Pépite du moment n°72: Johnson de Kruder & Dorfmeister (2020)

Petit instant nostalgie pour commencer le weekend aujourd’hui avec un duo de dj autrichiens Kruder und Dorfmeister qui sur la fin des années 90 a marqué par ses compilations et ses mixes toute une génération qui palpitait en découvrant le champ d’exploitations infinies de la musique downtempo. Pour vous dire à quel point ce duo avait disparu des radars et reste ancré dans une époque déjà bien lointaine, je me vois en train de désespérément chercher leurs perles sur Emule… Pour leurs faits d’armes dignes d’intérêt, en 1996 ils ont eu les honneurs de la quatrième compilation de DJ-Kicks (on en est à 69…) et leur album de remixes The K&D Sessions paru en 1998 regorge de joyaux sonores. Pour preuve, vous pourrez écouter à la fin leur reprise de Useless de Depeche Mode. Que viennent donc faire Kruder & Dorfmeister en 2020? La vague du trip-hop, la chill music et tous les satellites de la musique downtempo ont connu leur succès et le risque de paraître un poil désuet est réel. Cependant, ne boudons pas notre plaisir avec l’annonce de leur premier album 1995 (et oui on est bien dans la nostalgie) prévu pour le 30 octobre. Le 28 août dernier, un premier morceau Johnson, qui sera le titre d’ouverture de l’album, est parti en éclaireur. J’y retrouve cette musique downtempo qui se déploie langoureusement et sensuellement, les atmosphères enfumées des bars lounge où on prend plaisir à écouter St Germain, la tentation perceptible du nu-jazz, le tout illustré par un très beau clip qui retranscrit parfaitement l’atmosphère sombre et picturale de cette musique. Un titre qui sonne comme en 1995 mais que l’on prend un malin plaisir à savourer en 2020, enjoy!

Sylphe

Five Titles n°4: Outer Peace de Toro y Moi (2019)

Autour de 2010, Neon Indian et Toro y Moi sont à l’origine d’un nouveau style musical, toro y moila chillwave, espèce de synth-pop mâtinée d’ambient créée avec des moyens limités. Une version low-cost de la synthpop si je caricature quelque peu. Toro y Moi a brillamment poursuivi sa carrière depuis Causers of This et vient de sortir son sixième opus Outer Peace, c’est l’occasion de prendre des nouvelles de Chazwick Bradley Bundick que j’avais quelque peu perdu de vue sur les derniers opus. L’album est un joli condensé de 30 minutes (et pas une de plus!) des influences de Toro y Moi pour un résultat aussi éclectique que rafraîchissant. Petit tour d’horizon autour de cinq titres qui devraient vous inciter à vous faire un petit shot de feel good music avec Outer Peace qui ne se perd pas dans des ambitions démesurées.

1.Le morceau d’ouverture Fading est brillant d’emblée. Palette de sons très large, des synthés en veux-tu en voilà, les boucles de voix incessantes et le résultat est imparable, de la synth-pop délicate et volontiers dansante. Comme dirait l’autre, j’achète!!!

2.Ordinary Pleasure et son groove en arrière-plan se déguste comme une vraie sucrerie. Le refrain donne une saveur pop acidulée à l’ensemble et je me surprends à chantonner de ma voix de crécelle…

3.Miss Me vient de son côté marcher sur les plate-bandes du trip-hop à la Zero7, porté par le chant tout en justesse de ABRA. C’est d’une douceur et d’une sensualité savoureuse pour un titre qui tranche de manière assez surprenante avec le reste de l’album. On avait parlé d’éclectisme non?

4. J’aurais pu choisir les réminiscences disco de Laws of the Universe mais je vais plutôt savourer avec vous l’ovni disco-funk Freelance que j’aime par son côté aussi gourmand qu’inclassable.

5. Si vous savourez actuellement le quatrième opus Assum Form de James Blake, Monte Carlo avec Wet en featuring saura pleinement vous séduire. Autotune, atmosphère urbaine et subtil mariage des deux voix pour un résultat convaincant.

Sylphe