Ecoute ce jeu n°2 : Emil – Sacrifice in NieR Replicant (2013) de Keiichi Okabe

71zdu7peV5L._SL1200_Ecrire une chronique en ce 24 février impose presque nécessairement, à mes yeux, un détour par la musique de jeu vidéo, pour aller gratter une pépite tout autant que pour relancer cette rubrique que je n’ai pas beaucoup alimentée depuis sa création. La faute (peut-être) à trop de bonnes choses à écouter. L’intimidation aussi, à vouloir retranscrire des émotions musicales vidéoludiques et à montrer la cohérence entre sons et images, alors que d’autres le font bien mieux que moi. Ce 24 février est pourtant un moment opportun pour se lancer. Parce que ce jour précis est calé entre le 23 et le 25 février, deux dates majeures dans le monde vidéoludique. D’un côté, le 23 février 2017, qui voit la sortie au Japon de NieR: Automata, le jeu qui, à ce jour, m’aura mis la plus grande tarte de ma vie de gamer et qui me hante depuis que je m’y suis plongé. Un monument d’intelligence, de construction, de tiroirs, de mélancolie poétique, surplombé par une BO à tomber. Un jour, je réussirai à en dire plus, à raconter ce que ce NieR: Automata a fait et changé en moi, et comment son OST m’habite sans discontinuer. Ce jeu fêtait hier ses cinq années, et m’appelle de nouveau pour être parcouru. De l’autre côté, le 25 février 2022 (donc demain), avec la sortie d’un monstre vidéoludique. Non, il ne s’agit pas du prochain GTA, ni même de Horizon Forbidden West (d’ailleurs sorti la semaine dernière et excellent), encore moins du nouveau Final Fantasy. Demain sort Elden Ring, la nouvelle œuvre du studio FromSoftware, pilotée par Hidetaka Miyazaki et George R. R. Martin. Autrement dit, le successeur des Dark Souls, Demon’s Souls et autre Sekiro, des RPG (Role playing Game) bien vénères dans des univers dark fantasy, qui ne laissent que bien peu d’espoir à tout bourrin qui foncera tête baissée. Elden Ring présente la nouveauté d’un open-world (monde ouvert) mais affiche surtout des notes et avis délirants, avec à ce jour un score Metacritic de 97 sur 100. Pour les néophytes, dites vous que c’est un peu comme un film/disque qui raflerait tous les récompenses (moins une) d’une même cérémonie. Du quasi jamais vu.

Le 24 février est coincé entre ces deux dates, certes à cinq années d’écart, mais voilà tout de même où il se place, et pourquoi on parle aujourd’hui de pépite musicale vidéoludique. Je suis baigné entre l’anniversaire de NieR: Automata et la sortie imminente d’Elden Ring. La petite histoire veut aussi que j’ai achevé (enfin) NieR Replicant 1.22, prequel de NieR: Automata initialement sortie en 2013, et republiée l’année dernière dans une version remasterisée. Pas tout à fait le chef-d’œuvre NieR: Automata, mais culte et totalement envoûtant. Je choisis volontairement de ne pas spoiler l’histoire et de ne pas trop en dire. Disons simplement que l’on incarne un jeune garçon en l’an 3465, à la recherche d’un remède pour soigner sa jeune sœur Yonah d’une mystérieuse maladie, la nécrose runique. Une maladie qui a d’ailleurs ramené le monde à un univers archaïque hanté par des ombres, d’où toute technologie a disparu. Réalisé par Yoko Taro, NieR Replicant réserve bien des surprises jusqu’à la révélation finale qui calmera tout le monde. Prendre le temps de l’explorer dans ses moindres recoins pour achever toutes les quêtes et toutes les fins (cinq au total tout de même) a aussi été l’occasion de repasser des heures immergé dans la BO de ce jeu. Sur ce plan en revanche, même niveau de perfection et de bouleversitude, puisque la partition est signée Keiichi Okabe dans un jeu comme dans l’autre. Les morceaux épiques et d’autres beaucoup plus intimistes s’enchaînent au gré des scènes de jeu, des combats, des dialogues, des révélations.

N’importe quelle composition de ce jeu pourrait faire figure de pépite, tout comme dans NieR: Automata. Vous pouvez donc aller écouter l’entièreté des morceaux de Keiichi Okabe, mais aujourd’hui j’ai envie de vous partager Emil – Sacrifice. Peut-être parce que ce sont 3 minutes 30 de pure émotion, absolument hors sol et hors du temps, qui prennent encore une autre dimension lorsqu’on connaît le jeu. Peut-être aussi parce que la grande Histoire réclame, en ce 24 février, un moment-bulle et un endroit où s’isoler quelques instants de la violence insupportable de ce monde. Peut-être enfin pour se dire que, malgré tout, des pincées de beauté absolue et totale existent et qu’il faut en profiter tant qu’on le peut.

Raf Against The Machine

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