Review n°74: Glowing in the Dark de Django Django (2021)

Retour aux affaires blogesques aujourd’hui après deux semaines de vacances, coupé d’internet maisDjango Django pas de l’actualité musicale très riche du moment où des grands noms comme Tindersticks, Altin Gün ou Balthazar ont sorti des albums qui font chaud au coeur. Vous vous doutez bien que Django Django va venir enrichir cette belle litanie avec son quatrième album Glowing in the Dark sur le label très recommandable Because Music… Après un premier album éponyme  particulièrement enthousiasmant en 2012 dans sa volonté de proposer une pop hédoniste brisant les frontières et croisant avec succès le rock psyché et les sonorités électroniques, les Anglais de Django Django ont tranquillement tracé leur sillon au rythme d’un album tous les trois ans avec Born Under Saturn en 2015 et Marble Skies en 2018. C’est donc sans surprise, après trois nouvelles années bien longues (la dernière paraît s’écouler lentement non?) que ce Glowing in the Dark, composé dans son intégralité pendant le confinement, va venir nous apporter sa touche lumineuse. Si vous avez besoin d’un album qui vous imprime un sourire perpétuel sur le visage, cet album est fait pour vous tant il revient à  l’hédonisme des débuts!

Le morceau d’ouverture Spirals va nous offrir d’emblée 5 minutes très riches, comme la BO d’un western psychédélique. Une boucle électro qui s’accélère et fait monter une tension presque palpable, la batterie qui entre en jeu et la voix si caractéristique de Vincent Neff qui sublime un refrain pop addictif, font de ce titre une pépite qui fonctionne immédiatement. Les pisse-froid diront que la recette est un brin éculée mais elle est appliquée à la perfection! Right the Wrongs et Got Me Worried jouent ensuite la carte d’une pop solaire et sans retenue, nourrie à la fontaine du psychédélisme et lorgnant vers ses compères d’Hop Chip. J’aime bien les rythmiques uptempo mais ces deux titres restent un peu trop linéaires et classiques à mon goût pour me renverser totalement, même si le kitsch des applaudissements live sur la fin de Got Me Worried n’est pas pour me déplaire. Je me laisse plus facilement toucher par la voix mystérieuse de Charlotte Gainsbourg, leur compagne de label, sur Waking Up,qui prouve au passage que la pop lui va à merveille et la rythmique ralentie de Free from Gravity. Quelques sonorités spatiales et un refrain entêtant suffisent à mon plaisir car je suis un homme facile.

Headrush vient alors proposer un croisement original entre psychédélisme et expérimentation électronique. Une ligne de basse qui s’imprime en toi et fait vibrer ta colonne vertébrale, des choeurs un peu kitsch qui se marient à merveille avec l’instrumentation très riche, je n’arrive pas à me retirer de la tête en écoutant ce morceau que les Américains d’Animal Collective viennent de vriller et se mettent à composer de la pop accessible… Cet album regorge de vraies surprises comme ce surprenant The Ark inquiétant qui propose une revisite électro- SF (oui je trippe totalement sur ce nom) de krautrock. Bref, vous l’aurez compris, c’est joliment inclassable. Un Night of the Buffalo séduisant par son sentiment d’urgence sous-jacent et sa guitare en arrière-plan (et ce, malgré des violons improbables sur la fin qui montrent que le confinement n’a pas laissé de marbre nos amis Anglais) et la douceur de The World Will Turn où l’association voix/guitare sèche nous donne l’impression que Jean-Baptiste Soulard s’est mis à l’anglais une bonne fois pour toute nous amènent vers une fin d’album particulièrement réussie.

Kick the Devil Out tout d’abord et sa sonnette inaugurale surprenante prolonge la veine de la pop hédoniste  avant l’électro séduisante de Glowing in the Dark qui lorgne avec envie vers le dance-floor et les Anglais de Hot Chip et le bijou Hold Fast, superbe épopée électronique au pouvoir pop incontestable… La voix de Vincent Neff révèle amplement toutes ses qualités, je dois reconnaître que je suis sous le charme de ce morceau et regrette presque qu’Asking for More, morceau classique plus pop, vole à Hold Fast la place finale de cet album qui vous permettra d’aborder sereinement la dernière ligne droite de cet hiver, enjoy!

 

 

Sylphe

Pépite du moment n°38: Salted Caramel Ice Cream de Metronomy (2019)

En cette période caniculaire, nous sommes dans une quête perpétuelle de fraicheur, laMetronomy fraicheur est tout bonnement notre Graal… Bien sûr vous me voyez venir car vous avez vu le titre et vous vous attendez à une pauvre ouverture dans le genre « besoin de fraicheur j’ai de la glace pour vous avec l’Ice Cream de Metronomy« . On ne va pas se mentir, mon esprit anesthésié par la chaleur étouffante a forcément eu ce raisonnement mais pas que… Metronomy a depuis ses débuts su me toucher, en particulier les deux premiers opus, le très électronique Nights Out en 2008 et le sommet de leur discographie jusqu’à maintenant le brillantissime The English Riviera en 2011. Ce dernier véhicule pour moi une image estivale où la fraicheur reste de mise, sûrement l’influence inconsciente du clip de The Bay.

Du coup Five-Minutes sait respecter son lectorat plus âgé et suit les préconisations du Ministère de la Santé en vous offrant une bonne dose de fraicheur. Tout d’abord une première bonne nouvelle avec la parution du sixième opus Metronomy Forever le 13 septembre prochain, la deuxième c’est l’excellent single Lately sorti il y a un mois qui nous donne une surprenante et excitante leçon de rock que, dans un acte de bonté totale (#meloniteaigue), je vous mettrai aussi en fin d’article. La dernière bonne nouvelle du jour c’est ce deuxième titre Salted Caramel Ice Cream et son clip loufoque, véritable pépite pop qui met en avant les synthés si représentatifs du groupe et la voix du bassiste Olugbenga Adelekan. Voilà en tout cas une pop hédoniste qui vaut tous les kilos de glace du monde! Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°35: Home to You de Cate Le Bon (2019)

Voilà deux semaines que ce titre m’obsède avec sa ritournelle candide et je vous invite à Cate Le Bonfaire la connaissance de Cate Le Bon. Je dois reconnaître que cette galloise m’était absolument inconnue avant la parution de son quatrième opus Reward… En même temps lorsque l’on a accompagné en tournée St Vincent, John Grant ou Perfume Genius et que l’on vient de signer sur le label Mexican Summer (Ariel Pink ou Connan Mockasin ) ça dresse un personnage…

Pour en revenir au sujet du jour, ce Home to You est juste superbe avec sa ritournelle imparable et la beauté de la voix de Cate Le Bon. Voilà un titre d’une douceur incommensurable qui m’évoque les grands moments d’émotion de Bat for Lashes ou de Joan as Police Woman. Et que dire de ce clip d’une grande humanité qui sublime par les images le titre? On suit des roms qui vivent à part dans le quartier Lunik IX de Košice en Slovaquie, loin de vouloir mettre le doigt sur la misère sous-jacente ce clip montre toute la cohésion de cette communauté et le bonheur qu’ils ont à vivre ensemble. Une bien belle leçon d’humanité à savourer… Enjoy!

Sylphe

Review n°30: To Be Continued… de Tropical Mannschaft (2019)

Belle découverte en perspective aujourd’hui avec Tropical Mannschaft dont le nomTropical Mannschaft farfelu et original ne cache pas de la pop caribéenne agrémentée de rythmiques martiales teutonnes (#stereotypesquandtunoustiens) mais plutôt une pop jouissive toute en contrastes entre luminosité apaisée et nappes de brouillard mélancoliques. Derrière ce nom on retrouve l’ancien guitariste de The Lanskies Florian von Künssberg qui avait déjà sorti un premier EP en 2016 intitulé Make a Name for Yourself et nous offre avec ce second EP To Be Continued… plein de belles promesses musicales qui, je l’espère, auront la possibilité dans le futur de s’exprimer pleinement dans un LP.

Le morceau d’ouverture Wonderful Life frappe fort d’emblée avec une pop aérienne, la voix traitée judicieusement avec de la réverb m’évoque Sébastien Schuller (dont on regrette le silence depuis 5 ans au passage) et les sonorités sont étonnamment mélancoliques. Les synthés me plongent dans une version pop de la BO de Virgin Suicides d’Air, bref vous l’aurez compris avec les multiples références de qualité ce titre est un pied d’appel parfaitement réussi. La beauté des dieux vient ensuite proposer une pop chantée en français sur un fond dominé par les synthés, titre qui devrait satisfaire les fans d’un des phénomènes du moment Flavien Berger. De mon côté je suis davantage séduit par le single Up The Hill et son clip digne de Michel Gondry à visionner à la fin. La guitare est de sortie, le refrain tout en rupture est brillant et addictif, le résultat est gourmand et m’évoque les délires du troisième excellent album de MGMT. Voilà pour moi la définition parfaite d’une pop hédoniste qui appelle la saison estivale.

Les guitares plus rock de Himalaya donnent encore plus de corps à ce To Be Continued… alors que Guru continue à creuser le sillon d’une pop séduisante et empreinte de sensualité avec ses choeurs féminins bien sentis. Le morceau final Leave Me Out referme brillamment l’album avec ses sonorités plus électro, créature hybride née de la rencontre entre MGMT et Midnight Juggernauts, avec Air qui filme en fond les ébats. Il démontre le potentiel de Tropical Mannschaft pour aller taquiner les dance-floors et fait de cet EP une des plus belles découvertes de ce printemps. Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°19: Sur Mars de Marvin Jouno (2019)

Après un premier opus Intérieur nuit séduisant en 2017 (ne pas hésiter à réécouter QuitteMarvin Jouno.jpg à me quitter ou encore L’Avalanche), Marvin Jouno vient de sortir Sur Mars qui confirme pleinement les belles promesses d’Intérieur nuit. Voilà quelques jours que je suis sous le charme de cette voix qui me rappelle par sa nonchalance Eddy de Pretto et Benjamin Biolay… voix brillamment mise en valeur dans des compositions rythmées qui savent faire les beaux yeux à une électro mélancolique comme savait si bien le faire Arman Méliès dans IV.

Plusieurs titres se distinguent et restent bien vrillés au coeur de mon cerveau et sur mes lèvres. J’aurais pu très bien sélectionner Clap de fin, Danse! ou encore On refait le monde mais je vais vous parler du titre éponyme dont j’aime particulièrement les contrastes. D’un côté cette voix mélancolique tout en dépouillement et retenue et de l’autre ce refrain addictif qui laisse la part belle aux sonorités électroniques. Le clip est juste, quant à lui, et résume parfaitement la vie avec tous ses instantanés de bonheur.

Pour l’anecdote vous entendrez un inattendu saxophone sur la fin du morceau… après Balthazar et Thylacine on ne peut désormais plus parler de coincidence, il y a bien une vaste conspiration internationale qui vise à réhabiliter cet instrument en 2019… Gardez les oreilles ouvertes, ils sont parmi nous… Trève de plaisanterie, j’ai succombé à cette perfide tentation et je vous laisse aussi On refait le monde, titre obsédant et angoissant qui s’impose un peu comme la version 2.0 de Respire de Mickey 3D.

Sylphe

PDM n°3: still feel. d’half. alive (2018)

Voilà un titre découvert par hasard et qui ne cesse de me trotter dans la tête depuis quelques jours, il est l’oeuvre d’un groupe à la typographie surprenante, half•alive. Pour être honnête, je ne les connais pas du tout et leur discographie n’en est qu’à ses débuts avec un EP de 3 titres en 2017, sobrement intitulé 3.

Le clip est plutôt séduisant avec une chorégraphie assez originale qui n’est pas sans m’évoquer les clips farfelus d’Ok Go. On flirte sans cesse entre performance scénique et humour décalé pour un résultat très frais à l’image de la musique qui m’intéresse plus particulièrement aujourd’hui. Une pop décomplexée aux rythmiques volontiers groovy, une voix de chanteur à la très grande amplitude…. il ne m’en faut pas davantage pour savourer la mélodie et leur souhaiter un succès à la Two Door Cinema Club. still feel ou l’art de sentir bien vivant…

 

Sylphe

Review n°2: Thank You for Today de Death Cab For Cutie (2018)

Voilà le genre de nom de groupe énigmatique qui a le don de susciter la curiosité. Death Cab for CutieCuriosité somme toute assez relative me concernant car cela fait de nombreuses années que je connais ce groupe sans avoir véritablement écouté assidûment un album. Il était temps de pallier ce manque et d’accoler une étiquette musicale à ce groupe américain formé autour du chanteur Ben Gibbard. Thank You for Today est le dixième opus déjà et je ne vous cache pas que je vais chroniquer cet album en véritable novice, ayant fait le choix de ne pas écouter les neuf albums précédents.

Dès les premiers titres, la recette musicale de Death Cab for Cutie apparaît de manière assez évidente. Une voix douce-amère très chaudement entourée de synthés vaporeux qui me rappelle l’utilisation des voix par Moby à la fin des années 90, une pop qui se déroule majestueusement et s’avère empreinte d’une nostalgie savoureuse. Une pop faussement surannée qui fait écho pour moi à cette fin d’été, l’impression de voir se dérouler sous nos yeux des polaroïds ayant capté des moments de bonheur fugace. Le trio d’entrée I Dreamt We Spoke Again, Summer Years et Gold Rush s’impose donc comme un beau moment de rêverie éveillée.

L’ambiance sait cependant se faire plus sombre par la suite avec entre autres l’excellent When We Drive et son introduction digne d’Arcade Fire qui annoncent une deuxième partie de l’opus un peu plus rock. Sans être transcendental, le trio Northern Lights, You Moved Away et Near/Far fonctionne bien et donne du corps à l’album avec une nette préférence pour Near/Far et sa rythmique imparable. Une fois les deux directions de l’album -pas si antinomiques finalement- délimitées, l’album se clot sur une superbe ballade au piano 60&Punk, tout en dépouillement et en grâce qui m’évoque la BO de Magnolia par Aimée Mann. Voilà en tout cas un beau travail d’orfèvre qui me conforte dans l’idée d’avoir voulu lever le mystère Death Cab for Cutie. Il ne vous reste plus qu’à lever le voile vous aussi désormais.

Sylphe