Son estival du jour n°23 : A Real Hero (2009) de College feat. Electric Youth

Pour bien débuter la semaine, on vous embarque dans un son qui sent bon les douces soirées d’été : laisser retomber la torpeur de la journée, siroter une bière fraîche, écouter quelques bons disques avec un pote et parler de la vie, ou au contraire juste la regarder s’écouler pépouze. Puis, s’en aller déambuler, ou prendre la route, toutes vitres ouvertes et son à fond, si bien sûr on n’a pas abusé des boissons houblonnées évoquées plus haut.

C’est un peu à ces images-là que A Real Hero me ramène. Titre né en 2009 sous les doigts du français David Grellier aka College, mais surtout popularisé (et propulsé même) après avoir intégré la BO de l’exceptionnel film Drive en 2011, voilà bien un son total estival que je ne me lasse pas de réécouter. Tout comme l’entièreté de la BO du film, essentiellement composée par Cliff Martinez, dans laquelle on retrouve aussi le génial Nightcall de Kavinsky ou  Under your spell de Desire.

Mais pour l’heure, il est question de ce Real Hero qui sent bon l’électro-pop mâtinée de synthwave. College s’adjoint ici la collaboration d’Electric Youth, un duo canadien qui donne dans la synth-pop depuis une dizaine d’années. Bref, du bon son qu’on aime, et ce n’est pas mon gars sûr Sylphe qui me contredira !

Raf Against The Machine

Ciné-Musique n°7 : Blood Machines (2020) de Seth Ickerman + Carpenter Brut

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Visuel  Blood Machines from Bloodmachines.com

Petite interruption de la balade dans le carton à souvenirs, puisqu’on me signale dans l’oreillette que le nouveau Carpenter Brut est sorti, sous la forme de la bande originale de Blood Machines. Qui ? Quoi ? Quand ? Comment et pourquoi ? On rembobine la VHS et on reprend les bases pour mieux comprendre où on en est.

Derrière Carpenter Brut, il y a Franck Hueso. Le garçon débute sa discographie en 2012 avec un premier album de 6 titres sobrement intitulé EP I. Suivront assez logiquement les EP II (2013) et EP III (2015), aujourd’hui regroupés dans le gros album Trilogy. Représentant de la synthwave (genre musical et artistique né dans les années 2010 et très inspiré par les films et la musique des années 1980), Carpenter Brut a même creusé son sillon dans le sous-genre musical darksynth, basé sur le métal, les sonorités sombres et les musiques de films d’horreur. En est logiquement sorti en 2018 l’album Leather Teeth (littéralement les dents en cuir, tout un programme), vraie fausse BO d’un film imaginaire qui aurait tout à fait trouvé sa place dans les vidéo-clubs des 80’s au rayon Horreur.

Transition toute trouvée pour évoluer vers la galette qui nous intéresse aujourd’hui. Plus exactement la galette virtuelle, puisqu’à ce jour Blood Machines OST n’est disponible qu’en version numérique. Le vinyle est annoncé, mais sans date pour le moment. Le nouveau disque de Carpenter Brut est, cette fois, la vraie BO d’un vrai film, lui aussi intitulé Blood Machines. Aux commandes de ce court métrage de 50 minutes, on trouve Seth Ickerman (aka Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard). Si le nom vous dit quelque chose, c’est normal : le titre Turbo Killer (2015) de Carpenter Brut était déjà mis en images par le duo. Ça raconte quoi ? Une sorte de fils illégitime de Mad Max et de K2000 en mode furieux, qui vole au secours d’une beauté brune en transe prisonnière de mystérieux et malfaisants personnages, dans une ambiance sonore plutôt gros son. Comme on est sympas sur Five Minutes, on vous met le clip à déguster sans tarder (avant de reprendre la lecture juste en dessous).

Important d’avoir en tête ce Turbo Killer, puisque Blood Machines en est la suite. On y retrouvera Mima, cette jeune femme délivrée de sa prison pyramidale, dans une histoire dont le pitch envoie plutôt du lourd : « Deux chasseurs traquent une machine qui tente de s’émanciper. Après l’avoir abattue, ils assistent à un phénomène mystique : le spectre d’une jeune femme s’arrache de la carcasse du vaisseau comme si elle avait une âme. Cherchant à comprendre la nature de ce spectre, ils entament une course-poursuite avec elle à travers l’espace. » (site officiel Bloodmachines.com). Le spectre de la jeune femme, c’est justement Mima, dont on a fait, assez fortement ému, la connaissance dans Turbo Killer. Vous suivez ?

Blood Machines fait dans la science-fiction, entre cyberpunk et space opera. Entre Blade Runner et Star Wars version dark, avec une touche du John Landis du clip de Thriller en 1983. Là encore, logique pour un duo qui a pondu un premier film Kaydara (2011) se déroulant dans l’univers du Matrix des Wachowski (si ça vous tente, Kaydara est visible via ce lien). Blood Machines est visuellement ambitieux et très alléchant (voir la bande-annonce ci-dessous), mais pour le moment impossible à voir légalement en France : aucun distributeur ne s’est manifesté pour diffuser ce qui semble être une petite pépite, bien que le site officiel nous promette des nouvelles pour bientôt. En revanche, ce sera dispo pour les backers du Kickstarter le 20 mai prochain, et ça débarque dès le lendemain 21 mai sur Shudder, la plate-forme de streaming d’AMC Networks. Prenons donc notre mal en patience. Et pour patienter, quoi de meilleur que de s’écouter la BO de Blood Machines ? (#l’artderetombersursespiedsenfind’article)

Disponible donc à l’achat (5 malheureux euros sur Bandcamp, c’est donné !) et en streaming depuis quelques jours, le versant sonore et musical de Blood Machines regroupe 13 titres, pour une durée totale de 36 minutes. Oui, 36 minutes pour un film qui en fait 50, ça veut dire que la place laissée à l’ambiance sonore est très grande. Quelle ambiance me direz-vous ? A l’image des influences visuelles de Seth Ickerman, Carpenter Brut conduit sa BO sous deux influences majeures. On alterne entre du Giorgio Moroder un peu vénère (comme dans le Blood Machines Theme) et du Vangelis de Blade Runner ou du Benjamin Wallfisch/Hans Zimmer de Blade Runner 2049 (sur une bonne partie du reste de l’album). Deux ambiances qui se répondent d’un morceau à l’autre, quand elles ne se croisent pas au sein d’un même titre. Ce qui, entre nous soit dit, colle totalement à ce que l’on connait de ce Blood Machines. D’un côté, du synthé ronflant et boosté par une batterie qui tabasse, histoire de bouger son corps. De l’autre, du synthé balancé par nappes aériennes, fantomatiques et parfois inquiétantes, comme pour nous plonger dans un monde que l’on frisonne de connaitre tout en n’ayant aucune envie d’y vivre.

Blood Machines OST c’est tout ça à la fois, et bien plus encore : le son Carpenter Brut est évidemment présent et immédiatement identifiable, au-delà de toute influence déjà évoquée. C’est excellent, comme toujours. Le seul problème de cet album ? Nous donner furieusement envie de voir (enfin) ce Blood Machines, mais aussi d’occuper nos journées de confinement en se refaisant une bonne partie de nos références musicales et cinématographiques SF/Cyberpunk. Comme effets secondaires, on a connu bien pire. En un mot comme en cent : foncez !

Raf Against The Machine

Clip du jour n°14 : Le Perv (2012) de Carpenter Brut

Cette semaine, j’ai failli vous parler de la BO de Peaky Blinders, très grande série autour de la vie, de la famille et des magouilles de Thomas Shelby. J’ai failli, mais ledit album n’est pas arrivé à temps chez moi. On en reparle très bientôt. Pour patienter, je vous ai dégoté un clip tout public et d’une fraîcheur printanière.

Je plaisante. S’il y a des enfants, c’est le moment de les éloigner de l’écran. Les images du jour accompagnent Le Perv, morceau composé par Carpenter Brut en 2012. Rien que le titre, ça met un peu la puce à l’oreille non ? Pour les étourdis ou les rêveurs qui seraient passés à côté de Carpenter Brut (aka Franck Huesco), rappelons qu’il s’agit d’un des plus grands musicos électro français. Le garçon nous inonde de bon son depuis 2012 et connait un succès assez retentissant par chez nous, mais aussi à l’étranger et notamment aux Etats-Unis.

La recette ? Une bonne dose de synthwave (combo influence films et musiques des années 80), saupoudrée de darksynth (un mix de sonorités sombres, de métal et de BO de films d’horreur). Et, comment vous dire, ça fonctionne extrêmement bien, à l’image de ce Perv qui synthétise (#vousl’avez?) tous les bons ingrédients du Carpenter Brut. Le son est volontairement dark et inquiétant, tout autant que lourd et pesant. Et surtout, le son est gros, craché par des synthés de l’époque.

Pour accompagner ce morceau de dingue, un clip en forme de vraie-fausse bande-annonce d’un vrai-faux film d’horreur 80’s. Sur la forme, c’est bluffant de talent. Tous les codes du genre et de l’époque sont présents : tenues vestimentaires, coiffures, qualité de l’image, cadrages, titres… Sur le fond, c’est à la fois excitant et dérangeant à souhait, avec des femmes peu vêtues, des seins dénudés, des corps qui suent et des positions suggestives et lascives, que vient troubler une espèce de pervers malaisant équipé d’une longue aiguille, substitut phallique et expression perturbante d’une pulsion de pénétration .

J’avoue avoir galéré un moment à vous trouver un lien accessible pour visionner cette petite merveille : sur Youtube, par exemple, il faut s’identifier pour justifier de son âge ^^ Voilà qui donne une autre idée de l’objet ! Je vous propose donc la version son, avec juste au-dessus un lien pour aller directement se balader sur le site de Carpenter Brut (page vidéos) et visionner notre clip du jour.

Je vous laisse savourer ce moment de douceur et de sérénité, en vous donnant deux conseils ultimes. Premièrement, n’hésitez pas à écouter le reste des compos de Carpenter Brut, c’est jouissif et d’une intelligence folle. Deuxièmement, n’écoutez surtout pas ça sur de minuscules enceintes. Faites moi le plaisir de dégainer ce Perv (et autres titres) sur une bonne grosse chaine, avec le son qui envoie. Une dernière chose : ce titre a été utilisé il y a quelques années dans un publicité Adopte un mec. On peut parler de sens de l’humour assez avancé.

Lien Page Vidéos de Carpenter Brut

Raf Against The Machine