Son estival du jour n°7 : Sur un trapèze (2008) de Alain Bashung

A la fois doux et mélancolique, Sur un trapèze est un de mes titres préférés de Bleu Pétrole, dernier opus studio d’Alain Bashung, publié en 2008. Sorte de balade dans les méandres d’un cerveau rêveur et cogiteur, sorte de ballade pour cœur lessivé revenu de tout, voilà une poignée de minutes qui fonctionne comme une ritournelle en boucle et qui m’a hypnotisé des semaines durant.

Tout cela n’est pas très étonnant pour qui suit régulièrement mes pépites et autres chroniques : outre Bashung, derrière Bleu Pétrole, et notamment derrière Sur un trapèze, il y a mon Gaëtan Roussel favori, dont on reconnaît la jolie patte musicale et textuelle. En parlant de texte, peut-être aussi que cette invasion de moi par ce titre tient aux paroles, qui d’entrée de jeu m’attrapent à chaque fois, même après moult écoutes : « On dirait qu’on sait lire sur les lèvres / Et que l’on tient tous les deux sur un trapèze ». Que voulez-vous ajouter après ça, à part remonter, une fois encore, Sur un trapèze ?

PS : un truc me vient d’un coup, moi qui ne supporte pas être à plus de deux mètres du sol… Sur un trapèze, pour un mec qui a chanté Vertige de l’amour, je dirais que ça se tient.

Raf Against The Machine

Son estival du jour n°6: Strict Machine de Goldfrapp (2003)

Envie d’une ambiance plus âpre ce soir, d’un morceau qui est né au milieu du trip-hopGoldfrapp pour venir doucement tendre vers une électro-pop teintée d’une sensualité exacerbée? J’ai bien sûr ce qu’il vous faut avant de vous abandonner lâchement pendant deux semaines dans des contrées dénuées de tout internet… Alison Goldfrapp, une des nombreuses voix découvertes par Tricky (une pensée entre autres pour la brillante Martina Topley-Bird), forme avec Will Gregory un groupe qui m’a particulièrement marqué dans sa capacité à faire évoluer le trip-hop. Après un premier coup de maître en 2000 avec Felt Mountain qui continue de donner ses lettres de noblesse au trip-hop dans la droite lignée de Portishead, Black Cherry se tourne vers une électro-pop savoureuse et hédoniste à première vue, mais beaucoup plus mélancolique qu’elle n’en a l’air.

Le morceau du soir Strict Machine brille par l’âpreté de ses sons électros qui font monter une tension palpable qui n’explosera qu’à travers la douce et sensuelle voix d’Alison Goldfrapp qui sait se faire aussi bien caressante qu’oppressante. Une ambiance électrique qui montre à elle seule le spectre de possibilités que peut offrir l’après trip-hop…. Enjoy!

Sylphe