Pépite intemporelle n°57 : Like a king (1994) de Ben Harper

Nouveau coup d’œil dans le rétro cette semaine, avec un titre âgé de 26 ans déjà. Like a king est le premier single de Ben Harper, extrait de son faux premier album Welcome to the cruel world : le premier vrai LP de Ben Harper s’intitule Pleasure and Pain (1992) et fut pressé à seulement 1 500 exemplaires. Toutefois, c’est bien Welcome to the cruel world qui sera largement diffusé et qui fera connaître sa musique dans le monde entier, porté donc par notre pépite d’aujourd’hui Like a King.

En presque 30 années, je n’ai cessé d’écouter Ben Harper, de le laisser de côté et d’y revenir, au gré d’albums plus ou moins efficaces à mon goût, et d’une carrière qui force malgré tout le respect. Alors pourquoi ressortir maintenant cette magnifique première galette, et précisément ce titre ? Tout cela est évidemment et tristement lié à l’actualité, rien de bien original dans mon choix. En 1994, j’écoutais Like a king en boucle, en me disant que, depuis 26 ans et l’assassinat de Martin Luther King en 1968, rien n’avait particulièrement changé en matière de racisme, d’égalité entre les hommes et de droits civiques.

Like a king fait référence, notamment, au tabassage policier subi par Rodney King en 1991. Un an plus tard, en 1992, l’acquittement des quatre policiers impliqués déclenchera plusieurs journées d’émeutes à Los Angeles. La fin de l’histoire ? Un nouveau procès en 1993, qui verra deux policiers condamnés, deux autres acquittés. Et la mort accidentelle par noyade de Rodney King en 2012.

Quelle triste et douloureuse ironie du calendrier d’avoir l’impression, 26 ans plus tard à nouveau, de revivre sans arrêt le même cauchemar sociétal. Comme beaucoup, j’ai vu ces derniers jours les images du meurtre de George Floyd. Ces images, d’une violence inouïe, j’aurais aimé ne jamais les voir. J’en suis tellement sous le choc et sans mots que mon seul refuge, c’est la musique et ce Like a king que je vous propose de partager ensemble. Tous ensemble, comme un seul Homme.

Raf Against The Machine