Review n°92: GHOSTS ON TAPE de Blood Red Shoes (2022)

La première review 2022 portera donc sur un album résolument rock… Le duo issu de BrightonBlood Red Shoes GHOSTS ON TAPE Blood Red Shoes, composé de Laura-Mary Carter et Steven Ansell, oeuvre ensemble depuis son premier opus Box of Secrets en 2008. Je ne suis clairement pas un fin connaisseur de ce groupe et ne connais pas les trois premiers opus signés sur V2 Records. Je reste néanmoins sur des impressions plutôt positives avec le très bon Get Tragic de 2019 qui commençait à entamer un virage plus électronique après le trop frontal à mon goût et noisy Blood Red Shoes de 2014. La réalité est d’une simplicité imparable, l’écoute de ce sixième opus GHOSTS ON TAPE ne m’a pas permis de sortir indemne. Le son est frontal, les thématiques très sombres instaurent un climat anxiogène qui met mal à l’aise, les deux voix alternent et se complètent assez bien (je reconnais tout de même une préférence pour la voix de Laura-Mary Carter) et il se dégage un vrai plaisir instantané. Certains percevront du Nine Inch Nails, d’autres dont je fais partie auront l’impression que Goldfrapp a tenté de se faire passer pour The Kills. Je vous invite dans cette promenade nocturne de 10 titres acérés comme des griffes, en ignorant volontairement trois intermèdes d’une trentaine de secondes sans aucun réel intérêt.

Le morceau d’ouverture  COMPLY (oui sur cet album, on hurle volontiers, même dans les titres…) est brillant dans sa composition. Partant sur une petite mélodie au piano assez inquiétante qui laisse monter la tension, la voix éraillée semblant provenir d’outre-tombe de Steven Ansell assène avec puissance la volonté de ne plus se plier et se soumettre. Les choeurs accompagnent la montée avant de laisser la place à la mélodie initiale pour donner l’impression que la vie est un cycle éternel et que la révolte est impossible. Les deux morceaux suivants, MORBID FASCINATION et MURDER ME, me plaisent tout particulièrement et fonctionnent sur une recette identique: sonorités âpres, rythmique inquiétante et voix envoûtante. J’ai vraiment l’impression d’entendre du Goldfrapp qui aurait laissé traîner ses doigts dans la prise et le résultat est excellent.

GIVE UP rappelle, quant à lui, la rage des débuts avec un rock uptempo frontal qui suinte l’urgence par tous les pores. La batterie tabasse et la voix hurle, puis le silence au bout de deux minutes… La deuxième partie antinomique du morceau choisit la carte d’une instrumentation électronique aux frontières de l’ambient. Le résultat est surprenant et peut paraître un brin artificiel, bref je suis encore dans l’expectative vis-à-vis de ce morceau. SUCKER propose ensuite une rythmique downtempo et je retrouve les ambiances vénéneuses des brillants premiers albums trip-hop de Goldfrapp, influence assez incontestable de l’album.

La deuxième partie de l’opus perd cependant quelque peu en intensité : la guitare de BEGGING rappelle le rock emo de Placebo, I LOSE WHATEVER I OWN croise les fantômes de Muse et The Kills alors que DIG A HOLE et FOUR TWO SEVEN font davantage de concessions à une pop-rock de qualité mais moins dans l’esprit de l’album à mon goût. Finalement, je choisis plutôt de garder l’excellent I AM NOT YOU, brillant pendant de COMPLY qui révèle toute la puissance de cette rage à peine contenue.

Vous lirez sur le web beaucoup de critiques assez virulentes de ce GHOSTS ON TAPE, je vous invite fortement à vous faire votre propre avis car il y a vraiment des morceaux puissants sur cet opus, enjoy !

Morceaux préférés (pour les plus pressés): 1. COMPLY – 3. MURDER ME – 2. MORBID FASCINATION – 9. I AM NOT YOU – 6. SUCKER

 

 

Sylphe

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