Clip du jour n°15 : Funky Junky Monkey (2020) de Shaka Ponk

Trois ans après The Evol’, le groupe de rock alternatif geek touche-à-tout Shaka Ponk remet le couvert en fêtant ses 15 années de carrière : une anthologie à venir le 6 novembre prochain, sobrement intitulée Apelogies, qui regroupera des titres réenregistrés, un live et quelques pépites. Dont ce Funky Junky Monkey, qui est en fait un des premiers morceaux du groupe, énergique, furieux et sans aucun répit. Titre que l’on peut apprécier aujourd’hui accompagné de son clip.

Et quel clip ! Goz, le singe/membre virtuel du groupe, accompagne la joyeuse bande depuis ses débuts. Quoi de plus évident, pour une célébration, que de revenir aux origines (de la formation, comme de nous-mêmes) ? Funky Monkey Junky est un clip complètement dingue, qui balance à tour de bras des images de pop culture dans lesquels le singe remplace l’Homme. La liste des multiples références serait bien trop longue à dérouler. Autant vous laisser le plaisir de la découverte, de la recherche et de l’identification. Ouvrez grand vos yeux et vos oreilles.

Chaque clip de Shaka Ponk est une petite merveille. Ici-même, nous avions déjà parlé, par exemple, du génial clip accompagnant leur reprise de Smells like Teen Spirit. Ce Funky Junky Monkey ne déroge pas à la règle, avec un sens du graphisme et de la dynamique de montage qui colle à la peau ruisselante de sueur de tout fan du groupe. Ce clip-là, toutefois, a une petite dose d’un je-ne-sais-quoi en plus. Peut-être du côté du communiqué de presse qui accompagne sa sortie : un titre qui « raconte l’histoire de ce singe très punk, post humain, qui vient reprendre sa place dans un monde d’où les Hommes l’ont exclu ». Et un clip qui « a pour ambition de défendre et d’étendre ce propos : le singe envahit notre culture, rappelle à l’Homme d’où il vient, Il impose un recul sur notre monde superficiel et nos préoccupations égocentriques ».

Vous suivez mon regard ? César, Cornélius, Zira, Zaïus… La Planète des Singes, comme une évidence. Pour moi qui suis un client total de pop culture, mais aussi un fan absolu de cet univers et des questionnements qu’il porte, ce clip résonne parfaitement. L’ironie (ou pas) du calendrier veut qu’il soit sorti le 18 juin dernier. Une sorte d’appel version Planet of the Apes.

NB : Pour les gros clients de La Planètes des Singes, ce 26 juin marque la sortie chez Vestron du comics La Planète des Singes par Rod Serling – Le scénario oublié. Ou comment, en 128 pages, découvrir (enfin) la première version du scénario, mise en images. Monkeys over the world.

Raf Against The Machine

Clip du jour n°7 : Smell like teen spirit (2018) de Shaka Ponk

Les plus pertinents et réactifs d’entre vous me diront : « Smell like teen spirit de Shaka Ponk ? N’importe quoi, c’est le méga tube de Nirvana ! » C’est pas faux et c’est même très vrai, mais le clip du jour est une bonne occasion de prolonger le sujet de la semaine dernière (faut-il préférer l’original à la copie ?), en une déclinaison : faut-il préférer l’original à une reprise ? Nous en avons d’ailleurs déjà parlé avec Paco Ibañez et Brassens sur El testamento/Le testament. Nouvelle exploration de la question donc, avec Shaka Ponk qui largue ici une véritable reprise tueuse de Smell like teen spirit (1991) de Nirvana.

Autant le dire tout de suite : je n’ai pas choisi entre les deux versions. Tout comme je ne choisirai jamais entre Leonard Cohen et Sixteen Horsepower sur The Partisan, ou entre Alizé et Julien Doré sur Moi Lolita. En fait si, dans ce dernier cas je tranche nettement. Bref. Nirvana, c’est du gros son grunge que l’on connaît, la voix d’écorché vif de Kurt Cobain et une énergie que l’on n’attendait pas vraiment à l’époque. Smell like teen spirit en est l’exemple parfait, bien qu’on l’ait sur-entendu et qu’on nous l’ait sur-diffusé jusqu’à l’overdose (#sansmauvaisjeudemots #moiaussijesaism’amuseravecleshashtagcommemoncopainSylphe), tel un single de Jul.

Presque 30 ans après ce boulet de canon sonore, Shaka Ponk choisit de le revisiter dans une reprise absolument renversante d’énergie. Energie mélancolique et contenue pendant la première partie, avant de se libérer totalement pour une explosion de saveurs qui fait frétiller les papilles. Une reprise maîtrisée de bout en bout qui me fait dire que, si j’ai laissé Shaka Ponk un peu de côté depuis The black pixel ape (2014) et The white pixel ape (2014), il est grand temps de les retrouver. Surtout quand la formation est capable, comme à son habitude, d’exceller à la fois sur le plan musical et sur le plan visuel et vidéo.

Le clip du jour est tout simplement fou comme Shaka Ponk peut l’être, et les images se déroulent à un rythme qui colle à la note près à ce putain de morceau qui n’a jamais cessé de me hanter. Tantôt j’ai l’impression de regarder un générique de James Bond by Maurice Binder, tantôt on bascule dans l’univers onirique geek du groupe. C’est bien simple : j’adore cette reprise, et j’adore ce clip, qui me fait adorer encore plus la reprise. Let’s bang, en plongeant dans 5 minutes (Five minutes… vous l’avez ? #j’aimangéduclown) de bon son et d’images ouf de dingue.

Raf Against The Machine