Five reasons n°13 : Everything not saved will be lost Part. 2 (2019) de Foals

Part_2_Everything_Not_Saved_Will_Be_LostPour les plus distraits, les britanniques de Foals ont sorti en mars dernier la première partie d’un projet plutôt ambitieux : Everything not saved will be lost Part. 1 était alors la galette de la résurrection du quintet, après un What went down (2015) en demi-teinte. J’avais alors dit beaucoup de bien de cet opus survitaminé et bourré de bonnes idées. Si vous n’étiez pas là à l’époque, c’est à relire d’un clic ici-bas ici même. Et depuis, je trépignais d’impatience pour savoir ce que vaudrait la Part. 2. Les Foals ont-ils relevé le défi d’un second volet aussi captivant que le premier ? Oui, sans hésitation. Et, comme pour la Part. 1, voici cinq bonnes raisons de compléter votre collection et de faire criser un peu plus votre banque.

  1. Cette Part. 2 porte bien son nom. C’est le parfait complément et l’idéal prolongation de l’opus de mars dernier. Autrement dit, si vous avez kiffé la première galette, vous aimerez celle-ci, mais pour d’autres raisons. Les titres se veulent résolument plus rock, avec des guitares bien plus en avant. En cela, alors que la Part. 1 faisait la part belles aux sons type années 80, cette fois nous sommes plutôt dans le rock du milieu des années 90. Notamment avec Black Bull (le gros son énervé de la galette) et 10,000 Ft., deux titres qui m’ont énormément fait penser au Pearl Jam de Vitalogy (1994) et No code (1996). Quand on connaît mon amour déraisonné pour ce groupe, normal que ça accroche.
  2. Plus largement, si vous aimez le rock un peu énervé et rageur, les guitares lourdes et les sons qui tabassent, vous allez être servis. Outre Black Bull déjà évoqué, The Runner est un autre grand moment de l’album. Je l’avais déjà pépité il y a quelques semaines (à relire ici), et il reste pépite. Un morceau rock lourd et aérien à la fois, qui n’est pas sans rappeler l’excellent Inhaler, sur l’album Holy Fire (2013). Mais Foals sait aussi se faire rock groovy par la voix de Yannis Philippakis. Un morceau comme Like lightning finira de vous convaincre, si besoin, que le quintet sait aussi pondre des mélodies incendiaires, sensuelles et chaudes comme la braise.
  3. Everything not save will be lost Part. 2 est rock, mais pas que. Et c’est bien là une des grandes forces de cet opus. Wash off ou encore Dreaming of envoient certes de la guitare et du son, mais tout cela est teinté de finesse et d’équilibre. Ces morceaux, posés entre d’autres plus massifs, apportent à l’ensemble une bouffée d’air qui aère complètement l’écoute. Et font de ce second volet un disque qui s’écoute d’une traite, comme un voyage sonore suffisamment cohérent pour ne pas décrocher, suffisamment varié pour ne pas s’y emmerder.
  4. Cet album est, en effet, assez vertigineux. Il parvient à poursuivre le chemin tracé par son jumeau de mars, tout en créant une sorte de mix du tout, comme une boucle temporelle et sonore. Plus on avance vers la fin de l’album, plus on retrouve des mélanges d’ambiances, de tout ce que l’on a connu depuis les premières notes de la Part. 1. Dreaming of (fin de face A) ou Into the surf (avant-dernier morceau face B) posent des ambiances cotonneuses, presque oniriques, puis injectent des sonorités très 80’s, semblables à celles qui ont fait la Part. 1, tout en restant dans la dynamique et la variété de la Part. 2. C’est totalement brillant, et la mise en perspective de ces deux moitiés n’en est que plus belle.
  5. L’aventure se clôt de fort belle manière avec un long Neptune. Les Foals ont misé sur une ambiance quasi-planante, qui alterne avec des moments de derniers cris rock. Comme une extinction annoncée, une perte à venir. Tout a été dit en deux LP, il est temps de se quitter sur un dernier titre qui rassemble le savoir-faire des gars d’Oxford. Un morceau requiem, un adieu à ce mix de sons 80’s et 90’s sans cesse brassé et repensé. A propos d’adieux, la pochette de cette Part. 2 est, comme celle de la Part. 1, d’une beauté incroyable. La photo est exceptionnelle, et si on la regarde bien, on aperçoit en arrière-plans les membres du groupe se recueillant chacun devant une croix. Alors que nous-mêmes sommes visuellement devant une croix, à nous recueillir aussi d’une certaine façon.

Tout ce qui n’aura pas été sauvegardé sera perdu : le titre de ce projet en deux temps nous saute maintenant à la gueule et tout devient limpide. Foals avait annoncé la couleur d’entrée de jeu, et la mission est brillamment remplie. On n’aura certainement pas tout sauvegardé (est-ce seulement possible ?), mais l’essentiel est là. Il est gravé dans le vinyle d’un double LP assez incroyable et terriblement captivant. Foncez sans hésiter : après Dyrhólaey de Thomas Méreur et la BO de Joker par Hildur Guðnadóttir, voici le 3e album pilier d’octobre 2019, et au-delà, de cette année 2019. Il semblerait qu’il y en ait au moins un quatrième, mais c’est une autre histoire.

Raf Against The Machine

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