Review n°89: Day/ Night de Parcels (2021)

En 2018 arrivent ces cinq Australiens installés à Berlin placés sous la protection de Daft PunkParcel Day Night qui a produit leur premier single… On connaît la suite avec le raz de marée du premier album Parcels qui brille par sa maturité et la finesse de ses influences (à lire ou relire par ici pour les nostalgiques). Je ne vous ferai pas l’injure de vous affirmer que ce deuxième opus était pour le moins attendu et nous sommes copieusement servis avec un double album concept de plus d’1h30 à une époque où le format dépasse rarement les 45 minutes. Deux parties clairement définies, le funk classieux de Day d’un côté et l’intimité plus sombre de Night de l’autre, une qualité de production touchant au sublime, des cordes magnifiées par le magicien Owen Pallett et une véritable volonté de se renouveler, nous tenons à coup sûr un album marquant de cette fin d’année.

Le premier disque s’ouvre sur un LIGHT qui s’épanouit dans la douceur contemplative propre à l’électronica, les cordes d’Owen Pallett se mariant à merveille avec une atmosphère plus jazzy. Nous retrouvons sur la fin du morceau ces harmonies vocales et ces choeurs si caractéristiques du groupe. Free par la suite va continuer à creuser ce sillon jazzy avec son piano subtil en fond dans un morceau entrelaçant les thématiques habituelles de l’amour et de la liberté. C’est finalement Comingback qui va nous ramener sur les plages ensoleillées du premier album avec sa pop uptempo débridée qui donne envie de piquer une tête sans songer une seule seconde au risque de l’hydrocution. Les choeurs, la montée finale sublimée par les drums, tout paraît d’une grande évidence. La ligne de basse digne de Balthazar de Theworstthing, l’inquiétant interlude Inthecity et la pop un peu trop sirupeuse de NowIcaresomemore nous amènent vers le bijou de l’album Somethinggreater qui brille par sa coolitude et sa puissance mélodique. Les influences (Daft Punk et Phoenix en têtes) sont parfaitement assimilées et le résultat addictif ! L’instrumentation jazzy de Daywalk nous aide à reprendre nos esprits avant que la douceur d’Outside s’impose comme le plus beau moment d’émotion de l’opus. Ca sonne comme du Alt-J apaisé et je me laisse emporter sans même m’en rendre compte, je me sens une victime si facile mais bon ces cordes finales tout de même… Ce premier disque que nous pouvons facilement rattacher au premier album confirme la finesse et la subtilité des Australiens.

L’unité du deuxième disque est plus difficile à percevoir, une véritable volonté de sortir des sentiers battus se dégage. Je suis plus désarçonné par ce Night et vous donne un simple aperçu pour vous donner l’envie d’explorer… Nous pouvons donc retrouver de la pop orchestrale plus sombre avec Neverloved, la pop disco de Famous perçue comme un anachronisme aussi savoureux qu’improbable ou encore une électro/ambient plus conceptuelle digne de Casper Clausen avec Nightwalk. Sur ce deuxième disque, j’ai un coup de coeur pour LordHenry et sa disco hédoniste toute en rupture ainsi que la douceur et le dépouillement de Thefear qui est un superbe pendant plus sombre d’Outside. La référence qui me traverse régulièrement l’esprit c’est Son Lux pour vous donner une petite idée de l’originalité de ce deuxième disque…

Le cap de ce deuxième album est donc passé haut la main pour Parcels avec ce Day/Night aussi beau qu’aventureux dont la richesse nécessitera de nombreuses écoutes pour en saisir toute la quintessence, enjoy!

Sylphe

Review n°14: Parcels de Parcels (2018)

Chose promise, chose dûe. Je vous avais laissés avec un avant-goût fort en bouche pour Parcelsvous faire patienter, le clip du morceau Withorwithout, mais je ne résiste pas à la tentation de  partager avec vous le coup de coeur qui s’impose à mes oreilles avec le premier opus de The Parcels. Nos autraliens, originaires de Byron Bay et depuis installés à Berlin, auraient pu très bien émerger du côté du Versailles de la french touch des années 2000. Ils sont lookés subtilement, nous offrent un joli florilège de coupes de cheveux surannées et symbolisent les bobos parisiens qui viennent s’encanailler une fois par an en assistant à Rock en Seine, « Cette année j’ai vu PNL, c’était tellement rafraîchissant! ». Trève de plaisanteries et de stéréotypes, ils pourraient être versaillais car Daft Punk et Phoenix sont clairement dans leurs gênes musicaux (Le duo casqué a produit leur premier single et la bande à Thomas Mars leur a permis de faire leur première partie avant même la sortie de leur premier album.). Pour le coup, des influences de qualité, un talent évident pour s’approprier ces influences, un label dénicheur de talents et reconnu comme Kitsuné, ne peuvent aboutir qu’à une conclusion imparable: claque musicale, chef d’oeuvre, pépite…

Depuis la reprise de ce blog en août, c’est clairement le meilleur album que j’ai eu la chance d’écouter avec le dernier opus de Jeanne Added. Cet album devrait être prescrit pour passer l’hiver car il est plus performant que n’importe quelle recette à base de fruits ou de luminothérapie. De la lumière cet album en revend à foison et 51 minutes de pop solaire friande de synthés et d’influences funk sauront vous redonner foi en l’humanité.

Le morceau d’entrée qui s’étale sur deux titres Comedown et Lightenup met tout de suite l’accent sur des ingrédients incontournables de Parcels, des synthés doux à la Phoenix et des choeurs suaves qui fredonnent avec délectation pour nos oreilles gourmandes. Lightenup gagne encore en consistance avec des influences plus funk et un chant plus affirmé. Vous venez d’arriver sur cette plage gorgée de soleil, un cocktail à la main et de l’autre votre planche de surf pour dompter les vagues. Parcels est d’une coolitude infinie et va vous laisser libre de dompter les vagues de l’océan avec la pop plus rythmée de Tape  ou les remous de votre cocktail avec la rythmique plus lente de l’addictif Withorwithout.

Arrive alors une bande de surfeurs paisibles qui viennent partager avec vous ce moment magique car Parcels ça se partage crénom de nom! Everyroad, vaste odyssée de 8 minutes plus expérimentales, s’impose par la richesse de ses propositions. On invoque ici Niles Rodgers, les morceaux plus apaisés du Discovery de Daft Punk (le bijou Night vision en tête), pour aboutir à un morceau qui nous fait voyager loin et démontre la richesse du panel des australiens, des 5 minutes du début qui montent en douceur à la fin plus électro après ce bel intermède porté par les violons. Savoureux… Yourfault est une jolie transition de pop soyeuse avec le bruit des vagues et des oiseaux en fond avant un Closetowhy qui continue de creuser avec délices le sillon de la pop solaire suave et délicate.

Iknowhowlfeel vient alors vous inciter à vous laisser caresser par les vagues et à délaisser momentanément votre cocktail. Des synthés estampillés Daft Punk, une petite mélodie aussi simple qu’évidente, un refrain entêtant, j’ai sincèrement l’impression d’écouter un morceau caché de Discovery. Je me rends compte que les vagues communient avec mon surf et que tout est facile et naturel, ma vision se brouille et je me laisse porter par les éléments au rythme de la pop ingénue d’Exotica. Je me surprends même à oser tenter des vagues plus impressionnantes grâce à la sucrerie pop Tieduprightnow qui s’impose comme un des sommets de l’album.

Les vagues me portent doucement vers le rivage et je m’échoue sur la plage brûlante. Un cocktail semble tomber du ciel pour réconforter mon corps suant, il ne me reste plus qu’à savourer la douceur de Bemyself et le flow funk de Dean Dawson sur le Credits final en me perdant dans le bleu du ciel.

Tenez, voilà un cocktail et un surf, à vous de savourer Parcels désormais…

Sylphe

Clip du jour n°6: Withorwithout de Parcels (2018)

Qu’on se le dise d’emblée, le premier opus des australiens de Parcels est un véritable bijou que je ne cesse d’écouter en boucle depuis quelques jours. Le temps de m’en imprégner pleinement et d’en savourer toutes les saveurs et je le chroniquerai avec plaisir sur Five-Minutes. Néanmoins, je ne résiste pas aujourd’hui à vous envoyer un flash étincelant en attendant le probable aveuglement futur avec le clip brillantissime de Withorwithout.

Le titre en lui-même a le pouvoir de figer mon visage et d’y inscrire un sourire béat impossible à réprimer. En cette période un brin chaotique, il est toujours plaisant de trouver une petite plage déserte où brille un soleil réconfortant et c’est exactement le paysage qui me vient à l’esprit en écoutant Withorwithout. Le morceau est un très bel exemple de pop solaire marquée par la douceur des guitares et la suavité des voix. C’est d’une évidence imparable et ça rappelle le sentiment intense de coolitude ressentie sur certains titres du Random Access Memories des Daft Punk. Vous ne serez pas surpris quand je vous dirai que les Daft Punk en personne soutiennent les Australiens depuis le début de leur carrière…

Ce qui est jouissif avec un clip c’est l’art du contrepied et là on touche au sublime avec cette scène de film d’horreur qui va illustrer le morceau. Tous les éléments sont présents, l’ambiance nocturne, le jeu sur le hors-champ et les bruits, les silences angoissants brisés par une respiration haletante, l’inquiétude déclenchée par les membres du groupe qui paraissent déshumanisés sous leur masque bleu et le talent incontestable de Milla Jovovich qui incarne avec brio le personnage central. Interpol avait donné dernièrement à Kristen Stewart un rôle en or pour le titre If You Really Love Nothing, Parcels a offert un rôle brillant pour l’ancienne actrice fétiche de Luc Besson.

En parlant de contrepied, vous ne pourrez que savourer la chute de ce clip… The cherry on the cake…

Sylphe