Five Reasons n°3: What Sound de Lamb (2001)

Le succès n’a, ma foi, rien de rationnel et ce n’est pas le groupe du jour qui pourra Lambs’indigner de cette assertion hautement philosophique… A la fin des années 90 et début des années 2000, Bristol voit l’émergence d’artistes (Portishead, Massive Attack, Tricky) qui vont marquer par leur son mêlant avec brio sonorités urbaines et mélancolie dévorante. Le trip-hop pour ne pas le citer -cette dénomination est souvent contestée- prédomine et de nombreux groupes s’empressent de suivre cette mode, certains brillamment (Morcheeba, Zero7, Royksopp), d’autres beaucoup moins… Lamb, duo anglais formé du producteur Andy Barlow et de la chanteuse Lou Rhodes, fait partie de ces groupes résolument marqués par le courant trip-hop et pour qui j’ai un attachement assez fort car je trouve qu’ils n’ont pas eu la carrière qu’ils méritaient. Loin de moi l’idée d’analyser les raisons de cet échec relatif, je vous invite plutôt à aller découvrir ou redécouvrir leur troisième opus, What Sound, après deux premiers albums séduisants Lamb en 1996 et Fear of Fours en 1999.

1. Lamb c’est incontestablement les talents d’interprétation de Lou Rhodes. Une voix toujours sur le fil et à l’émotion palpable, mélancolique dans le sublime I Cry ou d’une fragilité digne de la Emilie Simon des débuts dans Heaven.

2. Des ambiances instrumentales d’une douceur infinie qui font la part belle aux violons (What Sound, Gabriel) et aux sonorités aquatiques qui nous invitent à une forme de rêverie éveillée.

3. Des ambiances downtempo souvent contrebalancées par des rythmiques drum and bass qui font toute l’originalité du groupe. Sweetheart et Scratch Bass surprennent par leur âpreté destabilisante et à mon goût un peu excessive et je préfère les morceaux qui fonctionnent sur un contraste d’atmosphères comme le brillant What Sound.

4. Des univers plus sombres qui évoquent les intouchables Massive Attack (le très beau One) ou un goût prononcé pour une instrumentation plus bruitiste à la Amon Tobin.

5. Un éclair de génie imparable avec le brillantissime Gabriel qui me cueille à chaque fois, malgré les multiples écoutes. Orchestration symphonique digne de Craig Armstrong, rythmiques des drums pour donner du corps au morceau, voix sublime… Imparable, je vous le dis…

Sylphe

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