Pépite du moment n°103: Femme Fatale de Sharon Van Etten feat. Angel Olsen (2020)

Et si on commençait en douceur cette nouvelle année? Je vous avais déjà parlé en octobre d’unI'll Be Your Mirror A Tribute reprise de Run Run Run du Velvet Underground et Nico par Kurt Vile (à lire et écouter par ici). J’ai eu la bonne idée de jeter une oreille à l’album hommage I’ll Be Your Mirror : A Tribute To The Velvet Underground And Nico qui regroupe du bien beau monde ma foi avec Matt Berninger, Andrew Bird, St. Vincent, Thurston Moore ou encore Iggy Pop entre autres. Ce soir, ce sera la douceur de Femme Fatale qui sera mise en avant, à travers un sublime duo composé de Sharron Van Etten et Angel Olsen. Il est pour le moins ardu de s’attaquer à un tel bijou d’une grande douceur qui narre l’arrivée d’une femme dangereuse et séductrice. Le contrat est pleinement rempli et je suis moi aussi sous le charme de ces femmes fatales, je serai sans conteste le 37ème sur la liste….enjoy!

 

Sylphe

Son estival du jour n°36 : Oint (2013) de Nicolas Jules

Pourquoi commencer la journée/semaine avec du Nicolas Jules ? Parce que c’est un artiste qui sait écrire, qui mélange tendresse et humour, et aussi parce que le souvenir de chacune de ses prestations scéniques me laisse un grand sourire, et de l’émotion aussi. Sorte de Thomas Fersen à la fois plus poétique et corrosif, Nicolas Jules est un vrai personnage unique, dont j’aime retrouver les chansons.

Pourquoi particulièrement Oint ? Parce que, précisément, elle s’inscrit dans ce que je viens de décrire : à l’écouter, on navigue dans une poésie grinçante. A l’image de sa phrase gimmick/du refrain, qui est aussi le titre de l’album de 2013 dont est tiré ce son : « La nuit était douce comme la queue rousse du diable au sortir du bain ». S’il ne fallait qu’une raison pour écouter Oint, ce serait cette phrase. Heureusement, il y en a plein d’autres. Choisissez votre version, studio ou live. Ou mieux, écoutez les deux.

Raf Against The Machine

Clip du jour n°12 : Bétonneuse (2010) de Nicolas Jules / Emilie Sandoval

Planqué au cœur de Shaker (2010), 3e album studio de Nicolas Jules (et 4e album si on compte l’excellent live A l’Atelier (2005), enregistré à Orléans), il y a une pépite dont je ne me lasse pas. Bétonneuse est un de ces morceaux qui pourrait ne faire que passer, mais qui se loge dans un recoin de nous pour pousser tranquillement et s’y enraciner à jamais.

Nicolas Jules, aujourd’hui 5 albums au compteur (et 6 si on compte… bref), c’est un drôle de personnage dans la chanson française. Une sorte de lutin un peu facétieux qui rappelle tantôt Thomas Fersen, tantôt Higelin, mais qui cultive sa propre personnalité musicale. Pince-sans-rire doté d’un humour assez ravageur, cet auteur-compositeur-interprète est aussi capable d’injecter dans ses morceaux une poésie surréaliste et mélancolique, ce qui n’est pas non plus sans rappeler Boris Vian.

Poésie que l’on retrouve dans cette Bétonneuse, aussi bien dans le titre lui-même que dans le clip qui l’accompagne. Réalisé par Emilie Sandoval, ce petit bijou d’images sent le Michel Gondry à plein nez pour les trouvailles et bidouilles visuelles. Chaque plan est une parfaite mise en images de l’univers Nicolas Jules et de ce qui se passe dans ma tête à l’écoute de ce titre. Ce clip accompagne surtout à merveille un texte bien plus bouleversant qu’une écoute distraite pourrait le laisser penser, livré sur une musique où il n’y a rien de trop, rien de pas assez.

Une fois que vous aurez apprécié, vous pourrez, par extension, écouter tout l’album Shaker de Nicolas Jules, à commencer par le titre d’ouverture L’amicale des joueurs de luth. Et une fois Shaker savouré, il reste d’autres opus que je vous laisse découvrir. Pour ma part, je retourne profiter encore un peu de la Bétonneuse, parce que « Dans le grand ravalement des nébuleuses / Mon cœur tourne tourne dans la bétonneuse ».

Raf Against The Machine