Five Titles n°13: Imploding The Mirage de The Killers (2020)

Comme je vous en parlais en début de semaine, la très belle surprise de cette fin d’été vient du côtéThe Killers 2 d’un groupe qu’on n’attendait plus forcément à ce niveau de performance sonore, The Killers. La bande centrée autour du chanteur Brandon Flowers, qui doit son nom au clip de Crystal de New Order où un groupe fictif porte ce nom (#infopourbrillerensociete), a marqué le début des années 2000, en particulier avec leur bombe initiale Hot Fuss en 2004. S’ensuivent des albums solides sans être aussi transcendentaux, Sam’s Town en 2006, Sawdust en 2007 ou Day & Age en 2008, une pause de 4 ans et deux albums Battle Born en 2012 et Wonderful Wonderful en 2017 que je n’ai croisés que trop superficiellement pour avoir un véritable avis à leur sujet. Finalement, au moment d’écouter ce sixième opus Imploding The Mirage et sa pochette soignée graphiquement –Dance of the Wind and Storm du peintre évangélique Thomas Blackshear car nos Américains sont très croyants, faut-il le rappeler – je n’ai pas d’attente particulière, peut-être seulement un infime et inconscient espoir de replonger 15 ans plus tôt… Ne pas avoir d’attentes c’est se donner une possibilité supplémentaire d’être agréablement surpris. Malgré l’absence du guitariste Dave Keuning, quelle cure de jouvence que cet album doté d’une énergie inattendue! Le souffle de la pop électrise encore davantage ce rock qui regorge de singles euphorisants et je savoure cette immédiateté qui fait de ce Imploding The Mirage un album frontal à souhait. J’avoue une interrogation minime sur sa capacité à s’enrichir avec le temps mais je ne boude pas mon plaisir de cette machine à singles… La preuve partielle et partiale avec 5 bijoux qui se dégagent de l’ensemble et, je l’espère, devraient vous donner envie d’écouter ce très bel album.

  1. Le morceau d’ouverture My Own Soul’s Warning s’impose d’emblée comme un single imparable. Des synthés et une batterie qui ne sont pas sans me faire penser à Arcade Fire dans leur utilisation et une voix tellement directe  donnent une vraie puissance électro-pop à ce titre.
  2. Blowback surprend par sa formule d’une grande simplicité pop-rock taillée pour les radios. Tel une jeune jouvencelle, je me laisse séduire par le spectre large de la voix de Brandon Flowers
  3. Dying Breed séduit par sa rythmique digne de New Order, le morceau plus sombre monte inlassablement et explose dans un feu d’artifice arcadien. A n’en pas douter, The Killers n’est pas une race mourante (Dying Breed) et nous le prouve brillamment (#wtfcejeudemots?).
  4. Lightning Fields avec k.d.lang en featuring nous offre un bel instant de grâce avec un piano judicieux et une montée en puissance sur la deuxième partie. Voilà un duo marquant et surprenant dans la discographie de The Killers
  5. My God fait appel quant à lui à la brillante Weyes Blood pour un morceau d’une superbe intensité. Les voix sont d’une grâce quasi divine, on en regretterait presque de ne pas croire en Dieu…

Vous n’aimez pas les visions partielles? Vous détestez les prises de position définitives et croyez qu’on peut encore faire les meilleures soupes dans les vieilles marmites (#expressionpournoslecteursmoinsjeunes)? Vous savez ce qu’il vous reste à faire, enjoy!

Sylphe

Pépite intemporelle n°59: Somebody Told Me de Mylo (2004)

Depuis quelques semaines tourne en boucle chez moi le sixième opus Imploding The Mirage de TheThe Killers Killers, qui est une très belle surprise dont je vous parlerai ce weekend. Je ne vous en dis pas plus car à Five-Minutes on a l’art du teasing (#seconddegré)… Il m’est souvent difficile de ne pas me replonger dans les discographies quand j’écris sur des groupes avec des carrières solides. The Killers, c’est avant tout pour moi la déflagration sonore du premier album Hot Fuss en 2004 et des singles imparables comme Mr. Brightside, Somebody Told Me ou encore Jenny Was A Friend Of Mine. En réécoutant ce chef d’oeuvre magistral, je redécouvre qu’il y a trois remixes à la fin, deux de Smile Like You Mean It par Fischerspooner et Jean-Marie Moens, et le bijou du jour, le remix de Somebody Told Me par Mylo. Vous ne connaissez peut-être pas Mylo qui, en dehors de ses remixes, a tout de même créé un superbe (et unique malheureusement) album en 2005 Destroy Rock & Roll que je vous conseille fortement d’aller écouter si vous aimez l’électro ludique pas avare en samples.

Pour en revenir à Somebody Told Me, c’est un titre jouissif au possible. La voix de Brandon Flowers, la rythmique uptempo, les gros riffs de guitare bien sentis, le refrain qui vaut toutes les drogues dures du monde en terme d’addiction, difficile de faire plus frontal et direct. Remixer 3 petites minutes percutantes n’est pas une mince affaire et c’est là que le talent de Mylo entre en jeu… Il y a du Boys Noize d’emblée avec une volonté affichée de déconstruire la musique, tel un puzzle le morceau se crée peu à peu et il faut attendre presque 3 minutes pour retrouver la voix de Brandon Flowers quasi a capella. La déconstruction du titre est brillante et change l’ambiance du morceau sans le dénaturer, Mylo vient de transformer 3 minutes de rock en 7 minutes d’une électro destructurée aussi jouissive que l’original. Il ne vous reste plus qu’à comparer les deux versions désormais, enjoy!

Sylphe