Ciné-Musique n°9 : Who did that to you ? (2012) de John Legend

Django_Unchained_Bande_OriginaleSi la pépite intemporelle du jour vous dit quelque chose, c’est très possiblement pour l’avoir entendue en accompagnement musical d’un des plus grands films de ces dernières années. Nous y reviendrons très vite. Who did that to you ? a été composée précisément pour ce film, par un John Legend totalement inspiré. Musicien en activité depuis plus de vingt ans, il s’illustre dans les registres mêlés de la soul et du R’n’B, ce qui a donné lieu à des collaborations avec des Lauryn Hill, Jay-Z, ou encore Alicia Keys, excusez du peu. Le garçon est également à la tête d’une flopée de singles et d’albums sous son propre nom. Multi-récompensé notamment aux Grammy Awards, Golden Globes et Oscar, on tient là un artiste productif et qui ne manque pas de prestance.

En témoigne la pépite du jour. Who did that to you ? est un savant mélange de soul et de blues, teinté de gospel. Rien d’étonnant à cela, vu que John Legend a été plongé dès son plus jeune âge dans la musique par ses parents, chrétiens pratiquants. Ses premiers contacts musicaux ont été les chansons chrétiennes et le gospel. Who did that to you ? respire ces influences, tant dans la composition que le texte. Côté partition, ça groove et c’est mené comme les meilleurs morceaux soul de l’histoire, avec un vrai frisson. L’utilisation en intro d’un sample du viscéral et vénéneux The right to love you (1966) du groupe soul/funk The Mighty Hannibal ne fait que renforcer la puissance musicale du titre de John Legend.

Une force et une rage contenue à fleur de peau qui se décline aussi dans les paroles de Who did that to you ? Il est ici question de colère, de Dieu, et de la promesse d’une vengeance à la hauteur du mal fait à l’aimée. Composée spécialement pour Django Unchained (2012), septième film de Quentin Tarantino, cette chanson est sans doute un des morceaux qui colle le plus au propos film. Comme toujours chez Tarantino, il est question de revanche, et même ici de revanche multiple : racisme, esclavagisme, discrimination sociale, sexisme. Et la recherche de la liberté absolue, tant pour ses personnages que pour son propre cinéma. Tarantino développe tout ça avec brio dans l’univers du western, pour un résultat marquant et, sans doute, un de ses meilleurs films. Intéressant par ailleurs de voir que Django Unchained s’inspire et fait référence à Django (1966) de Sergio Corbucci, et qu’un des titres les plus efficaces de sa BO sample et s’inspire d’un autre titre, lui aussi de 1966.

Il ne reste plus qu’à (re)voir Django Unchained pour (re)visionner la scène qu’accompagne notre pépite musicale, et notamment le regard en gros plan qui dit tout à 2h31 pile. La boucle est bouclée. Et jamais n’aura été aussi présente l’idée que Tarantino fait coïncider images et musiques percutantes. Du grand son, du grand ciné : Who did that to you ? au cœur de Django Unchained, pour un moment d’anthologie, et l’introduction des parfaites quinze dernières minutes d’un film parfait. Intense et jouissif.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°30 : California Dreamin’ (1966-1968) de The Mamas & The Papas, par José Feliciano

81Yvlr2p4uL._SL1500_Si vous êtes des habitués de Five Minutes, vous savez que, généralement, on dégaine des sons estivaux pour la période juillet-août. Histoire de continuer à vous alimenter en musiques, tout en nous accordant un peu de relâche. Un son estival sur Five Minutes, c’est quoi ? Un bon son (ça va sans dire), que l’on vous dépose comme ça, presque sans commentaires et sans en faire des paragraphes entiers. Tout au plus quelques lignes, histoire d’accompagner l’essentiel : quelques minutes de musique à glisser dans vos oreilles, au cœur de l’été. Ceci étant dit, je vois l’étonnement poindre. Non, nous ne sommes pas déjà en juillet-août. Ce n’est même pas encore l’été officiellement, puisqu’il nous reste 3 semaines à attendre. Alors, que se passe-t-il chez Five Minutes pour que vous ayez droit à un son estival un 27 mai ?

Soyons honnêtes : une semaine démentielle, bien peu de disponibilités et d’énergie pour écrire et préparer une chronique approfondie digne de ce nom. Mais aussi l’envie d’un peu de légèreté, sans doute due à l’arrivée (enfin) d’une vraie journée printanière, baignée d’un bon soleil qui nous a fait du bien depuis ce matin. Et ce son qui me trotte dans la tête depuis quelques heures. California Dreamin’ est un standard absolu de la deuxième moitié des 60’s. En pleine explosion du Flower Power, à l’approche de Woodstock, The Mamas & The Papas créent ce titre devenu incontournable. C’est pourtant une version plus feutrée que nous allons écouter : la reprise faite deux ans plus tard (soit en 1968) par José Feliciano. Une interprétation que l’on retrouve notamment sur l’exceptionnelle BO de Once upon a time… in Hollywood, l’exceptionnel 9e film de Quentin Tarantino.

C’est un son estival : j’en ai déjà bien trop dit ! Place à la musique, sous les derniers rayons solaires du jour avec, pourquoi pas, un petit verre de fin de journée pour souffler un peu. Un vin blanc ? Parfait. En plus, ça nous permettra de regarder au travers la douceur de la lumière du soir. La vie.

Raf Against The Machine