Review n°98: If Words Were Flowers de Curtis Harding (2021)

Au lendemain d’une soirée électorale quelque peu difficile qui confirme l’inéluctable montée enCurtis Harding If Words Were Flowers puissance des extrêmes et de ce spectre de la peur qui alimente le racisme, le besoin de la musique-refuge se fait profondément ressentir… Cela fait plusieurs mois que je suis obsédé par un titre rencontré au gré du hasard des playlists, Can’t Hide It pour ne pas le citer, single de power-pop imparable mâtinée de soul qui me file une sacrée patate digne de l’explosion positive qui m’anime à écouter un Crazy de Gnarls Barkley. Je ne connais pas du tout son interprète originaire d’Atlanta, Curtis Harding, un ancien choriste de CeeLo Green, qui a déjà sorti deux albums, Soul Power en 2014 et Face Your Fear en 2017. La soul n’est pas mon domaine d’écoute et encore moins d’écriture (si tant est que je possèderai vraiment un domaine d’écriture) mais je ne peux pas laisser passer ce troisième opus sorti en novembre dernier If Words Were Flowers tant il me fait chaud au coeur, et la chaleur humaine fait clairement défaut quand on voit les résultats de l’extrême-droite… Oublions cette politique pour le moins nauséabonde et saisissons la main tendue pleine d’espoir de Curtis Harding qui continue à donner toutes ses lettres de noblesses à la soul-music en 2022.

Le morceau d’ouverture If Words Were Flowers met d’emblée en avant les cuivres qui se verront utilisés toujours à juste titre dans l’album. La mélodie de la trompette, la rythmique soul et les choeurs dignes d’Harlem nous offrent un premier instant de poésie apaisée, pour le seul morceau de l’opus où Curtis Harding ne chante pas. Hopeful nous ramène alors davantage sur les traces de la Motown avec son chant engagé à la Curtis Mayfield, les choeurs ne cessant de nous inviter à l’optimisme et les cordes qui viennent s’inviter avec justesse avant la guitare électrique finale. Ce morceau réussit le tour de passe-passe de reprendre les codes de la soul-music des années 60/70 tout en restant résolument moderne. Passée l’incandescente déclaration d’amour Can’t Hide It qui mérite de trôner dans toutes les meilleures playlists, With You nous ramène vers la douceur downtempo avec une véritable ode à la sensualité sublimée par la voix de Sasami Ashworth.

Explore démontre l’amplitude vocale hallucinante de Curtis Harding et lance une deuxième partie d’album très puissante. Entre le phrasé plus hip-hop de Where’s The Love qui contraste à merveille avec le refrain cuivré, la sensualité soul de The One qui semble ressusciter le Curtis qu’on ne présente plus et le bijou So low qui sublime le topos du chagrin d’amour en se permettant d’utiliser avec brio l’auto-tune, je ne sais plus à quel saint me vouer et j’ai envie de me réécouter en boucle la BO de Shaft et d’enfiler un cuir de justicier. La soul mid-tempo de Forever More qui montre la facilité de Curtis Harding à tutoyer les sommets vocaux et l’intemporel  It’s A Wonder qui donne l’impression que Balthazar a momentanément déposé les guitares électriques nous amènent vers le brillant morceau final I Won’t Let You Down, ode célèbrant la puissance de l’amour tout en dessinant les contours de la soul du XXIème siècle. Curtis Harding vient de faire une entrée tonitruante dans mon ADN musical avec ce sublime If Words Were Flowers, j’aurais bien été égoïste de garder cela pour moi, enjoy !

 

Morceaux préférés (pour les plus pressés): 3. Can’t Hide It – 8. So Low – 11. I Won’t Let You Down – 4. With You

 

Sylphe

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