Five Titles n°10: Monolithe d’Octave Noire (2020)

Finir les vacances dans un feu d’artifice musical tout en évoquant une certaineOctave Noire mélancolie lancinante à reprendre le chemin du travail dès demain, tel était mon objectif du jour et c’est Octave Noire qui va me permettre de remplir amplement cette mission. Vous avez peut-être la chance de déjà connaître Patrick Moriceau (et là j’avoue que je vous envie du plus profond de mon âme) sous son premier alias Aliplays pour deux albums d’indie électro Todotesorosiland (2004) et Happy Ours (2010) ou pour son premier album sous le nom d’Octave Noire, Neon en 2017. Vous vous doutez dès lors que nous allons passer un excellentissime moment avec ce deuxième opus Monolithe, taillé dans la roche noire du talent. Dans le cas contraire, je vous invite à découvrir cet artiste qui devrait désormais vous hanter dans les années à venir, tant cet album est d’une intensité folle. Pour esquisser le son de ce Monolithe, imaginez une voix noire comme l’encre qui flirte régulièrement avec le spoken word et évoque des artistes comme Arman Méliès ou Marvin Jouno, des ambiances sombres où les synthés naviguent entre électro et tentation post-rock alors que les cordes apportent une douceur inespérée, des textes percutants et désenchantés, et des invités perçus comme une vraie valeur ajoutée (Dominique A toujours dans les bons coups, ARM, Mesparrow)… Cet album de 48 minutes est un véritable bijou sonore, empreint d’une émotion indiscutable, que je vous propose humblement de découvrir à travers cinq titres qui me touchent au plus profond…

1. Après une Intro anxyogène à souhait, Los Angeles nous apporte ses synthés sortis tout droit de Jean-Michel Jarre, en espèce de rencontre du troisième type du XXIème siècle, avant que le spoken word ne s’impose. La voix est sombre et mélancolique, l’univers musical avec la batterie accentuant la rythmique et les cordes  m’évoque Air époque Virgin Suicides. Le morceau dont la mélodie du refrain s’imprime immédiatement en nous aurait mérité de figurer sur la BO de Mulholland Drive tout simplement…

2. Le titre J’ai choisi fait appel à Dominique A dont la voix nous charme inlassablement par son émotivité poignante. Le morceau plus rythmé et oserais-je dire plus pop dans l’approche brille par sa montée toute en tension (#addictedauxmonteesenpuissance) qui donne une intensité folle à l’ensemble.

3. Monolithe humain est plus âpre musicalement, un monolithe aux rebords acérés qui tend vers le post-rock avec les voix d’Octave Noire et du rappeur ARM. L’intensité est prenante, le morceau ne cesse de monter avec ses cordes lancinantes en fond. A écouter bien fort, pour éclairer toutes les dystopies à base de coronavirus (ah mince on me dit dans l’oreillette que c’est bien notre présent…)

4. Retiens cette image, titre qui fait allusion à la disparition du père, s’appuie sur des échos féminins tout en rupture qui m’évoquent l’inventivité d’une Camille. Les synthés lumineux et la rythmique aux frontières d’un dub désincarné nous donnent une belle leçon de mélancolie.

5. Les 7 minutes du titre final Blister me touchent par leur capacité à faire cohabiter un son électro dansant qui évoque sans hésitation possible le son Ed Banger et en particulier Justice avec une litanie désespérée et volontiers pessimiste. Il serait temps de déchirer ce blister…

5 titres, c’est finalement bien peu et j’aurais pu très bien partager avec vous le dialogue impossible de Parce que je suis avec Mesparrow ou encore la reprise en français d’un titre d’Aliplays Inland Sea qui évoque sur les premiers instants la douceur d’un Yann Tiersen au piano… Je pense que vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire, enjoy!

Sylphe

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