Pépite du moment n°42: Beograd de SebastiAn (2019)

Pour savourer ce premier week-end post rentrée, il me faut en ce dimanche un morceau qui pulse pour me donner l’énergie de bosser un peu. On reviendra plus tard pour le concept du jour du Seigneur où le travail est interdit (#genreonvateplaindre)… J’ai exactement trouvé ce qu’il me faut avec du son estampillé Ed Banger, ce titre de SebastiAn sorti au début de l’été fait partie des éclaireurs qui nous préparent à l’album Thirst qui sortira le 8 novembre. Produit par So_Me qui est le producteur de prédilection du label Ed Banger (voir par exemple son clip de D.A.N.C.E. de Justice dont on avait parlé ici ), ce clip tourné à Belgrade est un vrai morceau dance qui met à l’honneur le pouvoir de la danse qui touche toutes les générations. Nous suivons différents personnages qui dansent sans cesse et qui finissent par se retrouver pour une battle dans un club. Les mouvements de caméra sont rapides et incessants afin de judicieusement faire ressentir la transe des personnages qui prend aussi possession de notre corps. Le morceau en lui-même fonctionne à merveille avec ces synthés lancinants et répétitifs qui ne sont pas sans rappeler Justice, des intermèdes apaisés et bien sentis permettent de relancer avec puissance le son. Voilà pour moi un morceau imparable avec sa montée finale follement excitante, enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°41 : Melody X (2017) de Bonaparte

71oXsQFzNTL._SS500_Voilà un son qui aurait pu être un Son estival du jour, mais l’été est terminé et on a repris le boulot. Et surtout, cet été je ne connaissais pas ce morceau, que j’ai découvert il y a quelques heures, plongé que je suis dans la saison 2 de Dark. Enfin une grande série TV allemande, qui nous change de Derrick et du Renard ^^

Si vous n’avez pas encore mis le nez dans ce trip télévisuel, sachez à quoi vous vous exposez : une virée SF comme je les kiffe, sans trop d’effets spéciaux ou d’aliens à canons lasers, intimiste et qui bouscule les méninges. Oui, pour suivre Dark, hors de question de mater l’écran d’un œil, tout en surfant sur votre réseau social préféré, ou de passe son temps à se lever pour aller chercher des M&M’s, une glace, un picon-bière ou pour aller évacuer ledit picon-bière.

Dark est une ambitieuse histoire de voyages dans le temps et de boucles temporelles, sur 5 époques différentes espacées de 33 ans à chaque fois. C’est une excursion torturée et tortueuse, à la fois cycliquement en arrière et en avant du présent, où les parents vont rencontrer leurs enfants alors qu’ils sont plus jeunes qu’eux, ou inversement et réciproquement. Où les vies se croisent en se jouant des générations, tout ceci au cœur d’un épais mystère scientifico-fictionnel. Et où je pourrais me rapporter à moi-même dans le passé, à une époque où il n’existe pas encore, ce Melody X que je ne connaissais pas (pour cause) mais que je connais déjà et qui finalement existe déjà. Amis des paradoxes temporels, bienvenue ! Dark offre une première saison généreuse et excitante, et une deuxième (que je suis donc en train de vivre) encore plus complexe et exigeante, mais qui sait récompenser son spectateur assidu par des moments de poésie et de grâce incroyables, et des flopées d’émotions assez incontrôlables.

Au cœur de cette série, outre une réalisation et une photographie irréprochables, la bande-son est assez fabuleuse aussi. Parce que l’on visite les années 1920, 1950, 1980, 2010. Et parce que les morceaux mis en avant sont parfois de belles découvertes, comme ce Melody X interprété par Bonaparte. Groupe allemand formé à Barcelone en 2006 et porté par Tobias Jundt, Bonaparte compte à ce jour 7 albums studios, dont The Return of Stravinsky Wellington (2017) dont est tiré Melody X.

Savant mélange de nappes synthés, piano, cordes et loops électros, voilà un bien bon son surmonté par la voix éraillée de Tobias Jundt. Par moments, j’ai pensé un peu à Get Well Soon, et aussi à Asaf Avidan. C’est aérien et mélancolique, terriblement lumineux aussi et ça se marie parfaitement avec la fin de l’épisode 3 saison 2 de Dark.

J’avoue que ce doux mélange Dark/Melody X m’a particulièrement touché, au point d’imaginer ce que ça pourrait bien donner si je faisais un tel voyage. Dans le futur, dans le passé, dans les deux à la fois tout en restant dans le présent, un triple paradoxe temporel qui serait peut-être l’occasion de réparer quelques erreurs et ratages, ou de mieux faire les choses, avec les risques que cela comporte. Ou peut-être au contraire de ne strictement rien toucher ou modifier, parce que nos vies sont telles qu’elles sont et que ça ferait partie du jeu : continuer la route avec nos regrets, sans les personnes qu’on aime, et qui nous manquent parce qu’elles sont parties ou qu’on n’a pas su les retenir.

Raf Against The Machine

Review n°34: Dune de Canine (2019)

Pour cette première review après un bien bel été, je vous propose un petit flash-back enCanine février avec le premier album Dune de Magali Cotta, alias Canine, que j’écoute en boucle depuis une semaine. Clairement c’est un superbe opus qui figurera avec fierté dans mon top des meilleurs albums 2019 tant l’univers de Canine est extrêmement séduisant et riche en émotions. Je vous propose de me suivre dans cette découverte sensorielle qui ne devrait pas vous laisser indemmes…

Le morceau d’ouverture Laughing nous offre d’emblée des éléments fondateurs de l’album: la voix grave et androgyne de Canine qui n’est pas sans me rappeler la sublime chanteuse Planningtorock et l’orchestration très soignée avec les violons bien sentis et le piano. Le morceau se déploie majestueusement, les choeurs instaurant un dialogue plein de douceur avec la voix principale clairement mise en avant. Ce titre plein de belles promesses est suivi d’un Fight plus destructuré où les percus viennent appuyer judicieusement un sentiment d’urgence qui vient subrepticement prendre le pouvoir. Vient alors le premier gros coup de coeur de l’album avec Bienveillance qui, comme son nom l’indique, met à l’honneur la langue française. L’orchestration est d’une grande beauté qui m’évoque The Golden Age de Woodkid, la tonalité plus pop et rythmée rappelle la sensualité de La Femme pour un résultat d’une très grande beauté.

Passé le phrasé plus hip-hop de Glow qui déborde d’une énergie viscérale, Dune m’inflige la deuxième claque monumentale de l’album. Orchestration croisant Woodkid et Craig Armstrong, duo sublime de voix et explosion électronique digne d’un Stromae, voilà un titre à faire se hérisser les poils… Une sorte de Emilie Simon extravertie…  Le bel interlude Hill Top et Home qui met parfaitement en valeur la voix androgyne de Canine comme dans Laughing nous amènent en douceur vers le bijou Ventimiglia, mariage tout en subtilité d’une orchestration d’une grande richesse et d’une voix pleine de nuances. Le résultat est d’une beauté assez inexprimable. Un Twin Shadow et un Forgiveness qui me rappellent par certains côtés l’énergie d’Arcade Fire, un Sweet Sway  dans la droite lignée hip-hop de Glow et Fight, la douceur dépouillée de Temps qui laisse place à une urgence électronique aussi surprenante qu’obsédante et la fin énigmatique de Jardin (qui sonne cependant un peu trop comme du Mylène Farmer…) permettent incontestablement de classer ce Dune dans la catégorie des chefs d’oeuvre de 2019, celle où se délassent au soleil Thylacine et Fat White Family. Enjoy!

Sylphe

Pépite du moment n°40: Gengis de Polo & Pan (2019)

Polo & Pan, à ne pas confondre avec Water & Peter (#jaimalàmonhumour), est un duoPolo & Pan français composé de Polocorp (Paul Armand-Delille) et Peter Pan ( Alexandre Grynszpan) qui officie depuis 2014 et s’est fait en particulier connaître avec son premier opus Caravelle en 2017. Un album que j’ai très envie d’aller réécouter depuis que je suis tombé sur cette pépite gargantuesque de Gengis qui devrait illuminer votre journée par la surabondance de propositions qui éclairent cette odyssée musicale. Prêts pour un voyage de 7 minutes sur les traces du grand Gengis Khan, le fondateur de l’empire mongol, le plus vaste de tous les temps ?

Les sonorités du départ sont plutôt douces avec les oiseaux et la flûte mais on sent le danger imminent avec les percus, la rythmique accélère peu à peu pour nous donner l’impression que Gengis est en train de passer en revue ses troupes avant de partir au combat. Il me vient des réminiscences de la BO de Gladiator par Hans Zimmer pour cette ouverture entre douceur et tension. Les troupes démarrent sous une rythmique plus lourde digne de Justice ou Birdy Nam Nam, légèrement contrebalancée par cette flûte de fond, avant un répit où les troupes semblent invoquer les dieux pour réussir. On reconnaîtra quelques sons bien sentis, dignes du dernier opus de Flavien Berger avant que les troupes ne reprennent leur marche triomphale. Les deux dernières minutes du morceau marient parfaitement les deux tendances fortes et finissent sur un calme olympien, célébrant une victoire militaire dont la violence guerrière a été littéralement occultée. Voilà en tout cas un bien beau morceau au pouvoir cinétique incontestable, enjoy! A noter deux beaux remixes de Asa Moto et Red Axes qui viennent proposer deux belles relectures du titre. Je vous laisse ce dernier car on n’a jamais trop de bon son pour nous aider à envisager la fin des vacances…

Sylphe

Pépite intemporelle n°37: Hands Around My Throat de Death In Vegas (2002)

Voilà un nom de groupe que j’ai toujours trouvé séduisant par ses sonorités et je ne peuxDeath In Vegas que remercier les héritiers d’Elvis Presley qui ont poussé le groupe formé autour de Richard Fearless à quitter son ancien nom de Dead Elvis. Une fois passées ces considérations étymologiques bien secondaires, Death In Vegas représente dans mon panthéon musical la transition entre le trip-hop et les groupes dominants de l’électro autour de 2000 comme Fat Boy Slim ou encore The Chemical Brothers. J’aime tout particulièrement la sensualité et le parfum de stupre qui parcourt cette musique, un son qui prend aux tripes. Ce n’est pas le clip de Hands Around My Throat, tiré du troisième opus du groupe Scorpio Rising, que je découvre à l’occasion de cette publication qui brisera ces impressions, tant Emmanuelle Seigner met brillammment au service du titre son érotisme déviant… Le beat électro de fond qui traverse avec puissance le morceau est obsédant et inquiétant et se marie parfaitement au chant, les sonorités rock luttent pour prendre le pouvoir pour un résultat noir comme l’encre… Enjoy!

Sylphe

Pépite intemporelle n°36: In Every Dream Home a Heartache de Roxy Music (1973)

On ne va pas se mentir, je ne connais que trop peu le glam rock de Roxy Music et je sais Roxy Musicjuste que ce groupe a permis l’éclosion de deux grands talents que sont Bryan Ferry et Brian Eno. Je suis tombé par le plus pur des hasards sur ce titre présent sur le deuxième album For Your Pleasure grâce à la brillante ouverture de la saison 2 de Mindhunter. Le long monologue de Bryan Ferry est habité et angoissant avec ces synthés envoûtants en fond, l’atmosphère est étouffante, se mariant parfaitement avec la série produite par David Fincher… L’explosion instrumentale permet une véritable libération avec des riffs aiguisés comme des couteaux, la construction de ce morceau est juste brillante et cela me permet de repartir sur les chapeaux de roues après la trêve estivale, enjoy!

Sylphe

Son estival du jour n°14 : Fire Spirit (1997) de 16 Horsepower feat. Bertrand Cantat

Ce matin, on est un peu pêchus vu qu’on a bien glandé hier pour le 15 août. Et on va donc écouter une grosse reprise du Gun Club par 16 Horsepower, avec un featuring de Bertrand Cantat : Fire Spirit décrasse le bouzin, et ça file la patate du matin.

Sur le même deuxième album du groupe Low Estate (1997), se trouve une autre reprise, toujours avec Cantat, mais cette fois plus soft musicalement, et néanmoins terriblement efficace. The Partisan de Leonard Cohen trouve là une relecture des plus poignantes.

Allez, pour le prix d’un son du jour on vous en met deux, à réchauffer à feu doux avant dégustation.

Raf Against The Machine