souplesse, et ce malgré vos 2 mois de confinement rythmés par les sessions de Gym direct…Vous noterez qu’en 1983 on ne s’embêtait pas trop à filmer le visage lorsqu’on filmait une danseuse…

Revenons à notre reprise de Carpenter Brut. Ce titre est joué en live depuis CARPENTERBRUTLIVE (2017) mais possède une version studio depuis seulement mai dernier. La logique est imparable: je me fais suer pendant le confinement = je mange tout le temps = je vais faire un peu de gym pour limiter les dégâts = ma grande soeur n’arrêtait pas de regarder Flashdance = tiens mais j’ai une cover de Maniac que j’aime jouer en live, je vais en faire une version studio car j’ai du temps devant moi… Avec la voix de Yann Ligner de Klone et Adrien Grousset d’Hacride à la guitare, le tout mixé par Tom Dalgety (Rammstein!), le résultat très respectueux de l’original est traversé par un souffle électrique savoureux. Si vous avez déjà du mal à suivre la rythmique du morceau de Michael Sembello, ne tentez pas de danser sur la version de Carpenter Brut pour éviter tout accident cardiaque… Voilà en tout cas un morceau assez jouissif! Allez je file, c’est l’heure de mon cours sur Gym Direct, bon été à tous et enjoy!

Sylphe

Playlist n°3: Best of de Sneakers Pimps

Voilà un groupe assez méconnu qui me tient particulièrement à coeur… Les lecteurs fidèles connaissent mon affection pour le trip-hop et ne seront pas surpris de voir que Sneaker Pimps est créé en Angleterre en 1995. Ce nom de groupe est un brin mystérieux et mériterait des recherches approfondies. Plus qu’une volonté de faire bosser des baskets sur les trottoirs, ce nom aurait été choisi après un article des Beastie Boys dans leur magazine Grand Royal

Le premier album Becoming X sort en 1996, c’est un vrai album de trip-hop dans la lignée des Portishead, Massive Attack et consorts, porté par la voix de Kelli Dayton. Cet album est sûrement le plus grand succès du groupe mais c’est celui que j’apprécie peut-être le moins. Disons plutôt que dans le genre je préfère écouter un Morcheeba ou un Elysian Fields. Maintenant nous aurions tort de ne pas savourer les pépites torturées que sont 6 Underground, Becoming X, Walking Zero ou encore Low Place Like Home.

Le tournant pour moi finalement c’est le départ de Kelli Dayton qui part mener sous le nom de Kelli Ali une carrière solo, toujours très active avec le dernier opus Ghostdriver en 2019. Dès le deuxième album Splinter en 1999 c’est la voix grave et mélancolique de Chris Korner qui prend avec succès le relais. Rythmiques urbaines downtempo, ambiance glaciale, orchestration léchée des cordes et cette impression qu’ Amon Tobin aurait décidé de se mettre au chant et de nous embarquer dans ses mélodies. Entre trip-hop et pop discordante, les titres Half Life, Low Five, Lightning Field, Curl, Superbug, Ten To Twenty et Splinter sonnent résolument modernes (il n’y a pas un peu de dubstep non?) et devraient vous filer de beaux frissons… 7 titres sur les 12 de l’album qui pourraient vous donner l’envie d’écouter l’opus, j’espère.

Ce niveau de qualité est maintenu avec le troisième et dernier opus du groupe Bloodsport en 2002, troisième si l’on excepte l’album de remixes de Becoming X en 1998. On retrouve cette même impression de malaise qui a fait le succès de Splinter. Kiro TV, Sick, Small Town Witch, Black Sheep, Loretta Young Silks (mon chouchou toutes catégories), Bloodsport, Think Harder et Grazes sont autant de déflagrations sonores. 8 titres sur les 11 de l’album, difficile de faire mieux?

Un dimanche pluvieux devrait vous permettre de découvrir ou redécouvrir Sneaker Pimps, enjoy!

Sylphe

Playlist n°2: Best of Placebo

Aux abonnés absents depuis un mois tout pile, il est temps pour moi de montrer que je suis encore bel et bien vivant. Officiellement l’équipe de Five-Minutes travaille à une évolution du blogzine, officieusement le temps m’a dernièrement manqué. J’avoue que de mon côté on n’est pas très loin de l’encéphalogramme plat concernant les sorties, même si un Tellier et un Biolay pointent dernièrement leur nez… Du coup, on réécoute les vieilleries et de préférence les très bonnes. Aujourd’hui, je vous propose une playlist gourmande et consciencieusement rock qui met à l’honneur Placebo et son chanteur charismatique Brian Molko. Un groupe marquant de la fin des années 90 et début 2000 qui me donne toujours l’impression de ne pas avoir eu pleinement le succès qu’ils méritaient. En même temps, vous pourrez me dire que j’exagère un brin car ils possèdent une discographie très riche que je vous propose de parcourir…

Le premier album éponyme paraît en 1996, il frappe fort avec son rock frontal et direct sublimé par le timbre si caractéristique de Brian Molko, cette voix marquée par des fêlures séduisantes. Come Home, Bionic, 36 Degrees et Nancy Boy décrassent avec énergie nos oreilles alors que I Know surprend par sa douceur et démontre un champ des possibles illimité pour la suite de leur carrière. Morceau pivot, il imprime la ligne directrice du second opus Without You I’m Nothing (1998), album riche en contrastes qui s’impose comme mon album préféré de Placebo. Je vous invite ainsi à savourer les bijoux sonores que sont Pure Morning, l’électrique Brick Shithouse, You Don’t Care About Us et sa ligne de basse digne de The Cure, le sommet d’émotion Without You I’m Nothing ou encore les inspirations trip-hop de My Sweet Prince. Des morceaux qui ont plus de 20 ans mais qui n’ont pas pris une ride.

Arrive en 2000 Black Market Music et sa magnifique pochette d’album. On est en plein revival rock (Bloc Party, The Killers, The Strokes…) et Placebo compte bien prendre sa place à table et récupérer une part de gâteau conséquente. Le post-rock de Taste Men, les tubes à mélodie addictive Days Before You Came et Special K (quel duo enchaîné de haut vol), des déflagrations rock comme Spite and Malice, Black-Eyed ou Slave to the Wage et la mélancolie de Blue American font de cet opus l’acmé rock du groupe. En réécoutant la discographie de Placebo, je découvre ensuite en 2003 un album de covers plus inégal qui a le mérite de nous éclairer sur les influences des Anglais. Je vous laisse quelques sucreries séduisantes, le Where Is My Mind des Pixies, le Bigmouth Strikes Again de The Smiths  ou encore la version originale de The Ballad of Melody Nelson de Gainsbourg et Jane Birkin.

L’essoufflement artistique commence quelque peu à se faire sentir, Placebo peine quelque peu à se réinventer mais témoigne toujours de sa facilité à créer des déflagrations rock addictives. En 2003 Sleeping with Ghosts nous offre de beaux brûlots uptempo comme Bulletproof Cupid, des mélodies d’une grande justesse avec This Picture et Bitter End, le plus inclassable Plasticine ou le torturé Protect Me from What I Want qui ne cesse de nous rappeler que la faille est toujours bien présente. Meds en 2006 fait encore bien le boulot même s’il est plus difficile de dégager des titres porteurs. Le morceau d’ouverture Meds (file la métaphore avec placebo…) nous offre un beau duo avec la chanteuse de The Kills, Alisson Mosshart, Space Monkey est animé par un vent de désespoir alors que Post Blue reste dans les plaines arides d’un rock plus désincarné.

Incontestablement Placebo vient de laisser passer ses plus belles heures. Battle for the Sun en 2009 et Loud Like Love en 2013 peinent à convaincre sur la longueur malgré quelques bien beaux éclairs de génie que je vous invite à découvrir. Kitty Litter, Battle for the Sun, The Never-Ending Why et Breathe Underwater s’imposent comme des armes certaines pour la défense de notre astre alors que je reconnais avoir véritablement découvert un Loud Like Love qui était passé entre les mailles de mon filet musical jusqu’à maintenant. Les morceaux Loud Like Love, A Million Little Pieces et Begin the End (triste titre prémonitoire) restent d’honnêtes soubresauts d’un groupe qui aura marqué une bonne grosse décennie du rock. Il vous reste désormais 2 bonnes heures d’écoute pour vous convaincre, enjoy!

Sylphe

Five Titles n°12: Sixteen Oceans de Four Tet (2020)

Voilà ce dimanche un orfèvre de la folktronica qui me tient tout particulièrement àFour Tet coeur, en la personne de Kieran Hebden, alias Four Tet. Sixteen Oceans est déjà le onzième opus de l’Anglais, auquel il faut rajouter six EP et une multitude de remixes de haut vol. Son dernier opus New Energy que je n’ai écouté que d’une oreille dilettante date de  3 ans et je reste éternellement sur les impressions ressenties face au sommet musical There Is Love in You en 2010 (chroniqué dans une autre vie par ici ). Four Tet, c’est une véritable signature musicale, un son reconnaissable entre tous qui mixe les rythmes de la house avec les sonorités faussement angéliques de l’électronica. Le résultat est une subtile alliance de pouvoir cinétique, d’ambient contemplatif et de folk rêveur mais c’est avant tout une bouffée d’air frais dans notre air confiné…

Sixteen Oceans offre 16 pistes et 54 minutes de plaisir, avec néanmoins 5 intermèdes (Hi Hello, ISTM, 1993 Band Practice, Bubbles at Overlook 25th March 2019 et This Is for You) de moins de 2 minutes qui n’apportent pas véritablement grand chose. En même temps, si vous êtes lecteurs assidus dans ces contrées, vous commencez à connaître mon peu d’intérêt pour les intermèdes… Vous savourerez peut-être le piano d’ISTM ou les bulles aquatiques de Bubbles… mais mon plaisir personnel se porte ailleurs. Pour une perception globale de l’album, ce dernier part très fort sur des rythmiques house et le premiers tiers est brillant. Les deux tiers suivants jouent davantage la carte de l’ambient et demeurent savoureux, même s’il faut reconnaître une certaine forme de lassitude polie. Je reste persuadé de mon côté que l’album aurait mérité d’être plus court car il reste exigeant. Ce Sixteen Oceans mérite en tout cas d’être amplement savouré et je vous propose cinq titres qui ne devraient pas vous laisser de marbre…

1. Le morceau d’ouverture School qui sonne comme une résurgence des productions de Pantha du Prince nous invite à prendre place sur le dance-floor. Des beats house viennent rythmer le morceau et une petite ritournelle addictive vient se greffer dans le cerveau pour démontrer tout le pouvoir mélodique de Four Tet. C’est bien le contraste entre les influences house et folk qui me séduit autant chez l’Anglais…

2. Baby ne nous laisse pas reprendre notre souffle dans une atmosphère plus electronica et plus aérienne. Une voix féminine en boucle (Ellie Goulding au passage), des beats qui rythment l’ensemble dans la droite lignée d’un dubstep à la Burial et ces sons plus feutrés et plus ambient. Le résultat est brillant, à l’image du superbe clip ci-dessous qui met parfaitement en valeur la pause centrale avec le bruit des oiseaux.

3. Harpsichord nous offre ensuite une plage contemplative digne de Boards of Canada pour un résultat éthéré et poétique qui nous coupe de tout.

4. Teenage Birdsong clot ce quatuor brillant (je vous avais prévenu que l’album démarrait fort!) dans la droite lignée de School. Une ritournelle addictive s’appuyant sur la flûte de pan vient magnifier une instrumentation extrêmement riche.

5. La sensualité de Romantics ou les billes de sons qui explosent de Love Salad auraient mérité leur place mais je vais choisir le bijou Insect Near Piha Beach pour finir. Pour illustrer cette plage de Nouvelle-Zélande, on retrouve du gros beat house dans une rythmique uptempo peu habituelle mais aussi des cordes qui nous rappellent les origines indiennes de Kieran Hebden. Le résultat est assez inclassable, comme si Animal Collective avait découvert les rythmiques house…

Finalement tout est dit dans cette dernière phrase, j’aime avant tout Four Tet car il est d’une inventivité sans bornes et s’avère inclassable…Bonne écoute à tous, enjoy!

Sylphe

Interview n°6: Sandy Lavallart (Kwoon)

Il y a quelques jours  je vous faisais part de ma très belle découverte de Kwoon et d’un nouveau titre au pouvoir cinétique incontestable Life que je vous invite à réécouter par ici. Chose promise, chose dûe, je vous propose de faire connaissance avec Sandy Lavallart, le coeur de Kwoon...

1/ Bonjour Sandy, pourrais-tu nous en dire un peu plus sur toi et ta carrière ?Kwoon

 Guitariste depuis l’âge de 17ans où j’écoutais tantôt NIRVANA, RHSCP, RATM ou Jean Michel Jarre et la B.O du Grand Bleu d’Eric Serra. Quelques groupes punk rock / pop rock et mini tournées dans les cafés concert de ma région picarde. Puis j’ai travaillé, j’ai donné naissance à KWOON en 2005. Premiers concerts plus sérieux entre Paris, puis dans toute l’Europe, U.K, Russie avec des jauges de 50 à 300 personnes, voire 2.000 quand on faisait la première partie de MOGWAÏ en Grèce.

Quelques années plus tard, je quitte mon boulot pour me consacrer à la composition musicale à 100%. J’ai écrit pas mal de musique plus orientées T.V, pub, documentaires, courts et moyen métrages, séries…

Puis 6 ans plus tard, j’ai eu envie de faire ce qui sort du ventre sans passer par des D.A de la pub qui veulent une musique « bleue », ou « sucrée » 🙂 J’ai une looooongue liste de mots loufoques qui m’ont fait à la fois beaucoup rire et rendu fou tellement ça n’avait aucun sens.

2/ Pourquoi avoir choisi Kwoon comme nom d’artiste ?

Kwoon, c’est la planète d où je viens. La planète que j ai probablement inventée pour pouvoir m’y réfugier. 

Le nom m’est venu comme ça. Il ne veut rien dire…

 

3/ Comment définirais-tu ta musique ?

Atmospheric & poetic music for dreamers

 

4/ Peux-tu me dire quelles sont tes influences et quels artistes/groupes tu aimes?

Pink Floyd chez les Anglais

RATM, TOOL, Marilyn Manson côté U.S

THE DO pour la french touch 

Hans Zimmer pour les B.O de film

 

5/ Quel titre représente le mieux ta musique et pourquoi?

 WARK. Ambiance générale et montée en puissance. Et parce que c’est ma préférée à jouer en live même si ce n’est pas la plus connue 🙂

 

6/ Quel est en ce moment ton groupe/artiste préféré?

 Bon Iver

 

7/ Si nous devions détruire tous les albums musicaux sur Terre lequel sauverais-tu?

 Meddle de Pink Floyd

 

8/ Et si tu devais ne sauver qu’un titre lequel serait-ce?

 Echoes

 

9/ Une question qui ne t’a jamais été posée et que tu aimerais que l’on te pose?

 Quelle est ton adresse postale pour que je te fasse livrer une caisse de champagne ?

 

10/ Et maintenant un peu de place pour dire quelques mots à propos de Life, le nouveau titre que tu viens de sortir, si cela te tente !

En 2006, lorsque j’avais écrit I lived on the Moon, je parlais à un enfant imaginaire qui pouvait être celui de tout le monde et j’évoquais le pouvoir extraordinaire du rêve qu’il avait entre ses mains. Le rêve, nous l’avons tous, peut être immense et un magnifique refuge.

Aujourd’hui, je suis papa et j’avais envie d’écrire une chanson pour ma fille, en résumant ce que je lui apprends chaque jour à travers une rêverie musicale. Il y a des éléments de notre vie dans la pochette que j’ai voulu imprimer. Nous avions un magnifique chaton Maynecoon que nous avions appelé Lion qui est parti rejoindre les étoiles après un malheureux épisode, il est représenté tel le roi des animaux sur la couv. C’est un petit clin d’oeil personnel…Pour plus de chaleur et pour que les souvenirs soient imprimés à vie, j’ai fait chanter ma fille Margot sur le refrain final, ce sera son titre.

 

Sylphe

Pépite du moment n°67: Mars on Earth 2020 d’Emilie Simon (2020)

Au milieu de la multitude de mails que la rédaction de Five-Minutes reçoit quotidiennement, certains de nos lecteurs nous tiennent au courant de sorties en rapport avec des artistes fortement appréciés dans ces contrées. C’est le cas pour moi d’Emilie Simon pour laquelle j’ai un attachement tout particulier depuis son bijou de douceur trip-hop initial en 2003, suivi d’albums très beaux comme Végétal en 2006. Je reconnais volontiers m’être arrêté à un Franky Knight plus inégal en 2011 et il sera temps pour moi d’aller écouter Mue et The Jesus Rolls afin de percevoir si l’inspiration d’Emilie Simon a ravivé sa flamme.

Emilie Simon, comme nombre d’artistes, a eu besoin d’exprimer son ressenti face au confinement -à Los Angeles pour la montpelliéraine de naissance – à travers sa musique et s’est lancée dans un EP Mars on Earth, 2020. L’objectif était, entre autres, de sortir chaque semaine un titre. Après les titres Cette ombre et En attendant l’Aurore, c’est le titre Mars on Earth 2020 que je vous propose de savourer aujourd’hui. Simplicité de l’accompagnement au piano, voix de cristal et émotion sont au rendez-vous et nous donnent envie de vivre notre déconfinement aux côtés d’Emilie Simon, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°66: Life de Kwoon (2020)

Voilà une nouvelle très belle découverte aujourd’hui qui tourne en boucles depuis Kwoonplusieurs jours chez moi… Je dois reconnaître ma méconnaissance totale du groupe Kwoon (depuis pour expier cette faute je porte une ceinture de cilice…) au moment d’écouter ce Life. Le coup de coeur étant total, j’ai depuis écouté leur discographie composée de deux albums Tales And Dreams en 2006 et When the Flowers Were Singing en 2009 ainsi qu’un EP en 2011 The Guillotine Show, des albums que je vous conseille fortement car ils mettent à l’honneur un genre qui m’est très cher, le post-rock. Pour simplifier, si vous aimez le lyrisme de Sigur Ros et la puissance d’un Mogwai vous devriez être facilement séduits. Ne doutant pas des aptitudes au calcul mental de nos lecteurs, cela fait donc 9 ans que Kwoon fait attendre son public. Le guitariste et chanteur Sandy Lavallart partage depuis le 29 avril un titre sobrement intitulé Life en l’honneur de sa fille qui le rejoint sur la fin du morceau. Le morceau est tout simplement sublime, jouant la carte de la mélancolie par les cordes qui se marient à merveille avec le chant emprunt d’émotions de Sandy Lavallart. La deuxième partie nous offre une montée en intensité imparable, la voix de sa fille apportant un supplément d’âme. Certains sons me touchent particulièrement et m’évoquent la puissance émotionnelle d’Arcade Fire, ils me font espérer une suite rapide et un album servant d’écrin à ce bijou.

Sous le titre Life, je partage avec vous un live solo issu de son Volcano Tour Sandy Lavallart joue seul au sommet des volcans de par le monde. Une musique envoûtante et des paysages à couper le souffle, on est dans la droite lignée d’un projet artistique à la Thylacine. Comme on ne fait pas les choses à moitié chez Five-Minutes, la semaine prochaine nous vous proposons de faire plus ample connaissance avec Sandy Lavallart dans une interview (#teasingdefolie), enjoy et bon déconfinement en approche!

 

 

Sylphe

Pépite intemporelle n°55: Hygiaphone de Téléphone (1977)

Partout des gens marchent dans la rue avec des masques, font des écarts de deux mètresTéléphone pour t’éviter, passent leur temps à se frictionner les mains avec du gel hydroalcoolique, on entre dans un magasin de première nécessité et là derrière un hygiaphone, on s’adresse à un vendeur. Nous sommes confinés, sans pouvoir aller et sortir, sans remplir la moindre autorisation, sans pouvoir échanger, retrouver des amis dans un bar, drôle d’époque… je suis sûr que cette période sera très créative, fera naître d’autres musiques, d’autres sensations. En attendant on prend son mal en patiente et on écoute de vieux disques.

J’étais à peine né en 1977, quand sort Anna, le premier disque du groupe Téléphone. Téléphone (Les Insus maintenant) ce n’est pas vraiment ma génération. J’ai toujours vu ça comme la musique de mes parents et donc avec une certaine retenue, mais j’avoue que, comme tout le monde, je peux fredonner la plupart des tubes de Téléphone.

Alors voilà, se replonger dans la musique qui agitait l’année 1977 est toujours instructif 43 ans après…Les paroles nous en disent beaucoup sur la torpeur de l’époque, la crise économique, les galères d’argent, les besoins de liberté, « Laisse-moi vivre ma vie ! » crie Jean Louis Aubert sur Dans ton lit. « Metro c’est trop » dans l’un des morceaux les plus connus de l’album.

Enfin, il y a  Hygiaphone . J’ai connu ça à la fin des années 80, début 90. Pour acheter un timbre à la poste, ou un ticket à la Sncf… on s’approchait d’un comptoir et on parlait dans l’hygiaphone. Disons que dans les années 90, on a commencé à retirer les hygiaphones. On a sûrement  considéré l’objet un peu inutile, pas très commercial. Fallait-il une nouvelle relation client ? Vendre plus ? Mettre l’acheteur en proximité avec le vendeur… bref, je ne sais pas, aujourd’hui, après des semaines de confinement, je repense aux paroles de la chanson :

« Comme ça à s’regarder, chacun de chaque côté, on a l’air de mérous coincés dans l’aquarium. Mais faudra qu’entre nous je casse le plexiglas ».

 

Rage