Pépite du moment n°39: Versailles de Thylacine (2019)

On vient à peine de boucler la première année du come back de Five-Minutes et ces dates anniversaires donnent toujours l’envie de faire des bilans (#jadorelesbilans). Je vous rassure tout de suite, je garderai les bilans pour la fin d’année mais je dois reconnaître que le choix du jour est lié à une volonté de regarder quelque peu dans le rétroviseur. Avant ma trêve finistérienne sans internet (désolé je n’ai pas prévu de cibler tous les McDo et les centres commerciaux pour dénicher le Wifi gratuit…), j’ai eu l’envie de finir sur l’artiste qui m’a le plus touché cette année et, sans surprise pour ceux qui me lisent régulièrement, c’est William Rezé alias Thylacine qui remporte assez aisément la palme. Son album ROADS Vol.1 (voir ici ) est un chef d’oeuvre dont je ne me suis toujours pas remis et de nombreux titres de cet opus auraient mérité de figurer ici pour vous souhaiter de bonnes vacances.

Néanmoins, j’ai eu la chance de tomber par le plus grand des hasards sur ce titre Versailles sorti il y a un mois qui ne fait que confirmer le talent du jeune homme… J’ai déjà envié Thylacine d’avoir enregistré son dernier opus dans des conditions idylliques dans son Airstream parcourant les chemins d’Argentine mais que dire de ce titre où il a eu la chance d’avoir le château de Versailles pour lui tout seul afin d’enregistrer tous les sons du lieu? La démarche artistique de ce titre est digne d’intérêt avec la volonté de célébrer ce monument empreint d’histoire à travers la modernité de la musique électronique. Le résultat est tout simplement brillant avec cette palette de sons à la symbolique forte qui se marie à merveille avec une électro plus percutante et entraînante. A bientôt et enjoy!

Sylphe

Son estival du jour n°7 : Strict Machine de Goldfrapp (2003)

Envie d’une ambiance plus âpre ce soir, d’un morceau qui est né au milieu du trip-hopGoldfrapp pour venir doucement tendre vers une électro-pop teintée d’une sensualité exacerbée? J’ai bien sûr ce qu’il vous faut avant de vous abandonner lâchement pendant deux semaines dans des contrées dénuées de tout internet… Alison Goldfrapp, une des nombreuses voix découvertes par Tricky (une pensée entre autres pour la brillante Martina Topley-Bird), forme avec Will Gregory un groupe qui m’a particulièrement marqué dans sa capacité à faire évoluer le trip-hop. Après un premier coup de maître en 2000 avec Felt Mountain qui continue de donner ses lettres de noblesse au trip-hop dans la droite lignée de Portishead, Black Cherry se tourne vers une électro-pop savoureuse et hédoniste à première vue, mais beaucoup plus mélancolique qu’elle n’en a l’air.

Le morceau du soir Strict Machine brille par l’âpreté de ses sons électros qui font monter une tension palpable qui n’explosera qu’à travers la douce et sensuelle voix d’Alison Goldfrapp qui sait se faire aussi bien caressante qu’oppressante. Une ambiance électrique qui montre à elle seule le spectre de possibilités que peut offrir l’après trip-hop…. Enjoy!

Sylphe

Son estival du jour n°6: No Cars Go d’Arcade Fire (2003 et 2007)

Voilà la quintessence du titre qui me donne foi en l’humanité et m’imprime un sourireArcade Fire indélébile sur le visage avec ce No Cars Go d’Arcade Fire! Fan de la première heure des canadiens, ayant eu la chance d’assister entre autres à leur premier concert à Rock en Seine un après-midi de 2005 où ils ont joué le bijou Funeral, je me contenterai de dire qu’Arcade Fire est une des pierres fondatrices de ma passion pour la musique indépendante… Je pourrais vous faire un bon mois de pépites intemporelles avec les titres de la bande formée autour du duo Win Butler/ Régine Chassagne mais aujourd’hui je vais me contenter de partager le brillantissime No Cars Go qui était paru sur le premier EP du groupe Arcade Fire en 2003 avant d’être réenregistré et de faire une nouvelle apparition remarquée sur le très sombre Neon Bible en 2007.

Ce morceau brille par son énergie positive, la richesse de son orchestration avec l’accordéon et les violons, et la structure du morceau qui joue sur les contrastes entre la douceur du milieu qui ouvre le chemin à une montée finale toute en tension qui touche au sublime. 14 ans après, j’ai toujours des frissons à l’écoute de ce morceau et vous? Enjoy!

Je vous laisse avec un bel après-midi d’août 2005, une parenthèse enchantée où les plus connaisseurs(ses) d’entre vous remarqueront avec plaisir la présence du prodige Owen Pallett au violon… A savourer sans aucune modération..

Sylphe

Son estival du jour n°4: Nightcall de Kavinsky (2010)

Rarement je n’aurai autant vénéré un semblant de fraicheur dans ces derniers joursKavinsky caniculaires et mon son estival du soir est en lien direct avec ce désir incontrôlable. Pour ne pas offusquer nos lecteurs écologistes et parler d’une envie de promenade en voiture climatisée, j’ai plutôt fantasmé de posséder une décapotable et de rouler à vive allure la nuit… un côté un brin plus excitant que de se coller face à un vieux ventilateur qui te donne la fausse impression de prendre soin de toi en te balançant au visage de l’air chaud… Une balade nocturne en voiture à tombeaux ouverts pourrait évoquer un bon son électro lourd à la Birdy Nam Nam mais aussi bien sûr le bijou cinématographique Drive qui, s’il brille par la qualité de ses ambiances nocturnes et la puissance émotionnelle de son duo phare, possède une bande-son de très haut vol sublimée par le titre central de Kavinsky Nightcall. J’ai découvert Kavinsky dans une autre vie par le biais de Myspace (#coupdevieux) et ai tout de suite été sous le charme de ces synthés 80’s qui donnent un vrai pouvoir cinétique à son électro sombre. Le titre Nightcall qui se retrouvera sur le seul album sorti à ce jour Outrun en 2013 illustre à merveille l’atmosphère de Drive: le son ample et lourd, un beat assez lent, la voix robotisée (je ne vous suprendrai pas en vous disant que Guy-Manuel de Homem-Christo des Daft Punk est à la production), la voix candide de Lovefoxxx du groupe brésilien CSS (dont le Cansei de Ser Sexy en 2006 est hautement recommandable) font de ce titre un hymne à la conduite de bolide nocturne. Une vraie bouffée d’air frais, enjoy!

Sylphe

Review n°33: A Bath Full of Ecstasy de Hot Chip (2019)

Le 21 juin dernier, plus que l’arrivée de l’été c’est bien le septième opus des anglais deHot Chip Hot Chip qui m’a marqué. Nous avions déjà parlé ici de l’excellent clip du non moins excellent single Hungry Child (voir ici ) qui ne laissait augurer que de belles choses de la bande formée autour du duo Alexis Taylor/ Joe Goddard. L’album dont le nom vante « les paradis artificiels » n’a rien d’artificiel et s’impose comme ma bande-son de l’été, tout cela sous l’influence du regretté producteur  Philippe Zdar. Allez, tel un Stéphane Plazza décomplexé, je vous propose un petit tour du propriétaire qui devrait vous convaincre d’intégrer cet album à votre playliste estivale!

Le morceau d’ouverture Melody of Love (#titrepremonitoire) est sans surprise aucune mais d’une efficacité redoutable, la voix d’Alexis Taylor, les synthés et cette montée progressive qui vient nous cueillir et nous amener vers les dance-floors. Soudainement la nostalgie nous prend et nous voilà dans le courant des fluo kids, on bouge notre corps sans prendre conscience que la première flèche de Cupidon vient de toucher son but… Spell vient ensuite contraster avec la légèreté du titre précédent, les sonorités sont plus sombres avant que le refrain lumineux et pop où le vocoder vient nous faire un clin d’oeil prenne plaisir à casser les codes. Un morceau gourmand à souhait, une pop hédoniste savoureuse… Bath Full of Ecstasy s’impose dans la foulée comme le titre pop par excellence, très inspiré par les français de Phoenix, pour un résultat séduisant mais un brin trop classique à mon goût. Clairement la première partie de l’album est dévastatrice avec deux nouveaux bijoux: Echo, morceau dance tout en ruptures qui amène avec brio la pépite house Hungry Child dont le beat de fond est une vraie drogue dure et dont l’ambiance n’est pas sans nous rappeler Cassius.

La deuxième partie de l’album perd un peu en puissance mais permet de maintenir une belle homogénéité à l’ensemble. Positive me donne l’impression que Caribou et Depeche Mode ont fauté en cachette, Why Does My Mind joue la carte de la douceur sucrée pop dans une belle débauche de synthés, Clear Blue Skies fait la part belle aux cordes et à la voix de Joe Goddard pour un instant hors du temps tout en poésie avant que No God ne vienne croiser sonorités dansantes et atmosphère mélancolique comme Hot Chip sait si bien le faire. Voilà en tout cas un bien bel album d’un groupe à l’identité sonore certaine qui sait toujours satisfaire mes sens, cette review 33 m’incite à partir en Gironde (#toutestcalculéafiveminutes) pour recharger les batteries et revenir dans une dizaine de jours avec du bon son à foison. Enjoy!

Sylphe

Interview n°4: Equateur

Après un Burn The Sun remarqué et remarquable en 2018, Charles Rocher alias EquateurEquateur nous revient avec un single rafraîchissant Pelican qui collera parfaitement à notre bande-son estivale. On vous propose de faire plus ample connaissance avec Equateur et c’est ici, sur Five-Minutes que ça se passe, enjoy!

 

1/ Bonjour Equateur, pourquoi ce choix de nom d’artiste? Pourrais-tu nous présenter le groupe et le nouvel EP, en particulier le titre Pelican?

J’ai sorti il y a un an  Burn The Sun  mon premier album en anglais influencé par MGMT, les Bee Gees, Empire Of The Sun, et je me lance dans un nouvel album en français qui sera plus entre pop synthétique  et R’n’b revisité à la The Weeknd ou New Wave bien 80´s,  il y aura plusieurs styles…
2/ Comment définirais-tu ta musique?
Hybride, mélodique, cinématographique, colorée, naïve et eighties vs moderne.
3/ Peux-tu me dire quelles sont tes influences et quels artistes/groupes tu aimes?
Mes influences sont très italo-disco et synthwave.
J’aime Daft Punk, François de Roubaix, Gainsbourg, Tellier, MGMT, Jonah Smith, SebastiAn…
4/ Quel titre d’Equateur représente le mieux ta musique et pourquoi?
The Lava car il est contenu et puissant mélodiquement, ça c’est ma came.
Sincère.
Fait pour être en voiture et aller à fond.

5/ Quel jeune artiste aimerais-tu aider à promouvoir?

Gabriel dont je fais les arrangements qui a sorti un premier son sur Kitsuné parisien 5 entre Chromeo, Daft Punk et Phoenix.

 

6/ Quel est en ce moment ton groupe/artiste préféré?

Pas évident… je dirais SebastiAn.

 

7/ Si nous devions détruire tous les albums musicaux sur Terre lequel sauverais-tu?

Pink Floyd avec la pochette de Dark Side Of The Moon.

 

8/ Et si tu devais ne sauver qu’un titre lequel serait-ce?

Hotel California des Eagles.

 

9/ Une question qui ne t’a jamais été posée et que tu aimerais que l’on te pose?

Comment fabrique-t-on de la musique?

Sylphe

Review n°32: Serfs Up! de Fat White Family (2019)

J’ai enfin trouvé un concurrent sérieux à Thylacine pour la première place du topFat White Family albums 2019 avec le troisième opus des anglais de Fat White Family! J’étais jusqu’alors passé à côté de la bande loufoque et déjantée menée par les frères Saoudi et Saul Adamczewski, Champagne Holocaust (2013) et Songs for our Mothers (2016) mériteront à coup sûr quelques écoutes pour espérer prolonger le plaisir jouissif ressenti à l’écoute de ce Serfs Up!… Je vais tenter en toute humilité de dire tout le bien que je pense de ce brillant album mais dites-vous que mes mots resteront toujours très en-deça de la réalité.

Le titre d’ouverture Feet me cueille totalement d’emblée , j’aime toute la grandiloquence de ce morceau, la voix de crooner, les choeurs obsédants (#airdelaBOdeGladiatorensouvenir), les violons lancinants et ces refrains qui nous éclaboussent la face par vagues. Un titre brillantissime qui me rappelle les sommets de Cage The Elephant dans une version encore plus électrique et électrisante. Wow! Difficile de se remettre d’une des plus brillantes ouvertures depuis longtemps mais I Believe In Something Better va venir tranquillement et méthodiquement creuser le sillon d’une pop plus sombre et un brin bruitiste. Un titre tout en tension dont j’aime tout particulièrement la distorsion sur la fin qui vient apporter un sentiment d’urgence bien palpable. Cet album explore toutes les contrées musicales et ce n’est pas Vagina Dentata qui va déroger à la règle avec cette plongée sous acide dans une pop psychédélique qui croise Of Montreal et le sous-estimé Congratulations de MGMT.

Le voyage sensoriel continue avec deux titres assez similaires, Kim’s Sunsets et Fringe Runner, qui mettent à l’honneur une pop synthétique discordante entre rythmique ralentie et choeurs toujours aussi judicieux. Un peu l’impression d’avoir la bande-son d’un train fantôme qui ne se prend pas au sérieux et nous rappelle sans cesse qu’il ne reste qu’un divertissement… Mais là tel un Edouard Balladur au sommet de son art je vous demande de vous arrêter car un dyptique jouissif va vous affliger un coup de pied latéral en pleine face (#grossereferenceciné): à ma gauche l’improbable Oh Sebastian et ses violons d’une grande douceur qui détone dans cet univers électrique et à ma droite le single gargantuesque Tastes Good With The Money dont je ne me suis toujours pas remis. Vous voulez des choeurs grégoriens, de la pop délurée, un riff de glam rock qui sent bon les Etats du Sud, des choeurs entêtants, un refrain obsédant et un Baxter Dury qui vient poser son flow noir comme la suie en toute nonchalance? Ecoutez Tastes Good With The Money, c’est tout ça et encore plus!

Rock Fishes nous laisse à peine nous remettre et m’évoque un Get Well Soon  qui aurait délaissé quelque peu les oripeaux de sa pop baroque pour mettre un ou deux doigts de plus dans la prise. Le résultat est mélancolique à souhait et permet de continuer cette exploration musicale de haut vol. When I Leave nous ramène sur les terres de notre train fantôme avec sa rythmique au ralenti, figée dans la naphtaline de la BO de Virgin Suicides d’Air avant que Bobby’s Boyfriend ne referme dans une certaine sobriété cet album. Voilà un bon mois que je suis sous le charme grandissant de ce Serfs Up! et je me demande encore où tout ceci va s’arrêter, en tout cas voilà un album phare de cette année 2019. Enjoy!

Sylphe