Review n°36: The Big Picture de Last Train (2019)

Alerte enlèvement! Je répète, alerte enlèvement! Voilà bientôt deux semaines que j’aiLast Train perdu tout libre-arbitre et que, tous les jours, The Big Picture de Last Train vient insidieusement se placer sur ma platine…Voilà incontestablement pour moi l’album rock de l’année 2019! (#pasdeplacepourlesuspense)

Je ne connaissais pas les petits français originaires de l’Est de Last Train et malheureusement mes oreilles n’avaient pas croisé leur chemin jusqu’alors jalonné de deux EP The Holy Family (2015) et Fragile (2016) et d’un premier album en 2017 Weathering. Il n’en sera pas de même avec ce The Big Picture que je vais user jusqu’à la corde et qui, je l’espère, sera l’acte fondateur d’un grand groupe qui exportera le rock français à l’international. Je vous propose de me suivre dans les méandres de ce bijou et de ses 57 minutes pleines de maîtrise…

La batterie et les gros riffs de guitares sont de sortie sur le morceau d’ouverture All Alone qui semble taillé dans le granit brut et réveiller d’emblée une source d’inspiration évidente du groupe, les Red Hot Chili Peppers. La voix de Jean-Noël Scherrer file les frissons et évoque Anthony Kiedis, on verra que la puissance du chant est une des clefs de voûte de l’album avec cette énergie dévastatrice. Voilà une leçon de maîtrise qui donne le ton de l’opus avec brio… Scars part ensuite sur une rythmique plus apaisée avant l’explosion électrique du refrain, Last Train brille par sa capacité à alterner le calme et la tempête, véritable point fort de l’album. La deuxième partie du titre sonne comme du très grand Muse époque Origin of Symmetry, le souffle épique me ballotte dans tous les sens. On Our Knees part ensuite sur un format de 8 minutes pour nous proposer une lente montée en puissance toute en tension, les riffs électriques s’effaçant subitement pour laisser leur place à un minimalisme contemplatif savoureux qui prend peu à peu les traits du rock progressif à la Mogwai avec tout ce que ça implique dans la puissance émotionnelle et l’intensité. Brillantissime, sûrement l’un des titres les plus puissants écoutés ces dernières années…

I Only Bet On Myself nous ramène sur les terres plus classiques du rock avec sa rythmique uptempo digne des grandes heures des trop sous-estimés Placebo et sa fin estampillée Muse. Voilà en tout cas 4 titres de très haut vol ressentis comme une véritable intraveineuse de rock à l’état pur… La deuxième partie de l’album va, quant à elle, davantage jouer la carte des contrastes pour mon plus grand plaisir: The Idea Of Someone me rappelle l’orfèvre Sébastien Schuller dans sa capacité à filer des frissons, Disappointed nous afflige une nouvelle déflagration rock à la Red Hot avant que Tired Since 1994, sublime ballade empreinte de spleen, ne vienne discrètement nous évoquer Radiohead. Le rythme cardiaque s’abaisse avec la pop-rock plus linéaire de Right Where We Belong et le surprenant A Step Further Down porté par la douceur cristalline de son piano… Mais que dire du morceau final The Big Picture? Ce titre résume à lui tout seul la richesse artistique de Last Train, entre souffle épique et décharges éléctriques. 10 minutes sublimes comme la dernière touche d’un tableau frôlant la perfection. L’avenir appartient désormais à Last Train et j’attends désormais avec impatience les prochains voyages. Enjoy!

Sylphe