Pépite intemporelle n°31 : Bigmouth strikes again (1986) des Smiths

Parce que la semaine est décidément bien chargée, et aussi remplie de tout un tas de news toutes plus ahurissantes et connes les unes que les autres (#vivelesystèmeetsesaberrations), une bonne plongée dans le rock s’impose. On l’a déjà dit ici, et on ne le redira jamais assez, le rock c’est la vie, et parfois le rock peut sauver la vie. Le son du jour nous ramène 33 ans en arrière, au cœur du 3e album studio des Smiths, The Queen is dead.

Sans doute mon album préféré, même si les autres sont tout aussi recommandables, cet opus recèle 10 pépites, mais nous nous arrêterons sur Bigmouth strikes again. Littéralement, « La grande gueule frappe encore ». Il y a bien sûr ce message-titre, qui nous rappelle que, dans ce monde sans pitié (au passage, un excellent film d’Eric Rochant, de 1989, à revoir d’urgence), il vaut mieux jouer les rageux et l’ouvrir un peu et quand il le faut pour défendre ce à quoi l’on croit. Sans quoi on prend le risque de se faire croquer tout cru.

Au-delà de cette intention rageuse et de la violence des paroles, il y a surtout une énergie ahurissante, portée à la fois par la voix de Morrissey et la guitare claire et aérienne de Johnny Marr. Putain ce riff-gimmick de guitare ! Que l’on retrouvera d’ailleurs presque note pour note, comme un clin d’œil, chez l’excellent Nakhané dans son titre Clairvoyant (2017).

Je m’égare… si peu. Bigmouth strikes again et par extension The Smiths, ce sont des images du passé, des moments de vie au lycée, l’audace de la jeunesse et la timidité de l’adolescence, le goût des premières bières au bar, la fille du 3e rang en cours de philo qui me plaisait hyper de ouf et que j’ai jamais osé aborder, la fumée des premiers clopes au bord de l’eau, les interrogations sur l’avenir, le bac en approche, le départ vers les études, l’envie de bouffer le monde et, souvent, l’incapacité à le faire. Le doute à combattre jour après jour. L’enfermement dans des blocages de merde d’où seule la musique pouvait me tirer.

Il y a eu une palanquée de sons accompagnants et salvateurs comme ça. Le Velvet, les Stones, Pink Floyd, Led Zep, les Doors, et bien d’autres. Les Smiths en font partie. Et ce titre-là n’y est pas étranger.

Raf Against The Machine

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