Five Titles n°15: Someone New d’Helena Deland (2020)

Alors que je tente de lutter contre l’appel du top de fin d’année -je préfère taire les tops de finHelena Deland d’année qui sortent depuis 2 semaines et oublient qu’il existe un douzième mois, enfin bref…- je fais actuellement de bien belles découvertes d’artistes féminines. Je n’avais jusqu’à maintenant jamais croisé la route de la Canadienne Helena Deland malgré plusieurs EP, Drawing Room en 2016 et From The Series of Songs « Altogether Unaccompanied » (en quatre volumes pour 9 titres) en 2018. Voilà qui est désormais chose faite avec ce premier opus Someone New sorti le 16 octobre dernier… Un album plein de grâce et de sensibilité dont je sais d’emblée que je vais peiner à en exprimer la quintessence par mes mots maladroits, #meaculpainitial. J’ai malheureusement la fâcheuse tendance à ne pas totalement refuser l’obstacle et je vais choisir le confort du 5 titles pour vous donner l’aperçu le plus juste de cet album. Pour vous donner une idée générale de l’album de celle qui a fait la première partie de Weyes Blood ou encore Connan Mockasin (excusez du peu), imaginez une très belle voix qui tente d’exprimer l’indicible avec humilité et sans aucune trace de démonstration. L’atmosphère instrumentale, quant à elle, est au service de la voix et esquisse des univers feutrés propices à l’introspection et à la rêverie. Le jeu sur une rythmique downtempo quelquefois aux frontières d’un certain dépouillement m’évoque souvent les cendres du trip-hop et Helena Deland, par certains aspects, dessine les traits d’une créature hybride entre la chanteuse de The Dø Olivia Merilahti et Beth Gibbons de Portishead. Voici cinq titres qui, je l’espère, vous inciteront à aller écouter les 13 créatures fragiles qui peuplent ce Someone New.

  1. Someone New, le morceau d’ouverture éponyme, offre d’emblée un univers aride où seule la voix amène sa douceur. Peu à peu, l’univers s’étoffe avec les cordes et la guitare très Portishead, le morceau s’affirme avec la boîte à rythmes à l’image des paroles qui évoquent la renaissance « I’ll stay in this room/ Where again I want to lay/ Kissing someone new/Who tells me/ Something pretty / So that I too/ Can Feel like someone new ».

  2. On retrouve cette notion centrale d’introspection avec le titre suivant Truth Nugget. Helena Deland évoque ce tiraillement entre le besoin de sincérité et la difficulté de se livrer pleinement à l’autre, semblant aboutir à un constat d’échec « I am another solid mystery when it comes to you/ Michael, I’m the puzzle in the other room ». J’aime tout particulièrement la rythmique affirmée de la guitare et la montée finale.
  3. Pour finir le tryptique initial de haut vol, Dog propose des sonorités plus âpres pour souligner l’influence de l’autre qui veut sans cesse dominer et réduire à néant « Who gets to be your mirror/ If I’m the nail on the wall? ». Le titre s’illumine peu à peu avec la guitare pour aboutir à la libération et au refus du reniement de soi-même « I hate to be your dog. »
  4. Après un Pale presque psyché, Comfort, Edge démontre tout le pouvoir de la dream-pop que recèle ce Someone New.
  5. Smoking at the Gas Station et son univers instrumental sur le fil du rasoir évoquant Portishead est tout simplement d’une grande beauté et cette phrase se suffit à elle-même…

Sur ce, je vous laisse en la charmante compagnie d’Helena Deland, enjoy!

 

 

Sylphe

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