Review n°14: Parcels de Parcels (2018)

Chose promise, chose dûe. Je vous avais laissés avec un avant-goût fort en bouche pour Parcelsvous faire patienter, le clip du morceau Withorwithout, mais je ne résiste pas à la tentation de  partager avec vous le coup de coeur qui s’impose à mes oreilles avec le premier opus de The Parcels. Nos autraliens, originaires de Byron Bay et depuis installés à Berlin, auraient pu très bien émerger du côté du Versailles de la french touch des années 2000. Ils sont lookés subtilement, nous offrent un joli florilège de coupes de cheveux surannées et symbolisent les bobos parisiens qui viennent s’encanailler une fois par an en assistant à Rock en Seine, « Cette année j’ai vu PNL, c’était tellement rafraîchissant! ». Trève de plaisanteries et de stéréotypes, ils pourraient être versaillais car Daft Punk et Phoenix sont clairement dans leurs gênes musicaux (Le duo casqué a produit leur premier single et la bande à Thomas Mars leur a permis de faire leur première partie avant même la sortie de leur premier album.). Pour le coup, des influences de qualité, un talent évident pour s’approprier ces influences, un label dénicheur de talents et reconnu comme Kitsuné, ne peuvent aboutir qu’à une conclusion imparable: claque musicale, chef d’oeuvre, pépite…

Depuis la reprise de ce blog en août, c’est clairement le meilleur album que j’ai eu la chance d’écouter avec le dernier opus de Jeanne Added. Cet album devrait être prescrit pour passer l’hiver car il est plus performant que n’importe quelle recette à base de fruits ou de luminothérapie. De la lumière cet album en revend à foison et 51 minutes de pop solaire friande de synthés et d’influences funk sauront vous redonner foi en l’humanité.

Le morceau d’entrée qui s’étale sur deux titres Comedown et Lightenup met tout de suite l’accent sur des ingrédients incontournables de Parcels, des synthés doux à la Phoenix et des choeurs suaves qui fredonnent avec délectation pour nos oreilles gourmandes. Lightenup gagne encore en consistance avec des influences plus funk et un chant plus affirmé. Vous venez d’arriver sur cette plage gorgée de soleil, un cocktail à la main et de l’autre votre planche de surf pour dompter les vagues. Parcels est d’une coolitude infinie et va vous laisser libre de dompter les vagues de l’océan avec la pop plus rythmée de Tape  ou les remous de votre cocktail avec la rythmique plus lente de l’addictif Withorwithout.

Arrive alors une bande de surfeurs paisibles qui viennent partager avec vous ce moment magique car Parcels ça se partage crénom de nom! Everyroad, vaste odyssée de 8 minutes plus expérimentales, s’impose par la richesse de ses propositions. On invoque ici Niles Rodgers, les morceaux plus apaisés du Discovery de Daft Punk (le bijou Night vision en tête), pour aboutir à un morceau qui nous fait voyager loin et démontre la richesse du panel des australiens, des 5 minutes du début qui montent en douceur à la fin plus électro après ce bel intermède porté par les violons. Savoureux… Yourfault est une jolie transition de pop soyeuse avec le bruit des vagues et des oiseaux en fond avant un Closetowhy qui continue de creuser avec délices le sillon de la pop solaire suave et délicate.

Iknowhowlfeel vient alors vous inciter à vous laisser caresser par les vagues et à délaisser momentanément votre cocktail. Des synthés estampillés Daft Punk, une petite mélodie aussi simple qu’évidente, un refrain entêtant, j’ai sincèrement l’impression d’écouter un morceau caché de Discovery. Je me rends compte que les vagues communient avec mon surf et que tout est facile et naturel, ma vision se brouille et je me laisse porter par les éléments au rythme de la pop ingénue d’Exotica. Je me surprends même à oser tenter des vagues plus impressionnantes grâce à la sucrerie pop Tieduprightnow qui s’impose comme un des sommets de l’album.

Les vagues me portent doucement vers le rivage et je m’échoue sur la plage brûlante. Un cocktail semble tomber du ciel pour réconforter mon corps suant, il ne me reste plus qu’à savourer la douceur de Bemyself et le flow funk de Dean Dawson sur le Credits final en me perdant dans le bleu du ciel.

Tenez, voilà un cocktail et un surf, à vous de savourer Parcels désormais…

Sylphe

Review n°4: La de Les Gordon (2018)

Les vacances peuvent être l’occasion de tomber sur des petits concerts sympas, ce fut

Les Gordon
mon cas lors des mardis de Plouescat, dans le Finistère Nord, où j’ai eu la chance d’assister à une belle performance scénique d’un artiste signé chez Kitsuné (label dont les célèbres compilations ont fait connaître des groupes comme Hot Chip et Two Door Cinema Club) en la personne de Marc Mifune, alias Les Gordon. En plus d’oeuvrer dans deux duos, Leska avec Douchka et Mondrian avec Roman Oswald, Les Gordon a entamé une carrière solo, marquée par quatre EP entre 2014 et 2016 et ce premier album studio intitulé La. Pour finir de vous donner une idée du personnage, Les Gordon a eu la chance de faire les premières parties de Stromae et Fauve, ce qui ma foi est gage de qualité…

Dès le superbe morceau d’ouverture Lantern, l’univers est clairement défini avec une électro subtile à base de boucles et de synthés. L’impression d’une superposition musicale très travaillée dont la palette de sons m’évoque le travail de Bibio ou le premier album de Baths. L’album se place résolument sous le signe d’une candeur séduisante, ce qui est confirmé par les clips qui mettent en avant de jeunes adultes. Le résultat est tout simplement lumineux et d’une apparente simplicité assez bluffante et devrait vous permettre de garder le sourire pendant ce mois de septembre au rythme souvent infernal. Je vous invite en particulier à savourer Interlaced et sa rythmique plus affirmée, Formation et son début qui évoque les morceaux de Fauve, le petit bijou de douceur qu’est Carole ou encore l’ambiance un peu plus rock (enfin tout est relatif bien sûr!) de Phobia. Je peux aussi souligner la qualité des featurings avec Timsters sur le très pop Live It Up qui réveille le fantôme de Hot Chip ou encore le flow de Shang High sur le surprenant Point of you.

Voilà en tout cas mon coup de coeur électro de cet été qui est déjà prêt à tourner en boucles pour lutter contre l’arrivée de la mélancolie automnale.

Sylphe