Pépite intemporelle n°101 : Basket case (1994) de Green Day

91YyfXFsTtL._SL1425_Le son idéal pour ce week-end de trois jours c’est bien évidemment Chaise longue de Wet Leg, dont le copain Sylphe a parlé dans sa review de l’album (à relire par ici). Toutefois, s’il vous faut un peu plus qu’une langoureuse session de jambes mouillées sur chaise longue, voici un autre son qui invite à se vider cette fois la tête. Basket case est possiblement le single le plus connu de Green Day, groupe de punk rock américan formé en 1987 sous le nom de Sweet Children autour de son chanteur Billie Joe Armstrong. Devenu Green Day dès 1989, le trio guitare-basse-batterie sort deux albums en 1990 et 1992 sur le label indépendant Lookout! Records, avant de rejoindre Reprise, un label musical appartenant à Warner. Certains fans crieront à la trahison. Peu nous importe, vu les bons albums à suivre. A commencer par Dookie en 1994, qui contient les singles Longview, When I come around, et notre Basket case du jour.

Que raconte Basket case ? Les problèmes d’attaques de panique dont souffre alors le chanteur. Et dont souffrent bon nombre de personnes et d’adolescents. Plutôt que d’en faire un titre dépressif et de tomber dans le pathos, Billie Joe Armstrong pond une chanson de trois minutes de pure énergie, de bordel musical qui reflète le bordel sous le crâne. Il y raconte les médecins rencontrés, les diagnostics foireux, et aussi les auto-interrogations : « Sometimes I give myself the creeps / Sometimes my mind plays tricks on me / It all keeps adding up / I think I’m craking up / Am I just paranoid / Or am I just stoned ? » Ça vous parle ? Moi aussi. Ça me renvoie aussi à quelques poignées d’années en arrière, où on écoutait Green Day et des groupes jumeaux tels que The Offspring, insouciants et pourtant soucieux, en sirotant une bière les pieds glissés dans nos Docs. On glandait, entre un Nirvana et un Pearl Jam, avant de se lever pour danser comme des cons sur Basket case, parfois en renversant ladite bière sur une fille qui nous disait « C’est pas grave, t’inquiète, t’es pardonné si tu m’en roules une ». Une clope le plus souvent, mais parfois plus si affinités.

Basket case c’est tout ça à la fois, et bien plus, avec en appui un clip total barré très 90’s comme on n’en fait plus. L’insouciance tout autant que les tourments de l’adolescence concentrés en trois minutes de feu qui ne cherchent rien d’autre que l’efficacité. Suis-je nostalgique ? Non, sauf peut-être de l’insouciance de l’époque. Ai-je évolué ? Oui nécessairement, et non incontestablement. Est-ce un samedi #regressivemood ? Assurément, puisqu’après avoir publié ces lignes, je vais me remettre sur un vieux Zelda que je n’interromprai que pour avaler en vitesse une pizza ou un grand bol de céréales.

Raf Against The Machine