Pépite du moment n°45: STAR d’Underworld (2019)

Voilà un projet gargantuesque comme je les aime! Underworld, groupe britannique qui Underworldbrille par ses sons électros depuis les années 90 et que nous avons tous connu à travers leur titre Born Slippy .NUXX. présent sur la BO de Trainspotting, s’est lancé depuis novembre 2018 dans une expérience ahurissante: poster un titre tous les jeudis sur Youtube pendant un an (du coup 52 titres,#j’melafriseenmaths) afin d’aboutir à un album Drift Series 1 qui sortira le 1er novembre.

Du coup, afin de vous donner envie de vous perdre sur Youtube et d’écouter les très nombreux titres déjà sortis, je partage avec vous le titre STAR, véritable pépite techno qui vrille le cerveau avec ses sons âpres. Le morceau  s’inspire des comptines enfantines pour évoquer des personnalités de la culture pop telles que Michael Caine, Iggy Pop et Danny Boyle, aux côtés de personnages fictifs comme Tom Pouce et Robin des bois.  « Prenez une comptine qui est si familière qu’elle fait presque partie de notre ADN et transformez-la en quelque chose d’étrange et d’inspirant – une célébration de la vie, et des vies, et des bons et des véritables grands de ce monde » a expliqué le groupe.

Voilà en tout cas un titre et un projet hautement inspirants, enjoy!

Allez je ne résiste pas à un brin de nostalgie ce soir…

Sylphe

Pépite du moment n°44 : The Runner (2019) de Foals

En mars dernier, Foals faisait son grand retour avec Everything not saved will be lost Part. 1, dont on avait dit le plus grand bien ici-bas ici même (Five reasons à relire d’un clic si besoin). Une galette bourrée d’énergie, parsemée de synthés et de sonorités à la Depeche Mode (entre autres références) qui nous avait grave emballée. Et dont on attend impatiemment la suite, le Part. 1 du titre promettant une Part. 2.

Ce sera le cas dans quelques semaines, mais en préambule, et comme pour le premier volet, Foals a libéré ces dernières semaines un premier titre Black Bull, résolument rock et ravageur. Inutile en effet de sortir un diptyque en deux temps si c’est pour livrer la même chose, les mêmes sons et les mêmes émotions, et la bande de Yannis Philippakis semble sur cette lancée.

En témoigne le second extrait de Everything nots saved will be lost Part. 2 que nous écoutons aujourd’hui : The Runner. On y retrouve à la fois l’énergie de la Part. 1 et le rock bouillonnant et rugueux de Black Bull, ce qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler Inhaler, un autre gros titre du groupe présent sur l’album Holy Fire (2013). A la lumière très 80’s de la galette de mars succède une ambiance plus nerveuse et âpre, plus sombre et rock aussi. Les guitares et leurs riffs sont très en avant, et les claviers qui nous illuminaient il y a quelques mois se sont mis en retrait.

Rien de finalement très étonnant : rappelons que la Part. 1 se terminait sur I’m done with the world (& it’s done with me), une ballade mélancolique et désabusée, sorte de pré-gueule de bois à la sortie de la fête. Il est donc parfaitement logique d’enchaîner sur un son moins festif et dansant, mais tout aussi efficace. En témoignent aussi les pochettes des deux disques : si la première nous invitait à un repos festif au cœur d’un bâtiment couvert de végétations rouges apaisantes, la seconde nous convie aussi au repos, mais dans un décor plus sombre et définitif dirons-nous.

Après The Light de Wax Tailor la semaine passée, The Runner de Foals est assurément un autre gros son sensation de cette rentrée. J’avoue trépigner d’impatience dans l’attente de l’album complet, histoire de voir si ce diptyque Everything not saved will be lost fera mieux au final que leur exceptionnel Total Life Forever (2010), qui reste pour moi une absolue référence et un hyper coup de cœur magistral, gravé en moi là où il s’est posé.

Réponse dans un petit mois le 18 octobre. Pour info, un autre gros son sensation de la rentrée tombera aussi dans les bacs le même jour : l’album Dyrhólaey de Thomas Méreur, dont nous avions parlé en mode preview sur ce même blog il y a presque un an (à retrouver d’un clic par ici). On en reparlera évidemment sous peu. D’ici là, régalez-vous de Foals qui, sauf dérapage et sortie de route de dernière minute, signe cette année un retour gagnant comme on n’y croyait plus.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°43 : The Light (2019) de Wax Tailor

On avait laissé Wax Tailor en 2016-2017 avec un diptyque plutôt captivant : By any beats necessary (2016) était une référence explicite au “By any means necessary“ de Malcolm X dans son combat pour une égalité et reconnaissance des droits humains et civiques pour tous. L’album porte clairement cette référence combattante, à la fois dans son énergie et dans ses percutantes sonorités soul, blues, rythm and blues, tout en conservant la base trip-hop/hip-hop/downtempo de Wax Tailor. Comme un écho à cet opus, sort l’année suivante By any remixes necessary (2017), tout simplement composé de remixes de By any beats necessary par des producteurs des quatre coins du globe. Si la galette de 2016 m’avait emballé, celle de 2017 m’a encore nettement plus convaincu.

Deux années plus tard, on retrouve Wax Tailor aux commandes d’un nouveau projet. L’album The Shadows Of Their Suns n’est pas encore disponible, mais on peut déguster depuis quelques jours un premier titre, sobrement intitulé The Light. Musicalement, c’est une sorte de retour aux sources, avec un titre très marqué trip-hop/downtempo, fait de boucles électros. Downtempo c’est un peu vite dit, puisque par deux fois, le rythme s’accélère d’un tempo plus marqué, comme pour souligner l’urgence du moment.

Parce que oui, si musicalement The Light se détache un peu de l’album précédent, en revanche le propos reste incisif. Le combat reprend, il se poursuit pourrait-on dire. Rehaussé sur sa dernière partie d’un gimmick vocal “You want to see the light ?“, The Light pose l’urgence d’un monde qui ne tourne pas rond, qui ne va pas très bien, et même qui déconne complètement. Entre consommation à outrance, destruction de la planète, fascisme et populisme en tout genre, invasion des images porteuses de pessimisme et autres maux de la planète, Wax Tailor déroule en 4 minutes un bilan bien préoccupant.

Le son lancinant et entêtant qu’est The Light se voit accompagné d’un clip d’une grosse efficacité : enchaînement d’images sans aucun commentaire, je vous laisse apprécier l’excellence de cette combinaison son/image, avec une chute qui en raconte bien plus que de longs discours. Et qui laisse espérer un grand album : par son titre The Shadows Of Their Suns, à mettre en miroir avec le titre du single The Light, mais aussi et surtout par ce percutant propos musical et visuel. The Light est assurément un des gros sons de la rentrée, et constitue une belle lumière dans le monde parfois sombre et gris qui nous entoure (#jeudemotsetconclusionfaciles^^).

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°42: Beograd de SebastiAn (2019)

Pour savourer ce premier week-end post rentrée, il me faut en ce dimanche un morceau qui pulse pour me donner l’énergie de bosser un peu. On reviendra plus tard pour le concept du jour du Seigneur où le travail est interdit (#genreonvateplaindre)… J’ai exactement trouvé ce qu’il me faut avec du son estampillé Ed Banger, ce titre de SebastiAn sorti au début de l’été fait partie des éclaireurs qui nous préparent à l’album Thirst qui sortira le 8 novembre. Produit par So_Me qui est le producteur de prédilection du label Ed Banger (voir par exemple son clip de D.A.N.C.E. de Justice dont on avait parlé ici ), ce clip tourné à Belgrade est un vrai morceau dance qui met à l’honneur le pouvoir de la danse qui touche toutes les générations. Nous suivons différents personnages qui dansent sans cesse et qui finissent par se retrouver pour une battle dans un club. Les mouvements de caméra sont rapides et incessants afin de judicieusement faire ressentir la transe des personnages qui prend aussi possession de notre corps. Le morceau en lui-même fonctionne à merveille avec ces synthés lancinants et répétitifs qui ne sont pas sans rappeler Justice, des intermèdes apaisés et bien sentis permettent de relancer avec puissance le son. Voilà pour moi un morceau imparable avec sa montée finale follement excitante, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°41 : Melody X (2017) de Bonaparte

71oXsQFzNTL._SS500_Voilà un son qui aurait pu être un Son estival du jour, mais l’été est terminé et on a repris le boulot. Et surtout, cet été je ne connaissais pas ce morceau, que j’ai découvert il y a quelques heures, plongé que je suis dans la saison 2 de Dark. Enfin une grande série TV allemande, qui nous change de Derrick et du Renard ^^

Si vous n’avez pas encore mis le nez dans ce trip télévisuel, sachez à quoi vous vous exposez : une virée SF comme je les kiffe, sans trop d’effets spéciaux ou d’aliens à canons lasers, intimiste et qui bouscule les méninges. Oui, pour suivre Dark, hors de question de mater l’écran d’un œil, tout en surfant sur votre réseau social préféré, ou de passe son temps à se lever pour aller chercher des M&M’s, une glace, un picon-bière ou pour aller évacuer ledit picon-bière.

Dark est une ambitieuse histoire de voyages dans le temps et de boucles temporelles, sur 5 époques différentes espacées de 33 ans à chaque fois. C’est une excursion torturée et tortueuse, à la fois cycliquement en arrière et en avant du présent, où les parents vont rencontrer leurs enfants alors qu’ils sont plus jeunes qu’eux, ou inversement et réciproquement. Où les vies se croisent en se jouant des générations, tout ceci au cœur d’un épais mystère scientifico-fictionnel. Et où je pourrais me rapporter à moi-même dans le passé, à une époque où il n’existe pas encore, ce Melody X que je ne connaissais pas (pour cause) mais que je connais déjà et qui finalement existe déjà. Amis des paradoxes temporels, bienvenue ! Dark offre une première saison généreuse et excitante, et une deuxième (que je suis donc en train de vivre) encore plus complexe et exigeante, mais qui sait récompenser son spectateur assidu par des moments de poésie et de grâce incroyables, et des flopées d’émotions assez incontrôlables.

Au cœur de cette série, outre une réalisation et une photographie irréprochables, la bande-son est assez fabuleuse aussi. Parce que l’on visite les années 1920, 1950, 1980, 2010. Et parce que les morceaux mis en avant sont parfois de belles découvertes, comme ce Melody X interprété par Bonaparte. Groupe allemand formé à Barcelone en 2006 et porté par Tobias Jundt, Bonaparte compte à ce jour 7 albums studios, dont The Return of Stravinsky Wellington (2017) dont est tiré Melody X.

Savant mélange de nappes synthés, piano, cordes et loops électros, voilà un bien bon son surmonté par la voix éraillée de Tobias Jundt. Par moments, j’ai pensé un peu à Get Well Soon, et aussi à Asaf Avidan. C’est aérien et mélancolique, terriblement lumineux aussi et ça se marie parfaitement avec la fin de l’épisode 3 saison 2 de Dark.

J’avoue que ce doux mélange Dark/Melody X m’a particulièrement touché, au point d’imaginer ce que ça pourrait bien donner si je faisais un tel voyage. Dans le futur, dans le passé, dans les deux à la fois tout en restant dans le présent, un triple paradoxe temporel qui serait peut-être l’occasion de réparer quelques erreurs et ratages, ou de mieux faire les choses, avec les risques que cela comporte. Ou peut-être au contraire de ne strictement rien toucher ou modifier, parce que nos vies sont telles qu’elles sont et que ça ferait partie du jeu : continuer la route avec nos regrets, sans les personnes qu’on aime, et qui nous manquent parce qu’elles sont parties ou qu’on n’a pas su les retenir.

Raf Against The Machine

Pépite du moment n°40: Gengis de Polo & Pan (2019)

Polo & Pan, à ne pas confondre avec Water & Peter (#jaimalàmonhumour), est un duoPolo & Pan français composé de Polocorp (Paul Armand-Delille) et Peter Pan ( Alexandre Grynszpan) qui officie depuis 2014 et s’est fait en particulier connaître avec son premier opus Caravelle en 2017. Un album que j’ai très envie d’aller réécouter depuis que je suis tombé sur cette pépite gargantuesque de Gengis qui devrait illuminer votre journée par la surabondance de propositions qui éclairent cette odyssée musicale. Prêts pour un voyage de 7 minutes sur les traces du grand Gengis Khan, le fondateur de l’empire mongol, le plus vaste de tous les temps ?

Les sonorités du départ sont plutôt douces avec les oiseaux et la flûte mais on sent le danger imminent avec les percus, la rythmique accélère peu à peu pour nous donner l’impression que Gengis est en train de passer en revue ses troupes avant de partir au combat. Il me vient des réminiscences de la BO de Gladiator par Hans Zimmer pour cette ouverture entre douceur et tension. Les troupes démarrent sous une rythmique plus lourde digne de Justice ou Birdy Nam Nam, légèrement contrebalancée par cette flûte de fond, avant un répit où les troupes semblent invoquer les dieux pour réussir. On reconnaîtra quelques sons bien sentis, dignes du dernier opus de Flavien Berger avant que les troupes ne reprennent leur marche triomphale. Les deux dernières minutes du morceau marient parfaitement les deux tendances fortes et finissent sur un calme olympien, célébrant une victoire militaire dont la violence guerrière a été littéralement occultée. Voilà en tout cas un bien beau morceau au pouvoir cinétique incontestable, enjoy! A noter deux beaux remixes de Asa Moto et Red Axes qui viennent proposer deux belles relectures du titre. Je vous laisse ce dernier car on n’a jamais trop de bon son pour nous aider à envisager la fin des vacances…

Sylphe

Pépite du moment n°39: Versailles de Thylacine (2019)

On vient à peine de boucler la première année du come back de Five-Minutes et ces dates anniversaires donnent toujours l’envie de faire des bilans (#jadorelesbilans). Je vous rassure tout de suite, je garderai les bilans pour la fin d’année mais je dois reconnaître que le choix du jour est lié à une volonté de regarder quelque peu dans le rétroviseur. Avant ma trêve finistérienne sans internet (désolé je n’ai pas prévu de cibler tous les McDo et les centres commerciaux pour dénicher le Wifi gratuit…), j’ai eu l’envie de finir sur l’artiste qui m’a le plus touché cette année et, sans surprise pour ceux qui me lisent régulièrement, c’est William Rezé alias Thylacine qui remporte assez aisément la palme. Son album ROADS Vol.1 (voir ici ) est un chef d’oeuvre dont je ne me suis toujours pas remis et de nombreux titres de cet opus auraient mérité de figurer ici pour vous souhaiter de bonnes vacances.

Néanmoins, j’ai eu la chance de tomber par le plus grand des hasards sur ce titre Versailles sorti il y a un mois qui ne fait que confirmer le talent du jeune homme… J’ai déjà envié Thylacine d’avoir enregistré son dernier opus dans des conditions idylliques dans son Airstream parcourant les chemins d’Argentine mais que dire de ce titre où il a eu la chance d’avoir le château de Versailles pour lui tout seul afin d’enregistrer tous les sons du lieu? La démarche artistique de ce titre est digne d’intérêt avec la volonté de célébrer ce monument empreint d’histoire à travers la modernité de la musique électronique. Le résultat est tout simplement brillant avec cette palette de sons à la symbolique forte qui se marie à merveille avec une électro plus percutante et entraînante. A bientôt et enjoy!

Sylphe