Son estival du jour n°33 : Sunday morning (1967) de The Velvet Underground

VUEntre deux cafés et trois moment paresseux comme on les aime, il est temps de déposer un nouveau son pour accompagner votre journée. Sunday morning ouvre en 1967 The Velvet Underground and Nico, premier album du Velvet Underground. Le groupe américain et new-yorkais se forme autour de Lou Reed en 1965, en lien étroit avec l’aventure/expérience de la Factory d’Andy Warhol. Ce dernier produira d’ailleurs cet opus originel, avant que le groupe ne s’éloigne pour d’autres explorations musicales. The Velvet Underground and Nico est notamment connu pour sa pochette, œuvre de Warhol : une grosse banane jaune, qu’un « Peel slowly and see » invite à éplucher, découvrant ainsi un fruit nu et rose on ne peut plus équivoque. Musicalement, l’album est réputé pour son exploration de mélodies et textes vénéneux, poisseux, moites, reflétant un univers underground (ça tombe bien), souvent nocturne, parfois malsain. Une imagerie complète s’installe au fur et à mesure que l’on écoute I’m waiting for the man, Venus in furs, Heroin ou encore Black angel’s death song. Toutefois, cet album reste teinté pop, en partie grâce à la présence et au chant de Nico, plus ou moins imposée par Warhol au groupe. Cette dernière ne chante que sur trois titres : Femme fatale, All tomorrow’s parties et I’ll be your mirror. Néanmoins, sa présence pop infuse dans d’autres morceaux, comme dans notre Sunday morning du jour.

Chanté par Lou Reed, Sunday morning est un titre qui se promène entre ritournelle pop et balade mélancolique. Il s’ouvre, et ouvre par la même occasion l’album, sur des notes de xylophone arpégées qui dureront tout au long de la chanson. Vient se poser dessus la voix à la fois claire, douce, et déjà un peu fatiguée de Lou Reed. Exactement l’ambiance d’un dimanche matin, lorsque se fait l’éveil à l’aube et qu’il s’agit tantôt de paresser, tantôt de se lever chercher un café pour en profiter au lit, tantôt de profiter du lit pour plonger de nouveau sous la couette, seul ou à deux. Ou encore de se lever pour profiter de la douceur de la matinée, de l’air frais et des rayons de soleil des premières heures de la journée. Rarement une chanson aura aussi bien porté son titre, et aura affiché une concordance entre ce qu’elle annonce, ce qu’elle dévoile, et ce que l’on ressent à son écoute.

Sunday morning est un titre idéal pour ces journées estivales actuelles. Parce que c’est une pépite intemporelle qui fait du bien, mais aussi parce qu’il nous plonge dans une ambiance particulière et douce. Lorsque l’on n’a pas de contraintes horaires (notamment de travail), qu’il y a du café, du soleil, et que la seule perspective est de laisser la journée se dérouler au rythme de nos envies et de notre paresse, chaque matin est un dimanche matin. Tu le sais. Je le sais. Nous le savons.

Sunday Morning, accompagnée d’une mise en images (2017) de James Eads et Chris McDaniel

Raf Against The Machine

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