Pépite du moment n°13: Mandalay de Amyl and The Sniffers (2018)

« On met tous les potards à fond et on joue très fort ». J’imagine ce qu’a pu dire Amy Taylor à son ingénieur du son pour enregistrer les morceaux d’Amyl and the Sniffers. Ça sonne lourd et fort ce machin et cette énergie brute, on ne l’avait pas entendu depuis pas mal de temps. Oui, c’est un peu une parole de vieux con mais je ne vous dis pas la fatigue chronique que me procurent les productions musicales hexagonales actuelles qui sonnent toutes pareilles et molasses – et j’ai un peu du mal à comprendre pourquoi on n’entend pas un peu plus de musique défouloir et politiquement incorrecte ! Dans le contexte actuel, ça ferait du bien à tout le monde…

Donc ces 4 australiens se sont rencontrés dans leur co-location de Melbourne en 2016, on imagine qu’ils avaient pas mal d’énergie à dépenser et qu’ils n’avaient pas l’intention de perdre trop de temps dans la vie. Alors commençons par revenir à l’essentiel : des morceaux de 2 minutes maximum, pas d’histoire, pas de chichi, du riff, du dur, du violent, du crasseux et de l’exaltation de la jeunesse. Et puis il y a dans ce groupe le feu de la chanteuse Amy Taylor, boule d’énergie blonde, flot de paroles, qui semble tenir ses musiciens en laisse, les dominer par sa performance et son charisme naturel. Les Sniffers sont les dignes héritiers des Riot grrrl mouvement féministe et rock dont les Bikini Kill sont l’emblème. Ils jouent visiblement comme ils avalent la vie, avec bruit et fureur ; des récits simples, directs, une bombe d’énergie dont on attend impatiemment le premier album.

Parce qu’en fait ils n’ont pas encore véritablement de premier album, Big Attraction / Giddy Up dont est tiré Mandalay est la version combinée de deux EP d’Amyl and The Sniffers. L’histoire raconte que le premier a été écrit, enregistré et diffusé sur Bandcamp en douze heures seulement ! C’est une œuvre de jeunesse un peu fougueuse, un peu brouillonne mais terriblement électrisante. Depuis, ils ont sorti un 2 titres en septembre dernier, très bien produit, qui préfigure sûrement le futur véritable premier album du groupe. L’année 2019 sera celle d’Amyl and the Sniffers. Je lance les paris.

Rage