Son estival du jour n°5 : Sonic Armada (2012) de Air

Son estival du jour… ou plutôt du soir vu l’heure, mais il n’y a pas d’heure pour les braves sur Five-Minutes. Après avoir dégusté un gros Magnum® double chocolat (une glace hein… pas un grand détective privé moustachu enduit de chocolat), un son tardif, pas forcément pour s’endormir, mais pour réjouir nos oreilles.

On a déjà parlé de Air il y a quelques jours, ça n’est pas une raison pour se limiter à un titre. Voici donc Sonic Armada, un des morceaux de la BO composée spécialement par Air en 2012 pour la restauration du Voyage dans la lune de Georges Méliès. Un sorte de petit bijou ciné qui montre combien le garçon était en avant sur son temps, tant dans la narration que visuellement.

Avec, en plus, une bande-son qui égale du début à la fin en qualité ce Sonic Armada, impossible de différer un nouveau visionnage de cette perle culte de l’histoire du cinéma. J’y cours sans attendre, et pour vous mettre l’eau à la bouche et l’excitation aux oreilles, écoutez moi ça 😉 !

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°3 : Again (2002) de Archive

Après Air et Paul Personne, restons dans les valeurs sûres de ma discothèque… Un peu comme à chaque été et/ou période de repos, où je me replonge avec plaisir dans les bases de mon univers musical. Aujourd’hui, on traverse la Manche pour retrouver Archive, dont on a déjà parlé moult fois sur Five-Minutes pour en dire tout le bien qu’on pense de ce grand groupe.

En 2002, le collectif fondé par Darius Keeler et Danny Griffiths accueille un nouveau chanteur en la personne de Craig Walker. Cette arrivée va donner lieu à une évolution musicale vers un rock plus progressif et sombre. Illustration de ce virage musical, l’album You all look the same to me (2002) et sa pochette facebook, avec en (brillante ouverture) Again, un titre de pas moins de 16 minutes. Tout y est : la durée (typique du rock progressif), la voix torturée, les sonorités dark et la construction alambiquée qu’on retrouvera ensuite dans les albums Noise (2004), Lights (2006) et Controlling Crowds (2009), qui restent pour moi d’immenses albums d’Archive, et d’immenses albums tout court.

Cerise sur le gâteau : Again pourrait bien vous donner envie de courir réécouter l’exceptionnel Animals (1977) de Pink Floyd, tellement il pourrait en faire partie, tout en revendiquant une sorte de filiation spirituelle.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°2 : Les mêmes (2019) de Paul Personne

Puisque nous parlions de claviers analogiques il y a quelques jours en écoutant La femme d’argent de Air, surfons sur le bon son de ces instruments magiques. Les mêmes, tiré du dernier LP de Paul Personne Funambule (ou tentative de survie en milieu hostile) est un blues lent comme je les aime, surtout quand il est porté par la rugueuse Gibson de Paul Personne, sa voix éraillée, et soutenu, précisément, par un Fender Rhodes qui distille ses notes tout au long des 8 minutes qui vous attendent. En écoutant bien, vous entendrez aussi poindre un orgue Hammond, autre pièce maîtresse des claviers qui envoient.

Le reste de l’album est à peu près aussi bon, c’est donc dire que ce Funambule (ou tentative de survie en milieu hostile) est pour moi le meilleur disque solo de Paul Personne depuis le dyptique Demain il f’ra beau / Coup d’blues (2003)… si l’on excepte donc le démentiel album en duo avec Thiéfaine Amicalement blues (2007) et le brillant album collectif Lost in Paris Blues Band (2016). Je vous en reparlerai peut-être prochainement. Pour le moment, je vous laisse découvrir et, connexion de titre à titre, je m’en vais (re)lire Mécanismes de survie en milieu hostile, un exceptionnel livre d’Olivia Rosenthal. Pas bien rigolo mais prenant, nécessaire et implacable. Comme Les Mêmes.

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Son estival du jour n°1 : La femme d’argent (1998) de Air

Non, la Team Five-Minutes n’est pas tombée dans les limbes d’internet : comme l’avait annoncé Sylphe voici quelques jours, il y a des vacances dans l’air et votre blog préféré passe au rythme estival, en essayant toutefois de vous proposer ça et là quelques minutes de bon son.

Transition toute trouvée pour vous présenter cette nouvelle catégorie spéciale été : en quelques lignes, une sorte de son du jour, histoire de donner un aperçu de l’ambiance du moment. Et autant vous dire que l’ambiance du moment elle est faite de volets fermés, de ventilateur et de boissons fraîches ! #pendantlacaniculeilfaitchaud #banalités

Ce qui est moins banal, c’est de se choisir un petit son qui va bien, qu’on écoute tranquillement calé dans le repos qui se déroule paisiblement. Le choix sonore du jour ? Si vous êtes attentif vous savez déjà, puisque c’est écrit dans le titre du post ! La femme d’argent, titre d’ouverture de l’excellent album Moon Safari (1998) par Air. Un titre tout en apesanteur où on retiendra surtout les sonorités d’un Rhodes, d’un Moog et d’un Solina. Trois claviers analogiques chers à mon cœur et qui font de ce morceau une putain de pépite. Comme dirait Sylphe… Enjoy !

Raf Against The Machine

Pépite intemporelle n°35 : Red right hand (1994) de Nick Cave & The Bad Seeds

Livraison du mercredi à une heure tardive, soit, mais à cela deux raisons principales. D’une part, mes journées de boulot sont actuellement dantesques. A l’heure où une partie de la France se repose déjà, une autre partie continue le taf. C’est mon cas, et je vous assure que j’aimerais que ça lève (un peu) le pied. D’autre part, je passe mon temps libre plongé dans les séries TV pour décompresser, ce qui nous amène directement au sujet du jour.

Oui, tout simplement parce que je découvre avec quelques années de retard la série Peaky Blinders. Depuis 2013, les magouilles et filouteries en tout genre de Thomas Shelby et de sa bande se racontent à coup d’épisodes à la fois poisseux et réalistes, tout en étant accompagnées d’une bande son complètement anachronique. La série se déroule en 1919 à Birmingham, mais le son est volontairement rock, âpre et chargé de guitares des années 1990 et 2000.

A commencer par le générique, qui n’est autre qu’un de mes titres préférés de Nick Cave. Red right hand, sorti en 1994 sur l’album Let love in, crache une ambiance tendue, vénéneuse, pleine de colère rentrée qui annonce parfaitement la couleur de l’épisode qui arrive. Rarement une série aura eu l’intelligence de balancer en ouverture un morceau qui pose aussi parfaitement et simplement le climat qui va nous envelopper.

Et comme je voudrais que vous découvriez sans tarder cette pépite de 25 ans d’âge, je m’efface pour vous laisser avec ces quelques minutes de très bon son. Ce qui me permettra, quant à moi, de retourner à un nouvel épisode des Peaky Blinders.

Raf Against The Machine

Five reasons n°12 : Everybody needs somebody to love (1980) des Blues Brothers

D’entrée de jeu, les puristes et connaisseurs vont me tomber dessus, puisque Everybody needs somebody to love n’est originellement pas un titres des Blues Brothers. En effet, cette pépite date de 1964 et fut alors interprétée par Solomon Burke, célèbre chanteur de rythm’n’blues, soul et gospel, considéré comme un des pionniers de la musique soul avec Ray Charles ou Sam Cook.

Toutefois, la version la plus connue de ce morceau date de 1980, lorsque cinéphiles et mélomanes le découvrirent entre les mains des Blues Brothers dans le film éponyme. Et si besoin était de vous persuader d’y replonger, voici cinq bonnes raisons.

  1. Il y a dans ce morceau une énergie assez incroyable qui fait danser à peu près n’importe qui dans n’importe quelles circonstances. Lancez le son et je vous mets au défi de rester insensibles et immobiles. Ça groove, ça cuivre, ça balance et il y aurait presque même une sorte de flow de dingue avant l’heure.
  2. Pour atteindre Everybody needs somebody to love dans le film, il faudra passer par quantité de stars et de guests animés comme jamais par la musique qu’on aime, celle qui vient de là, celle qui vient du blues. Vous avez déjà oublié Aretha Franklin chantant Think dans son dinner ? Ou Ray Charles en vendeur d’instruments ? Allez zou, je vous prescris une dose de Blues Brothers, et sans tarder !
  3. Tant que vous y serez, finissez le film : après cette version dantesque de Everybody needs somebody to love, la formation des Blues Brothers livre une interprétation chaude bouillante de Sweet home chicago. La boucle est bouclée, parce qu’on revient ainsi à un des berceaux du blues, genre musical dont tout découle (ou presque). Et parce que le Chicago blues, c’est juste hyper top et ça donne envie d’aller réécouter les Stones.
  4. Everybody needs somebody to love : je ne vous fais pas l’injure de la traduction, mais au-delà de sa littérale signification, ce titre est un appel à l’amour. L’amour de l’autre, l’amour des autres, l’amour physique, l’amour platonique, la générosité du cœur et l’ouverture d’esprit. Si le monde entier écoutait ce morceau un peu plus souvent et un peu plus attentivement, je suis certain qu’on mettrait des fleurs dans les canons des fusils qu’on finirait par balancer dans une autre dimension.
  5. Il faut vraiment une 5e raison pour vous convaincre ? Franchement, écoutez-moi ça sans tarder et vous verrez que les quatre premières sont amplement suffisantes (#ditlemecquisèchesurlafindesontexteetquineveutpaslereconnaître).

Et en prime, la version originale, bien sympathique aussi 😉

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Pépite intemporelle n°34 : Long way down (2013) de Tom Odell

Par ces temps de forte chaleur, pas vraiment question d’aller s’écouter du gros son qui fait bouger les corps de ouf : rien que de monter un étage au boulot ou d’aller chercher un document à l’imprimante, j’avais la sensation d’avoir couru un 100 mètres. Bref, voilà une des intros les plus pourries que j’ai pu proposer depuis les débuts de Five Minutes !

Tout ça pour dire que le son du jour est une petite pépite de calme née voici 6 ans déjà. Long way down (2013) est lovée au cœur du premier album éponyme de Tom Odell. Ce jeune auteur-compositeur-interprète anglais écrit ses premières chansons à 13 ans, avant d’expérimenter la formule groupe. Dont il se détachera finalement pour œuvrer en solo. Et livrer dès 2013, soit à l’âge de 23 ans, ce premier opus Long way down.

L’album se balade tranquillement dans la pop indé qu’on aime, avec des titres qui rappellent parfois Radiohead, Queen, ou encore Jeff Buckley. Surtout pour la voix concernant ce dernier, puisque celle de Tom Odell se paie le luxe d’avoir à la fois une tessiture relativement étendue, et un grain qui dégage d’assez fortes émotions. Et n’est donc pas sans rappeler la puissance et le frisson des titres de Grace, album référence absolue dans ma discothèque.

Long way down (le titre) est la parfaite illustration de ce frisson musical. En 2 minutes 30 (oui, cette semaine, on vous vole de la moitié des Five minutes promises… mais rassurez-vous, c’est court mais intense), Tom Odell lâche ici une véritable pépite émotionnelle. C’est juste l’histoire d’un garçon qui voit partir son amoureuse, et qui aimerait qu’il en soit autrement. C’est l’histoire d’une chute libre qui s’annonce, d’un long chemin à remonter ensuite. C’est à la fois mélancolique et d’une beauté infernale. Même sans comprendre chaque mot du texte, l’émotion à fleur de peau de ce piano-voix saura ravager toute résistance de votre part. Si vous sentez monter une larmichette, laissez la sortir. Surtout à 1’20 : bon courage pour résister à la reprise…

C’est un des morceaux-bulles dans lequel je retourne régulièrement, pour m’apaiser, échapper au tumulte du monde et à la connerie ambiante. C’est un titre que j’aime au-delà du raisonnable et qui ne m’a jamais quitté depuis ma première écoute. Au-delà de cet attachement qui n’appartient qu’à moi, j’espère que ce Long way down vous ravira et vous apportera de belles émotions.

Raf Against The Machine