Review n°27: Lux Prima de Karen O et Danger Mouse (2019)

Après avoir pleinement savouré le single Turn The Light (voir ici ), il est plus que temps

Karen O - Danger Mouse
de parler de ce Lux Prima, rencontre magique entre deux orfèvres que sont l’excentrique Karen O et le producteur aux mains dorées Danger Mouse. A vrai dire, je me trouvais dans la situation optimale d’écoute car je n’avais pas véritablement d’attente à l’écoute de cet opus, m’appuyant davantage sur les souvenirs de la pépite It’s Blitz ( 10 ans déjà…) que sur le plus mitigé Mosquito. Karen O donnait l’impression de s’essouffler avec Yeah Yeah Yeahs et Danger Mouse a tout simplement réussi à sublimer cette artiste pour créer un album majeur de 2019. Suivez-moi lors de ce périple nocturne envoûtant…

Le morceau d’ouverture Lux Prima et ses 9 minutes qui contiennent plus de bonnes idées que certains albums va d’emblée poser les choses: le duo se montre ambitieux… On part sur 3 minutes de synthés spatiaux qui nous enveloppent et diffusent une douceur nostalgique qui m’évoque de manière évidente la BO de Virgin Suicid par Air avant que les choeurs et la voix de Karen O, soutenus par des violons judicieux qui seront très présents sur l’album, viennent nous offrir une saveur plus pop suintant par tous les pores le trip-hop sensuel de Massive Attack ou Morcheeba. Troisième mouvement du morceau avec la voix se retirant et laissant de nouveau les synthés du début reprendre le pouvoir, le morceau surprend et envoûte, suscitant de vraies interrogations… Ministry va vite nous aider à trouver des réponses avec sa guitare tout en douceur et son intro digne du chef d’oeuvre de Morcheeba Big Calm, Karen O paraît plus apaisée et maîtrise avec subtilité sa voix pour nous offrir une plage de douceur sublime. Ce morceau contraste brillamment avec le single Turn The Light dont la basse sensuelle imprime un groove addictif se mariant parfaitement à la voix plus « nasillarde » (#riendenegatifhein) de Karen O.

Le trio d’ouverture m’a déjà clairement désarmé et ce n’est pas la suite qui m’aidera à reprendre contact avec la réalité. La batterie martiale, les choeurs inquiétants et le chant sauvage de Karen O sur Woman d’un côté et le space-rock affûté de Redeemer de l’autre me replongent dans cette urgence sensuelle qui me plaît tant chez Yeah Yeah Yeahs… Un Drown tout en retenue et reverb dont l’ambiance fait écho à celle de Ministry avec un soin de l’orchestration évident (humm le travail de Danger Mouse…), un Leopard’s Tongue plus pop dans l’approche avec son refrain addictif, un Reveries tout en dépouillement, les morceaux s’enchaînent et empilent avec une rigueur de métronome les bonnes idées jusqu’à ce Nox Lumina qui referme brillamment la boucle entamée par Lux Prima. On finit sur un morceau binaire avec un chant mélancolique qui laisse peu à peu les synthés oniriques reprendre le dessus.

Le retour à la réalité est difficile mais c’est incontestablement un moment fort de la discographie de Karen O et Danger Mouse que viennent de nous offrir ces deux orfèvres. L’album en tout cas prend note pour les tops de fin d’année en toute simplicité.

Le live brillant de Woman au Late Show mis en scène par Spike Jonze himself…

Sylphe

Pépite intemporelle n°22: Runaway de Yeah Yeah Yeahs (2009)

A force d’écouter le très bon premier album de Danger Mouse et Karen O, j’ai eu l’envieYeah Yeah Yeahs irrépressible de réécouter le sommet de carrière de Yeah Yeah Yeahs, It’s Blitz! Choisir une pépite intemporelle dans cet opus n’est pas une mince affaire tant les pépites foisonnent… Zero et sa lente montée toride ou l’électrique Heads Will Roll auraient pleinement mérité les honneurs de cette rubrique mais ce soir c’est la douceur sensuelle de Runaway qui remporte la palme.

Ce titre, très proche dans la démarche de l’univers de Feist, est d’une recette limpide. La voix suave et toute dans la retenue de Karen O, la ritournelle candide du clavier amènent avec brio vers une atmosphère qui gagne en tension et électricité… La batterie martèle, la basse et la guitare électrique s’unissent brillamment pour accompagner la voix qui se fait plus sauvage et indomptable, la montée est aussi brillante qu’imparable.  Tout simplement jouissif en toute subjectivité!

Sylphe

Pépite du moment n°25: Turn The Light de Karen O et Danger Mouse (2019)

D’un côté Karen O, chanteuse orgasmique du groupe Yeah Yeah Yeahs, groupe certes un Karen O - Danger Mousepeu au ralenti après son dernier album  mitigé Mosquito mais qui a créé le chef d’oeuvre It’s Blitz en 2009 (#pochetted’anthologie) qui justifierait à lui seul n’importe quelle discographie… De l’autre le producteur talentueux Danger Mouse (Gnarls Barkley, Gorillaz, Beck, The Black Keys…) qui sait parfaitement mettre en valeur les artistes…

Le résultat, l’album Lux Prima, est sorti hier et devrait tourner en boucle cette semaine tant la première écoute m’a confirmé tous les espoirs mis en ce duo séduisant. Aujourd’hui, je vous mets l’eau à la bouche (#expressionestampillée90s) avec le titre Turn The Light dont les ingrédients sont évidents: la voix de Karen O qui sait toujours se faire sensuelle et une ambiance groovy à souhait. Le résultat reste bien en tête et me donne une furieuse envie d’écouter Lux Prima.

Enjoy!

Sylphe