Pépite du moment n°19: Sur Mars de Marvin Jouno (2019)

Après un premier opus Intérieur nuit séduisant en 2017 (ne pas hésiter à réécouter QuitteMarvin Jouno.jpg à me quitter ou encore L’Avalanche), Marvin Jouno vient de sortir Sur Mars qui confirme pleinement les belles promesses d’Intérieur nuit. Voilà quelques jours que je suis sous le charme de cette voix qui me rappelle par sa nonchalance Eddy de Pretto et Benjamin Biolay… voix brillamment mise en valeur dans des compositions rythmées qui savent faire les beaux yeux à une électro mélancolique comme savait si bien le faire Arman Méliès dans IV.

Plusieurs titres se distinguent et restent bien vrillés au coeur de mon cerveau et sur mes lèvres. J’aurais pu très bien sélectionner Clap de fin, Danse! ou encore On refait le monde mais je vais vous parler du titre éponyme dont j’aime particulièrement les contrastes. D’un côté cette voix mélancolique tout en dépouillement et retenue et de l’autre ce refrain addictif qui laisse la part belle aux sonorités électroniques. Le clip est juste, quant à lui, et résume parfaitement la vie avec tous ses instantanés de bonheur.

Pour l’anecdote vous entendrez un inattendu saxophone sur la fin du morceau… après Balthazar et Thylacine on ne peut désormais plus parler de coincidence, il y a bien une vaste conspiration internationale qui vise à réhabiliter cet instrument en 2019… Gardez les oreilles ouvertes, ils sont parmi nous… Trève de plaisanterie, j’ai succombé à cette perfide tentation et je vous laisse aussi On refait le monde, titre obsédant et angoissant qui s’impose un peu comme la version 2.0 de Respire de Mickey 3D.

Sylphe

PDM n°3: still feel. d’half. alive (2018)

Voilà un titre découvert par hasard et qui ne cesse de me trotter dans la tête depuis quelques jours, il est l’oeuvre d’un groupe à la typographie surprenante, half•alive. Pour être honnête, je ne les connais pas du tout et leur discographie n’en est qu’à ses débuts avec un EP de 3 titres en 2017, sobrement intitulé 3.

Le clip est plutôt séduisant avec une chorégraphie assez originale qui n’est pas sans m’évoquer les clips farfelus d’Ok Go. On flirte sans cesse entre performance scénique et humour décalé pour un résultat très frais à l’image de la musique qui m’intéresse plus particulièrement aujourd’hui. Une pop décomplexée aux rythmiques volontiers groovy, une voix de chanteur à la très grande amplitude…. il ne m’en faut pas davantage pour savourer la mélodie et leur souhaiter un succès à la Two Door Cinema Club. still feel ou l’art de sentir bien vivant…

 

Sylphe

Review n°2: Thank You for Today de Death Cab For Cutie (2018)

Voilà le genre de nom de groupe énigmatique qui a le don de susciter la curiosité. Death Cab for CutieCuriosité somme toute assez relative me concernant car cela fait de nombreuses années que je connais ce groupe sans avoir véritablement écouté assidûment un album. Il était temps de pallier ce manque et d’accoler une étiquette musicale à ce groupe américain formé autour du chanteur Ben Gibbard. Thank You for Today est le dixième opus déjà et je ne vous cache pas que je vais chroniquer cet album en véritable novice, ayant fait le choix de ne pas écouter les neuf albums précédents.

Dès les premiers titres, la recette musicale de Death Cab for Cutie apparaît de manière assez évidente. Une voix douce-amère très chaudement entourée de synthés vaporeux qui me rappelle l’utilisation des voix par Moby à la fin des années 90, une pop qui se déroule majestueusement et s’avère empreinte d’une nostalgie savoureuse. Une pop faussement surannée qui fait écho pour moi à cette fin d’été, l’impression de voir se dérouler sous nos yeux des polaroïds ayant capté des moments de bonheur fugace. Le trio d’entrée I Dreamt We Spoke Again, Summer Years et Gold Rush s’impose donc comme un beau moment de rêverie éveillée.

L’ambiance sait cependant se faire plus sombre par la suite avec entre autres l’excellent When We Drive et son introduction digne d’Arcade Fire qui annoncent une deuxième partie de l’opus un peu plus rock. Sans être transcendental, le trio Northern Lights, You Moved Away et Near/Far fonctionne bien et donne du corps à l’album avec une nette préférence pour Near/Far et sa rythmique imparable. Une fois les deux directions de l’album -pas si antinomiques finalement- délimitées, l’album se clot sur une superbe ballade au piano 60&Punk, tout en dépouillement et en grâce qui m’évoque la BO de Magnolia par Aimée Mann. Voilà en tout cas un beau travail d’orfèvre qui me conforte dans l’idée d’avoir voulu lever le mystère Death Cab for Cutie. Il ne vous reste plus qu’à lever le voile vous aussi désormais.

Sylphe