Pépite intemporelle n°27: Désert d’Emilie Simon (2003)

Lundi difficile? Besoin de vous poser au calme, un casque sur les oreilles? J’ai ce qu’il Emilie Simonvous faut dans mon puits sans fond des pépites intemporelles et dégaine aujourd’hui mon atout charme et douceur en la personne d’Emilie Simon. J’ai fait la découverte de cette belle sensibilité dès son premier album Emilie Simon en 2003 lorsque cette dernière était sous totale influence du trip-hop anglais. Le morceau du soir est le titre d’ouverture intitulé Désert de ce premier album qui sera suivi par d’autres très beaux opus (le sublime Végétal en 2006)…

Voix fragile et candide, sensibilité à fleur de peau, un très beau texte mélancolique en français parfaitement mis en valeur par une atmosphère musicale d’une grande simplicité. Voilà un bel instant de poésie musicale comme on les aime à Five-Minutes, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°33: Mayans de Zimmer (2019)

Dans la famille Zimmer, nous connaissons tous Hans, sûrement l’un des plus grands compositeurs de musiques de film de ces dernières décennies… Je pense avoir usé jusqu’à la corde la sublime BO de Gladiator mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, regardez sa page Wikipédia et vous hallucinerez sur la quantité monstrueuse de films qui ont eu la chance de profiter de ses talents… Le Zimmer qui m’intéresse aujourd’hui doit maudire les personnes dont je fais partie (#meaculpaquimangepasdepain) qui lui parlent de son compagnon de patronyme et je vais donc rapidement me faire excuser en vous faisant découvrir cet artiste signé sur le label Roche Musique. Adepte d’une house aérienne, je n’ai été aucunement surpris en voyant qu’il avait composé de nombreux remixes de … Après un EP Ceremony en 2016, son premier album sortira en septembre prochain. Le premier single Wildflowers, en featuring avec Jarrah McCleray du groupe Panama est déjà judicieusement parti en éclaireur mais aujourd’hui c’est le deuxième extrait Mayans  qui a su charmer mes oreilles… Un beat de fond addictif, une longue montée, des sonorités envoûtantes, la recette de ce morceau est d’une limpidité désarmante avec une atmosphère se faisant de plus en plus oppressante, atmosphère parfaitement illustrée par le clip de Claire Pallissier du studio H5. Voilà en tout cas le morceau de house que j’ai envie de me repasser en boucle ce samedi soir, enjoy!

En live ça donne ça!

Sylphe

Review n°29: The Secret of Letting Go de Lamb (2019)

Lamb, duo anglais composé de Lou Rhodes et Andy Barlow, a connu ses instants deLamb.jpg gloire en pleine période trip-hop sur la fin des années 90 et début 2000 avec un tryptique de haut vol Lamb (1996), Fear of Fours (1999) et What Sound (2001) dont je vous ai déjà parlé en des termes élogieux par ici. L’originalité du groupe résidait dans sa capacité à distiller des rythmiques drum’n’bass au sein de la douceur mélancolique habituelle au trip-hop et s’appuyait sur la voix mélancolique à souhait de Lou Rhodes. Passé ce tryptique j’ai étrangement perdu de vue Lamb, délaissant un Between Darkness and Wonder (2003) qui montrait l’essoufflement du groupe, avant que le groupe ne se sépare pour laisser entre autres Lou Rhodes mener une carrière solo. Depuis leur reformation en 2009, Lamb a sorti 5 en 2011 et Backspace Unwind en 2014 que je n’ai tout simplement jamais écoutés (#suranbondancedemusique) et c’est avec ce The Secret of Letting Go que j’ai envie de renouer avec ce trip-hop qui a tellement su me toucher dans le passé…

Le morceau d’ouverture Phosphorous réveille d’emblée mes souvenirs avec la douceur de la voix de Lou Rhodes qui n’a pas perdu de sa superbe. L’instrumentation assez minimaliste avec ce piano inquiétant donne un aspect somme toute assez classique au titre et Moonshine va ensuite nous ramener vers les rythmiques drum’n’bass habituelles avec un featuring reggae/dub de Cian Finn qui, à mon sens, n’apporte pas grand chose au morceau. Voilà en tout cas deux titres très attendus qui fonctionnent plutôt bien mais sans grande originalité, ni supplément d’âme…  Ce supplément d’âme c’est Armageddon Waits qui va nous l’apporter sur un plateau d’argent: chant sépulcral à la Beth Gibbons, ambiance anxyogène et instrumentation d’une grande richesse avec quelques montées rock qui s’inclinent peu à peu et laissent les violons prendre le pouvoir avant un chant final plus rock à la Karen O. Ce morceau un brin décousu séduit par la variété de ses propositions et nous laisse espérer un regain d’inspiration du duo.

La rythmique drum’n’bass originale de Bulletproof et l’utilisation judicieuse des synthés dans The Secret of Letting Go nous permettent modestement d’attendre de nouvelles envolées et le tryptique suivant va frapper fort. Tout d’abord l’infinie douceur d’Imperial Measures  m’évoque l’intensité émotionnelle de Bat for Lashes dans son alliance subtile entre piano et violons, le morceau est superbement épuré et touchant de sincérité. The Other Shore prolonge l’admiration dans un tout autre style, ambiance inquiétante digne de Third de Portishead avec ce chant introverti et torturé et ces sublimes violons qui tentent désespérément d’apporter une touche de luminosité au morceau qui brille par son spleen étouffant. Le tryptique séduisant se referme avec Deep Delirium qui va explorer des terres peu habituelles du duo en proposant un morceau instrumental lorgnant vers une house racée où les cordes discordantes et un saxophone (#decidementinstrument2019) font naître un paysage brumeux. Une bien belle surprise!

La fin de l’album revient sur un schéma plus classique qui met essentiellement en avant la douceur et des cordes qui sont très présentes sur cet album, certes c’est attendu mais assez brillamment réalisé en particulier sur The Silence in Between. Je ne regrette définitivement pas d’avoir renoué contact avec Lamb, ce The Secret of Letting Go est un très bel album dont les qualités et l’originalité sont réelles et ne doivent pas seulement au doux sentiment de nostalgie qui m’a forcément habité lors de son écoute… Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°32: Barricades d’Editors (2019)

Après le détour par Fuck Buttons,  je vous avais promis de parler du dernier album Editorsd’Editors The Blanck Mass Sessions et je le fais car on est comme ça chez Five-Minutes on tient ses promesses (#maisbiensur…). Cet album, sorti à la base pour le Record Store Day 2019, est une édition alternative du sixième album Violence sorti en mars 2018 passé à la moulinette électronique de Blanck Mass, alias Benjamin John Power (une des deux têtes pensantes de Fuck Buttons, voir ici ). Je voue clairement un culte aux anglais d’Editors dont le rock viscéral d’albums comme The Back Room en 2005 et An End Has a Start en 2007 me subjugue et je dois reconnaître que la voix de Tom Smith est une des voix  qui me touchent le plus (#instantmidinette). Plus sérieusement, dans mon imaginaire musical, j’ai toujours eu tendance à placer Editors juste aux pieds de The National, ce qui devrait permettre aux connaisseurs de juger mon intérêt pour ce groupe…

Loin de moi la volonté de chroniquer The Blanck Mass Sessions ou de me lancer dans une périlleuse comparaison avec Violence, je suis guidé par la volonté de vous laisser savourer le morceau d’ouverture (et le clip sublime l’accompagnant) Barricades qui est un titre inédit. On retrouve la voix puissante de Tom Smith, une ambiance sombre et rock accentuée par les sonorités électroniques et les drums frappant tels des métronomes au service de montées imparables. Ce morceau d’une grande intensité mérite de trôner fièrement à côté des bijoux de la discographie des anglais que sont An End Has a Start, The Racing Rats, Munich, Blood, Fall et Bullets… Enjoy!

Allez hop pour la nostalgie! (#rockalaBlocParty)

Sylphe

Five titles N°6 : A plus tard crocodile (2005) de Louise Attaque

R-5803457-1403109650-5253Alors, vous l’aviez (#semainedernière) ? Oui, nous allons replonger un moment dans A plus tard crocodile (2005), le 3e excellent et incontournable album de Louise Attaque, qui connaît ces jours-ci une réédition très stylée en vinyle de couleur jaune, dans une sobre mais efficace pochette jaune unie. Pourquoi donc revenir sur un album qui s’apprête à fêter ses 15 ans ? Parce qu’on est face à une galette qui réussit à mêler diversité des compositions tout en offrant une cohérence de dingue, et qui mérite toute notre attention. Tentative d’éclaircissement en 5 titres (et plus si affinités).

  • Ouverture de l’album avec La traversée du désert, et son texte a capella : « Il y a rien faire par moments / regarder le monde à l’envers, croire en tout / en l’éphémère, décider de l’avant / car il y a dans l’air, par moments / ce léger souffle, séduisant / peut-on rester débutant, apprivoiser ses nerfs ? » Tout est annoncé en quelques mots. Une invitation à l’oisiveté, pour un album absolument pas paresseux. Mais aussi la double proposition  d’un autre regard, et d’avancer en devenant meilleur.
  • Sean Penn, Mitchum, ou la lecture du trip-hop par Louise Attaque. Un morceau aux antipodes des Ton invitation et Les nuits parisiennes qui ont propulsé le groupe au sommet des charts dès 1997. Le son est posé, le tempo slow-down. Tout ça livré dans un écrin de sons électros et de collages sonores. Des samples en veux-tu en voilà, un texte lui aussi en boucle qui prend son temps et le temps de s’insinuer dans les moindres recoins de nous. Les touches électros de Sean Penn, Mitchum étaient d’ailleurs déjà en gestation dès Notre époque (2003), le second album de Tarmac (le duo Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel, violon de Louise Attaque). Voilà un des plus beaux morceaux que je connaisse, tout album et artiste confondu.
  • Manhattan fait partie des titres plus pop-rock qui rappellent le passé de Louise Attaque. En cela, il se connecte directement avec, sur ce même album, Si c’était hier, Nos sourires ou Shibuya station. Et plus avant avec la veine des premiers albums et des titres comme Savoir ou L’imposture sur le premier album Louise Attaque (1997), Qu’est-ce qui nous tente ou D’amour en amour sur le second opus Comme on a dit (2000).
  • Il y a ensuite un lot de titres parsemés tout au long de A plus tard crocodile, mais toutefois indissociables les uns des autres par leur thématique : Oui / non, Depuis toujours, La nuit, Est-ce que tu m’aimes encore ? Les mélodies sont différentes mais ces textes-là creusent déjà le sillon du futur Gaëtan Roussel en solo. Sortes de rengaines amoureuses qui posent les questions des liens humains, de la vie amoureuse, de la durabilité et la persistance des sentiments. Autant de boucles interrogatoires qui remonteront à la surface dès Ginger (2010), premier album solo, au travers de Dis-moi encore que tu m’aimes ou Des questions me reviennent. Echos dans son dernier album Trafic (2018) et Tu me manques ou Début. Echos aussi dans le dernier Louise Attaque Anomalie (2016), dans Il n’y avait que toi ou Du grand banditisme. Des questions en outre déjà posées chez Tarmac, lorsqu’on écoute Dis-moi c’est quand, Longtemps ou Ces moments-là.
  • Et clôture de A plus tard crocodile par Ça m’aurait plu. Une ballade aux airs apaisés qui relance pourtant de multiples cogitations, tout comme les titres de clôture des albums futurs : Se souvenir des belles choses sur Ginger (2010), Un peu de patience sur Anomalie (2016), Tout va mieux partout sur Accidently yours (2017) de Lady Sir (l’album duo avec Rachida Brakni), Début sur Trafic (2018). L’art assumé de sans cesse relancer la boucle. Ces même boucles dont, justement, Louise Attaque s’est fait la spécialité. Ici, Ça m’aurait plu résonne comme une clôture (temporaire) de Louise Attaque : une histoire qui se referme en mêlant le plaisir de l’avoir vécu et les pistes non explorées. Pistes que Gaëtan Roussel défrichera et développera dans ses créations futures.

A plus tard crocodile est un album somme dans ses émotions et dans ses intentions. Un bilan d’étape de l’aventure Louise Attaque et une flopée de titres variés pour un ascenseur émotionnel qui s’arrête à tous les étages. Mais aussi un réel incubateur pour les projets à venir de Gaëtan Roussel, qui , après avoir aussi été Tarmac, sera également Lady Sir, de nouveau Louise Attaque et avant tout lui-même.

A la base de cette carrière multiforme et d’une cohérence à faire pâlir d’envie bien des musicos, Louise Attaque irrémédiablement gravée, telle une matrice originelle. Je peux bien me réjouir des autres formes de Gaëtan Roussel, je reviens sans cesse et régulièrement à Louise Attaque. Et particulièrement à ce A plus tard crocodile qui, rien que dans son titre, est une invitation du moment tout autant qu’une promesse à se retrouver. Sans larmes (#elleétaitfacile), pour le plaisir des souvenirs et de l’univers des possibles.

Raf Against The Machine

Pépite intemporelle n°26: Surf Solar de Fuck Buttons (2009)

La semaine dernière Editors a sorti une nouvelle version de son dernier album ViolenceFuck Buttons sorti en mars 2018 passée entre les mains d’un certain Blanck Mass. Incontestablement cette version intitulée The Blanck Mass Sessions est excellente et méritera peut-être que j’en touche un mot par ici mais elle a aussi eu le mérite de raviver la flamme Fuck Buttons. Bon, vous vous demandez sûrement par quel raisonnement fumeux je viens de vous parler du duo électro anglais et je vais de suite m’expliquer… Derrière ce Blanck Mass que je ne connaissais pas se cache Benjamin John Power qui est une des deux entités formant Fuck Buttons avec Andrew Hung. Pas compliqué finalement hein?

Mon problème c’est que lorsque je lis Fuck Buttons la pochette de leur deuxième opus Tarot Sport (2009) vient d’emblée obséder mes rétines et surtout le morceau d’ouverture magistral Surf Solar commence inlassablement à tourner en boucle dans ma tête. Comme ce blog musical pourrait en quelque sorte s’apparenter à un partage d’addictions musicales j’ai immédiatement pensé à vous… Les deux compères de Fuck Buttons citent souvent comme influences majeures de leur musique Aphex Twin et Mogwai et je pense que vous ne peinerez pas trop à les percevoir dans ce Surf Solar. Plus de 10 minutes d’une électro extatique où les machines prennent le pouvoir, un souffle épique incontestable qui se nourrit d’une certaine violence des sonorités mais aussi d’une très grande douceur qui se diffuse tout au long. Ce genre de morceau qui n’a rien d’humain ni de comparable placé tout simplement sous le sceau du génie. Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°31: Hold You Now (feat. Danielle Haim) de Vampire Weekend (2019)

Je me souviens d’avoir beaucoup écouté le premier album d’Ezra Koenig and co, intitulé Vampire WeekendVampire Weekend en toute simplicité en 2008. Une pop lumineuse qui affirmait sa volonté de s’inspirer de la musique populaire africaine pour un résultat aussi frais que percutant, j’en prends pour preuve le single extatique A-Punk et sa rythmique survitaminée où les drums sont martyrisés avec un plaisir d’une grande spontanéité. Un premier album de jeunesse qui en avait toutes les qualités évidentes. Contra a ensuite prolongé le plaisir en 2010 dans une veine un peu plus rock et puis nos routes ne se sont plus croisées, Modern Vampires of the City (2011) m’étant parfaitement inconnu. Father of the Bride vient donc de sortir la semaine dernière huit longues années après le dernier opus, je l’ai écouté et me suis trouvé assez destabilisé… L’impression que j’avais pris un sacré coup de vieux car je recherchais dans cet album l’insouciance juvénile de Vampire Weekend mais le son des américains a bien évolué. Incontestablement je me replongerai dans cet opus mais là n’est pas la question du jour car aujourd’hui je veux partager avec vous le très beau morceau d’ouverture Hold You Now.

Ce titre d’une grande douceur mêle avec subtilité les voix d’Ezra Koenig et de Danielle Haim (du groupe Haim, oui on est d’accord ce n’est pas très original mais ce groupe est une histoire de famille…) pour un résultat d’une grande beauté, sublimé par le sample de God yu tekkem laef blong mi par le compositeur de génie Hans Zimmer qui devrait vous rappeler les magnifiques scènes finales de La Ligne rouge de Terrence Malik. Enjoy!

Sylphe