Review n°79: A Lantern and a Bell de Loney Dear (2021)

Comme c’était annoncé dès ce dimanche, nous allons commencer la semaine avec la douceur mélancolique et le spleen du dernier opus A Lantern and a Bell d’Emil Svanängen alias Loney Dear. Si vous êtes un compagnon de route assidu du blog (#expressionrappelantlecommunisme), vous savez que je suis très sensible à l’écriture et à l’univers de Loney Dear, que ce soit à travers la chronique de son brillant Dear John ou du titre Sum tiré de son dernier opus Loney Dear de 2017. Pour ce nouvel album signé sur le label Real World Records fondé par WOMAD et Peter Gabriel, Loney Dear a choisi de se centrer encore davantage sur sa sublime voix de falsetto, sobrement accompagnée par un piano la plupart du temps. Les machines s’estompent peu à peu pour laisser place à une véritable introspection intérieure rattachée à sa thématique habituelle de la mer. Le spleen plus dépouillé et moins jazzy qu’un Jay-Jay Johanson  fait ainsi mouche en 27 petites minutes très homogènes et je regrette seulement l’absence d’une vraie pépite qui se démarque de l’ensemble.

Le morceau d’ouverture Mute / All things pass et ses mouettes inaugurales en fond s’appuie sans surprise sur l’alliance piano/voix. La voix fragile et pleine d’émotions me touche particulièrement ici et dans l’intégralité de l’album, ce A Lantern and a Bell plaira incontestablement à ceux et celles qui se trouvent désarmé(e)s en écoutant ce falsetto émouvant. L’instrumentation prend de l’ampleur au fur et à mesure et la fin instrumentale atteint une intensité savoureuse. Les deux morceaux suivants, Habibi (A clear black line) et Trifles resteront sur cette ambiance intimiste du piano/voix avec une préférence pour le deuxième cité et son intensité ascendante finale révélant la puissance de la voix de Loney Dear.

Go Easy on Me Now (Sirens + emergencies) s’appuie ensuite sur une mélodie en déconstruction au piano qui accentue le pouvoir lyrique du morceau avant Last night/ Centurial Procedures (the 1900s)  qui, à l’image de Darling par la suite, ne dépasse pas les deux minutes. Libres à vous de considérer ces titres comme des intermèdes, de mon côté j’ai choisi de ne pas choisir. Oppenheimer en l’honneur du scientifique tristement célèbre à l’origine de la bombe nucléaire -j’en profite au passage pour vous conseiller très fortement la lecture du brillant roman graphique La Bombe de Rodier, Alcante et Bollée – est ensuite un sommet d’intensité et d’émotion digne de Jay-Jay Johanson. On retrouvera cette intensité dans le morceau final A House and a Fire qui se montrerait presque pop dans son approche.

Sans atteindre les sommets d’un Dear John, ce huitième album confirme le talent de songwriting de Loney Dear qui mériterait une plus grande reconnaissance dans notre contrée. Avec modestie, chez Five-Minutes, nous tentons de lui offrir une place plus en adéquation avec la valeur de sa musique, enjoy!

 

Sylphe

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