Review n°75: Sand de Balthazar (2021)

Une solution face au blues du dimanche soir? J’ai ce qu’il vous faut avec le cinquième opus des Belges deBalthazar Sand Balthazar, Sand, sorti le 26 février dernier. J’avoue avec sincérité avoir découvert ce groupe formé autour du duo Maarten Devoldere / Jinte Deprez assez tardivement mais je reste sous le charme du dernier album Fever, chroniqué par ici. Deux ans plus tard, nous arrive donc cette créature pour le moins surprenante et mystérieuse, espèce d’Alf 2.0 ou personne déprimée car le couvre-feu vient de lui ruiner sa soirée déguisée? Bref, je vous laisse méditer sur cette pochette ouverte à tous les vents de l’interprétation. Je ne vais pas tourner autour du pot (belge… blague pour les cyclistes), cet album s’inscrit dans la droite lignée de Fever et fonctionne à merveille. Les ingrédients sont limpides: des voix rocailleuses et sensuelles à souhait qui te feraient virer ta cuti en deux temps trois mouvements, des lignes de basse d’un groove indéniable, des rythmiques qui se prélassent avec dépouillement et douceur même si les boîtes à rythme prennent avec justesse une place plus importante, un sens de la mélodie imparable qui pousse de plus en plus les Belges à aller explorer le pays plat de l’électro-pop. Si tu as 43 minutes devant toi (la même durée que le dernier Django Django, coïncidence ou complot, toutes les hypothèses demeurent…), installe toi une bière à la main et savoure la future défaite de ton blues dominical…

Le morceau d’ouverture Moment introduit avec classe et majestuosité dépouillée l’album à travers sa boîte à rythme et sa ligne de basse qui sentent bon la sueur. Les cuivres, les choeurs, on retrouve toute la richesse de l’univers de Balthazar. Ce Moment amène sur un plateau d’argent le bijou Losers qui brille par la puissance électro-pop de son refrain et de ses choeurs, sublime contraste avec le groove downtempo des couplets. On A Roll fonctionne ensuite sur la même recette, d’un côté cette ligne de basse toujours sur le fil et de l’autre ce refrain plus lumineux qui n’est pas sans m’évoquer le pouvoir pop de MGMT. I Want You avec sa boîte à rythme obsédante et sa litanie finale ainsi que You Won’t Come Around et sa douceur d’une grande sensualité qui sort l’atout caché des cordes sur la fin font parfaitement le job avant la nouvelle pépite Linger On d’inspiration plus électro qui brille par sa rythmique addictive. Ce morceau est imparable et réveille en moi ce déhanché démoniaque qui fait succomber toutes les femmes… dans mes rêves.

L’électro-pop et les choeurs féminins de Hourglass paraissent en comparaison un brin faciles par la suite et je préfère dans ce registre Passing Through qui est sublimée par les cordes finales si représentatives du son de Balthazar. Il faut reconnaître que la fin de l’album est plus classique et déclenche moins de soubresauts, les mauvaises langues y déceleront une certaine paresse en rapport avec cette créature sur la pochette. Le saxo et les cordes de Leaving Antwerp apportent cependant un supplément d’âme savoureux, Halfway n’est pas une valeur ajoutée évidente et Powerless mise sur un piano fragile qui se marie parfaitement à la douceur finale. Voilà 43 minutes qui devraient être déclarées d’utilité publique tout simplement, enjoy!

 

 

Sylphe

Review n°21: Fever de Balthazar (2019)

Fin novembre, je m’extasiais sur le groove hédoniste du titre Fever (voir ici ) de

balthazar
Balthazar qui me donnait une envie quasi irrépressible d’écouter l’album dont était tirée cette pépite incandescente. Ce 25 janvier, le duo composé de Maarten Devoldere et Jinte Deprez a offert pour nos oreilles averties son quatrième opus Fever et le moins que l’on puisse dire c’est que ça valait franchement le coup d’attendre. La Belgique possède désormais un nouvel ambassadeur de choix pour l’exportation du rock de qualité avec Balthazar. Allez, je vous propose de venir avec moi vous mêler à ces lycaons car à Five-Minutes on aime vivre dangereusement!

Le morceau d’ouverture Fever que nous connaissons bien ouvre majestueusement l’album. Il est toujours intéressant de redécouvrir un titre que nous avions savouré il y a quelque temps pour voir si nous y trouvons toujours le même plaisir. Le test est passé haut la main tant cette basse groovy et sexy imprime une rythmique sentant le stupre qui se marie parfaitement à la voix caverneuse. Nous avons bien un grand cru qui gagne en intensité en vieillissant et je suis dans une situation optimale pour savourer l’album (ce qui s’explique aussi par le fait que je viens de récupérer des places pour la tournée des 25 ans d’Archive… #jem’égaresévèrelà). Changes vient alors poser les fondations de l’opus et les deux tendances se dégagent de manière limpide: cette voix rocailleuse d’un côté qui suinte bon le groove faussement dépouillé et de l’autre une tendance à vouloir laisser infuser un sachet de pop pour relever le tout. Le gimmick lumineux du refrain et les choeurs nous emportent facilement sur Changes alors que le morceau est globalement joué sur une rythmique presque down-tempo. Wrong Faces reprend cette impression d’un rock dépouillé à la The Kills, la basse et les claquements de doigts auxquels viennent se joindre des cuivres surprenants jouent la carte de la sobriété esthétiquement recherchée. Peu à peu les choeurs réveillent le démon d’une pop faussement candide avec des violons venus de nulle part. J’aime la richesse et la construction de ce Wrong Faces sexy en diable.

Whatchu Doin’ et Phone Number fonctionnent ensuite sur la même recette avec un rock sensuel et dépouillé joué sur un rythme de sénateur (sans rien de péjoratif) porté par la sensibilité exacerbée de la voix. Entertainment va ensuite parfaitement porter son nom en jouant la carte d’une pop rythmée et survitaminée à l’orchestration riche avec ses cuivres et ses cordes. Le refrain fait mouche et on se surprendrait presque à penser aux Stones sur ce morceau… Passé I’m Never Gonna Let You Down Again et sa ligne de basse incandescente qui me rappelle l’ambiance de The English Riviera de Metronomy, Grapefruit démontre que nos amis belges ont du talent plein les mains avec un morceau plus sombre et électro. L’ambiance gagne en intensité avec les cordes anxyogènes à souhait… La fin de l’album est efficace et peut-être moins suprenante, Wrong Vibration jouant la carte de la pop et Roller Coaster celle d’un groove ascétique avant que You’re So Real ne finisse sur une subtile touche de douceur avec un improbable saxophone (#rehabilitationdusaxoen2019).

Cet album devrait donc incontestablement marquer l’année rock 2019 et j’ai trouvé en Balthazar des concurrents sérieux à mes favoris de Ghinzu. Et ça si ce n’est pas un gage de qualité je me fais moine… (#aimezsvpcarjaimepaslabure)

Sylphe

Pépite du moment n°8: Fever de Balthazar (2018)

Le plat pays n’est pas avare en groupes de rock de très grande qualité, on pense très souvent aux ouvreurs de piste dEUS ou encore aux brillants Ghinzu dont certains titres (Do You Read Me, Cold Love et son clip incandescent, Take it easy ou encore l’anxyogène This war is silent) me font perdre tout contact avec la réalité. Balthazar trace de son côté son sillon depuis le premier opus Applause en 2010 et ne demande qu’à exploser comme ses compatriotes. Le quatrième album intitulé Fever sortira le 25 janvier 2019 et le titre éponyme vient de sortir. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce titre a pleinement sa place dans les pépites du moment.

Illustré par un clip soigné mettant en scène un road-trip des deux têtes pensantes du groupe Maarten Devoldere et Jinte Deprez au milieu d’un paysage sauvage, le morceau dégage un puissant sentiment de coolitude qui s’exprime à travers cette ligne de basse chaude et lancinante qui imprime brillamment le rythme du titre. Ajoutons la voix caverneuse, un refrain entêtant avec ses choeurs, des violons aussi discrets que séduisants et vous obtenez 6 minutes de très haut vol qui m’obsèdent depuis sa première écoute il y a deux jours.

Toutes mes plus plates excuses, addiction en vue, et ceci n’est pas une blague…

Sylphe