Five Titles n°19: Yol d’Altin Gün (2021)

Voyageons aujourd’hui vers les sonorités orientales d’Altin Gün (âge d’or en turc) qui, comme son nom l’indique peu, Altin Günest un groupe néerlandais. Même s’ils se plaisent à rappeler qu’un seul membre du sextuor est d’origine turque, le groupe créée par des collaborateurs de Jacco Gardner s’inspire pleinement des sonorités orientales et le saz (sorte de luth) tient une place centrale dans les deux premiers albums On en 2018 et Gece en 2019. Certes les voix de Merve Dasdemir et Erdinç Ecevit Yıldız me séduisent mais je dois reconnaître que ces deux premiers albums ne me touchent pas plus que ça, même si je reconnais leur cohérence. Du coup, je n’ai pas particulièrement d’attente en écoutant ce troisième opus Yol et je suis juste curieux de voir l’évolution du son d’Altin Gün. Certes, on retrouve cette langue turque aux accents chantants et les influences orientales mais quelle évolution et ouverture vers une synthpop 80’s qui me séduit pleinement. La curiosité polie laisse ainsi place à un vrai plaisir, ce Yol est brillant et fait parfaitement le lien entre Orient et Occident, tel une Istanbul placée sur le détroit du Bosphore entre Europe et Asie. Je vous propose de découvrir 5 titres marquants de ce Yol (route en turc), qui vous permettront de voyager.

 

  1. Ordunun Dereleri, après les trente secondes du morceau d’ouverture, frappe fort et révèle d’emblée la révolution sonore. Sur fond de circulation automobile, un synthé puissant vient prendre le pouvoir et marteler avec une certaine douceur le titre. La voix de Erdinç Ecevit Yıldız apporte sa grâce pour un résultat de synthpop séduisant et entraînant où les gimmicks sonores s’épanouissent en fond.
  2. Yüce Dağ Başinda joue de son côté la carte de la pop à fond. Les synthés sont omniprésents (j’y ai reconnu des sons présents chez Gorillaz …) et la voix de Merve Dasdemir porte le titre pour un résultat d’une grande spontanéité particulièrement communicative.
  3. Une guitare d’une grande justesse et des synthés? J’ai ce qu’il vous faut avec Kara Toprak qui est sublimé par la voix de Merve Dasdemir. Je dois reconnaître que mes mots peinent à retranscrire mon plaisir d’écoute et je ne peux que vous inviter à me faire confiance…
  4. Maçka Yollari rappelle, quant à lui, l’univers des deux premiers albums. Le saz est omniprésent mais le contraste avec la boîte à rythmes lui donne encore plus de poids et le voyage est garanti. Ce morceau me donne une furieuse envie de danser dans mon salon.
  5. Le morceau final Esmerim Güzelim clot l’album avec douceur par un jeu subtil de ruptures de rythme et un vent pop qui souffle avec justesse.

C’est avec une certaine frustration que je finis cette brève chronique qui ne rend pas assez honneur à ce Yol, je compte sur vous pour que votre plaisir d’écoute compense tout, enjoy!

 

 

 

 

Sylphe

Review n°33: A Bath Full of Ecstasy de Hot Chip (2019)

Le 21 juin dernier, plus que l’arrivée de l’été c’est bien le septième opus des anglais deHot Chip Hot Chip qui m’a marqué. Nous avions déjà parlé ici de l’excellent clip du non moins excellent single Hungry Child (voir ici ) qui ne laissait augurer que de belles choses de la bande formée autour du duo Alexis Taylor/ Joe Goddard. L’album dont le nom vante « les paradis artificiels » n’a rien d’artificiel et s’impose comme ma bande-son de l’été, tout cela sous l’influence du regretté producteur  Philippe Zdar. Allez, tel un Stéphane Plazza décomplexé, je vous propose un petit tour du propriétaire qui devrait vous convaincre d’intégrer cet album à votre playliste estivale!

Le morceau d’ouverture Melody of Love (#titrepremonitoire) est sans surprise aucune mais d’une efficacité redoutable, la voix d’Alexis Taylor, les synthés et cette montée progressive qui vient nous cueillir et nous amener vers les dance-floors. Soudainement la nostalgie nous prend et nous voilà dans le courant des fluo kids, on bouge notre corps sans prendre conscience que la première flèche de Cupidon vient de toucher son but… Spell vient ensuite contraster avec la légèreté du titre précédent, les sonorités sont plus sombres avant que le refrain lumineux et pop où le vocoder vient nous faire un clin d’oeil prenne plaisir à casser les codes. Un morceau gourmand à souhait, une pop hédoniste savoureuse… Bath Full of Ecstasy s’impose dans la foulée comme le titre pop par excellence, très inspiré par les français de Phoenix, pour un résultat séduisant mais un brin trop classique à mon goût. Clairement la première partie de l’album est dévastatrice avec deux nouveaux bijoux: Echo, morceau dance tout en ruptures qui amène avec brio la pépite house Hungry Child dont le beat de fond est une vraie drogue dure et dont l’ambiance n’est pas sans nous rappeler Cassius.

La deuxième partie de l’album perd un peu en puissance mais permet de maintenir une belle homogénéité à l’ensemble. Positive me donne l’impression que Caribou et Depeche Mode ont fauté en cachette, Why Does My Mind joue la carte de la douceur sucrée pop dans une belle débauche de synthés, Clear Blue Skies fait la part belle aux cordes et à la voix de Joe Goddard pour un instant hors du temps tout en poésie avant que No God ne vienne croiser sonorités dansantes et atmosphère mélancolique comme Hot Chip sait si bien le faire. Voilà en tout cas un bien bel album d’un groupe à l’identité sonore certaine qui sait toujours satisfaire mes sens, cette review 33 m’incite à partir en Gironde (#toutestcalculéafiveminutes) pour recharger les batteries et revenir dans une dizaine de jours avec du bon son à foison. Enjoy!

Sylphe

Clip n°10: Hungry Child de Hot Chip (2019)

Hot Chip est clairement un groupe marquant des années 2000 qui possède à son actif desHot Chip albums de haut vol comme The Warning en 2006 ou encore One Life Stand en 2010. Le groupe formé autour des deux têtes pensantes Alexis Taylor et Joe Goddard (dont les albums solo méritent aussi franchement le détour) a su donner ses lettres de noblesse à la synthpop pour un résultat dansant à souhait. Impossible pour moi en tout cas de ne pas me déhancher à l’écoute de How Do You Do?, Ready For The Floor, I Feel Better, Boy From School ou Over And Over, bref vous aurez parfaitement perçu mon manque total d’objectivité et la joie de savoir que leur septième opus A Bath Full of Ecstasy sortira le 21 juin. Et oui cette année l’arrivée de l’été aura une double saveur…

Pour nous permettre de tenir le coup, les anglais nous ont livré le 4 avril dernier leur titre Hungry Child dans lequel on retrouve tous les ingrédients de leur réussite, ces synthés gorgés de soleil et cette volonté de faire danser en se tenant sans cesse sur le fil où les effets un peu pompiers ne sont jamais bien loin mais sans franchir la ligne. Ce titre est brillamment mis en scène par un clip que je trouve tout simplement génial entre critique subtile du couple et second degré évident. Ce pauvre couple voit son quotidien -quotidien peu reluisant où madame passe son temps devant la télévision et monsieur est enfermé dans son bureau à jouer au solitaire dans une volonté de ne rien partager émotionnellement- exploser en vol lorsque la musique de Hot Chip vient s’immiscer dans leur vie. De manière ludique, le clip met le doigt sur la difficulté de communiquer en couple et montre à quel point la musique a un pouvoir incommensurable. Enjoy!

Sylphe