Son estival du jour n°59: Walking On A Dream d’Empire Of The Sun (2008)

Pour le son du jour, je pense qu’en jetant un oeil dehors vous ne peinerez pas à comprendre leEmpire of the sun Walking on a dream choix du groupe… Ce duo australien composé de Luke Steele et Nick Littlemore débarque en 2008 avec son premier album Walking on a Dream qui s’appuie sur un concept narratif un peu fou avec deux personnages issus du soleil. Je vous laisserai savourer dans le clip en bas de l’article les tenues de nos deux farfelus (humm l’expression désuète à mettre sur le coup du soleil puissant…). Hymne à l’amour ou l’amitié -libres à vous de choisir, j’adore ce titre Walking On A Dream qui propose une belle alliance entre la synthpop et des influences glam rock parfaitement assumées. Morceau lumineux à la rythmique entraînante, je suis séduit par la voix de tête du refrain qui me donnerait presque envie de partir en randonnée sous cette canicule, presque. Voilà en tout cas l’occasion de plonger dans les souvenirs, de réécouter l’album et en particulier le titre We Are The People qui montre que derrière l’instantanéité des mélodies se cache un projet moins léger qu’il n’y paraît, enjoy !

 

Sylphe

Pépite du moment n°80: The Only One de Rolling Blackouts Coastal Fever (2021)

Décidément le hasard me ramène régulièrement vers l’Australie ces derniers temps. Aujourd’hui, jeRolling Blackouts Coastal Fever vous propose de découvrir Rolling Blackouts Coastal Fever, un groupe qui m’était jusqu’alors totalement inconnu et qui a sorti au printemps dernier son deuxième album, Sideways to New Italy. Cet opus fonctionne parfaitement avec un rock frontal où les guitares sont centrales et je ne doute pas que les oreilles averties y piocheront de beaux moments. Cependant, c’est un titre et en particulier un clip qui m’intéressent avec la pépite The Only One. Je ne vous ferai pas l’injure de reparler de notre époque particulière et, plus humblement, je dirai que tout shot de plaisir instantané est d’autant plus savoureux actuellement… D’un côté un titre qui fait totalement mouche avec un son pop-rock d’une grande fraicheur qui n’est pas sans rappeler les Gallois de Los Campesinos et de l’autre ce clip sorti la semaine dernière qui me fait immanquablement sourire. Peut-être parce qu’il nous rappelle tous les moments savoureux avec les amis dont nous sommes cruellement privés  et aussi car l’humour nous invite à prendre du recul sur notre monde, toujours est-il que ce titre me fait beaucoup de bien et ce serait bien égoïste de ma part de ne pas le partager, enjoy! On se retrouve ce weekend avec le troisième album de Mesparrow Monde sensible qui est un superbe bijou (#teasinginsoutenable) !

Sylphe

Pépite intemporelle n°67: Into the Galaxy de Midnight Juggernauts (2007)

La musique est une longue chaîne ininterrompue de correspondances… Après avoir chroniqué leMidnight Juggernauts dernier bijou de The Avalanches, le nom profondément enfoui depuis leur troisième et dernier album Uncanny Valley en 2013 des Midnight Juggernauts a retrouvé l’air libre à travers la production d’Andrew Szekeres. Il faut dire que ce groupe australien -et là on comprend que la connection australienne a pleinement fonctionné sur We Will Always Love You – m’a particulièrement marqué avec ses deux premiers opus Dystopia en 2007 et The Crystal Axis en 2010 (chroniqués sur l’ancienne version du blog, dans ce qui paraît être une autre vie, mais bon ceci doit être logiquement le cadet de vos soucis). Au rayon des souvenirs fondateurs trône aussi une très belle performance scénique au Printemps de Bourges, bref je ne résiste pas aujourd’hui à la tentation de nous ramener plus de 13 ans en arrière… Réécouter Dystopia relève presque du parcours du combattant car ce dernier est introuvable sur Spotify ou Deezer, ce qui demeure un mystère pour moi. Heureusement, à Five-Minutes, on a les dieux de Koh-Lanta dans les veines (en plus d’une melonite aiguë qui vient de me faire passer à ce fichu pronom impersonnel) et on a persévéré pour dénicher la perle devenue soudainement rare. Après deux-trois coups de téléphone en Australie financés par le lectorat de Five-Minutes, j’ai pu embarquer sur la navette spatiale menant vers Dystopia. La recette est assez claire pour faire voyager: des synthés omniprésents que je qualifie volontiers de spatiaux, une électro toute en ruptures de rythme et la voix de Vincent Vendetta qui semble avoir beaucoup écouté David Bowie. L’album a particulièrement bien fonctionné, profitant entre autres d’un parrainage marquant  avec Justice, et a raflé de nombreux prix en Australie.

Je ne vous cache pas qu’il m’a été particulièrement ardu de choisir un titre mais il a fallu se rendre à l’évidence et abandonner Shadows entre autres, pour plus facilement savourer Into the Galaxy. Une batterie omniprésente, des synthés intersidéraux et tournant en boucle, le grain rocailleux de Vincent Vendetta, des ruptures rock m’évoquant Poni Hoax, voilà le titre qui donne envie de fuir la Terre. Rarement une dystopie ne m’aura autant donné envie de m’exiler, enjoy!

Sylphe

Pépite intemporelle n°65: Frontier Psychiatrist de The Avalanches (2000)

Depuis sa sortie, le 11 décembre dernier, le troisième opus We Will Always Love You des AustraliensThe Avalanches de The Avalanches ne cesse de tourner chez moi tant il me donne le sourire par son vent d’optimisme et son aspect volontiers foutraque. Ce n’est pas un hasard s’il fait partie de mes 20 albums préférés de 2020 et j’ai bien sûr prévu de vous en parler incessamment sous peu (#teasingdefolie). Comme souvent, la sortie d’un nouvel album c’est aussi l’occasion d’aller se replonger dans une discographie et c’est avec grand plaisir que je suis allé réécouter le premier album Since I Left You sorti il y a 20 ans déjà… En une heure et 3500 samples de vinyles, The Avalanches donne ses lettres de noblesse au sampling et crée un mix gargantuesque et jouissif, indétrônable au pays du sample. J’aurais pu très bien choisir le morceau d’ouverture Since I Left You dont la mélodie printanière centrale est particulièrement addictive mais, pour démarrer cette nouvelle année, j’avais envie d’un véritable vent de folie. Dans la catégorie « Folie pure et débauche de samples », le titre Frontier Psychiatrist est un bijou du genre qui s’apparente à une vraie déclaration d’amour pour le son sous toutes ses formes. Le résultat paradoxalement d’une grande homogénéité est percutant à souhait et j’ai très envie de placer l’année 2021 sous le sceau de Frontier Psychiatrist. Le clip qui semble donner accès au rêve le plus fou est juste jouissif et drôle. A vous de plonger dans les méandres de l’inconscient de The Avalanches, enjoy!

 

Sylphe

Pépite du moment n°58 : Australia (2020) de Thomas Méreur

a0354549336_16Aujourd’hui, retour indirect sur Dyrhólaey de Thomas Méreur, aka Mon album de l’année 2019, et de très loin. Si vous avez oublié pourquoi, je vous invite à relire ma review d’il y a quelques semaines, disponible d’un clic juste ici. J’ai vu d’ailleurs que, période des Awards, Oscar, César et récompenses en tout genre oblige, il est question de savoir quel est le meilleur film de l’année écoulée. J’avoue que ça se joue dans un mouchoir de poche, et ça se tire la bourre sévère (en ce qui me concerne) entre Parasite, Once upon a time… in Hollywood, Ad Astra et Joker (dans l’ordre chronologique des sorties). Je ne sais pas encore qui retenir, même si Joker est tout de même au-dessus en ce qu’il triomphe à la fois sur le scénario et son propos, la réalisation, la photo, le montage, l’interprétation de Joaquin Phoenix, la BO (Hildur Gudnadóttir, pour les distraits on en a parlé ici, à retrouver d’un clic aussi). Et on n’avait jamais connu son réalisateur Todd Phillips dans ce registre.

Digression cinématographique mise à part, retrouvons donc Thomas Méreur, avec un titre composé il y a quelques jours en réaction aux incendies dantesques qui ont ravagé l’Australie, et du même coup la nature planétaire. Pas très étonnant que le garçon réagisse de la sorte, lorsqu’on connaît son attachement aux questions environnementales et humaines. Il aurait pu se contenter d’un tweet, ou de vivre ça de son côté. Mais non. A la place, et pour notre plus grand bonheur (malgré la désolation de la réalité), on a droit à un morceau inédit. Il est comme ça Thomas : un événement le touche, et bim il nous compose un titre. So classe.

Titre dans lequel on retrouve tout ce qui m’a bouleversé dans Dyrhólaey : une composition sobre et émouvante, piano-voix soutenue par un trait de guitare. Et toujours ce travail sur la voix. Et putain quelle voix. Si vous restez de marbre, je ne peux pas faire grand-chose pour vous. Ecouter Australia, c’est comme se réfugier dans un cocon musical, une sorte de bulle de sérénité qui vient contrebalancer la violence de la situation australienne et du monde en général. Ecouter Australia, c’est aussi, comme le faisait déjà l’album Dyrhólaey, ressentir à la fois la chaleur de l’isolement solitaire et l’ivresse des grands espaces et de la lumière.

En un mot comme en cent, écouter Australia c’est se sentir enveloppé et apaisé dans tous les recoins de nous tout en regardant le monde et en imaginant qu’on peut encore le rendre meilleur. Et pour joindre le geste aux idées, sachez que la totalité des ventes de ce titre ira à WIRES (Wildlife Rescue), organisation qui œuvre pour la préservation et la sauvegarde de la nature en Australie (www.wires.org.au/donate/emergency-fund). Australia est écoutable et disponible à l’achat sur Bandcamp (https://thomasmereur.bandcamp.com/track/australia) pour la très modique et minimale somme de 1 euro (mais on peut donner plus et autant qu’on veut). Je ne sais pas ce que vous attendez : pour une piécette, une magnifique chanson inédite de Thomas Méreur ET la possibilité de venir en aide à la nature, franchement ça ne se discute même pas.

De l’Islande à l’Australie, Thomas Méreur fait le grand écart géographique mais reste artistiquement fidèle à tout ce qu’on aime chez lui en livrant, une fois encore, un titre fin, beau, humainement et émotionnellement très riche. Pas loin de talonner A cold day in May, ma piste préférée sur son Dyrhólaey. Oui, ce morceau-là qui mériterait de figurer dans la BO de The Leftovers (Five reasons pour écouter cette BO ? Ça se relit par ici). Oui, cette série-là, au-dessus de toutes parmi les séries. On est sur du très haut niveau. Si tu me lis, d’où que tu sois, écoute Australia. Les autres aussi.

PS : Et parce qu’un plaisir ne vient jamais seul, Thomas Méreur a aussi enregistré récemment une reprise d’un très beau Yann Tiersen, Les bras de mer. C’est bonus.

Raf Against The Machine