Pépite intemporelle n°54 : Maybe you are (2008) d’Asaf Avidan & The Mojos

Poursuite cette semaine de la virée dans les fondamentaux avec un œil dans le rétroviseur. Mon gars sûr Sylphe nous a aussi fait le coup hier avec un Arcade Fire bienvenu, non sans avoir fait un crochet par le dernier Les Gordon, une chouette galette qui fait du bien. De mon côté donc, je continue les retrouvailles avec des morceaux qui ont compté et comptent toujours. Parce que ce sont souvent des titres très bien faits et interprétés, ou tout du moins parce qu’ils me touchent énormément en me ramenant à des moments de vie.

C’est bien entendu le cas avec ce Maybe you are d’Asaf Avidan & The Mojos. Ce déchirant morceau ouvre The Reckoning, premier album du garçon, ou plus exactement de son groupe de l’époque. Nous sommes en 2008 : Asaf Avidan est à l’époque lui-même, augmenté de The Mojos. Le groupe de folk-rock-blues s’est formé fin 2006 et a écumé en long, en large et en travers Israël (dont Asaf est natif, tout comme ses copains de route), mais aussi donné quelques concerts aux Etats-Unis. Enregistré courant 2007, l’album sort dans les bacs en mars 2008. Un an plus tard, la galette est disque d’or, puis disque de platine en 2010. Pas très étonnant pour un album excellent, tant dans sa construction musicale que dans sa diversité. Les 15 titres jouent sur les genres de façon distincte : le blues dans Her lies ou A Phœnix is born, le rock plus énergique avec Hangwoman ou Growing tall, ou le folk le plus intimiste à travers The Reckoning (dont on oubliera l’affreux Wankelmut Remix dance de 2012, pourtant multi-diffusé) ou encore notre Maybe you are.

Pour ouvrir un album de folk-rock-blues avec un titre si minimaliste (guitare folk/voix) et si puissant, il faut soit être totalement inconscient, soit accoucher d’une merveille. Dans le premier cas, pour peu que le morceau présente la moindre faille, c’est des coups à stopper net l’écoute et à regretter amèrement son achat. Heureusement, Asaf Avidan est dans la seconde catégorie. Lorsque j’ai découvert ce titre, je suis resté littéralement tétanisé de bonheur et d’émotions. Une grosse touche de Bob Dylan, une mélodie qui n’a rien à envier à sa référence, et la voix d’Asaf Avidan, stratosphérique et pénétrante comme bien peu. D’entrée de jeu, cette chanson m’a bouleversé par sa puissance, sa fragilité, et son inscription directe dans le marbre de mon cerveau musical et émotionnel.

A l’image d’un Cornerstone de Benjamin Clementine, d’un Apex de Thomas Méreur ou d’un Long way down de Tom Odell, Maybe you are fait indéniablement partie de ma liste de chansons parfaites, qui me retournent à chaque écoute. Il n’y a rien à redire sur aucun aspect du titre, tout est maîtrisé de bout en bout. Il n’y a qu’à se laisser porter, et écouter ce que corps et tête nous disent de ce qu’ils reçoivent. Au-delà du texte et de ce qu’il peut raconter (et dans cette chanson, autant dire que c’est pas la grosse joie). Ça n’est, à ce stade, plus qu’une question de sensations et d’images. Au-delà de la perfection musicale et émotionnelle, tout comme ces autres morceaux, Maybe you are fait également partie de mon jardin secret. Un jardin où je me sens bien et apaisé. Un refuge où je peux me blottir. Si tu me lis, tu te souviendras. Tu en sais quelque chose.

Raf Against The Machine

 

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