Review n°115: Cool It Down de Yeah Yeah Yeahs (2022)

Je continue de regarder 2022 dans le rétroviseur aujourd’hui avec un opus sorti le 30 septembre dernier, à savoir le cinquième album studio de Yeah Yeah Yeahs Cool It Down. Le groupe composé de Brian Chase (batterie), Nick Zinner (guitares et claviers) et surtout Karen O. au chant avait retrouvé la scène pour quelques dates en 2017 mais le dernier album Mosquito remonte déjà à 2013, une éternité dans le monde musical actuel… J’ai déjà parlé de ce groupe américain dans ce blog, en particulier de leur troisième album It’s Blitz! (2009) qui, en plus de posséder une des plus belles pochettes all-time, est un bijou d’électro-pop sensuelle et électrisante. Pendant cette pause, Karen O. n’a pas chômé et a, entre autres, marqué mon année 2019 avec Lux Prima, un album composé avec Danger Mouse (à relire par ici) qui montrait l’énergie intacte qui l’animait encore.

Pour l’anecdote, nous retrouvons dans les paroliers de ce Cool It Down le leader charismatique de TV on the Radio, David Sitek… a priori tous les voyants sont au vert pour passer un bon moment qui risque cependant d’être un peu court (8 titres et seulement 32 minutes). Le morceau d’ouverture Spitting Off the Edge of the World va nous rassurer d’emblée avec sa basse pachydermique et ses synthés omniprésents, la rythmique tout en langueur sublimée par la voix de Perfume Genius, dont le featuring apporte une vraie plus-value au morceau, nous envoûte et laisse avec délices la place à un refrain électrisant qui donne plus de complexité au titre. Lovebomb va ensuite surfer sur un empilement de nappes de synthés contemplatives, Karen O joue la carte d’une sensualité digne d’Alison Goldfrapp avec ses interjections (ses ah quoi !) avant de démontrer une belle sérénité sur une fin mettant en avant le spoken word. Le morceau laisse entrevoir une fragilité qui n’est pas sans me laisser insensible, pour rester dans l’euphémisme. Wolf referme brillamment le tryptique initial dans une veine plus habituelle qui rappelle It’s Blitz!, le refrain addictif est puissant et cette bombinette électro-pop fait mouche avec une grande facilité. En un peu plus de 12 minutes, Yeah Yeah Yeahs vient de réanimer toute sa palette d’influences et la pause de 9 ans paraît déjà un bien lointain souvenir.

Fleez et sa guitare électrique plus rock est peut-être le morceau de l’album qui me touche le moins, j’ai du mal à percevoir la ligne directrice et le chant paraît un brin facile… Heureusement, Burning ne va pas me laisser le temps de cogiter bien longtemps en restant dans la veine électro-pop de Wolf, le titre est tout en contrastes et ruptures tout en débordant d’énergie, plus subtil qu’il n’y paraît avec des cordes bien senties. La sensualité à fleur de peau de Blacktop offre une belle plage de sérénité, Different Today propose une électro-pop primesautière et plus légère qui illumine la fin de l’album avant de finir sur un très beau moment d’émotion, Mars, dont le spoken word nous transperce. En 32 petites minutes, ce Cool It Down vient de prendre place aux côtés de It’s Blitz! pour enrichir une discographie déjà bien séduisante, enjoy!

Morceaux préférés (pour les plus pressés): 1. Spitting Off the Edge of the World – 5. Burning – 3. Wolf

Sylphe

Son estival du jour n°62: Acceptable in the 80’s de Calvin Harris (2007)

Qui aurait imaginé que ce petit Ecossais (enfin petit, on se comprend car le gus mesure tout deCalvin Harris I Created Disco même 1m97) proposant une électropop jouissive faite de bric et de broc sur ses deux premiers albums I Created Disco en 2007 et Ready For The Weekend en 2009 deviendrait un des DJ les plus influents des années 2010/2020 ? Sûrement pas grand monde et c’est, ma foi, ce qui fait le charme de cette véritable success story vécue par Calvin Harris… Je ne peux que me réjouir pour lui, même si ses productions actuelles correspondent bien sûr moins à mes goûts musicaux. Maintenant, je dois avouer que je retourne régulièrement vers I Created Disco qui représente toute la quintessence de l’électropop débridée gonflée au second degré comme j’aime. Un premier album nettement supérieur à son successeur Ready For The Weekend qui amorçait la mue vers les sirènes des DJ. De nombreuses pépites jalonnent l’opus et trois en particulier me font perdre tout contrôle de mon corps : Merrymaking at my Place et son clip loufoque qui est une véritable version électropop de Daft Punk Is Playing At My House de LCD Soundsystem, The Girls et ses sonorités électroniques taillées à souhait pour les dance-floors et le titre du jour Acceptable in the 80’s, sucrerie électropop à l’humour so british. Véritable dédicace à la génération 80 dont je suis, j’adore le contraste entre les synthés disco un brin kitsch et la voix grave de Calvin Harris qui semble imperturbable. Un clip coloré complètement barré, il ne m’en faut pas plus pour me dire que ce titre est plus qu’acceptable, et même hautement recommandé, encore en 2022, enjoy ! En cadeau trois clips pour le prix d’un pour vous donner envie de découvrir les débuts de Calvin Harris.

 

Sylphe

Five Titles n°25: Party Like a Human de General Elektriks (2021)

Il y a peu, je prenais plaisir à réécouter le deuxième album Good City for Dreamers de General Elektriks (à voir parGeneral Elektriks Party Like a Human ici), album qui n’a pas pris une ride et dont l’électro-funk fait mouche avec délices. 12 ans et 4 albums plus tard, le septième opus Party Like a Human est sorti le 24 septembre dernier. L’occasion de prendre des nouvelles d’Hervé Salters et de voir si sa folie créatrice est toujours au beau fixe. Sans forcément révolutionner son style, même si les featurings sont plus nombreux que d’habitude et l’ouverture vers le hip-hop plus grande, ces 43 minutes font bien le job et nous plongent dans cet univers si atypique et si reconnaissable. L’ensemble est très homogène et je peux cependant regretter l’absence de véritables bombinettes électro-pop qui donneraient un supplément d’âme à cet album. Maintenant ce Party Like a Human dont la pochette ferait penser à une version moderne d’un tableau de Jérôme Bosch -en réalité, c’est le tableau Off the Wall : Art of Absurd de Laurina Paperina – demeure une très bonne porte d’entrée dans l’oeuvre de General Elektriks. La preuve en cinq titres qui fonctionnent à merveille…

  1. Le morceau d’ouverture Seeker nous ramène d’emblée en terrain connu. Basse funk, rythmique toute en ruptures, synthés hypnotisants, la voix d’Hervé Salters qui se plaît à naviguer dans les aigus, tout est parfaitement en place et nous ramène plus de 10 ans en arrière dans un univers hédoniste à souhait.
  2. Party Like a Human, le morceau éponyme, joue la carte d’un groove chaleureux et gourmand. Les synthés ne sont jamais loin et électrisent l’ensemble, en particulier sur une fin surprenante par son minimalisme.
  3. Chambre magique, seul titre chanté en français, ramène quant à lui vers l’univers fantasmagorique d’un Flavien Berger. Le duo de voix fonctionne à merveille et je découvre avec plaisir le timbre de voix de l’actrice Ariane Labed d’une grande sensualité qui se marie parfaitement à cette atmophère jazzy d’une grande douceur. Ce récit d’un rêve devenu cauchemar amène à l’évasion…
  4. Giving Up on You me séduit, quant à lui, par deux aspects : l’habituelle atmosphère électro-funk dans la droite lignée de Seeker mais aussi ces montées symbolisées par des violons bien sentis qui me rappellent, de manière assez surprenante, Poni Hoax.
  5. Le tryptique Cosmic Check clot avec brio l’album. J’apprécie tout particulièrement le featuring du rappeur Quelle Chris sur Cosmic Check Pt. 2 : One Foot in the Grave (plus convaincant que Lateef the Truthspeaker sur Electric Pigeons). Son grain de voix sombre se marie parfaitement à une ambiance plus mystérieuse qui n’est pas sans rappeler l’univers de The Avalanche. Cosmic Check Pt.3 : Humans Unite ! contrastera assez brillamment ensuite dans une version pop jazzy décomplexée où le refrain s’incruste en nous de manière indélébile.

Voilà à coup sûr un album plus riche qu’il n’y paraît à première vue. Moi-même, j’ai l’impression que mon avis n’a cessé d’évoluer au fil de cette chronique. A vous de vous faire votre propre avis désormais, enjoy !

 

 

Sylphe

Pépite intemporelle n°82: Raid The Radio de General Elektriks (2009)

La semaine dernière, General Elektriks  sortait son septième album déjà Party Like a Human. JeGeneral Elektriks dois reconnaître que ces dernières années j’ai perdu d’oreille Hervé Salters et j’ai clairement quelques albums de retard… Je compte bien rapidement me remettre à jour car j’ai pris plaisir à suivre le début de carrière de General Elektriks. Le deuxième opus Good City for Dreamers en 2009 fonctionne ainsi pour moi comme une véritable madeleine de Proust. Un funk ultra moderne et jouissif, une énergie débordante à l’image de ces pas de danse si caractéristiques d’Hervé derrière les synthés, un concert enthousiasmant à l’Astrolabe et une belle ribambelle de bombinettes croisant avec hédonisme le funk et l’électro-pop. J’aurais pu choisir le groove nocturne de Little Lady ou encore les rythmes enivrants de Take back The Instant qui n’est pas sans rappeler l’univers de Just Jack mais ce soir j’ai envie de l’instantanéité de Raid The Radio. Rythmique funk, sifflements obsédants, puissance pop incontestable, clip loufoque, tout est présent pour incruster un sourire béat sur votre visage. Allez, je vous laisse en de bonnes mains, j’ai du General Elektriks à écouter, enjoy !

Sylphe

Review n°84: Loving In Stereo de Jungle (2021)

Il faut bien se rendre à l’évidence, on est repartis pour un tour et les vacances ensoleillées sont derrière nous. Jungle Loving In StereoLoin de moi l’envie de m’apitoyer mais plutôt le désir de prolonger les sensations estivales avec un album qui a illuminé ma deuxième quinzaine d’août. Depuis son premier album éponyme sorti en 2014, le duo britannique Jungle composé de Tom McFarland et Josh Lloyd-Watson propose un son groovy mêlant aspirations dance et sonorités disco. On a pris plaisir dernièrement à réécouter cette discographie et savourer des titres comme Busy Earnin’ (voir ici) mais il est temps de voir, trois ans après l’album For Ever, ce que vaut vraiment ce troisième opus Loving In Stereo, signé sur leur propre label et non sur l’armada XL Recordings.

On peut d’emblée affirmer que Jungle n’a pas pris de risques démesurés -je ne doute pas que certains diront que le résultat est somme toute assez, voire trop attendu – et décline avec justesse une formule qui a déjà parfaitement fait ses preuves. Certes, le titre Romeo vient explorer les contrées du hip-hop avec le flow percutant de Bas ou Goodbye My Love s’appuie sur la douceur du chant de Priya Ragu pour une pop-folk surprenante mais l’ensemble ne révèle pas une envie de se renouveler fondamentalement. Nous retrouvons ainsi les recettes habituelles du succès de Jungle. Tout d’abord, je prends plaisir à retrouver ce son taillé pour les dance-floors avec des rythmiques uptempo, des sonorités disco à foison, des cordes qui viennent embellir l’ensemble. Je n’arrive pas à m’ôter de l’esprit l’image de The Shoes à l’écoute de certains titres et c’est plus qu’un compliment dans ma bouche. Le titre Keep Moving est ainsi la pépite électro-pop ultime de l’album qui m’obsède depuis presque un mois. Une basse jouissive, des explosions qui viennent contrebalancer des instants où le temps semble comme suspendu, ces cordes subtiles, le résultat est imparable et sublimé par le clip, prenant rendez-vous avec le top des titres 2021. Si vous aimez ce son immédiat, All Of The Time, Talk About It ou encore Truth devraient vous apporter aisément cette dose de dopamine qui boostera votre rentrée.

La deuxième principale tendance de ce Loving In Stereo c’est la tentation d’une électro-pop lumineuse qui se veut plus rêveuse à travers le duo Lifting You/ Bonnie Hill. Un brin lisse, cette dernière est sublimée quand la basse groovy digne de Balthazar entre en jeu, une basse qui a véritablement pris le pouvoir sur l’album. Le tube électro Fire ouvre un champ de possibilités infinies alors que No Rules suinte par tous les pores un esprit rock plus poisseux.

Vous l’aurez bien compris, ce Loving In Stereo fonctionne parfaitement et apporte son lot de moments forts. Il faut reconnaître qu’une petite voix intérieure est demandeuse d’innovations plus importantes mais celle-ci s’incline face à la puissance des tubes, enjoy!

Sylphe

Five Titles n°20: Humor de Russell Louder (2021)

Découverte totale au programme en cette fin de weekend ensoleillé…. Russell Louder, signé(e) chez LisbonRussell Louder Lux Records, est originaire de l’Ile du Prince-Edouard et vit désormais à Montréal. Son premier opus Humor vient de sortir avec ses 9 titres pour une petite trentaine de minutes mais il n’en faut pas plus long pour prendre conscience que l’on tient ici une vraie voix et un univers dans lequel on a envie de se poser. Concernant l’univers instrumental, il est teinté d’électro rappelant le trip-hop sensuel des premiers albums de Goldfrapp, les synthés et la boîte à rythmes tenant une place importante même si la guitare fait une apparition remarquée sur la fin de l’album. On retrouve rapidement la filiation avec des artistes comme Florence and the Machine ou Austra mais ce qui m’a tout de suite désarmé c’est cette voix qui m’a paru instantanément familière. Une voix puissante et chaude qui m’évoque Annie Lennox de Eurythmics, alliant la puissance plus contenue d’une Beth Ditto à l’émotion d’une Jeanne Added. Je vous propose cinq titres qui vous donneront un bref aperçu de l’univers de notre Canadien(enne) [l’artiste est transgenre, d’où le masculin et le féminin qui se marient, mais j’ai envie de dire que le talent n’a pas de sexe ici].

  1. Le morceau d’ouverture Home est celui qui m’évoque le plus l’univers de Goldfrapp à qui je voue un vrai attachement. Des sonorités électro downtempo et un brin bruitistes, une voix puissante qui nous enveloppe langoureusement et qui prend le dessus sur les synthés, on savoure cette réminiscence du trip-hop qui arrive 20 ans plus tard.
  2. Après le traitement de la voix digne de Jeanne Added dans Cost of Living, Light of the Moon confirme que la voix de Russell Louder mérite d’être au centre de tout. Le groove du titre est imparable tant au niveau de la voix que des synthés. Morceau aussi brillant que la lumière de la lune…
  3. Vow est, quant à lui, porté par sa ligne rythmique et sa boîte à rythmes épileptique qui n’arrive pas à destabiliser la puissance tranquille de la voix de Russell Louder. Ce premier opus surprend véritablement tant la voix fait preuve d’une maturité hallucinante.
  4. Hello Stranger brille de son côté par son univers électronique qui me ferait penser à une formule extravertie et quasi-pop de The XX et par la douceur cristalline de la voix. Ce titre démontre tout le potentiel à faire bouger les corps.
  5. Je finirai avec Know the Game qui fait preuve d’un certain dépouillement pour un résultat empreint d’émotions.

On ne tombe pas tous les jours amoureux d’une voix dès un premier album, malheureusement ou plutôt heureusement, et Russell Louder, avec une retenue charmante, vient de me retourner en 30 petites minutes. Et vous, si vous preniez le risque d’être touché(e)s? Enjoy!

 

Sylphe

Pépite intemporelle n°74: Always On The Run de Yuksek (2011)

Et tout est parti d’un générique de série qui me déçoit…Je m’explique. J’ai depuis peu cédé à la tentation de regarder la série En thérapie qui est véritablement brillante, porté par la performance magistrale de Frédéric Pierrot (déjà touchant de sincérité dans Polisse) et de tous les autres comédiens, Mélanie Thierry en tête. Je ne peux que vous inviter à savourer le travail d’Eric Toledano et Olivier Nakache qui ne nous déçoivent jamais dans leur approche de l’humanité et ses fragilités. Le bémol minime, me concernant, c’est ce générique et la musique qui l’accompagne qui peinent à me convaincre, et ceci est un doux euphémisme. Je suis d’autant plus déçu que ce générique est l’oeuvre d’un artiste que j’apprécie particulièrement, Yuksek. Du coup, j’ai eu envie de contrebalancer cette « déception » en me replongeant dans les premiers albums du Rémois de naissance, Away From The Sea (2009) et Living on the Edge of  Time (2011)… De nombreuses pépites électro-pop jalonnent ces deux petits bijoux d’une grande instantanéité et le choix d’un titre n’a pas été aisé. J’espère que la pépite du jour, en l’occurrence le morceau d’ouverture de Living on the Edge of Time à savoir le susnommé (non, non, ce n’est pas une insulte) Always On The Run, vous donnera envie de parcourir les albums. Des synthés obsédants qui ne sont pas sans rappeler ceux de leurs potes rémois de The Shoes, un refrain addictif qui gicle littéralement, un intermède digne de Justice au niveau des voix, une électricité sous-jacente que ne renierait pas Birdy Nam Nam et ce clip brillant dont la chute est particulièrement inattendue suffisent à me donner le sourire. Et vous, si vous écoutiez les premiers albums de Yuksek ? Voilà une thérapie qui porte rapidement ses fruits, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°81: Heroes in a Frame de Tin (2020)

Je vous propose de découvrir une artiste française qui m’était jusqu’alors totalement inconnue, TinTin (voilà un pseudo pour le moins minimaliste). Dj accomplie influencée par Chromatics ou Taxi Girl, Tin a sorti son premier EP sobrement intitulé Debut l’année dernière, EP qui fonctionne parfaitement. Si vous aimez une électro-pop rêveuse où boîte à rythme et synthés sont au service d’une voix suave explorant le français et l’anglais vous ne pourrez que savourer des titres comme Shots of Glory ou La Nuit Floue. Cet EP est cependant illuminé par son morceau central Heroes in a Frame qui brille par sa rythmique techno. L’ambiance  dégagée nous glisse dans les méandres de la nuit parisienne où les règles s’estompent pour laisser surgir le désir, perceptible à travers la voix sensuelle de Tin. Ce titre plein de caractère a beaucoup inspiré et ce vendredi sortira un nouvel EP de remixes de Heroes in a Frame par Plaisir de France, Sara Zinger, Devon James, Badknife, Morgan Blanc et De Warville. En attendant de découvrir ces relectures, je vous invite à savourer l’original, à fermer les yeux et vous rappeler à quoi ressemblait une promenade nocturne…, enjoy!

 

Sylphe

Review n°63: Pure Luxury de NZCA LINES (2020)

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser au troisième album de NZCA LINES Pure Luxury sorti cetNZCA LINES été mais que j’avais laissé totalement passer. Il faut croire que le déconfinement estival m’avait quelque peu déconnecté de l’actualité musicale… Derrière ce nom de groupe un brin mystérieux se cache un trio composé de Charlotte Hatherley, Sarah Jones et le chanteur/compositeur Michael Lovett. Sans manquer de respect à ses deux compagnes, Michael Lovett que l’on connaît aussi pour sa participation en tant que guitariste et claviériste aux génialissimes Metronomy est véritablement le coeur et le poumon de NZCA LINES. Après deux albums riches de belles promesses, NZCA/LINES en 2012 et Infinite Summer en 2016 (à réécouter de toute urgence, en particulier pour savourer la pépite Two Hearts), ce Pure Luxury donne définitivement ses lettres de noblesse à un artiste qui réussit à se réinventer tout en ne reniant pas l’héritage hautement recommandable de Metronomy. Ce troisième opus arrive ainsi à brillamment croiser la synth-pop originelle avec la sensualité d’un disco funk digne de Prince, le résultat entraînant sans être faussement naïf (la dénonciation du consumérisme étant confirmé par cette pochette brillante) devrait vous donner envie de bouger sans retenue.

Le morceau d’ouverture, l’éponyme Pure Luxury, mérite amplement d’avoir donné son nom à l’album tant c’est un single en puissance à fort potentiel addictif. Synthés gourmands et sonorités ludiques à la Metronomy, ambiance disco lumineuse, pouvoir tyrannique du refrain à la mélodie imparable, ce riff de guitare brillant sur la fin du morceau, l’ensemble me donne une folle envie de danser nu chez moi, ce qui devient difficile quand tu sais que tes voisins confinés peuvent te voir à tout moment… En tout cas, refus du luxe et danser tout nu, on est dans le thème. Real Good Time et sa voix inaugurale gonflée aux hormones, Barry White si tu nous entends, vient ensuite proposer un funk sexy en diable qui flirte avec les limites du dance-floor. La voix dans les aigus réveille le démon de Prince, ce qui sera confirmé avec le deuxième tube imparable de l’album, Prisoner Love. Sur la thématique rebattue du pouvoir arbitraire de l’amour, NZCA LINES construit une électro-pop jouissive avec son refrain lumineux.

On retrouve un bijou de pop sensuelle illuminée par le piano et les cordes avec For Your Love (en featuring avec VIAA) qui confirme bien l’influence de la fin des années 70/ Début 80. Il devient de plus en plus difficile de rester habillé… L’atmosphère feutrée de Take This Apart et la douceur de la voix viennent tempérer ton rythme cardiaque même si la montée électrique finale vient te cueillir par surprise, distillant une subtile et mystérieuse touche de post-rock. Un Opening Night clairement estampillé Metronomy avec ses synthés en rupture et sa basse qui confirme le réchauffement climatique, un Larsen  plus sombre et incisif, un Primp & Shine aux accents garage qui déroule plus de 6 minutes d’orfèvrerie musicale et un Tonight Is All That Really Matters final passé sous le tromboscope des synthés confirment l’homogénéité de cet album qui ne connaît aucun temps faible. Tu cherches un album prétexte pour danser nu chez toi ou plus largement de l’électro-pop d’une sensualité folle pour oublier ce monde de merde? Tu sais désormais ce qu’il te reste à faire, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°70: through the night d’obylx (2020)

Belle découverte du jour avec un son qui me donne le sourire et la pêche, ce qui estobylx toujours appréciable quand tes vacances sont sur le point de finir… Oliver Johnson alias Obylx, un pseudo original qui affole les moteurs de recherche voulant à tout prix que tu fasses un recherche sur Obélix, est un artiste anglais originaire de Bristol. Alors oui Bristol pour beaucoup dont je fais partie c’est avant tout le berceau du trip-hop, de Massive Attack et Portishead mais aujourd’hui c’est plutôt de l’électro-pop qu’obylx offre à nos oreilles. Après deux albums sobrement intitulés Once (2018) et Twice (2019) riches de bonnes idées, obylx publie régulièrement de nouveaux titres cette année et le dernier sorti le 1er août through the night, produit par Prash ‘Engine Earz’ Mistry (Jorja Smith, The Prodigy) est percutant à souhait. Des sonorités électro jouissives et hédonistes dignes d’Hot Chip, une mélodie imparable et une voix convaincante, il ne m’en faut pas plus pour me passer en boucle ce titre depuis deux semaines. Allez à vous de découvrir obylx, enjoy!

Sylphe