Five Titles n°18: Isles de Bicep (2021)

Après la tragique nouvelle de la mort de DJ Sophie hier, nous allons refermer ce weekend placé sousBicep le signe de la musique électronique avec le deuxième opus de Bicep, Isles sorti le 22 janvier dernier. Aucune corrélation bien sûr mais une simple coïncidence car l’électro des deux Irlandais signés chez Ninja Tune (excusez du peu) Matthew McBriar et Andrew Ferguson tourne en boucle depuis une semaine. Il me fallait bien ces multiples écoutes car je suis passé à côté de Bicep sorti en 2017 et cette musique électro n’est pas si simple d’accès, même si son objectif est très clair: faire danser. Pour vous donner une perception globale, ce Isles (en référence aux deux îles que sont l’Irlande et la Grande-Bretagne) m’évoque la grâce d’un Four Tet qui se serait confrontée à un son plus percutant et quelquefois déshumanisé dans un univers urbain aux confins du dubstep. Le résultat est très solide, même si je dois reconnaître que mon intérêt s’amenuise quelque peu avec une fin d’album trop froide à mon goût. Si je reprends la métaphore sans surprise que nombre de chroniques vont utiliser jusqu’à la corde, j’aime cette électro musclée mais cette dernière s’apparente à une vraie musculature sèche. Elle est esthétiquement soignée mais manque parfois de rondeur.  Néanmoins, et c’est bien l’objectif du soir, ce Isles offre de beaux moments que je vous propose de découvrir à travers cinq titres marqués de l’empreinte du talent.

  1. Le morceau d’ouverture Atlas nous place d’emblée sur la carte du succès. C’est le titre, avec dans une moindre mesure Cazenove, qui m’évoque le plus Four Tet. Les synthés sont obsédants et hypnotisants, à peine contrebalancés par des choeurs féminins s’estompant dans les ténèbres. Le résultat est d’une grande rondeur et d’un caractère affirmé.
  2. Apricots s’impose pour moi comme le sommet de l’album. Des sons puissants dans les infrabasses et cet autotune jouissif où se croisent des chants traditionnels du Malawi et un choeur bulgare. Un souffle épique traverse ce morceau qui prend rendez-vous avec les tops de fin d’année.
  3. Saku (dont le clip brillant est à visionner à la fin de l’article) vient ensuite jouer la carte d’une électro plus urbaine qui se nourrit des rythmiques propres au dubstep. Clara La San pose sa voix lumineuse pour contraster avec une atmosphère nocturne et envoûtante. On retrouvera cette influence dubstep incontestable dans X, l’autre titre de l’album mettant à l’honneur la voix de Clara La San.
  4. Rever avec Julia Kent en featuring au violoncelle mise sur une électro anxyogène, réveillant les spectres rôdant chez Fever Ray ou The Knives avec ces choeurs venus d’outre-tombe et tentant de briser la rythmique martiale. Voilà un morceau au fort pouvoir cinétique…
  5. Sundial entame la fin d’un album que je qualifierai de plus déshumanisée. La voix féminine en fond s’incline peu à peu face à l’intensité des beats qui martèlent le titre. Le morceau est un bijou de rythmique.

A écouter sans modération, comme si c’était votre dernière soirée entre potes avant un mois de confinement, enjoy!

 

Sylphe

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