Son estival du jour n°68: DLZ de TV on the Radio (2008)

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir ou réécouter un de mes albums rock préférés de tous lesTV on the Radio Dear Science temps, Dear Science de TV on the Radio. Après trois albums pleins de belles promesses – OK Calculator en 2002, Desperate Youth, Blood Thirsty Babes en 2004 et Return to Cookie Mountain en 2006 – les Américains de TV on the Radio (nom de groupe en référence à l’animateur de radio britannique Tommy Vance, qui se présentait sur les ondes par la formule suivante : « This is T.V. on the radio » ) frappent fort avec leur Dear Science qui est un alliage subtil d’influences rock, soul et trip-hop. Album d’une homogénéité folle, porté par des titres puissants comme Stork & Owl, Family Tree ou Love Dog, il est un écrin de choix pour la pépite du jour, DLZ. Basse addictive, ambiance brumeuse et sombre sublimée par la voix de Tunde Adebimpe (dont le flow rappelle un certain Kele Okereke), tension palpable et montée irrépressible qui arrive à exploser en possédant une retenue assez paradoxale, le morceau est un bijou de rage introvertie qui me file des frissons à chaque écoute. Un grand titre qui a croisé une grandissime série Breaking Bad, comme si l’alignement des planètes était parfait… Morceau final dans l’épisode 10 de la saison 2, il souligne la volonté de Walter White et Jesse Pinkman d’étendre leur réseau de distribution, porté par les seules paroles de Walter « Stay out of my territory ». DLZ pour dawn of a loser semble un titre écrit pour Walter White…. Si après cela, vous n’avez pas envie d’écouter Dear Science, je ne peux plus rien pour vous, enjoy !

 

Sylphe

Son estival du jour n°66: Cheap and Cheerful de The Kills (2008)

Envie de rock un peu poisseux porté par un duo vénéneux ? J’ai ce qu’il vous faut avec The Kills,The Kills Midnight Boom duo composé de Jamie Hince et Alison Mosshart, qui nous a offert des albums de qualité dans les années 2000. Le troisième opus Midnight Boom prolonge le sentiment d’urgence et de malaise ressenti à l’écoute des deux premiers albums, Keep On Your Mean Side en 2003 et No Wow en 2005. Une attitude punk poussée à l’extrême, les talents de guitariste de Jamie Hince, l’interprétation habitée d’Alison Mosshart, un texte invitant à fuir le côté lisse de l’existence (au passage les paroles sont tout de même d’une certaine Amy Winehouse et d’un certain Mark Ronson…) et vous obtenez ce Cheap And Cheerful à fleur de peau qui donne envie d’aller réécouter une discographie puissante, enjoy !

 

Sylphe

Son estival du jour n°65: L’enfer de Stromae (2022)

Voilà un titre qui ne colle pas vraiment aux ambiances estivales censées être placés sous le sceauStromae L'enfer de la décompression et du rythme de vie qui n’est pas cadré par les horaires de travail. Pour autant, ce serait un brin simpliste de considérer que le mal-être vous laisse tranquilles lorsque le soleil brille dans le ciel et que le travail -pour les chanceux qui ont des vacances pendant l’été – desserre son étreinte et vous laisse plus de temps pour penser pleinement à ce que vous êtes. Je vous rassure, je n’ai aucunement l’intention de me lancer dans une analyse psychologique de comptoir et tentais seulement de montrer que ce titre n’est pas forcément à contre-courant de l’été. Avec Stromae, je m’attaque à une des plus belles plumes de ces dernières années, une plume capable de sublimer son spleen existentiel, de toucher aux sentiments les plus profondément enfouis tout en offrant des ambiances dansantes faussement légères. J’ai usé jusqu’à la corde Racine carrée, son deuxième album sorti en 2013, d’une justesse exemplaire. Je ne reviendrai pas plus sur cet album qui a inondé nos ondes et qui a permis l’explosion de Stromae. Une explosion trop difficile à gérer pour ce dernier, ce qui explique les 9 longues années d’attente avant le troisième opus Multitude sorti le 3 mars dernier. De même, je ne reviendrai pas sur la polémique ridicule autour du titre L’enfer joué pendant le jt de 20h de TF1 et me contenterai de savourer cette pépite très noire, à l’image de ce Multitude sans concession. Sobrement accompagné de ce choeur émouvant initial et d’un piano, L’enfer retranscrit avec une profonde humanité la puissance de l’angoisse qui étreint Stromae. Les synthés discordants qui symbolisent les crises donnent une ambiance électrique à ce superbe titre, à écouter en toute saison, enjoy !

 

Sylphe

Son estival du jour n°62: Acceptable in the 80’s de Calvin Harris (2007)

Qui aurait imaginé que ce petit Ecossais (enfin petit, on se comprend car le gus mesure tout deCalvin Harris I Created Disco même 1m97) proposant une électropop jouissive faite de bric et de broc sur ses deux premiers albums I Created Disco en 2007 et Ready For The Weekend en 2009 deviendrait un des DJ les plus influents des années 2010/2020 ? Sûrement pas grand monde et c’est, ma foi, ce qui fait le charme de cette véritable success story vécue par Calvin Harris… Je ne peux que me réjouir pour lui, même si ses productions actuelles correspondent bien sûr moins à mes goûts musicaux. Maintenant, je dois avouer que je retourne régulièrement vers I Created Disco qui représente toute la quintessence de l’électropop débridée gonflée au second degré comme j’aime. Un premier album nettement supérieur à son successeur Ready For The Weekend qui amorçait la mue vers les sirènes des DJ. De nombreuses pépites jalonnent l’opus et trois en particulier me font perdre tout contrôle de mon corps : Merrymaking at my Place et son clip loufoque qui est une véritable version électropop de Daft Punk Is Playing At My House de LCD Soundsystem, The Girls et ses sonorités électroniques taillées à souhait pour les dance-floors et le titre du jour Acceptable in the 80’s, sucrerie électropop à l’humour so british. Véritable dédicace à la génération 80 dont je suis, j’adore le contraste entre les synthés disco un brin kitsch et la voix grave de Calvin Harris qui semble imperturbable. Un clip coloré complètement barré, il ne m’en faut pas plus pour me dire que ce titre est plus qu’acceptable, et même hautement recommandé, encore en 2022, enjoy ! En cadeau trois clips pour le prix d’un pour vous donner envie de découvrir les débuts de Calvin Harris.

 

Sylphe

Son estival du jour n°59: Walking On A Dream d’Empire Of The Sun (2008)

Pour le son du jour, je pense qu’en jetant un oeil dehors vous ne peinerez pas à comprendre leEmpire of the sun Walking on a dream choix du groupe… Ce duo australien composé de Luke Steele et Nick Littlemore débarque en 2008 avec son premier album Walking on a Dream qui s’appuie sur un concept narratif un peu fou avec deux personnages issus du soleil. Je vous laisserai savourer dans le clip en bas de l’article les tenues de nos deux farfelus (humm l’expression désuète à mettre sur le coup du soleil puissant…). Hymne à l’amour ou l’amitié -libres à vous de choisir, j’adore ce titre Walking On A Dream qui propose une belle alliance entre la synthpop et des influences glam rock parfaitement assumées. Morceau lumineux à la rythmique entraînante, je suis séduit par la voix de tête du refrain qui me donnerait presque envie de partir en randonnée sous cette canicule, presque. Voilà en tout cas l’occasion de plonger dans les souvenirs, de réécouter l’album et en particulier le titre We Are The People qui montre que derrière l’instantanéité des mélodies se cache un projet moins léger qu’il n’y paraît, enjoy !

 

Sylphe

Son estival du jour n°55: Somersault de Zero7 feat.Sia (2004)

Voilà un groupe vers lequel je trouve toujours autant de plaisir à revenir, Zero7, groupe anglaisZero7 When It Falls construit autour du duo Henry Binns/Sam Hardaker… En pleine période trip-hop, ils ont donné leurs lettres de noblesse à la musique downtempo mâtinée de sonorités acid jazz. Leurs deux premiers albums, Simple Things en 2001 et When It Falls en 2004, sont des bijoux d’émotion qui proposent un son assez intemporel et irréel qui ne prend pas une ride. Il serait peut-être judicieux de vous concocter une playlist Zero7 afin d’accompagner vos soirées tranquilles au bord de la piscine ou dans votre baignoire d’eau glacée. L’idée est notée…

Afin de briller en société, vous pourrez affirmer d’un air faussement détaché que Sia est une des voix principales du groupe et qu’elle leur doit sûrement beaucoup dans le vrai lancement de sa carrière. Dans la foulée, vous pourrez rappeler que Dido a tout de même commencé à poser sa belle voix sur les morceaux électroniques de Faithless. Bon après ça il conviendra de parler réchauffement climatique et canicule pour ne pas donner l’impression de trop étaler votre science…. Plus sérieusement, le morceau du jour Somersault (saut périlleux en français) apparaît sur l’album When It Falls et propose une superbe déclaration d’amour sublimée par cette ambiance cotonneuse et ces cordes qui font tout le charme de Zero7. Un titre parfait pour commencer en douceur des vacances bien méritées (hein Raf?), enjoy !

Sylphe

Son estival du jour n°54: Mon coeur d’Izïa (2022)

Le petit son estival du jour concerne une artiste féminine pour laquelle j’ai une certaineIzia La vitesse sympathie, à savoir Izïa, la fille de vous savez qui. J’aime son énergie communicative et ses influences rock parfaitement assumées, que ce soit dans ses albums solo comme La vague en 2015 ou dans ses collaborations, avec Naive New Beaters pour l’excellentissime Heal Tomorrow (et son clip 360° brillant à voir à la fin de l’article) ou Dominique A pour le bijou d’émotion Esseulés présent sur son album Citadelle (à relire par ici). Alors, ici à Five-Minutes, on ne manie pas la langue de bois et on ne va pas se mentir, son dernier album La vitesse sorti le 3 juin dernier n’est pas loin de s’apparenter à une véritable catastrophe industrielle. Les influences rock disparaissent et on se retrouve avec une électro-pop sans saveur formatée pour les bandes fm, Izïa joue la carte de la féminité exacerbée avec cette pochette manquant singulièrement de subtilité et la perpétuelle mise en avant de son corps dans ses clips. Je précise que je n’ai rien de prude et j’aime quand cette féminité est au service d’une narration/ d’un projet, bref pas la peine de se lancer dans un procès d’intention… Vous me direz que je suis en train d’habiller notre Izïa pour l’hiver -ce qui est paradoxal avec les températures caniculaires actuelles – mais je vous rassure car je veux sauver un titre de ce marasme. Le titre Mon coeur a le mérite de parfaitement fonctionner dans une veine électro-pop pleinement assumée, rythmique uptempo, refrain percutant et paroles bien engagées. Voilà un titre qui offre une belle énergie ! Bon maintenant Izïa on est d’accord, tu retrouves tes inspirations rock pour la suite hein? Bonne écoute, enjoy !

 

Sylphe

Review n°104: Garden Party de Florent Marchet (2022)

Je vous avais déjà parlé il y a peu du très beau single En famille tiré du sixième opus de Florent Marchet, Garden Party (à relire par ici pour les retardataires ou les visiteurs d’un jour). Depuis l’album est sorti le 10 juin et cela va presque faire un mois que le vinyle tourne aussi régulièrement sur ma platine que les jambes des coureurs dopés du Tour de France… Dans ses remerciements, Florent Marchet justifie avec son humour habituel le choix de ce titre particulièrement éclairant de Garden Party : « Faire bonne figure est de rigueur et les problèmes ou autres douleurs intimes n’ont pas leur place dans les échanges entre les invités, mieux, il est de bon ton de montrer chance et réussite. […] il n’en demeure pas moins que trop souvent, elle se termine mois bien qu’elle n’avait commencé, avec des odeurs de grillades et des taches de mauvais vin sur la chemise ou la robe toute neuve (quand ce ne sont pas des disputes, des guerres intestines qui éclatent). On se dira dans ces moments-là qu’on aurait mieux fait de rester chez soi. » Tout est dit… L’album d’une profonde humanité va s’appuyer sur cette dichotomie séduisante : la douceur et la fragilité de la musique au service de sujets très durs qui ont pour point commun la difficulté des êtres humains à vivre ensemble. Moi qui ne suis habituellement pas forcément sensible à la puissance des textes mais plus enclin à savourer les ambiances instrumentales, je ne peux que m’avouer désarmé face à la pudeur de Florent Marchet qui aborde des thématiques très complexes avec humilité. Ce Garden Party se lit encore plus qu’il ne s’écoute et je ne peux que vous inviter à vous attacher à la beauté des textes.

Le morceau d’ouverture De justesse aborde d’emblée le lien paternel et la peur de perdre son enfant. Ce titre, qui s’appuie sur une ligne de basse et des synthés d’une grande douceur, traite de la fragilité de la vie humaine et de la force de l’amour filial. Une liste de tous les dangers qui rappelle que l’on ne peut pas contrôler totalement la vie de son enfant et qu’il faut savoir accepter cette cruelle part d’incertitude de la vie, « Promets-moi mon amour/ De passer ton tour/ Promets-moi mon enfant/ De rester vivant ». On retrouve cette thématique difficile de la relation parents/enfant avec La vie dans les dents qui nous enveloppe de sa tonalité élégiaque. On suit le regret d’un père après le départ de son enfant, le regret de ne pas avoir su communiquer et vu grandir son enfant. Titre d’une simplicité et justesse imparables. Paris-Nice prolongera cette difficulté de la communication au sein de la cellule familiale. Parfaite bande-son de Juste la fin du monde de Lagarce, le titre traite avec pudeur de la difficulté de se faire accepter par sa famille, à travers les thématiques du retour impossible et de l’homosexualité. Le refrain puissant met paradoxalement en avant le poids des silences dans les familles.

En famille aborde avec un humour grinçant le sujet des réunions de famille et la difficulté de trouver sa place alors que Comme il est beau réussit le tour de force d’aborder le thème de la violence conjugale à travers la puissance de l’amour. Titre d’une grande douceur instrumentale, comme souvent sublimé par des cuivres à la fin, il souligne tous les sentiments contradictoires qui animent une femme battue: la peur, la culpabilité, l’amour qui trouve des excuses perpétuelles au conjoint violent. La musique est d’une grande pudeur mais les mots frappent aussi juste que les coups et dénoncent avec puissance, « ses mots, ses colères/Entrent dans sa chair/Comme un couteau » ou encore « Pour que ça s’arrête/ Il faudrait ta tête/ Sur le carreau/ Pour que plus jamais/ Il dise tu sais/ Je t’ai dans la peau/ J’aurai ta peau ».

Créteil Soleil se montre ensuite plus sombre afin d’aborder les disputes conjugales et la difficulté de ne pas se laisser dominer par nos émotions, Loin Montréal qui est un duo avec la très belle voix de P. R2B entrelace avec merveille les deux voix pour aborder la difficulté d’être une jeune mère et la volonté insatiable de fuir une réalité trop dure quitte à passer pour une lâche. Freddie Mercury va alors frapper un coup immense avec ses 7 minutes d’une grande puissance narrative. La voix parlée de Florent Marchet nous narre une amitié adolescente sur un fond de maltraitance familiale dans une atmosphère musicale dépouillée qui n’est pas sans me rappeler les effluves aériens et intemporels de la BO de Virgin Suicides. Incontestablement l’acmé de l’album…

La deuxième partie de l’album est plus classique musicalement, Les amis aborde la fragilité du lien amical sans aucune condescendance, Cindy traite avec pudeur de la joie d’une femme qui sort de prison et possède une véritable « envie d’avaler le ciel ». L’éclaircie ou l’incendie possède pour moi sa part de mystère, Lindbergh-Plage se présente comme une esquisse prise sur le vif d’un être immensément seul au milieu de la multitude alors que Dakota finit brillamment l’album avec la puissance de ses cuivres et ses choeurs pour traiter avec un regard décalé l’avenir sombre de notre planète que les hommes maltraitent.

Si vous avez envie d’un regard profondément bienveillant mais sans aucune concession sur l’humanité, il ne vous reste plus qu’à enfiler votre plus belle tenue pour aller boire une coupe à la Garden Party. Attention aux taches de vin, enjoy !

 

Morceaux préférés (pour les plus pressés): 4. En famille – 8. Freddie Mercury – 3. Paris-Nice – 1. De justesse

 

Sylphe

Pépite du moment n°116: King of Sea de Kwoon feat.Babet (2022)

Des nouvelles de Sandy Lavallart, alias Kwoon aujourd’hui ! On l’avait laissé il y a deux ans avec un très beau single Life (à relire et réécouter par ici) et une interview éclairante (à relire par ici). Pour ce nouveau single King Of Sea, Kwoon s’est entouré de deux membres de Dionysos, Babet et Stephan Bertholio ainsi que du réalisateur de clip Stéphane Berla. Le titre a pour sujet principal le phare breton de Tévennec, phare hanté qui serait à l’origine de multiples naufrages. Sublimé par un clip magnifique empreint d’une belle poésie, King of Sea nous enveloppe de sa douce mélancolie et confirme la puissance émotive du chant de Sandy Lavallart. La voix de Babet accompagne avec délices la montée émotionnelle qui fait briller les yeux. C’est beau, c’est intemporel, ça réveille le spectre de Sigur Ros en fond, il n’y a pas mieux pour illuminer ton dimanche, enjoy !

 

Sylphe

Review n°103: MORE D4TA de Moderat (2022)

Des nouvelles aujourd’hui d’un groupe de musique électronique qui ne m’a jamais déçu, Moderat MORE D4TAModerat. Quand Sascha Ring (Apparat) et le duo Gernot Bronsert/ Sebastian Szary (Modeselektor) oeuvrent ensemble, le résultat est souvent bluffant. Après trois albums de haut vol –Moderat en 2003, II en 2013 et III en 2016 – et la décision après une longue tournée en 2017 de mettre en parenthèses leur collaboration pour privilégier leurs projets personnels, Moderat revient aux affaires avec MORE D4TA, anagramme évident du groupe qui met avant le thème principal de ce nouvel opus, l’isolement paradoxal de nos sociétés face à la surcharge d’informations. Thème forcément central après les diverses périodes de confinement vécues dernièrement… Sans faux suspense, cet album est une bien belle réussite qui, sans révolutionner la recette du groupe, a cette capacité à m’emporter. M’emporter loin de cette canicule inquiétante qui ne laisse pas augurer un avenir réjouissant… Allez, on met son casque et c’est parti.

Le titre d’ouverture FAST LAND et ses synthés inquiétants frappe fort d’emblée. Très inspiré dans ses premières minutes par Boards of Canada, le son se densifie peu à peu et s’alourdit pour une ouverture pachydermique comme on les aime. L’ambiance est sombre et esthétique à souhait. EASY PREY va ensuite placer le curseur très haut en s’appuyant sur la toujours aussi séduisante voix de tête de Sascha Ring qui se marie parfaitement à des synthés plus aériens. Le résultat est un subtil condensé des aspirations du groupe qui n’est pas sans rappeler certaines atmosphères propres à Bonobo. DRUM GLOW, qui commence sur les bruits d’une forêt la nuit avec les hurlements de loup, va ensuite nous ramener sur les cendres du dubstep et de son plus grand représentant, Burial. Le titre très sombre s’avance subrepticement avec mélancolie.

Un intermède SOFT EDIT d’un peu plus d’1 minute qui propose une débauche de synthés spatiaux (Baths?) nous amène vers un excellent duo: d’un côté UNDO REDO (Défaire-refaire en japonais) qui aurait pleinement sa place dans la discographie de Radiohead en proposant un univers intemporel qui nous met mal à l’aise avec délices et de l’autre NEON RATS, morceau d’électro pure qui se propose comme une créature hybride entre Trentemoller et Bonobo. La montée finale est jouissive à souhait !

La fin de l’album est plus homogène et propose moins de moments très puissants. MORE LOVE joue la carte d’une électro-pop qui fonctionne pas mal mais manque un brin de subtilité par son choix d’un son saturé. NUMB BELL est une débauche de sons âpres dans la droite lignée de l’ouverture FAST LAND alors que DOOM HYPE est à rapprocher de DRUM GLOW. Cependant la voix de Sascha Ring et les choeurs en arrière-fond sur la fin du titre rappelleraient presque un groupe qui nous est cher, Archive. COPY COPY clôt enfin l’album sur une créature pop hybride qui me désarme par sa structure. Voilà en tout cas un bien bel album à savourer au casque avec un cocktail bien frais, enjoy !

Morceaux préférés (pour les plus pressés): 2. EASY PREY – 6. NEON RATS – 5. UNDO REDO – 1. FAST LAND

 

Sylphe