Pépite du moment n°48 : Still Life (2019) de Maud Geffray with Lavinia Meijer

pan064_poster-800x800Le 18 octobre de cette année sera à marquer d’une énorme croix rouge, ou de tout ce que vous voudrez pour le rendre inoubliable. Nos oreilles auront droit au Dyrhólaey de Thomas Méreur et au Everything not saved will be lost Part. 2 de Foals. Nos petites mains et nos cerveaux de crétins digitaux (n’est-ce pas Michel Desmurget ^^?) auront droit sur consoles au génial Return of the Obra Dinn. Mais ce n’est pas tout !

Une autre galette plus que prometteuse pointe le bout de son nez, avec Still Life de Maud Geffray. On connaît déjà cette dernière pour ses deux albums solos 1994 (2015) et Polaar (2017), ainsi que pour la BO du film Southern Belle (2018) . On connaît aussi Maud Geffray pour être la moitié de Scratch Massive, aux côtés de Sébastien Chenut. Scratch Massive, c’est de l’électro/synthwave/synthpop qui fait plutôt du bien aux oreilles depuis Enemy & Lovers (2003), leur premier album studio, auquel ont succédé plusieurs autres opus de qualité.

En 2015, Maud Geffray choisit de s’amuser parallèlement à Scratch Massive avec des projets solos. 1994 (publié en 2015, vous suivez 😉 ?) est la bande-son d’un film tourné pendant une rave en 1994 sur une plage bretonne. Deux ans plus tard, Polaar propose une expérience à l’occasion d’une résidence hivernale dans le nord de la Finlande. Maud Geffray s’inspire alors de la vie des habitants plongés dans le noir, dans un coin du monde où le soleil se montre alors à peine 2 heures par jour.

Nous voilà donc deux ans plus tard, de nouveau, avec cette proposition Still Life, sous-titrée A tribute to Philip Glass. Voilà un bien bon choix qu’on ne peut qu’approuver. Philip Glass, chef de file de la musique contemporaine minimaliste et répétitive, c’est déjà très beau et ça fait un bien fou. Revisité par Maud Geffray, c’est tout simplement superbe et envoûtant. Elle fait le choix de mélanger instruments classiques et musique électronique, ainsi que gazouillis d’oiseaux et autres sons naturels, pour un titre parfaitement équilibré qui plonge instantanément dans un voyage vaporeux et plein de bon air à respirer.

Côté instruments classiques, Maud Geffray s’est adjoint, pour cet opus, les services de Lavinia Meijer, harpiste néerlandaise qui apporte à Still Life une note cristalline et aérienne, comme une sorte de cerise sur un fin gâteau déjà excellent. En résumé, vous l’aurez compris, ce premier extrait Still Life est d’une beauté à tomber, ce qui laisse imaginer un album assez renversant avec les sept autres titres à venir. C’est prévu pour le 18 octobre (soit dans 15 jours). Je suggère de se procurer rapidement cette belle galette. Et si vous avez déjà précommandé Dyrhólaey, le Foals et Return of the Obra Dinn, et que les finances sont à sec… Soit vous vous foutez de ce que dira votre banquier et vous foncez. Soit vous vous montrez raisonnable, et ce sera un achat incontournable en novembre.

Raf Against The Machine

Clip du jour n°5: Last Dance de Scratch Massive (2018)

Le duo français composé de Maud Geffray et Sébastien Chenut, alias Scratch Massive, a sorti il y a deux jours son nouvel opus Garden of Love, 7 ans après Nuit de Rêve. Je ne vous cache pas que depuis il tourne régulièrement dans mon antre et il est fort possible que je vous en reparle ici-même. Comme toute sortie d’album, un single était déjà parti en éclaireur afin de titiller les papilles auditives et développer en nous une impatience viscérale.

Ce Last Dance est un superbe morceau d’électro sombre, au pouvoir cinétique incontestable, sur lequel la douce voix de Maud Geffray se pose comme un papillon de nuit. La rythmique est assez lente et confirme la volonté de ce Garden of Love de s’éloigner quelque peu des dance-floors. Les spécialistes du virtuose danois Trentemøller trouveront des similitudes évidentes et n’en savoureront que davantage ce titre qui est brillamment illustré par un clip soigné.

Ce clip tourné en Thaïlande est facile d’accès et révèle une puissance narrative évidente. Nous suivons un jeune homme faisant partie d’un gang qui rencontre une jeune fille passionnée de danse, cette rencontre décisive va être l’élément délencheur qui va inciter notre jeune yakuza à fuir cette vie de violence qui le répugne en compagnie de cette ballerine. La rencontre est sublimée par la seule puissance des regards, comme si ces derniers exprimaient plus que la parole et la danse s’impose comme l’échappatoire qui permet aux deux protagonistes de fuir un quotidien décevant. La scène où le jeune homme danse sur le toit est particulièrement touchante car c’est le seul moment où l’on voit la joie et l’innocence se dessiner sur le visage du personnage.

Outre le charisme évident du duo, certains éléments subliment ce clip comme les ambiances nocturnes qui se marient parfaitement à la musique, l’aspect cyclique du clip avec cette route que les fugitifs empruntent à la fin et ce couloir qui revient de manière récurrente comme pour symboliser que les êtres suivent un avenir tout tracé. Heureusement pour le héros, une porte était ouverte….

A savourer sans modération…

Sylphe