Five Titles n°20: Humor de Russell Louder (2021)

Découverte totale au programme en cette fin de weekend ensoleillé…. Russell Louder, signé(e) chez LisbonRussell Louder Lux Records, est originaire de l’Ile du Prince-Edouard et vit désormais à Montréal. Son premier opus Humor vient de sortir avec ses 9 titres pour une petite trentaine de minutes mais il n’en faut pas plus long pour prendre conscience que l’on tient ici une vraie voix et un univers dans lequel on a envie de se poser. Concernant l’univers instrumental, il est teinté d’électro rappelant le trip-hop sensuel des premiers albums de Goldfrapp, les synthés et la boîte à rythmes tenant une place importante même si la guitare fait une apparition remarquée sur la fin de l’album. On retrouve rapidement la filiation avec des artistes comme Florence and the Machine ou Austra mais ce qui m’a tout de suite désarmé c’est cette voix qui m’a paru instantanément familière. Une voix puissante et chaude qui m’évoque Annie Lennox de Eurythmics, alliant la puissance plus contenue d’une Beth Ditto à l’émotion d’une Jeanne Added. Je vous propose cinq titres qui vous donneront un bref aperçu de l’univers de notre Canadien(enne) [l’artiste est transgenre, d’où le masculin et le féminin qui se marient, mais j’ai envie de dire que le talent n’a pas de sexe ici].

  1. Le morceau d’ouverture Home est celui qui m’évoque le plus l’univers de Goldfrapp à qui je voue un vrai attachement. Des sonorités électro downtempo et un brin bruitistes, une voix puissante qui nous enveloppe langoureusement et qui prend le dessus sur les synthés, on savoure cette réminiscence du trip-hop qui arrive 20 ans plus tard.
  2. Après le traitement de la voix digne de Jeanne Added dans Cost of Living, Light of the Moon confirme que la voix de Russell Louder mérite d’être au centre de tout. Le groove du titre est imparable tant au niveau de la voix que des synthés. Morceau aussi brillant que la lumière de la lune…
  3. Vow est, quant à lui, porté par sa ligne rythmique et sa boîte à rythmes épileptique qui n’arrive pas à destabiliser la puissance tranquille de la voix de Russell Louder. Ce premier opus surprend véritablement tant la voix fait preuve d’une maturité hallucinante.
  4. Hello Stranger brille de son côté par son univers électronique qui me ferait penser à une formule extravertie et quasi-pop de The XX et par la douceur cristalline de la voix. Ce titre démontre tout le potentiel à faire bouger les corps.
  5. Je finirai avec Know the Game qui fait preuve d’un certain dépouillement pour un résultat empreint d’émotions.

On ne tombe pas tous les jours amoureux d’une voix dès un premier album, malheureusement ou plutôt heureusement, et Russell Louder, avec une retenue charmante, vient de me retourner en 30 petites minutes. Et vous, si vous preniez le risque d’être touché(e)s? Enjoy!

 

Sylphe

Son estival du jour n°7 : Strict Machine de Goldfrapp (2003)

Envie d’une ambiance plus âpre ce soir, d’un morceau qui est né au milieu du trip-hopGoldfrapp pour venir doucement tendre vers une électro-pop teintée d’une sensualité exacerbée? J’ai bien sûr ce qu’il vous faut avant de vous abandonner lâchement pendant deux semaines dans des contrées dénuées de tout internet… Alison Goldfrapp, une des nombreuses voix découvertes par Tricky (une pensée entre autres pour la brillante Martina Topley-Bird), forme avec Will Gregory un groupe qui m’a particulièrement marqué dans sa capacité à faire évoluer le trip-hop. Après un premier coup de maître en 2000 avec Felt Mountain qui continue de donner ses lettres de noblesse au trip-hop dans la droite lignée de Portishead, Black Cherry se tourne vers une électro-pop savoureuse et hédoniste à première vue, mais beaucoup plus mélancolique qu’elle n’en a l’air.

Le morceau du soir Strict Machine brille par l’âpreté de ses sons électros qui font monter une tension palpable qui n’explosera qu’à travers la douce et sensuelle voix d’Alison Goldfrapp qui sait se faire aussi bien caressante qu’oppressante. Une ambiance électrique qui montre à elle seule le spectre de possibilités que peut offrir l’après trip-hop…. Enjoy!

Sylphe