Son estival du jour n°18 : Air (2020) de Jeanne Added

Pour accompagner ce 14 juillet, un son doublement estival, celui du nouveau EP surprise de Jeanne Added. Sortie le 10 juillet dernier, ce Air peut donc se revendiquer son estival en débarquant au (presque) cœur du mois de juillet. Doublement, car ce nouvel opus fait un bien fou, comme un été qui ressource : parce qu’on a besoin de choses qui nous font du bien, et parce qu’on est tout heureux de retrouver, sans qu’on s’y attende, Jeanne Added, après la saloperie de première moitié d’année qu’on vient de se manger.

Air est à la fois le titre du EP et le morceau d’ouverture de ce EP, qui en compte huit. Alors que faut-il écouter ? Le titre Air, ou le EP en totalité ?

Les deux ! Vous commencerez par Air (le morceau), autre surprise puisque Jeanne Added donne de la voix en français. Ce titre musicalement aérien et textuellement assez sombre n’est que la première page de ce mini-album qui vous révèlera ensuite des trésors sonores : des sons électros/synthés toujours magiques, surplombés par la voix toujours imparable de Jeanne Added.

Les 8 titres sont accompagnés d’un court métrage réalisé par Julien Mignot. Il arrive que les images épousent parfaitement la musique, au point de se sublimer mutuellement. Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est le cas ici. Une autre raison pour laquelle, une fois Air enclenché, vous ne pourrez couper ni le son ni l’image.

Air (le EP) est désormais disponible chez tous les bons disquaires en CD, et sur les plateformes de streaming. Quand au vinyle, il est en précommande pour une sortie le 24 juillet prochain. Plus que 10 jours à attendre !

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°17 : La menthe à l’eau (1975) de Renaud

Il n’aura échappé à personne que, ces dernières heures, la nouvelle et inattendue chanson de Renaud fait le bonheur (ou pas) de nos oreilles. Je vous laisse aller découvrir Corona song par vous-mêmes : on parle bien ici d’un texte et de son clip autour de la pandémie de Covid-19, et non d’un quelconque lien avec une quelconque boisson. A titre personnel, je n’en dirai pas un mot de plus. Disons que c’est le monde d’après.

Toutefois, cette Corona song m’a renvoyé à l’écoute de quelques plus anciens et mémorables titres de la Chetron Sauvage comme il aimait se faire appeler au cœur des années 80. Autant dire qu’il y en a à la pelle, tant la discographie du Renaud est truffée de pépites musicales et textuelles toutes plus savoureuses les unes que les autres.

Et, en cette chaude journée, celle qui me vient là tout de suite et qu’on va partager, c’est La menthe à l’eau. Une sorte de petite merveille d’écriture, qui tourne sur 4 accords et sur des mots qui glissent, jouent les uns avec les autres et s’entrechoquent comme des glaçons dans un grand verre rafraîchissant, précisément, de menthe à l’eau.

C’est frais, ça coule tout seul, c’est du Renaud version 1975.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°16 : Ecstasy of Gold (1966) d’Ennio Morricone

C’est tout simplement une légende absolue du cinéma, de la musique de films et de la musique tout court, mais aussi un sacré morceau de ma vie qui disparaissent. Ennio Morricone, immense compositeur d’un nombre incalculable de BO, est décédé ce 6 juillet 2020 après 91 années passées en ce monde.

Son travail m’a fait entrer dans ma passion de la musique, en même temps que je découvrais mon autre passion, celle pour le cinéma, avec notamment les films de Sergio Leone. Enfant, ado, adulte, des milliers de notes qui ont accompagné les films du dimanche soir,  et du mardi soir à la télévision, puis sur VHS, en DVD, et aujourd’hui en replay ou en blu-ray. Et bien sur dans des salles de ciné. Des centaines de partitions écoutées sur des vinyles, des cassettes audio qui finissaient par se débobiner d’usure, puis sur CD et en streaming, et enfin de nouveau et toujours en vinyles.

J’ai bouffé du Morricone à n’en plus pouvoir, depuis Il était une fois dans l’Ouest au 8 Salopards, en passant par Le Clan des Siciliens, I comme Icare, Les incorruptibles, Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, Il était une fois en Amérique, Le Professionnel ou  encore Cinema Paradiso. Des images gravées à jamais en moi, indissociables de la musique qui les accompagnent, pour des mélodies incrustées à jamais au fond de moi.

S’il ne reste qu’un son ce soir, ce sera le thème Ecstasy of Gold qui accompagne le vertige du cimetière dans Le Bon, la Brute et le Truand. La quintessence Leone/Morricone. Pour boucler la boucle de ces quelques lignes bien imparfaites à retranscrire le génie musical du Monsieur et de ce que je ressens. Ecstasy of Morricone.

Buon viaggio e grazie Maestro.

PS : Rappelons enfin, si besoin était et pour se convaincre de la puissance de ce titre et de l’universalité de la musique de Morricone, que Metallica ouvre ses concerts par ce même Ecstasy of Gold depuis près de 40 ans. Et ça donne ce genre de chose (la Team Five Minutes dégage toute responsabilité en cas d’émotion intense ou de dressage de poils sur les bras).

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°15 : Le lamantin (2019) de CharlElie Couture

Un peu au ralenti depuis quelques temps (on reconnait volontiers, mais la fin de saison est bien tendax), la team Five Minutes prend ses quartiers d’été. Ce qui veut dire mode light pendant ces deux mois de juillet et août, ponctués toutefois de Sons estivaux du jour (du déjà pratiqué l’an dernier, un petit titre pour éclairer la journée, accompagné de quelques lignes à peine) ou possiblement de quelques playlists pour accompagner vos journées.

Et pour inaugurer le retour du Son estival, voici Le lamantin, un titre extrait de Même pas sommeil, dernier album en date de CharlElie Couture sorti en 2019. Le lamantin est un titre jazzy festif qui raconte un pot de départ/fin d’année/retraite (sans doute un peu tout ça mélangé) pas festif. Un pot d’au-revoir où il y en a au moins un qui se fait chier, aka le personnage de l’histoire. Etrange comme ça rappelle du vécu. Ça raconte aussi un parcours de vie et l’envie de sortir de cette putain de jungle qu’est le monde moderne, avec sa course effrénée au profit et à la rentabilité immédiate. Oui, tout ça en 3 minutes et quelques.

Pas du tout par hasard… Le lamantin, c’est aussi un gros mammifère aquatique herbivore qui vit dans les eaux chaudes de l’Atlantique. Parfois appelé vache de mer, c’est surtout un paisible et cool animal qui ne demande pas grand chose d’autre que de vivre pépouze en laissant couler les journées. Une sorte de marmotte dans l’esprit, XXL dans la taille. Ce qui m’avait, il y a quelques temps, fait inventer le mot marmantin, et sa déclinaison verbale marmantiner. Par exemple : « Tu as fait quoi cet aprem ? – J’ai marmantiné sur le canapé en t’attendant, et maintenant je te propose de marmantiner avec moi » (#souvenirheureux)

Un sacré programme me direz-vous : oui, un sacré programme de vacances, peut-être même un sacré programme de vie. Avec, toujours, du bon son, en commençant aujourd’hui donc avec ce Lamantin. Et en vous souhaitant, au nom de toute la team, de chouettes journées à venir, de reposantes vacances si vous en avez et un bon été. A très vite, et merci de nous lire toujours plus nombreux.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°14 : Fire Spirit (1997) de 16 Horsepower feat. Bertrand Cantat

Ce matin, on est un peu pêchus vu qu’on a bien glandé hier pour le 15 août. Et on va donc écouter une grosse reprise du Gun Club par 16 Horsepower, avec un featuring de Bertrand Cantat : Fire Spirit décrasse le bouzin, et ça file la patate du matin.

Sur le même deuxième album du groupe Low Estate (1997), se trouve une autre reprise, toujours avec Cantat, mais cette fois plus soft musicalement, et néanmoins terriblement efficace. The Partisan de Leonard Cohen trouve là une relecture des plus poignantes.

Allez, pour le prix d’un son du jour on vous en met deux, à réchauffer à feu doux avant dégustation.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°13 : Bright lies (2017) de Giant Rooks

Ça ne serait pas l’heure d’un petit son du jour ? Il me semble bien que si, et voici donc pour vos oreilles affamées Bright lies de Giant Rooks.

Groupe allemand de indie pop fondé en 2014, Giant Rooks a publié à ce jour 3 EPs en 2015, 2017 et 2019. Sur New estate (2017), on trouve en deuxième position ce petit bijou sonore, fait de poésie et de mélancolie.

Un morceau qui prend son temps, qui installe une ambiance et que je ne me lasse pas de réécouter depuis que je l’ai découvert. À la fois amer et légèrement enivrant, comme un picon bière bien frais.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°12 : And the boys (2010) de Angus & Julia Stone

Les pieds dans l’eau et le nez dans les goémons, c’est précisément ce titre que je viens d’écouter : And the boys fait partie des nombreuses pépites qui ponctuent Down the way (2010), le deuxième excellent album d’Angus & Julia Stone. Ce duo frangin/frangine australien n’a quasiment fait que du bon à chaque opus. Et cet album là, autant dire que je l’adore et qu’il me fait chaud au cœur à chaque écoute.

Il n’y a que du lourd dans cette grosse galette certifiée pur beurre (#LaBretagneçavousgagne), mais c’est ce titre là qu’il convient de proposer à vos oreilles. Ce qui permettra ensuite de poursuivre sur des merveilles comme For you, Big jet plane, Yellow brick road ou I’m not yours.


Raf Against The Machine

Son estival du jour n°11 : Latin Simone (Que pasa contigo) (2001) de Gorillaz feat. Ibrahim Ferrer

Une fenêtre de réseau dans la pampa et un son du jour… il n’en faut pas plus pour partager !

En 2001 sort le premier album de Gorillaz, nouveau projet (à l’époque) de Damon Albarn en virée musicale post-Blur. Épaulé par ce désormais fameux groupe virtuel, on a ici droit à un premier opus de haute volée d’où sortiront les excellents 5/4 et Clint Eastwood.

C’est pourtant un titre moins mis en avant qu’on fera tourner aujourd’hui : Latin Simone (Que pasa contigo) est un beau morceau plein de mélancolie, de douceur et de sensualité. Avec en prime le touchant feu Ibrahim Ferrer, également entendu par exemple dans le Buena Vista Social Club.

La fenêtre réseau se referme, je vous laisse profiter et à très vite pour de nouvelles minutes de bon son !

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°10 : Indigo Night (2018) de Tamino

A l’heure où vous lirez ces lignes et surtout écouterez ce son, je serai en route pour quelques jours au calme, au fin fond du monde… mais ça n’empêche pas un son du jour (#magiedelapublicationprogrammée), son avec lequel je devrais faire une partie du trajet.

Déjà chroniqué en décembre 2018 comme pépite du moment, Indigo Night figure dans le premier album de Tamino, sobrement intitulé Amir (son autre prénom). Depuis 6 mois et cette chronique, le plaisir est intact : la voix du garçon me bouleverse toujours autant et le reste de l’album est un festival d’émotions qui déferlent tout au long de l’écoute.

J’avais, à l’époque, parlé d’y revenir. Dont acte, même si ce morceau n’est en fait jamais parti du fond de moi. Profitez donc de cet Indigo Night, ici dans une version acoustique voix-guitare, au cœur de vos oreilles, par une douce soirée d’été, avant de vous abandonner plus avant avec le reste de l’album. A très vite pour un prochain son estival du jour !

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°9 : Cornerstone (2013) de Benjamin Clementine

Hier soir, on était Sur un trapèze avec le grand Bashung… et ce midi, on reste dans la mélancolie (un peu) et les poils qui se dressent (beaucoup) avec un titre à la fois son du jour et pépite intemporelle. J’ai lancé une playlist en aléatoire, et à un moment c’est tombé : Cornerstone de Benjamin Clementine.

Jeune auteur-compositeur-interpète et multi-instrumentiste, ce garçon a un parcours qui force le respect : harcèlement à l’école, échec scolaire, départ prématuré de chez ses parents et des périodes de galère à dormir dans la rue, ou à se rendre à ses concerts à pied des kilomètres durant faute de billet de train valide… Sauf que Benjamin Clementine n’a jamais renoncé. A rien. Au point de déclarer, en 2015, être « prêt à mourir pour sa musique ».

En 2013, c’est le premier EP sobrement intitulé Cornerstone, littéralement pierre angulaire, avec dedans notamment le titre éponyme qui nous intéresse aujourd’hui. Cornerstone, voilà un titre bien choisi, puisque tout ce qui fait le sel de la musique de Benjamin Clementine est déjà là. Depuis, il y a eu un autre EP, deux albums et d’innombrables prestations publiques qui laissent bouches bées et sur le carreau émotionnel tous ceux qui ont eu la chance d’y assister.

Je me rappelle le jour où Sylphe m’a dit d’écouter Benjamin Clementine : « Tu vas voir, c’est impressionnant ». Oui, ça l’est, et plus de 6 ans après, ce Cornerstone me bouleverse toujours autant. Là où il se pose, Benjamin Clementine se grave. C’est à vous.

Raf Against The Machine