Son estival du jour n°26 : Petit matin 4.10 heure d’été (2011) de Hubert-Félix Thiéfaine

Le son du jour n’aura d’estival que le nom, puisque c’est plutôt une chanson à la poésie crépusculaire que l’on écoute ensemble aujourd’hui.

Petit matin 4.10 heure d’été est tiré de Suppléments de mensonge (2011), le 16e album studio d’Hubert-Felix Thiéfaine (HFT pour les intimes). C’est alors le grand retour du bonhomme, après Défloration 13 (2001) et Scandale Mélancolique (2005), deux albums qui, dans leur globalité, m’ont moins convaincu que tous les précédents, bien qu’ils recèlent de vraies pépites comme Guichet 102 ou les Confessions d’un never been. En 2007, HFT prendra aussi le temps d’Amicalement blues, un génial album en collaboration avec Paul Personne. Autant dire que la réunion des deux (la poésie de Thiéfaine et le blues de Personne) est un pur bonheur.

Arrive ensuite Suppléments de mensonges en 2011, avec du très lourd. J’adore cet album, pour Garbo XW Machine, pour Infinitives voiles, pour Ta vamp orchidoclaste, pour Les filles du Sud. Pour sa cohérence de la première à la dernière note, et sur l’ensemble de ses textes.

Et donc pour ce Petit matin 4.10 heure d’été. La musique, faite de guitare et d’harmonica, ressemble à un long Dylan. Donc forcément envoûtant. L’écriture, de très haut niveau et bourrée d’images, permet de retrouver la meilleure plume de HFT. Avec, en plein milieu du titre, comme un climax, ces 4 lignes imparables : « Je n’ai plus rien à exposer / Dans la galerie des sentiments / Je laisse ma place aux nouveaux-nés / Sur le marché des morts vivants ».

Il y a quelques paroles de chansons qui me restent gravées à jamais. Celles-là en font partie. Et j’y reviens plus que souvent. Notamment au petit matin. Qu’il soit 4.10 ou pas.

Et pour la version total dylanienne, on écoute cette interprétation live sur le VIXI Tour XVII (2016)

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°25 : Roar !(Cloverfield Overture) (2008) de Michael Giacchino

Pour accompagner l’étouffant dernier jour de juillet auquel nous avons eu droit hier, je me suis cloitré dans un frais tout relatif et replongé dans un moment de suffocation cinématographique avec Cloverfield (2008) de Matt Reeves.

Oui, Cloverfield est un film intense. C’est peut-être pour ça qu’il ne dure qu’1h25, générique de fin compris, tellement il est exigeant. A l’époque, c’est à dire en 2007-2008, c’était le mystère total tout autant que la hype complète. Imaginez donc (ou souvenez-vous de) ce qui s’annonce : un énigmatique film catastrophe ou de monstre piloté par J. J. Abrams et sa bande. Ce dernier est déjà partout. Côté séries TV, on a eu droit à Felicity (1998-2002) et Alias (2001-2006), mais on est surtout en train de se faire tarter par Lost (2004-2010), qui reste pour moi la grande baffe/aventure télévisuelle des années 2000. Et on n’est pas encore tombés dans Fringe (2008-2013). Côté ciné, le Mission : Impossible III (2006) et sa patte de lapin ont twisté de ouf la franchise, et on a sur le feu le reboot Star Trek (2009), en même temps que ce Cloverfield confié à Matt Reeves pour la réalisation et Drew Goddard pour le scénario (Abrams étant producteur).

Au passage, rappelons que Matt Reeves signera plus tard les excellents La planète des singes : L’affrontement (2014) et La planète des singes : Suprématie (2017). Quant à Drew Goddard, c’est le garçon derrière, notamment, La cabane dans les bois (2012) et la série Marvel/Netflix Daredevil (2015-2018). On a connu pire cartes de visite.

Cloverfield est donc, en 2008, le terrain de jeu de cette joyeuse bande, accompagnée de Michael Giacchino, compositeur attitré de J. J. Abrams. Qui signera là un unique morceau, mais quel morceau ! Compositeur prolifique qui inonde le cinéma depuis le début des années 2000 (dont Les Indestructibles et les deux Planètes des singes de Matt Reeves, BOs dont je suis fan hyper), Giacchino propose une pièce d’anthologie dans Cloverfield. Le film est totalement dépourvu de musiques (à l’exception des morceaux entendus pendant la teuf de début du film), à juste titre. Le film est en mode found footage (enregistrement trouvé) comme l’était Le projet Blair Witch en 1999 : un faux film tourné en vidéo amateur par les protagonistes, nous plongeant ainsi au cœur de l’action en ne voyant que ce que voit la caméra.

C’est efficace et diablement astucieux pour Cloverfield, qui place pour quelques heures Manhattan et ses habitants face à un danger sorti de nulle part et dont on ne sait rien ou presque. C’est trépidant, épuisant, parfois irrespirable, mais terriblement jouissif en tant qu’objet cinématographique immersif. La seule bande sonore pendant toutes les scènes urbaines est celle des cris, des hurlements, de l’incompréhension face à l’incompréhensible, et parfois des suffocations de nos partenaires, à travers un quatrième mur qui vole rapidement en éclat.

Enfin, après 1h15 de fuite, épuisés, vidés, complètement ahuris et retournés par ce film qui réinvente à la fois le film catastrophe et le film de monstre (oui, c’était les 2 finalement), on se laisse envelopper par les premières notes du générique de fin : ce Roar ! tendu et désespéré, violent et tourmenté, chaotique et apocalyptique, mais d’une infernale beauté et obsédant par ses ruptures rythmiques. Et par cette voix sortie de nulle part qui semble prolonger les cris de tous ceux qui ont traversé cette nuit de cauchemar. A moins que ce ne soit celle d’un requiem, autant pour les victimes que pour un monde qui ne sera plus jamais le même.

Je me souviens, en sortant de la salle de ciné il y a 12 ans, d’avoir été content de revoir la lumière du jour et de respirer l’air frais. Je me souviens aussi de cette sensation, rare, d’avoir vécu un vrai moment de création cinématographique, et j’ai longtemps gardé Roar ! en tête. En me disant aussi que oui, Rob a évidemment raison : à moins d’être un connard déshumanisé et sans aucun sentiment, n’importe qui (et moi le premier) serait allé chercher Beth McIntyre.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°23 : A Real Hero (2009) de College feat. Electric Youth

Pour bien débuter la semaine, on vous embarque dans un son qui sent bon les douces soirées d’été : laisser retomber la torpeur de la journée, siroter une bière fraîche, écouter quelques bons disques avec un pote et parler de la vie, ou au contraire juste la regarder s’écouler pépouze. Puis, s’en aller déambuler, ou prendre la route, toutes vitres ouvertes et son à fond, si bien sûr on n’a pas abusé des boissons houblonnées évoquées plus haut.

C’est un peu à ces images-là que A Real Hero me ramène. Titre né en 2009 sous les doigts du français David Grellier aka College, mais surtout popularisé (et propulsé même) après avoir intégré la BO de l’exceptionnel film Drive en 2011, voilà bien un son total estival que je ne me lasse pas de réécouter. Tout comme l’entièreté de la BO du film, essentiellement composée par Cliff Martinez, dans laquelle on retrouve aussi le génial Nightcall de Kavinsky ou  Under your spell de Desire.

Mais pour l’heure, il est question de ce Real Hero qui sent bon l’électro-pop mâtinée de synthwave. College s’adjoint ici la collaboration d’Electric Youth, un duo canadien qui donne dans la synth-pop depuis une dizaine d’années. Bref, du bon son qu’on aime, et ce n’est pas mon gars sûr Sylphe qui me contredira !

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°22 : Woodkid for Nicolas Ghesquière – Louis Vuitton Works One (2020) de Woodkid

Ce vendredi 24 juillet, de bien belles choses sortent dans les bacs : le nouvel EP Air de Jeanne Added (dont nous avons parlé ici bas), la réédition du Dry de PJ Harvey (dont nous avons parlé ici même) accompagnée du LP Dry – Demos (excellent), et un EP de Woodkid longuement intitulé Woodkid for Nicolas Ghesquière – Louis Vuitton Works One. De quoi s’agit-il donc ?

Dans l’attente des singles Goliath (à paraître vendredi prochain 31 juillet, le copain Sylphe y avait consacré une pépite) et Pale Yellow (à venir le 21 août), mais aussi d’un futur album, voilà 6 titres et une bonne demi-heure de bon son à se mettre entre les oreilles. Nicolas Ghesquière, directeur artistique des collections féminines chez Vuitton, et Woodkid collaborent pour l’accompagnement musical des défilés depuis la saison automne-hiver 2017. Ce Works One regroupe une sélection de morceaux entendus depuis 3 ans.

A l’exception du Carol N°1 d’une minute qui ouvre le bal, les 5 autres titres prennent le temps de dérouler chacun une ambiance différente. Mention spéciale à Seen that face before, qui nous permet d’apprécier l’incroyable et magnifique voix de Woodkid, mais aussi à On then and now, avec un featuring de l’actrice Jennifer Connelly. Un titre musicalement tout en rupture pour une ambiance futuriste SF assez fascinante. Quant à Standing on the horizon, qui clôt le EP, je vous laisse découvrir son envoûtante et enveloppante puissance orientale.

Ce 6 titres m’a furieusement rappelé Kalia de Chapelier Fou, dont on a parlé il y a quelques jours (à relire d’un clic). Musicalement c’est assez différent, mais la démarche est semblable : collaborer à une forme artistique hors de la musique, histoire de croiser les visions et de faire voler en éclats les frontières, pour une appréhension globale de l’art. Une approche bienvenue dans une époque qui voudrait, parfois, trop cataloguer et ranger les choses/gens dans des cases. Et qui nous permet aussi (moi le premier) de découvrir des domaines que je ne serais jamais allé explorer de moi-même (oui j’avoue, la mode et Louis Vuitton, c’est assez loin de moi).

En bref, une pépite woodkidienne qui était déjà disponible sur les plateformes de streaming, et qui se paye aujourd’hui le luxe (#LeLuxe #LouisVuitton #vousl’avez?) d’un pressage en vinyle vert extrêmement sobre et stylé, mais en édition limitée : si ça vous tente, ne tardez pas. Reste à espérer que ce Works One soit annonciateur d’autres volumes car, franchement, du son de cette qualité, on en veut bien un peu plus.

Une vidéo défilé + musique avec le Seen the face before évoqué plus haut.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°21 : Lights (2006) de Archive

Voilà quasiment un an jour pour jour (c’était le 28 juillet 2019, je viens de vérifier et c’est à relire ici), le son estival du jour n°3 était consacré à Again du groupe Archive. Par le plus grand des hasards (ou pas, les habitués savent ce que cette formation représente pour moi), c’est de nouveau Archive qui vient occuper mes oreilles et ma tête en cette fin juillet 2020 avec Lights.

On est deux albums après You all look the same to me qui contenait Again, trois si on compte la BO de Michel Vaillant (2003). Craig Walker (chant) a quitté Archive en 2004, peu après la sortie de l’album Noise. Ce dernier album formant, avec Lights (2006) et Controlling crowds (2009), un triptyque sonore cohérent et très porté sur un rock progressif, électrique et planant.

Au milieu de ce trio d’albums, Lights donc. Et au milieu de Lights (l’album), Lights (le morceau), comme une apogée de ce son Archive de la seconde moitié des années 2000. La suite de l’album reste de très haute volée, sans parler du Controlling crowds à venir qui demeure, pour moi, le meilleur opus du groupe avec Londinium (1996).

Toutefois, Lights occupe une place à part : ses 18 minutes, son thème ultra planant et hypnotique qui prend le temps de s’installer, la puissance évocatrice de ses phrases musicales en boucle, la voix de Pollard Berrier, ses multiples sons tous plus prenants les uns que les autres. Lights est imposant, inattaquable, telle une forteresse sonore qui, pourtant, nous accueille dès les premières notes. Dans la grande tradition du Pink Floyd (Atom Heart Mother, Echoes, ou encore Dogs), Archive déroule avec Lights l’étendue de ses talents du moment, faisant fi de toutes les normes et formats musicaux en vigueur.

Est-ce un hasard si ces deux groupes sont très haut placés dans mon panthéon musical ? Spoiler : non. Les dernières compositions studio de Pink Floyd datent de 1994 avec High hopes, sachant que The Endless River (2014) est majoritairement fait de titres composés à l’époque de High Hopes. Cette même année 1994, celle qui voit la naissance d’Archive autour de Darius Keeler, Danny Griffiths, Roya Arab et Rosko John pour un projet trip-hop qui donnera Londinium en 1996. Avant de devenir l’immense groupe que l’on sait, explorant depuis plus de 25 ans maintenant des pistes musicales incroyables. Archive n’a pas remplacé Pink Floyd. Il en perpétue cette tradition des grands groupes qui créent et se renouvellent. Comme un passage de témoin, une filiation artistique dont Lights est une parfaite illustration.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°20 : Grandma / Grandma (Destruction) (2010-2017) de Keiichi Okabe par le Grissini Project

Le son estival du jour m’est arrivé par la magie de Twitter et le compte de Gautoz (aka Gauthier Andres), journaliste chez Gamekult.com et spécialiste (notamment) de musique dans le jeu vidéo. Un compte Twitter passionnant à suivre, au moins autant que ce site et son équipe. Régulièrement, Gautoz partage du son JV (mais pas que), avec bien souvent de sacrées pépites.

Celle d’aujourd’hui est encore au-dessus du lot, et je n’ai pas résisté à l’envie de re-partager : un medley de Grandma et Grandma (Destruction), deux morceaux issus d’une des plus belles BO de JV, peut-être même la plus belle composée à ce jour. NieR Replicant, et encore plus sa suite NieR : Automata, envoient des thèmes musicaux absolument incroyables qui viennent souligner une expérience de jeu inoubliable. Pour faire simple, NieR : Automata est certainement le jeu qui m’a le plus marqué et bouleversé dans toute ma vie de gamer.

On est dans de la pure SF : en 11945, la Terre n’est plus habitée par les humains, qui se sont réfugiés sur une station orbitale suite à l’invasion et la domination de puissantes machines extraterrestres. Afin de reconquérir la planète, des androïdes (que nous jouons) sont envoyés depuis cette station orbitale. La suite de l’histoire est un peu plus complexe que ça, mais je n’en dirai rien. Ce jeu se découvre, se vit, s’apprécie, pour laisser infuser son efficacité, ses réflexions philosophiques sur la nature humaine et sa poésie mélancolique omniprésente. Tout ça porté par une direction artistique qui retranscrit à merveille ce monde post-apocalyptique et, donc, une BO à couper le souffle.

Ces partitions magiques sont l’œuvre de Keiichi Okabe. Elles marquent tellement les phases de jeu que j’avoue avoir refait des passages rien que pour les écouter, avant de finalement écouter directement les enregistrements. J’y ai retrouvé toutes les ambiances et les émotions du jeu, bien que les différentes compositions se suffisent à elles-mêmes. La marque des grands.

Notre son du jour est fait de deux titres, réinterprétés par le Grissini Project accompagné du Curieux Orchestre en 2019, lors de la 5e édition du Bordeaux Geek Festival. Le Grissini Project est composé de quatre musiciens classiques passionnés de musique de jeux vidéo, animes et films. Romain Vaudé (piano/orgue) a créé cette formation en 2010, rejoint plus tard par Marwane Champ (violoncelle), Lilou (chant) et Bastien Vidal (violon). Si ce que vous allez entendre vous émerveille et vous émeut, foncez découvrir leur chouette travail (lien ci-dessous).

Place à 6 minutes et quelques de pure et affolante merveille musicale, par le maître Keiichi Okabe, et magistralement interprétées par le Grissini Project. Si vous sentez monter de l’émotion, c’est normal :  respirez juste un grand coup. Et réécoutez.

Merci à Gautoz (Twitter @gautoz) pour la découverte de ces versions.

Pour découvrir le Grissini Project (Twitter @grissiniproject) c’est par là : https://grissiniproject.com

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Son estival du jour n°19 : Kalia (2016) de Chapelier Fou

Chapelier-Fou-KaliaPetite virée électro aujourd’hui avec Kalia, un mini-album publié en 2016 par Chapelier Fou. Mini-album, parce que chacun des 9 titres fait entre 2 et 3 minutes. A l’arrivée, une courte mais jolie balade sonore dans des ambiances aussi raffinées que variées.

Kalia est, à l’origine, un travail de commande. Les différents morceaux composent la bande son du projet d’installation d’art numérique Les métamorphoses de Mr. Kalia. Un projet artistique élaboré par Béatrice Lartigue et Cyril Diagne, et présenté à Londres en 2014 au Barbican Center, dans le cadre de l’exposition Digital Revolution qui a également accueilli Björk ou Amon Tobin (certaines sonorités de Kalia rappellent d’ailleurs fortement tout le travail de Tobin sur les micro-cliquetis).

Pas très étonnant, sachant cela, que Kalia nous emmène à travers neuf métamorphoses sonores. Chapelier Fou est multi-instrumentiste et le prouve dans cet opus qui propose tour à tour des synthés, des boucles rythmiques, du violon, du piano, de la guitare… Neuf titres comme autant d’états par lesquels on passe, toujours dans une ambiance à la fois intrigante et onirique.

Certaines compositions annoncent déjà Muance (2017), son album suivant, dont le titre-néologisme est une contraction de mutation et nuance. Toujours cette idée de mutamorphose (#NousAussiOnInventeDesMots) chère à ce magicien des sons qu’est Chapelier Fou. En somme, Kalia est le son parfait pour s’évader dans des contrées variées, sous différentes formes humaines, animales ou spirituelles. La classe Chapelier Fou, comme toujours.

Ci-dessous, deux titres extraits de Kalia, accompagnés de leurs images, puis le teaser des Métamorphoses de Mr. Kalia.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°18 : Air (2020) de Jeanne Added

Pour accompagner ce 14 juillet, un son doublement estival, celui du nouveau EP surprise de Jeanne Added. Sortie le 10 juillet dernier, ce Air peut donc se revendiquer son estival en débarquant au (presque) cœur du mois de juillet. Doublement, car ce nouvel opus fait un bien fou, comme un été qui ressource : parce qu’on a besoin de choses qui nous font du bien, et parce qu’on est tout heureux de retrouver, sans qu’on s’y attende, Jeanne Added, après la saloperie de première moitié d’année qu’on vient de se manger.

Air est à la fois le titre du EP et le morceau d’ouverture de ce EP, qui en compte huit. Alors que faut-il écouter ? Le titre Air, ou le EP en totalité ?

Les deux ! Vous commencerez par Air (le morceau), autre surprise puisque Jeanne Added donne de la voix en français. Ce titre musicalement aérien et textuellement assez sombre n’est que la première page de ce mini-album qui vous révèlera ensuite des trésors sonores : des sons électros/synthés toujours magiques, surplombés par la voix toujours imparable de Jeanne Added.

Les 8 titres sont accompagnés d’un court métrage réalisé par Julien Mignot. Il arrive que les images épousent parfaitement la musique, au point de se sublimer mutuellement. Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est le cas ici. Une autre raison pour laquelle, une fois Air enclenché, vous ne pourrez couper ni le son ni l’image.

Air (le EP) est désormais disponible chez tous les bons disquaires en CD, et sur les plateformes de streaming. Quand au vinyle, il est en précommande pour une sortie le 24 juillet prochain. Plus que 10 jours à attendre !

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Son estival du jour n°17 : La menthe à l’eau (1975) de Renaud

Il n’aura échappé à personne que, ces dernières heures, la nouvelle et inattendue chanson de Renaud fait le bonheur (ou pas) de nos oreilles. Je vous laisse aller découvrir Corona song par vous-mêmes : on parle bien ici d’un texte et de son clip autour de la pandémie de Covid-19, et non d’un quelconque lien avec une quelconque boisson. A titre personnel, je n’en dirai pas un mot de plus. Disons que c’est le monde d’après.

Toutefois, cette Corona song m’a renvoyé à l’écoute de quelques plus anciens et mémorables titres de la Chetron Sauvage comme il aimait se faire appeler au cœur des années 80. Autant dire qu’il y en a à la pelle, tant la discographie du Renaud est truffée de pépites musicales et textuelles toutes plus savoureuses les unes que les autres.

Et, en cette chaude journée, celle qui me vient là tout de suite et qu’on va partager, c’est La menthe à l’eau. Une sorte de petite merveille d’écriture, qui tourne sur 4 accords et sur des mots qui glissent, jouent les uns avec les autres et s’entrechoquent comme des glaçons dans un grand verre rafraîchissant, précisément, de menthe à l’eau.

C’est frais, ça coule tout seul, c’est du Renaud version 1975.

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Son estival du jour n°16 : Ecstasy of Gold (1966) d’Ennio Morricone

C’est tout simplement une légende absolue du cinéma, de la musique de films et de la musique tout court, mais aussi un sacré morceau de ma vie qui disparaissent. Ennio Morricone, immense compositeur d’un nombre incalculable de BO, est décédé ce 6 juillet 2020 après 91 années passées en ce monde.

Son travail m’a fait entrer dans ma passion de la musique, en même temps que je découvrais mon autre passion, celle pour le cinéma, avec notamment les films de Sergio Leone. Enfant, ado, adulte, des milliers de notes qui ont accompagné les films du dimanche soir,  et du mardi soir à la télévision, puis sur VHS, en DVD, et aujourd’hui en replay ou en blu-ray. Et bien sur dans des salles de ciné. Des centaines de partitions écoutées sur des vinyles, des cassettes audio qui finissaient par se débobiner d’usure, puis sur CD et en streaming, et enfin de nouveau et toujours en vinyles.

J’ai bouffé du Morricone à n’en plus pouvoir, depuis Il était une fois dans l’Ouest au 8 Salopards, en passant par Le Clan des Siciliens, I comme Icare, Les incorruptibles, Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, Il était une fois en Amérique, Le Professionnel ou  encore Cinema Paradiso. Des images gravées à jamais en moi, indissociables de la musique qui les accompagnent, pour des mélodies incrustées à jamais au fond de moi.

S’il ne reste qu’un son ce soir, ce sera le thème Ecstasy of Gold qui accompagne le vertige du cimetière dans Le Bon, la Brute et le Truand. La quintessence Leone/Morricone. Pour boucler la boucle de ces quelques lignes bien imparfaites à retranscrire le génie musical du Monsieur et de ce que je ressens. Ecstasy of Morricone.

Buon viaggio e grazie Maestro.

PS : Rappelons enfin, si besoin était et pour se convaincre de la puissance de ce titre et de l’universalité de la musique de Morricone, que Metallica ouvre ses concerts par ce même Ecstasy of Gold depuis près de 40 ans. Et ça donne ce genre de chose (la Team Five Minutes dégage toute responsabilité en cas d’émotion intense ou de dressage de poils sur les bras).

Raf Against The Machine