Pépite du moment n°64: For The Beauty de Tindersticks (2019)

Voilà déjà presque 20 ans que les Anglais de Tindersticks nous offrent leur rockTindersticks empreint d’émotions et ce serait bien vain de ma part de vouloir résumer leur carrière ici, de toute façon ce n’est clairement pas mon objectif du jour… Le groupe redevenu trio au milieu des années 2000 avec le chanteur Stuart Staples, Neil Fraser et David Boulter a sorti en fin d’année dernière son douzième opus No Treasure But Hope sur le label City Slang et le moins que l’on puisse dire c’est que sacrément bon et que c’est une superbe porte d’entrée pour moi afin de véritablement les découvrir… Quelques titres écoutés par ci par là mais le hasard et le maelstrom de la production musicale font que je n’avais jamais écouté un album de la bande formée autour de Stuart Staples. Faute avouée, faute à moitié pardonnée dit-on…

Le morceau du jour For The Beauty a l’immense honneur d’ouvrir brillamment l’album. Le choix du titre de ce morceau est particulièrement judicieux tant ce dernier nous propose une belle leçon de douceur majestueuse. Porté par une instrumentation toute en grâce et subtilité, le piano en fond s’apparentant à une infime respiration qui parcourt tout le morceau et les violons sur la fin donnant encore plus d’ampleur à l’ensemble, la voix de Stuart Staples est juste sublime de retenue et d’émotion. Une voix qui ne cesse d’évoquer chez moi par certaines de ses inflexions un certain David Bowie qui nous manque toujours autant… Voilà un instant de grâce divine qui devrait illuminer votre journée, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°63: Restless de Cocorosie (2020)

Je vous parlais il y a peu du deuxième opus Noah’s Ark des soeurs de Cocorosie (voir Cocorosie 2par ici ) alors que leur septième album Put the Shine On venait tout juste de sortir… Un album pour le coup assez inconstant, brillant et rappelant les débuts flamboyants du groupe sur sa première partie mais connaissant une deuxième partie plus banale malheureusement. Cocorosie me surprend néanmoins par sa capacité à se rendre plus facile d’accès et, j’oserais même dire, plus pop sur certains morceaux dont la pépite du jour, Restless. Prenez un clip 80’s qui vous fera regretter la belle époque des patins à roulettes, le superbe chant mélodieux de Sienna, le rap de Bianca, un coq et des grenouilles improbables en fond, une mélodie imparable et vous vous retrouvez avec une très belle pop lo-fi, assez éloignée des standards habituels de Cocorosie, et ma foi c’est savoureux, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°62: I’m Not Your Dog de Baxter Dury (2020)

En cette période de crise sanitaire majeure, il faut tenter coûte que coûte de trouver du Baxter Durypositif… Télétravail oblige, mon temps de musique va pouvoir littéralement exploser et je vais me faire un plaisir de partager tout ce qui se fait de meilleur au maximum avec vous… « La musique adoucit les moeurs. » affirmait Platon, Five-Minutes va tenter avec humilité de suivre ce précepte

Aujourd’hui je vais vous parler d’une des voix qui me touchent le plus avec Baxter Dury, le fils d’Ian Dury le chanteur de Ian Dury and the Blockheads, dont le spoken word me touche au plus profond. Je n’ai jamais eu l’occasion de parler de notre dandy anglais sur ce blog à part pour saluer sa performance sur le titre Tastes Good With The Money des géniaux Fat White Family mais sa discographie est digne du plus grand intérêt, que ce soit ses albums solos, Prince of Tears en tête, ou son concept album B.E.D. avec Etienne de Crécy et Delilah Holliday.

Le titre du soir I’m Not Your Dog est parti en éclaireur pour annoncer la sortie vendredi du prochain opus The Night Chancers et c’est juste brillant. La voix d’encre, la rythmique lancinante, les cordes qui donnent un lyrisme séduisant à l’ensemble, le refrain improbable en français et ce clip d’une sobriété dramatique touchante, tout fonctionne à merveille et ce titre s’est inscrit profondément en moi depuis une semaine. Addictif… Difficile de ne pas suivre de nouveau Baxter Dury, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°61: ROADS Vol.2 de Thylacine (2020)

Si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, vous savez que le ROADS Vol.1 de ThylacineThylacine Vol.2 est assez incontestablement mon album préféré de 2019 (à relire au cas où par ici )… Du coup, il paraissait bien improbable que je ne vous parle pas de ce volume 2 dont j’avais déjà savouré les prémisses à travers la sortie du clip magnifique d’Alda. Malheureusement pour moi et je l’espère pour vous, ce deuxième volume qui délaisse l’Amérique du Sud pour se tourner vers les contrées sauvages des Iles Féroé est un simple EP de 4 titres pour 23 minutes, d’autant plus courtes qu’elles sont fidèles au premier opus et juste sublimes.

Le paysage est forcément différent et la lumière apaisante de l’Argentine a laissé la place aux embruns et aux côtes acérées. L’atmosphère est ainsi plus sombre et plus âpre, tout en gardant une réelle beauté picturale. Saksun (du nom d’un village féroïen) ouvre le bal tout en douceur avec ses sonorités aquatiques, ses suaves accords de guitare et sa rythmique croissante reconnaissable entre toutes, ce titre fonctionne parfaitement et s’inscrit dans la droite lignée du premier volume. Alda affirme ensuite son identité plus sombre, les sonorités âpres qui lorgnent vers une house sensuelle se marient avec délices au bruit des vagues avant que le saxophone ne vienne illuminer l’ensemble. Le contraste entre le saxophone et les boucles électriques porte le titre qui, vous le verrez, a la chance d’être illustré par un clip qui devrait vous convaincre d’aller visiter les Iles Féroé…

Eysturoy qui fait appel au chant intemporel d’Eivør vient ensuite frapper fort avec sa rythmique tout en ruptures. J’imagine un croisement entre le chamanisme celtique d’une Fever Ray et la virtuosité classique d’Aufgang pour un résultat assez surprenant. La fin du morceau avec le saxophone et la voix d’Eivør est très poétique. Stormur (on avait déjà entendu un Stormur chez les Islandais de Sigur Ros dans le plus sombre Kveikur… #coïncidence #orfèvressonores)  vient ensuite brillamment clore l’EP dans une atmosphère à la Jon Hopkins… Le son entre electronica et techno est d’une intensité folle et toujours grandissante pour un résultat qui s’adresse davantage au corps et donne envie de bouger… Il ne fallait décidément pas plus de 23 minutes à Thylacine pour nous désarmer de nouveau, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°60 : Grandiose (2019) de Pomme

Après Mon ami et Bertrand Betsch la semaine dernière, poursuite d’une petite virée dans la chanson française/en français qui raconte des choses et qui vient s’infiltrer au fond de nos corps pour pincer le cœur, agiter le ventre, faire frissonner le dos et remuer la tête. Quelques jours avant le fiasco des César et la sortie classe et percutante d’Adèle Haenel (suivie d’autres, Adèle est loin d’être seule #TeamAdele), les 35e Victoires de la Musique ont décerné quelques récompenses bien vues. Digression César : si ce n’est déjà fait, je vous invite à lire la tribune de Virginie Despentes dans Libération (un lien pour vous y aider : https://www.liberation.fr/debats/2020/03/01/cesars-desormais-on-se-leve-et-on-se-barre_1780212). C’est du Despentes, mais c’est bien plus que ça. Un texte à la fois bouleversant et rageux, fondateur et lumineux. J’en reste hanté et admiratif, sur le fond comme sur la forme.

Transition toute bienvenue pour revenir à notre pépite du moment. Grandiose est le  3e titre du 2e album de Pomme intitulé Les failles, récompensé aux 35e Victoires de la Musique (vous suivez 😉 ?) dans la catégorie « Album révélation ». Une galette d’ailleurs rééditée récemment et augmentée de 5 inédits, sous le titre Les failles cachées. Je m’engage à y revenir plus amplement dans une review complète, tant il y aurait à dire de la cohérence de l’ensemble des titres, de la beauté des textes, de la subtilité de la co-réalisation d’Albin de la Simone, et des magnifiques illustrations de Ambivalently Yours. En guise de teaser/mise en appétit, il y a ce Grandiose.

Pomme (aka Claire Pommet) n’est pas tout à fait une nouvelle venue, puisqu’elle a déjà publié un opus en 2017, A peu près. Elle se fait alors remarquer pour ce premier disque, mais aussi pour ses prestations scéniques qui intègrent autoharpe et guitare. La suite, ce sont les premières parties d’Asaf Avidan toujours en 2017, puis de Louane et Vianney en 2018. Même sans être forcément client de ces artistes, obligé d’admettre que ça donne une visibilité non négligeable. Du haut de ses 23 ans (seulement, oui oui !), cette jeune lyonnaise impressionne par la maturité de son travail et la poésie qui s’en dégage. Au passage, c’est à se demander ce qu’il y a de spécial à Lyon : on y trouve aussi Paillette, dont on a parlé longuement et en bien dans cet article (à relire d’un clic).

Grandiose est la parfaite illustration de cette maturité d’écriture. Je ne trahirai pas le sujet abordé, pour vous laisser l’entier plaisir et la totale émotion de découvrir cette magnifique chanson. Disons seulement que ça commence presque comme une comptine légère, portée par la voix assez incroyable de Pomme. Incroyable par son grain, mais aussi par le travail mélodique qu’elle lui confère. Instrument à part entière, elle l’utilise comme tel pour produire une ligne mélodique au service du texte et de l’accompagnement musical. Ce dernier est d’une beauté absolue, en ce qu’il reste aérien tout en se noircissant par petites touches comme si le Tim Burton d’Edward aux mains d’argent avait saupoudré le berceau de Pomme. C’est étrangement cette comparaison qui m’est venue en écoutant Grandiose, bien que le sujet des deux œuvres soit différent. Une sensation renforcée par les arrangements tout en finesse d’Albin de la Simone, à coups de légers bruitages et cliquetis en tout genre, qui assombrissent peu à peu l’impression de comptine enfantine du début.

En 3 minutes 15, Pomme nous transporte dans une histoire à la fois personnelle et universelle. Ce titre respire et pleure d’une humanité bouleversante. Comment ne pas se sentir concerné, en accord, à l’écoute de ce que porte Grandiose ? Difficile de continuer à en parler sans dévoiler le texte. En voici un court passage qui n’abime pas la découverte à venir : « Grandiose, la vie que j’avais inventée / Pour toi, la vie qu’on nous vend bien tracée / Une vie comme ça n’existe pas ». Grand écart entre l’espoir et le constat, cette chanson remet les choses à leur place. La vie est un savant mélange de rêves et de désillusions. Faire vivre et exister ses rêves au-delà de la réalité du monde demande une énergie, une volonté, un combat incessant. Une sorte de combat ordinaire (spéciale dédicace/pensée pour l’exceptionnelle BD de Manu Larcenet). Cette vie grandiose que l’on pensait exister, simple, facile à dérouler, sans obstacles et chargée de joies… cette vie n’existe pas d’elle-même. A chacun-e de nous de la faire exister, dans un monde meilleur qu’il nous appartient aujourd’hui de choisir. Des artistes comme Pomme, Adèle Haenel ou Virginie Despentes m’y aident chaque jour, pour ne pas désespérer et mettre la clé sous la porte. Aux côtés des belles personnes que j’ai la chance de rencontrer et de cotoyer. Pour profiter non pas d’une vie Grandiose, mais de moments humains et apaisants. C’est déjà ça et c’est précieux.

Raf Against The Machine

 

Pépite du moment n°59: Duo de Philippe Katerine feat. Angèle & Chilly Gonzales (2019)

On ne présente plus Philippe Katerine qui a le mérite, depuis son premier album LesKaterine Mariages chinois en 1991 déjà, de ne pas laisser indifférent. Ce personnage redonnant ses lauriers à un sens de l’absurde prononcé a souvent suscité chez moi, il faut le reconnaître, une certaine forme d’incompréhension mais finalement depuis peu je me suis fait à cette personnalité qui s’impose au sein d’un monde de la musique de plus en plus aseptisé. Comme un pied de phallus (#vousl’avez?), il y a quelques jours, Philippe Katerine a remporté la Victoire de la musique du meilleur artiste masculin (et oui dans une époque précieuse de réhabilitation des femmes, on fait le choix de séparer les hommes -les « artistes avec quéquette » pour reprendre ses mots et les femmes… no comment…) et son Confessions le mérite amplement.

Le titre du jour Duo résume bien à mon sens ce qu’est Philippe Katerine: un clip loufoque où on chevauche des dauphins dorés dans l’espace, des paroles d’une simplicité désarmante avec un refrain « On a le même tempo mais pas le même pattern » qui mériterait une belle dissertation de 4 heures, un pouvoir mélodique réel avec des synthés 80’s enthousiasmants et des guests de haut vol avec la voix cristalline d’Angèle et Chilly Gonzales en spécialiste scientifique inattendu.

Pour reprendre les paroles de fin du morceau, le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec Philippe Katerine la vie n’est pas terne, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°58 : Australia (2020) de Thomas Méreur

a0354549336_16Aujourd’hui, retour indirect sur Dyrhólaey de Thomas Méreur, aka Mon album de l’année 2019, et de très loin. Si vous avez oublié pourquoi, je vous invite à relire ma review d’il y a quelques semaines, disponible d’un clic juste ici. J’ai vu d’ailleurs que, période des Awards, Oscar, César et récompenses en tout genre oblige, il est question de savoir quel est le meilleur film de l’année écoulée. J’avoue que ça se joue dans un mouchoir de poche, et ça se tire la bourre sévère (en ce qui me concerne) entre Parasite, Once upon a time… in Hollywood, Ad Astra et Joker (dans l’ordre chronologique des sorties). Je ne sais pas encore qui retenir, même si Joker est tout de même au-dessus en ce qu’il triomphe à la fois sur le scénario et son propos, la réalisation, la photo, le montage, l’interprétation de Joaquin Phoenix, la BO (Hildur Gudnadóttir, pour les distraits on en a parlé ici, à retrouver d’un clic aussi). Et on n’avait jamais connu son réalisateur Todd Phillips dans ce registre.

Digression cinématographique mise à part, retrouvons donc Thomas Méreur, avec un titre composé il y a quelques jours en réaction aux incendies dantesques qui ont ravagé l’Australie, et du même coup la nature planétaire. Pas très étonnant que le garçon réagisse de la sorte, lorsqu’on connaît son attachement aux questions environnementales et humaines. Il aurait pu se contenter d’un tweet, ou de vivre ça de son côté. Mais non. A la place, et pour notre plus grand bonheur (malgré la désolation de la réalité), on a droit à un morceau inédit. Il est comme ça Thomas : un événement le touche, et bim il nous compose un titre. So classe.

Titre dans lequel on retrouve tout ce qui m’a bouleversé dans Dyrhólaey : une composition sobre et émouvante, piano-voix soutenue par un trait de guitare. Et toujours ce travail sur la voix. Et putain quelle voix. Si vous restez de marbre, je ne peux pas faire grand-chose pour vous. Ecouter Australia, c’est comme se réfugier dans un cocon musical, une sorte de bulle de sérénité qui vient contrebalancer la violence de la situation australienne et du monde en général. Ecouter Australia, c’est aussi, comme le faisait déjà l’album Dyrhólaey, ressentir à la fois la chaleur de l’isolement solitaire et l’ivresse des grands espaces et de la lumière.

En un mot comme en cent, écouter Australia c’est se sentir enveloppé et apaisé dans tous les recoins de nous tout en regardant le monde et en imaginant qu’on peut encore le rendre meilleur. Et pour joindre le geste aux idées, sachez que la totalité des ventes de ce titre ira à WIRES (Wildlife Rescue), organisation qui œuvre pour la préservation et la sauvegarde de la nature en Australie (www.wires.org.au/donate/emergency-fund). Australia est écoutable et disponible à l’achat sur Bandcamp (https://thomasmereur.bandcamp.com/track/australia) pour la très modique et minimale somme de 1 euro (mais on peut donner plus et autant qu’on veut). Je ne sais pas ce que vous attendez : pour une piécette, une magnifique chanson inédite de Thomas Méreur ET la possibilité de venir en aide à la nature, franchement ça ne se discute même pas.

De l’Islande à l’Australie, Thomas Méreur fait le grand écart géographique mais reste artistiquement fidèle à tout ce qu’on aime chez lui en livrant, une fois encore, un titre fin, beau, humainement et émotionnellement très riche. Pas loin de talonner A cold day in May, ma piste préférée sur son Dyrhólaey. Oui, ce morceau-là qui mériterait de figurer dans la BO de The Leftovers (Five reasons pour écouter cette BO ? Ça se relit par ici). Oui, cette série-là, au-dessus de toutes parmi les séries. On est sur du très haut niveau. Si tu me lis, d’où que tu sois, écoute Australia. Les autres aussi.

PS : Et parce qu’un plaisir ne vient jamais seul, Thomas Méreur a aussi enregistré récemment une reprise d’un très beau Yann Tiersen, Les bras de mer. C’est bonus.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°57:We Forgot Love de Nicolas Godin feat. Kadhja Bonet (2020)

On ne présente plus un des duos phare de la french touch, Air, composé de Jean-BenoîtNicolas Godin Dunckel et Nicolas Godin. Ce projet étant plus ou moins en stand-by – Le Voyage dans la lune date déjà de 2012 – les deux entités d’Air se consacrent pleinement à leurs albums solo. Après un remarqué Contrepoint en 2015 et la BO de la série française d’espionnage décalée Au service de la France en 2018, Nicolas Godin revient avec son deuxième opus Concrete and Glass qui tourne régulièrement chez moi depuis une semaine. Cet album qui brille par la multiplicité de ses featurings (même Alexis Taylor d’Hot Chip vient poser son flow sur Catch Yourself Falling) sonne résolument comme du Air et je navigue sans cesse entre la nostalgie prononcée et l’impression d’un son quelque peu suranné. Je vous ai choisi comme son du jour le titre We Forgot Love qui est illuminé par la voix gracieuse de Kadhja Bonet. L’ambiance est résolument trip-hop, oscillant entre Lamb et Elysian Fields, et le morceau aura probablement le mérite de vous donner envie de découvrir Kadhja Bonnet dont le deuxième opus Childqueen date de 2018 et mérite clairement le détour, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°56: We Can’t Be Found d’Algiers (2020)

Dans les belles sorties de ce tout début d’année, j’avais coché depuis un petit moment leAlgiers troisième opus There Is No Year des Américains originaires d’Atlanta, Algiers. Je suis séduit par ce rock engagé et sombre qui flirte avec les sonorités indus/noisy et  qui doit beaucoup au charisme phénoménal de leur chanteur Franklin James Fisher. En attendant une possible chronique sur leur album, je vous laisse avec ce We Can’t Be Found qui transpire l’urgence… Prenez l’aura au chant d’un Lenny Kravitz, la tension palpable d’un Kele Okereke, le groove de TV on the Radio et ajoutez-y du gros riff et une ambiance sombre parfaitement illustrée par le clip et vous obtenez la première pépite estampillée 2020 avec cet excellent We Can’t Be Found, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°55: The Wild Rover de Lankum (2019)

C’est en Irlande que je vous propose de voyager pour ce premier son de l’année 2020, uneLankum terre que je connais assez peu musicalement parlant… Le groupe Lankum est composé des frères Lynch, Cormac MacDiarmada et Radie Peat et a sorti en octobre son troisième opus The Livelong Day sur le très respectable label Rough Trade Records. Cet album sent bon les paysages sauvages balayés par une pop-folk irlandaise tiraillée entre les valeurs ancestrales et un vent de renouveau. Le morceau du jour The Wild Rover ouvre l’album avec ses 10 minutes hypnotisantes, comme une parenthèse intemporelle au milieu d’un monde qui va toujours plus vite. Ce titre reprend une ballade irlandaise très célèbre qui raconte le retour d’un vagabond qui va dépenser tout son or au pub pour la dernière fois (#surprenantnon?). J’apprécie dans ce titre la lente construction et la douceur des sons de la cornemuse avant une surprenante montée finale toute en tension qui brise subtilement les codes. Le clip représente parfaitement l’univers du morceau avec ces magnifiques paysages et le souffle de la nouveauté perçu à travers les distorsions visuelles. Voilà en tout cas un bien bel océan de douceur pour démarrer cette année 2020 qui, espérons le, sera aussi riche musicalement que 2019, enjoy!

Sylphe