Pépite intemporelle n°7: It’s Love de Get Well Soon (2016)

Quand le temps nous malmène en nous fuyant inlassablement entre les doigts, quand les It's Lovedernières sorties musicales nous laissent de marbre, il est toujours rassurant de se tourner vers ces artistes avec lesquels nous entretenons une relation aussi durable qu’intime. J’ai ainsi une admiration sans bornes pour l’allemand Konstantin Gropper qui illumine de son génie le groupe Get Well Soon depuis son tout premier coup de maître en 2008 Rest Now! Weary Head, You Will Get Well Soon. Cet album trône désormais fièrement dans mon panthéon musical et je vous invite à découvrir la richesse de cette pop baroque et symphonique si vous n’avez pas la chance de connaître cet opus. Je ne vais pas vous résumer la discographie brillante de Get Well Soon car ce n’est pas véritablement l’objectif de cette chronique même si je garde dans un coin de la tête cette idée… Aujourd’hui, je nous emmène en 2016 avec la parution du septième opus LOVE (je fais le choix de comptabiliser les 3 EP de 2014) qui s’impose peut-être comme le plus pop des albums de l’allemand et tiens à vous présenter le single It’s Love.

On retrouve dans ce titre tous les éléments qui me touchent chez Get Well Soon, cette voix noire comme l’encre de Konstantin Gropper et la précision métronomique de l’orchestration (#lescuivresitslove). Le refrain entêtant porté par les choeurs vient distiller une touche d’originalité plus pop qui contraste merveilleusement avec la voix principale. De contraste il en est aussi question dans ce très beau clip qui illustre parfaitement le morceau. On est partis sur un reportage digne du 13h de Pernaut nous montrant le rapport qu’entretiennent nos retraités avec la gastronomie du quotidien et on aboutit, dans une sorte de logique imparable, au glauque de la séquestration de Natascha Kampusch… C’est brillant, c’est Get Well Soon.

Sylphe

Review n°6: The Horror de Get Well Soon (2018)

Chroniquer un album de Get Well Soon pourrait apparaître sur ma liste des petits Get Well Soonplaisirs simples de la vie, non pas que la musique de Konstantin Gropper soit forcément facile d’accès mais parce que le plaisir d’écoute est sans cesse renouvelé. Mon histoire d’amour avec Get Well Soon a commencé en 2008 avec le brillant premier opus Rest now, weary head!…., coup de foudre immédiat pour cette pop baroque qui flirte comme sur un fil entre spontanéité et esthétisme. Deux ans plus tard, avec Vexations, l’insouciance des débuts s’est un peu estompée et l’aspect plus sombre et moins grandiloquent nous incite à vivre notre couple plus posément. En 2012, avec The Scarlet Beast O’Seven, les premières frictions somme toute assez légères ont fait leur apparition mais n’étouffent en rien mon envie de me projeter encore et toujours vers le futur avec Get Well Soon. Un superbe moment de plénitude avec LOVE en 2016 a confirmé mon attachement sans limite et c’est avec une certaine appréhension que je décide de faire le point sur ma relation avec le groupe originaire d’Allemagne en écoutant ce cinquième opus au nom angoissant The Horror.

Les premiers accords de Future Ruins -Pt2 me rassurent d’emblée… des cordes viennent doucement tisser une atmosphère aérienne digne de Cinematic Orchestra et confirment l’attirance sans limite pour les musiques de films de Get Well Soon. La voix de Ghalia Benali à laquelle vient se marier celle de Konstantin Gropper dans la deuxième partie plus rock du morceau est envoûtante et on prend conscience qu’en 6 minutes il y a plus de propositions instrumentales que dans le dernier Muse (libres à vous de remplacer Muse par n’importe quel artiste qui vous déçoit après des débuts tellement séduisants). The Horror prolonge le plaisir, les premiers instants nous donnent l’impression d’être dans la BO de Twin Peaks puis le morceau prend une surprenante tournure printanière et volontiers primsautière. Nous sommes en terrain conquis même si la fin plus affirmée vient rompre quelque peu l’alchimie parfaite entre la voix et les violons.

Les beaux moments vont ainsi se multiplier, Martyrs et ses drums entêtants alliés aux cuivres tente une approche plus légère de la pop toujours contrebalancée par la voix caverneuse de Konstantin, objectif aussi pleinement assumé par Nightjogging et son featuring convaincant Kat Frankie ou encore le sautillant (How To Stay) Middle Class. J’apprécie aussi les morceaux plus dépouillés dans l’orchestration (enfin tout est relatif par rapport à l’ensemble baroque) comme le très beau Nightmare No.3 (Strangled) d’une douceur incomparable.

Comme dans toute relation amoureuse, on prend plaisir à retrouver en l’autre tout ce qui nous a séduit et ce The Horror m’offre un univers baroque toujours soutenu avec brio par la voix expressive de Konstantin Gropper. Quelques surprises comme cette tentation d’une pop à première vue plus légère me permettent de briser une routine qui peut mener à un désintérêt progressif et me permettent d’envisager sereinement les années à venir avec Get Well Soon, à l’image du final grandiloquent et résolument optimiste du dernier titre (Finally) A Convenient Truth.

Pour illustrer cet album, il n’y a pas véritablement de clips mais un ensemble assez conceptuel de 8 courts métrages dont voici le premier qui vous permettra de voir les talents d’acteur de Konstantin Gropper en serveur…

Sylphe