Review n°49: Le Silence et l’eau de Jean-Baptiste Soulard (2020)

Voilà une bien belle découverte que j’avais précieusement mise de côté afin de prendre Soulardle temps d’en parler le plus justement possible et qui collera à merveille avec le climat actuel, à travers ce besoin de se recueillir humblement face à la nature si belle… Vous connaissez peut-être Jean-Baptiste Soulard comme le cofondateur de Palatine ou en tant que guitariste de Roni Alter mais de mon côté ce premier opus est une première rencontre, de celles qui marquent…

Cet album dans l’humilité de ses 30 minutes s’est créé autour du roman de Sylvain Tesson Dans les forêts de Sibérie où le narrateur ressentait le besoin de fuir la société pour aller vivre dans une isba, au fin fond de la Sibérie. Les titres de nombreuses chansons sont des références directes à ce livre et on retrouvera encore plus explicitement dans Asile le comédien Raphaël Personnaz nous lire au coin du feu un extrait de ce superbe roman… Cet album est une véritable parenthèse enchantée, un recueillement subtil qui laisse place à une folk intelligente dont les références vont évidemment de Sufjan Stevens ou la BO d’Into The Wild par Eddie Vedder jusqu’à la grâce plus pop des Canadiens de Malajube.  Allez, on prend son sac à dos, son petit livre sur les plantes comestibles pour éviter une fin tragique et on part pour la Sibérie…

Le morceau d’ouverture Sois le dernier met en avant la douceur du duo formé avec Bessa, les voix sont sobrement accompagnées d’une guitare dans un climat intime et reposant. Bessa prolonge sa collaboration avec le très bon Grand Baïkal où les violons viennent faire une première apparition remarquée, des violons qui s’avèreront d’une justesse imparable pendant tout l’opus… Le morceau vient nous rappeler discrètement Malajube, époque Labyrinthes. Et que dire du bijou Isba? Je ne me suis pas encore remis de l’intensité émotionnelle du chant de Blick Bassy qui éclaire toute la fin du morceau, une intensité qui vous évoquera incontestablement Benjamin Clementine.

L’album est d’une très grande richesse et se permet de parcourir les plaines de la pop avec Omble Chevalier, sublimé par la voix de JP Nataf et ces cuivres qui viennent se marier avec les cordes à merveille. On retrouvera cette accointance pop dans Les vents contraires où la chanteuse Luciole apporte avec délices son timbre cristallin sur une rythmique uptempo. La douceur est omniprésente sur toute la fin de l’opus entre le chant inspiré de Fer rouge qui démontre la qualité du chant de Jean-Baptiste Soulard, l’intermède (pour une fois réussi!) au piano Débâcle, le duo avec Jacinthe sur le poétique Leur peau ou encore le beau titre final Respirer avec la belle voix féminine d’Achille. On notera la qualité de tous les invités venus apporter leur pierre à cet édifice de douceur salvatrice.

Vous avez besoin d’un petit cocon de 30 minutes pour vous ressourcer, Le Silence et l’eau vous attend désormais, enjoy!

Sylphe

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