Review n°103: MORE D4TA de Moderat (2022)

Des nouvelles aujourd’hui d’un groupe de musique électronique qui ne m’a jamais déçu, Moderat MORE D4TAModerat. Quand Sascha Ring (Apparat) et le duo Gernot Bronsert/ Sebastian Szary (Modeselektor) oeuvrent ensemble, le résultat est souvent bluffant. Après trois albums de haut vol –Moderat en 2003, II en 2013 et III en 2016 – et la décision après une longue tournée en 2017 de mettre en parenthèses leur collaboration pour privilégier leurs projets personnels, Moderat revient aux affaires avec MORE D4TA, anagramme évident du groupe qui met avant le thème principal de ce nouvel opus, l’isolement paradoxal de nos sociétés face à la surcharge d’informations. Thème forcément central après les diverses périodes de confinement vécues dernièrement… Sans faux suspense, cet album est une bien belle réussite qui, sans révolutionner la recette du groupe, a cette capacité à m’emporter. M’emporter loin de cette canicule inquiétante qui ne laisse pas augurer un avenir réjouissant… Allez, on met son casque et c’est parti.

Le titre d’ouverture FAST LAND et ses synthés inquiétants frappe fort d’emblée. Très inspiré dans ses premières minutes par Boards of Canada, le son se densifie peu à peu et s’alourdit pour une ouverture pachydermique comme on les aime. L’ambiance est sombre et esthétique à souhait. EASY PREY va ensuite placer le curseur très haut en s’appuyant sur la toujours aussi séduisante voix de tête de Sascha Ring qui se marie parfaitement à des synthés plus aériens. Le résultat est un subtil condensé des aspirations du groupe qui n’est pas sans rappeler certaines atmosphères propres à Bonobo. DRUM GLOW, qui commence sur les bruits d’une forêt la nuit avec les hurlements de loup, va ensuite nous ramener sur les cendres du dubstep et de son plus grand représentant, Burial. Le titre très sombre s’avance subrepticement avec mélancolie.

Un intermède SOFT EDIT d’un peu plus d’1 minute qui propose une débauche de synthés spatiaux (Baths?) nous amène vers un excellent duo: d’un côté UNDO REDO (Défaire-refaire en japonais) qui aurait pleinement sa place dans la discographie de Radiohead en proposant un univers intemporel qui nous met mal à l’aise avec délices et de l’autre NEON RATS, morceau d’électro pure qui se propose comme une créature hybride entre Trentemoller et Bonobo. La montée finale est jouissive à souhait !

La fin de l’album est plus homogène et propose moins de moments très puissants. MORE LOVE joue la carte d’une électro-pop qui fonctionne pas mal mais manque un brin de subtilité par son choix d’un son saturé. NUMB BELL est une débauche de sons âpres dans la droite lignée de l’ouverture FAST LAND alors que DOOM HYPE est à rapprocher de DRUM GLOW. Cependant la voix de Sascha Ring et les choeurs en arrière-fond sur la fin du titre rappelleraient presque un groupe qui nous est cher, Archive. COPY COPY clôt enfin l’album sur une créature pop hybride qui me désarme par sa structure. Voilà en tout cas un bien bel album à savourer au casque avec un cocktail bien frais, enjoy !

Morceaux préférés (pour les plus pressés): 2. EASY PREY – 6. NEON RATS – 5. UNDO REDO – 1. FAST LAND

 

Sylphe

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