Review n°85: Kerber de Yann Tiersen (2021)

Deux ans après Portrait, subtil best-of de titres arrangés avec finesse, Yann Tiersen nous revient avec unTiersen Kerber nouvel album Kerber. Je ne vous ferai pas l’injure de vous présenter de nouveau cet artiste qui, depuis plus de 25 ans, nous offre sa sensibilité et son talent. Depuis qu’il s’est installé à Ouessant et qu’il a mis en place son studio de l’Eskal, ce dernier propose une musique encore plus intimiste que j’avais trouvée riche en émotions dans EUSA en 2016 mais un peu trop dépouillée dans ALL en 2019. L’objectif est assez simple: rendre hommage à son nouveau havre de paix qu’est Ouessant et faire de son piano le discret messager. Cet album composé de 7 titres reprenant des noms de lieux à Ouessant fait évoluer sa recette, en partie grâce à la patte du producteur Gareth Jones. Affirmant lui-même que le piano ne suffisait plus à ses aspirations, Yann Tiersen a choisi de renouer avec une musique électronique qui a toujours parcouru en filigrane son oeuvre, voire plus explicitement dans l’excellent Dust Lane en 2011 « Quand j’ai recommencé à travailler il y avait ce projet d’album centré sur le piano. Donc je me suis mis au piano et en fait, ça me faisait super chier (rires) ! Alors je me suis dit que le piano serait un prétexte pour traiter les sons et faire un album de musique électronique« .

Le résultat est à la hauteur du talent du Breton qui propose 7 instantanés de Ouessant, valant tous les spots touristiques possibles. Le brouillard parsemé de touches de piano lumineuses de Kerlann et les sonorités plus aquatiques d’une grande douceur d’Ar Maner Kozh ouvrent de manière assez classique l’album et invitent à un vrai voyage impressionniste. Kerdrall apporte un supplément d’âme à travers le contraste d’un piano tiraillé entre fragilité et élan primesautier d’un côté et ces grésillements de l’autre, la voix en fond de sa compagne Tiny Feet (alias Emilie Quinquis) tentant sur la fin de nous ramener vainement sur terre.

Après un Ker Yegu dans la droite lignée de Kerdrall, je suis sous le charme de Ker al Loch qui abandonne peu à peu sa douce mélancolie pour aborder des terres électro plus abruptes. Le résultat est incisif et plein de caractère, le spectre de Kraftwerk n’est pas loin, comblant à mon goût les manques d’ALL. Le titre éponyme Kerber et ses 10 minutes intenses donne finalement ses lettres de noblesse à ce très bel opus, résumant à merveille toutes les aspirations d’un Yann Tiersen que je prends toujours plaisir à suivre les yeux fermés et les autres sens profondément décuplés, enjoy!

 

Sylphe

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