Pépite intemporelle n°66 : Sphynx (2016) de La Femme

R-9021264-1526724107-2841A peine 2021 débutée et déjà un gros besoin d’évasion, qui ne date finalement pas de ces derniers jours. Heureusement, comme toujours, la musique est là. Du gros son pour se vider la tête, du plus intimiste pour plonger introspectivement en soi-même ou juste se reposer du monde, ou encore du son un peu fifou et psyché-tourbillonnant pour partir loin tout en restant confiné. Sphynx fait partie de cette dernière catégorie, et c’est presque sans prévenir que ce titre s’est invité dans ma tête au cours de la journée. Il ouvre en 2016 Mystère, le deuxième album de La Femme, groupe officiellement créé en 2010. Après un premier album Psycho Tropical Berlin (2013) qui avait enflammé la presse spécialisée (mais pas moi, en effet, je reconnais être totalement passé à côté de ce premier opus pourtant pas dénué de qualités), la formation revient sur le devant de la scène en mars 2016 avec Sphynx, premier single du nouveau LP prévu pour l’automne de la même année. Un second single Où va le monde ? suivra en juin, et me convaincra beaucoup moins. Ce qui ne nous empêchera pas, avec le poto Sylphe, de nous déplacer pour voir le phénomène La Femme sur scène. Si l’on garde une impression un peu confuse de la conclusion du set, l’ouverture (précisément sur Sphynx) et le premier quart d’heure de la prestation nous ont en revanche laissé un certain souvenir (voire un souvenir certain) assez impérissable.

Sphynx est une plongée électro de presque six minutes dans un univers sonore vaporeux et totalement répétitif jusqu’à l’obsession et au vertige. Jusqu’à l’obsession, parce que si vous lancez l’écoute ci-dessous, je vous souhaite bien du courage pour vous défaire dans les heures qui suivent de l’entêtante boucle de synthé qui lance le morceau. La rythmique juste derrière n’y est pas pour rien non plus. Avec Sphynx, le groupe affiche clairement ses influences 80’s en mixant intelligemment cold wave et pop. La voix de Clémence Quélennec, presque venue d’une autre dimension tant elle est aérienne et hypnotique, renforce le côté mystérieux et obsédant du titre. Jusqu’au vertige parce que, précisément, l’obsession contenue dans Sphynx nous plonge dans un état de transe sensuelle qui ferait oublier tout ce qui nous entoure pour nous mener jusqu’à un climax à donner le tournis. Et ce n’est pas le clip, réalisé par Marlon Magnée (un des membres de La Femme), qui va atténuer cette sensation. Difficile d’imaginer, en le visionnant, qu’on est à jeûn. Et pourtant !

Ces derniers mois, La Femme est de retour avec plusieurs singles dont Cool Colorado, en annonce d’un nouvel album à paraître en cette année 2021. Affaire à suivre donc, même si, sur l’ensemble de la production du groupe à ce jour, Sphynx reste pour moi le morceau au-dessus de tous. Il est temps de me taire et de vous laisser découvrir ou réécouter cette magique pépite obsessionnelle.

Raf Against The Machine

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