Review n°84: Loving In Stereo de Jungle (2021)

Il faut bien se rendre à l’évidence, on est repartis pour un tour et les vacances ensoleillées sont derrière nous. Jungle Loving In StereoLoin de moi l’envie de m’apitoyer mais plutôt le désir de prolonger les sensations estivales avec un album qui a illuminé ma deuxième quinzaine d’août. Depuis son premier album éponyme sorti en 2014, le duo britannique Jungle composé de Tom McFarland et Josh Lloyd-Watson propose un son groovy mêlant aspirations dance et sonorités disco. On a pris plaisir dernièrement à réécouter cette discographie et savourer des titres comme Busy Earnin’ (voir ici) mais il est temps de voir, trois ans après l’album For Ever, ce que vaut vraiment ce troisième opus Loving In Stereo, signé sur leur propre label et non sur l’armada XL Recordings.

On peut d’emblée affirmer que Jungle n’a pas pris de risques démesurés -je ne doute pas que certains diront que le résultat est somme toute assez, voire trop attendu – et décline avec justesse une formule qui a déjà parfaitement fait ses preuves. Certes, le titre Romeo vient explorer les contrées du hip-hop avec le flow percutant de Bas ou Goodbye My Love s’appuie sur la douceur du chant de Priya Ragu pour une pop-folk surprenante mais l’ensemble ne révèle pas une envie de se renouveler fondamentalement. Nous retrouvons ainsi les recettes habituelles du succès de Jungle. Tout d’abord, je prends plaisir à retrouver ce son taillé pour les dance-floors avec des rythmiques uptempo, des sonorités disco à foison, des cordes qui viennent embellir l’ensemble. Je n’arrive pas à m’ôter de l’esprit l’image de The Shoes à l’écoute de certains titres et c’est plus qu’un compliment dans ma bouche. Le titre Keep Moving est ainsi la pépite électro-pop ultime de l’album qui m’obsède depuis presque un mois. Une basse jouissive, des explosions qui viennent contrebalancer des instants où le temps semble comme suspendu, ces cordes subtiles, le résultat est imparable et sublimé par le clip, prenant rendez-vous avec le top des titres 2021. Si vous aimez ce son immédiat, All Of The Time, Talk About It ou encore Truth devraient vous apporter aisément cette dose de dopamine qui boostera votre rentrée.

La deuxième principale tendance de ce Loving In Stereo c’est la tentation d’une électro-pop lumineuse qui se veut plus rêveuse à travers le duo Lifting You/ Bonnie Hill. Un brin lisse, cette dernière est sublimée quand la basse groovy digne de Balthazar entre en jeu, une basse qui a véritablement pris le pouvoir sur l’album. Le tube électro Fire ouvre un champ de possibilités infinies alors que No Rules suinte par tous les pores un esprit rock plus poisseux.

Vous l’aurez bien compris, ce Loving In Stereo fonctionne parfaitement et apporte son lot de moments forts. Il faut reconnaître qu’une petite voix intérieure est demandeuse d’innovations plus importantes mais celle-ci s’incline face à la puissance des tubes, enjoy!

Sylphe

Son estival du jour n°48: Busy Earnin’ de Jungle (2014)

Après la coupure salutaire de l’été, je reprends dans la droite lignée de mon pote Raf avec un son estival parce que, même si la météo est pour le moins capricieuse en ce moment, nous sommes bien encore en été. La semaine dernière est sorti le troisième album des Anglais de Jungle Loving In Stereo qui fait particulièrement bien le job et dont je vous parlerai ultérieurement. Comme souvent, je ne peux pas m’empêcher d’aller réécouter les albums précédents – quand la discographie reste à taille humaine – et je me suis offert un flashback de 7 ans pour revenir au premier album Jungle sorti sur XL Recordings en 2014 (la date de sortie est inutile, je l’accorde, car le lecteur de Five-Minutes a déjà brillamment géré la soustraction). Marqué par des inspirations soul et funk, le collectif britannique mené par Josh Lloyd-Watson et Tom McFarland propose un son électro particulièrement entraînant. A chaque fois que je les écoute, je pense aux Français de The Shoes pour vous donner une idée. Le titre Busy Burnin’ est pour moi le joyau imparable de l’album, porté par sa boucle électronique addictive et son message dénonçant le besoin perpétuel d’accumuler. Le clip qui met en avant un groupe de danse hip-hop (marque de fabrique des clips du groupe) me donne une folle envie de croquer dans la vie et c’est déjà beaucoup, enjoy !

 

Sylphe