Review n°70: Le Rayon vert de Lewis Evans (2021)

Aujourd’hui le hasard nous emmène dans la galaxie musicale de The Lanskies. Certains membres deLewis Evans ce groupe français fondé à Saint-Lô mènent en parallèle une carrière solo, nous avions déjà présenté le projet du guitariste/chanteur Florian von Künssberg sous le nom de Tropical Mannschaft avec son très bon EP To Be Continued (à relire par ici) et aujourd’hui nous allons nous intéresser à Lewis Ewans, le chanteur franco-britannique de The Lanskies avec son EP Le Rayon vert. Ce dernier n’en est pas à son coup d’essai en ayant déjà sorti deux albums solo Halfway to Paradise en 2015 et Man in a bubble en 2017. Si je vous dis qu’il a collaboré avec Tahiti Boy, Gaetan Roussel ou Keren Ann, vous devez sûrement partir avec des a priori bien positifs, et ma foi vous avez raison car cet EP, pour lequel a collaboré David Ivar du groupe Herman Dune, va brillamment confirmer tous les espoirs…

Le premier morceau Rock in the Sea nous rappelle que la Normandie n’est pas bien loin (Le Rayon vert est le nom d’un café situé à Saint-Pair-sur-Mer en Normandie) avec le bruit des vagues et des mouettes en fond. La voix chaude de Lewis Ewans qui s’avère un atout majeur de l’EP, la guitare qui accompagne en toute sobriété et les choeurs bien sentis nous offrent un très bel instant de folk intimiste qui ne tombe pas dans le piège d’une certaine monotonie. Hold On continue à tracer ce même sillon dans une production particulièrement soignée et précise, avec les cordes en fond qui enrichissent  l’univers instrumental et donnent encore plus d’émotions à l’ensemble.

Cocaine, le morceau que je préfère dans cet EP, me séduit par la voix poignante sobrement accompagnée d’une guitare sèche. Le refrain lumineux avec les choeurs donne une saveur pop assez savoureuse, le violon entre en jeu sur la deuxième partie du morceau et permet à ce titre de gagner en intensité. Ce titre justifie à lui tout seul d’aller écouter Le Rayon vertKing of the Jingle (qui vient de prendre place comme le choix de titre le plus original de ce début d’année) clot l’EP sur une atmosphère plus légère et plus pop. Le refrain ensoleillé n’est pas sans rappeler l’univers de Tahiti Boy qu’il me tarde d’aller réécouter au passage, après avoir jeté une oreille attentive aux deux premiers albums de Lewis Evans que je connais malheureusement pas. Si, tout comme moi, vous ressentez ce Rayon vert comme une très belle porte d’entrée pour découvrir Lewis Evans, votre journée au demeurant embellie par cette neige si poétique n’en deviendra que plus mémorable, enjoy!

Sylphe

Review n°30: To Be Continued… de Tropical Mannschaft (2019)

Belle découverte en perspective aujourd’hui avec Tropical Mannschaft dont le nomTropical Mannschaft farfelu et original ne cache pas de la pop caribéenne agrémentée de rythmiques martiales teutonnes (#stereotypesquandtunoustiens) mais plutôt une pop jouissive toute en contrastes entre luminosité apaisée et nappes de brouillard mélancoliques. Derrière ce nom on retrouve l’ancien guitariste de The Lanskies Florian von Künssberg qui avait déjà sorti un premier EP en 2016 intitulé Make a Name for Yourself et nous offre avec ce second EP To Be Continued… plein de belles promesses musicales qui, je l’espère, auront la possibilité dans le futur de s’exprimer pleinement dans un LP.

Le morceau d’ouverture Wonderful Life frappe fort d’emblée avec une pop aérienne, la voix traitée judicieusement avec de la réverb m’évoque Sébastien Schuller (dont on regrette le silence depuis 5 ans au passage) et les sonorités sont étonnamment mélancoliques. Les synthés me plongent dans une version pop de la BO de Virgin Suicides d’Air, bref vous l’aurez compris avec les multiples références de qualité ce titre est un pied d’appel parfaitement réussi. La beauté des dieux vient ensuite proposer une pop chantée en français sur un fond dominé par les synthés, titre qui devrait satisfaire les fans d’un des phénomènes du moment Flavien Berger. De mon côté je suis davantage séduit par le single Up The Hill et son clip digne de Michel Gondry à visionner à la fin. La guitare est de sortie, le refrain tout en rupture est brillant et addictif, le résultat est gourmand et m’évoque les délires du troisième excellent album de MGMT. Voilà pour moi la définition parfaite d’une pop hédoniste qui appelle la saison estivale.

Les guitares plus rock de Himalaya donnent encore plus de corps à ce To Be Continued… alors que Guru continue à creuser le sillon d’une pop séduisante et empreinte de sensualité avec ses choeurs féminins bien sentis. Le morceau final Leave Me Out referme brillamment l’album avec ses sonorités plus électro, créature hybride née de la rencontre entre MGMT et Midnight Juggernauts, avec Air qui filme en fond les ébats. Il démontre le potentiel de Tropical Mannschaft pour aller taquiner les dance-floors et fait de cet EP une des plus belles découvertes de ce printemps. Enjoy!

Sylphe