Review n°62: Midnight Resistance de The Toxic Avenger (2020)

Je vous propose aujourd’hui la découverte d’un album facile d’accès car c’est très clairement  ce dontThe Toxic Avenger j’ai besoin en ce moment. Je ne connaissais Simon Delacroix alias The Toxic Avenger (du nom d’un film d’horreur parodique de 1985) que de nom et ce cinquième opus studio Midnight Resistance, sorti cet été, est le premier que je prends véritablement le temps d’écouter. Bien m’en a pris car ces 56 minutes me permettent de m’évader facilement, même si l’album aurait peut-être gagné à être allégé sur sa deuxième partie. The Toxic Avenger s’est fait connaître par ses nombreux remixes avant de publier des albums mettant en avant sa patte électronique. Ce Midnight Resistance surprend par son hétérogénéité qui, au fil des écoutes, forme un tout cohérent et séduisant.

Le morceau d’ouverture Americana joue d’emblée la carte d’une électro au pouvoir cinétique évident. Rythmique sombre et prenant aux tripes, synthés spatiaux, voix voccodées, le résultat serait digne de figurer sur la BO d’un film de science-fiction. Cette ouverture majestueuse ouvre la voix à un Lies à l’atmosphère totalement différente. En featuring avec Sam Battle alias LOOK MUM NO COMPUTER , c’est la carte de l’électro-pop qui est abattue sans aucune retenue. La voix et la mélodie fonctionnent parfaitement et m’évoquent les pépites des premiers albums de The Shoes. Midnight Resistance, le titre éponyme, referme ce tryptique initial d’une grande hétérogénéité d’une manière abrupte. Je reconnais avoir un peu de mal à adhérer pleinement à ce titre indus assez âpre aux sonorités taillées dans une roche noire comme la nuit même si l’accélération finale n’est pas sans m’évoquer les souvenirs de Birdy Nam Nam ou Vitalic.

Les quatre titres suivants donnent ensuite toute sa valeur à ce Midnight Resistance. I Need You séduit par son électro d’une grande sensualité avec ses synthés omniprésents, Rent Boy ne peut que me plaire car Jay-Jay Johanson vient poser son timbre mélancolique sur une rythmique à la frontière de la pop mais que dire de ЧЕРНОЕ ЛЕТО (à traduire par Black Summer) qui s’impose comme une vraie déflagration sonore! Pépite électro que n’aurait pas reniée Thylacine sur son dernier album Timeless, ce titre brille par sa tension sous-jacente et sa montée imparable avec les cordes. Je vous dirais bien que c’est un morceau taillé pour les dance-floors mais bon en ce moment cette phrase perd tout son sens… L’avenir d’avant avec Diamond Deuklo en featuring referme ce quatuor brillant en nous donnant l’impression de s’être échappé de la BO de Drive

La deuxième partie perd un peu en intensité, il faut le reconnaître. Ornette et Simone apportent la douceur de leur voix sur respectivement Mandala et Falling Apart pour une électro-pop de qualité mais sans grande originalité, même si l’on appréciera le message de fraternité de Mandala. On Sight propose une électro qui met à l’honneur la bidouille et le bricolage (sans rien de péjoratif) mais finalement je préfère retenir de cette deuxième partie l’électro tout en boucles de Long Hair, Black Leather Jacket! et surtout On My Own illuminé par la grâce du piano de Maxence Cyrin (dont mon ami Raf Against The Machine vous a déjà plusieurs fois parlé) et sublime d’émotions.

Besoin d’une parenthèse en ce monde de brutes? Midnight Resistance vous attend désormais, enjoy!

Sylphe