Pépite du moment n°51: Fort Greene Park de Battles (2019)

Des nouvelles ce soir des Américains de Battles qui ont comme particularité de proposerBattles un rock très expérimental qui a copulé ardemment avec le math rock, tout ceci produit sur un label électronique extrêmement pointu Warp. Un groupe que j’ai découvert en 2007 avec leur album Mirrored et son titre de folie extatique pure Atlas, espèce d’ovni à la rythmique démentielle… Le deuxième Gloss Drop et sa pochette qui déclencherait des crises d’hyperglycémie à tous les diabétiques du monde m’avait lui aussi séduit avant que nous nous perdions quelque peu de vue. Heureusement pour moi nos chemins viennent de se recroiser avec la sortie de leur quatrième opus Juice B Crypts dont le titre du jour Fort Greene Park est tiré. Ce morceau dont le clip gentiment déjanté nous offre une rétrospective humoristique des moyens de locomotion est porté par son math rock d’une rigueur de métronome. Les machines, la guitare saturée et la batterie de John Stanier se répondent à merveille pour créer un paysage sonore sans cesse tiraillé entre distorsion et ligne mélodique cohérente. Voilà de quoi donner envie d’aller écouter l’opus, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°50: Kyoto de HÆLOS (2019)

En cette veille de reprise, j’ai bien besoin d’un son chaud et réconfortant. Me laissant HAELOSglisser dans les méandres du trip-hop, je me retrouve à réécouter un album qui m’avait particulièrement séduit en début d’année, Any Random Kindness du groupe anglais HÆLOS. Le son est d’une limpidité évidente et, d’une manière presque anachronique, dévoile la renaissance du trip-hop. Pas de long discours ce soir mais juste un superbe Kyoto ( pendant parfait de l’ésotérique et aérien Alone In Kyoto d’Air) qui devrait vous évoquer Massive Attack et Elysian Fields par sa rythmique lancinante et la douce voix de Lotti Bernadout. Le titre a la capacité à lutter contre la torpeur par ses choeurs qui distillent avec parcimonie la sensualité du rock. C’est d’une simplicité désarmante particulièrement efficace et ça redonne une sacrée envie de réécouter l’album, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°50: Esseulés d’Izïa feat. Dominique A (2019)

Pour bien commencer ces vacances scolaires, rien ne vaut un duo sublime d’intensité etIzia d’émotion comme Izïa et Dominique A. A ma gauche, Izïa vient de sortir son quatrième opus Citadelle sur lequel figure ce magnifique Esseulés. Je reconnais volontiers m’être arrêté aux deux premiers opus débordants d’une énergie rock brute et je peux constater que le ton s’est davantage apaisé et qu’Izïa fait désormais honneur à notre belle langue française. En parlant de célébration de la langue française, Dominique A à ma droite s’impose depuis presque 30 ans comme un artiste et parolier prédominant. Il serait bien trop ambitieux de ma part de vouloir résumer sa carrière en quelques mots et je vous inviterai juste à aller (ré)écouter des titres comme Aurevoir mon amour ou La Poésie

Je ne vais pas vous cacher que j’ai été plutôt surpris de voir ces deux-là associés mais quel résultat… La musique a quelquefois ce pouvoir irrationnel et, à l’écoute de Citadelle, le coup de foudre pour Esseulés a été immédiat. La douceur d’Izïa qui n’est pas sans rappeler Emilie Simon dans l’émotion qui dialogue à merveille avec le grain de voix inimitable de Dominique A, la puissance des textes, la richesse instrumentale entre synthés et cordes et cette sublime montée d’une beauté désarmante… Voilà un titre qui s’impose comme un candidat sérieux pour le top des titres 2019, au minimum… Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°49: All Mirrors d’Angel Olsen (2019)

Voilà une sublime découverte à classer dans ces personnalités féminines à l’aura et auAngel Olsen talent resplendissant que sont Karen O ou encore St. Vincent… Je dois reconnaître qu’avant ce très beau quatrième album All Mirrors je n’avais pas eu la chance de croiser la route d’Angel Olsen, que ce soit sur ses albums solo ou ses collaborations avec le très recommandable Bonnie « Prince » Billy. Fort heureusement, ce All Mirrors illumine depuis trois jours mes oreilles et je viens de signer un vrai CDI avec cette artiste dont je vais m’empresser d’aller écouter avidement la discographie.

Afin de vous persuader d’aller écouter ce bel opus, je partage avec plaisir le titre éponyme qui brille par l’intensité émotionnelle de son chant et la justesse de son orchestration entre synthés et cordes. Trois jours que je me surprends à fredonner ce titre dont la mélodie est imparable. Pour moi, un véritable chef d’oeuvre… Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°48 : Still Life (2019) de Maud Geffray with Lavinia Meijer

pan064_poster-800x800Le 18 octobre de cette année sera à marquer d’une énorme croix rouge, ou de tout ce que vous voudrez pour le rendre inoubliable. Nos oreilles auront droit au Dyrhólaey de Thomas Méreur et au Everything not saved will be lost Part. 2 de Foals. Nos petites mains et nos cerveaux de crétins digitaux (n’est-ce pas Michel Desmurget ^^?) auront droit sur consoles au génial Return of the Obra Dinn. Mais ce n’est pas tout !

Une autre galette plus que prometteuse pointe le bout de son nez, avec Still Life de Maud Geffray. On connaît déjà cette dernière pour ses deux albums solos 1994 (2015) et Polaar (2017), ainsi que pour la BO du film Southern Belle (2018) . On connaît aussi Maud Geffray pour être la moitié de Scratch Massive, aux côtés de Sébastien Chenut. Scratch Massive, c’est de l’électro/synthwave/synthpop qui fait plutôt du bien aux oreilles depuis Enemy & Lovers (2003), leur premier album studio, auquel ont succédé plusieurs autres opus de qualité.

En 2015, Maud Geffray choisit de s’amuser parallèlement à Scratch Massive avec des projets solos. 1994 (publié en 2015, vous suivez 😉 ?) est la bande-son d’un film tourné pendant une rave en 1994 sur une plage bretonne. Deux ans plus tard, Polaar propose une expérience à l’occasion d’une résidence hivernale dans le nord de la Finlande. Maud Geffray s’inspire alors de la vie des habitants plongés dans le noir, dans un coin du monde où le soleil se montre alors à peine 2 heures par jour.

Nous voilà donc deux ans plus tard, de nouveau, avec cette proposition Still Life, sous-titrée A tribute to Philip Glass. Voilà un bien bon choix qu’on ne peut qu’approuver. Philip Glass, chef de file de la musique contemporaine minimaliste et répétitive, c’est déjà très beau et ça fait un bien fou. Revisité par Maud Geffray, c’est tout simplement superbe et envoûtant. Elle fait le choix de mélanger instruments classiques et musique électronique, ainsi que gazouillis d’oiseaux et autres sons naturels, pour un titre parfaitement équilibré qui plonge instantanément dans un voyage vaporeux et plein de bon air à respirer.

Côté instruments classiques, Maud Geffray s’est adjoint, pour cet opus, les services de Lavinia Meijer, harpiste néerlandaise qui apporte à Still Life une note cristalline et aérienne, comme une sorte de cerise sur un fin gâteau déjà excellent. En résumé, vous l’aurez compris, ce premier extrait Still Life est d’une beauté à tomber, ce qui laisse imaginer un album assez renversant avec les sept autres titres à venir. C’est prévu pour le 18 octobre (soit dans 15 jours). Je suggère de se procurer rapidement cette belle galette. Et si vous avez déjà précommandé Dyrhólaey, le Foals et Return of the Obra Dinn, et que les finances sont à sec… Soit vous vous foutez de ce que dira votre banquier et vous foncez. Soit vous vous montrez raisonnable, et ce sera un achat incontournable en novembre.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°47: One One de Velvet Negroni (2019)

Petite plongée aujourd’hui dans un genre musical qui ne fait pas forcément partie deVelvet Negroni mes favoris avec le R&B afin de découvrir Jeremy Nutzman alias Velvet Negroni. Ce dernier a connu des débuts plus que difficiles et peut bénir Justin Vernon, le leader de Bon Iver, qui est tombé sous le charme de sa première mixtape T.C.O.D. il y a deux ans. Depuis, tout s’est accéléré et Velvet Negroni a eu la chance de signer sur un très grand label de … rock 4AD qui m’évoque de très nombreux artistes dignes d’admiration ( Pixies, Cocteau Twins, Beirut, TV on the Radio, The National et j’en passe). Pour le coup, ce choix de label démontre bien qu’il serait réducteur d’affilier Velvet Negroni au R&B et je vous conseille fortement d’aller découvrir ce surprenant Neon Brown. En guise d’amuse-bouche (#expressionbienpourrie), je vous propose ce One One qui en deux deux (#balancetonjeudemotpourri) a su satisfaire pleinement mes esgourdes. Une petite ritournelle à la guitare, une voix chaude et bien posée, la tentation électronique jamais bien loin comme un James Blake sorti de son costume un peu trop propret, la recette fonctionne à merveille et donne envie de se siroter du Velvet Negroni sans modération, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°46 : Immolate (2019) de Rain Phoenix

Dans la famille Phoenix, je voudrais la frangine Rain. Oui, évacuons d’entrée de jeu cette histoire de fratrie et dissipons les interrogations : Rain Phoenix est bien la sœur de Summer, Joaquin et River. Actrice comme eux, mais aussi chanteuse lorsqu’elle ne tourne pas. Ce qui est plutôt une chouette nouvelle compte-tenu du bon son que nous avons là.

Rain Phoenix avait déjà dégainé un premier titre en février 2019, intitulé Time is the Killer. Un morceau ballade aux accents légèrement country, sur lequel plane de façon flagrante l’ombre de Johnny Cash et June Carter. Cash qui, hasard ou pas, fut interprété de fort belle manière par Joaquin Phoenix (le frangin) dans l’excellent Walk the line (2005) de James Mangold, aux côtés de Reese Whiterspoon dans la peau de June Carter. Un film cher à mon cœur parce que Johnny Cash, parce que le casting, et parce que souvenir ému de mon dernier visionnage partagé. T’en souviens-tu ?

Un chouette morceau donc que ce Time is the Killer, qui était aussi l’occasion de retrouver Michael Stipe de feu R.E.M. en duo avec Rain Phoenix. Dans la foulée de ce premier titre, avait été annoncé un premier album à venir pour le 31 octobre 2019, date anniversaire du décès de l’autre frangin River (oui, 26 ans déjà). Un opus que Rain Phoenix présente comme “a totem to the legacy of her late big brother“ (soit “un totem à l’héritage de son frère décédé“). En guise d’aperçu, est sorti fin août, soit il y a quelques semaines, ce Immolate bien plus sombre et pénétrant que le duo avec Stipe.

On est ici en terrain relativement connu : un titre piano-voix soutenu par des cordes à mi-chemin. Soit trois minutes et deux secondes qui n’inventent ou ne réinventent rien, mais qui font les choses extrêmement bien. La voix de Rain Phoenix me fait penser à un croisement entre PJ Harvey, Fiona Apple et Paillette (cette dernière dont on a déjà parlé ici, c’est à relire d’un clic juste là). Un grain de voix envoûtant qui raconte à la fois la tristesse et la mémoire, donc la peine de l’absence et la persistance des disparus de nos vies. Le souvenir inaltérable de celles et ceux qui nous manquent, mélangé à l’espoir de se retrouver.

Immolate est une fort jolie pépite qui ne vous laissera sans doute pas de marbre. Ce single laisse espérer un album de la même tenue, album qui devrait s’intituler sobrement River si l’on en croit les pré-visuels de pochette. Nous allons donc surveiller de près cette toute fin du mois d’octobre, en sachant qu’au début de ce même mois, nous pourrons aller vérifier si la hype autour de Joker (interprété par Joaquin Phoenix) est justifiée. Un Joker qui ne dépareillerait pas un soir d’Halloween. Halloween c’est quand déjà ? Ah oui, le 31 octobre. Qui tombait l’an dernier un mercredi, je m’en souviens précisément. Je n’ai rien oublié. Persistance de la mémoire, telle une indélébile nuit indigo. CQFD.

Raf Against The Machine